Alors que le parc total de téléphones portables a atteint 49,819 millions d'unités en France en septembre dernier selon les chiffres de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), une nouvelle pomme de discorde vient s'installer entre les consommateurs et les opérateurs : la portabilité du numéro. Derrière cette terminologie barbare se cache tout simplement la possibilité pour chaque abonné de changer d'opérateur tout en conservant son numéro de téléphone.
Depuis juin 2003, la portabilité des numéros est certes effective, mais en l'absence d'un guichet unique et avec des délais variant entre un et deux mois, les candidats au déménagement ont été peu nombreux : 750 900 en trois ans. Pressé par les abonnés et des associations de consommateurs très pugnaces, François Loos, ministre de l'Industrie, a pris un décret en janvier pour accélérer la procédure : ainsi au 1er janvier 2007, il était prévu de pouvoir migrer en dix jours.
Las, ce lundi, Jean-Noël Tronc, président du groupement d'intérêt économique « Entité de gestion de la portabilité », qui regroupe tous les opérateurs français, a annoncé un « plein fonctionnement du système au printemps. »
Raison invoquée pour ce retard : les opérateurs ne sont pas encore prêts, qui doivent interconnecter leurs systèmes d'information respectifs et réaliser des tests en décembre et janvier prochain. Si le ministre s'est dit « déçu », l'Arcep s'est voulue rassurante sur le délai annoncé, qui sera précisé en février.
En revanche, le député UMP Luc Chatel, auteur de l'amendement sur la portabilité ne décolère pas, dénonçant « l'attitude des trois opérateurs historiques qui freinent volontairement l'application [d'un] dispositif » présent depuis longtemps chez nos voisins européens. Ce nouvel épisode place encore les opérateurs sur le gril. Ces dernières années, seule la pression de l'Arcep et des associations de consommateurs les a contraints à infléchir des pratiques tarifaires aussi complexes qu'opaques. En novembre 2005, l'Arcep avait ainsi imposé une baisse de 20 % du prix des SMS, véritable vache à lait des opérateurs. En mars dernier, c'est Bruxelles qui a tapé du poing sur la table pour les tarifs d'itinérance (roaming) qui font bondir les factures des vacanciers ayant le malheur de téléphoner avec leur portable à l'étranger. Auparavant en décembre 2005, après une action de l'UFC-Que choisir, le conseil de la concurrence condamnait les trois opérateurs pour entente illicite avec une amende record de 534M€, actuellement en appel… Bref, entre usagers et opérateurs, le bras de fer se poursuit.
Lors de l’élection présidentielle américaine de 2004, jamais les blogs n’avaient autant fonctionné, utilisés tant par les partis démocrate et républicain que par les commentateurs de la vie politique qui suivaient en temps réel les résultats parfois mieux que les grands networks. L’année prochaine en France, l’élection du Président de la République sera sans nul doute marquée par une frénésie de blogs dont les prémices avaient été observées lors du débat sur le traité constitutionnel européen.
Alors que l’Hexagone est le pays européen qui blogue le plus, les partis politiques qui boudaient jadis un peu le web se sont jetés à corps perdus dans internet.
Blogs, podcasts audios et vidéos, marketing viral, webTV, etc. Nos partis politiques, et a fortiori les candidats à l’élection suprême, ont bien compris que, cette fois, l’internet est partie intégrante de la campagne électorale. Chacun garde en mémoire les 200000 petites voix manquantes à Lionel Jospin pour accéder au 2e tour en 2002…
De l’UDF au PS en passant par l’UMP ou le FN, tous les partis ont mis en place des équipes dédiées. L’UMP peut se targuer de compter dans son comité stratégique Loïc Le Meur, l’un des plus influents blogueurs et patron de Six-Apart, une plateforme de blogs.
Le parti de Nicolas Sarkozy a d’ailleurs pris une longueur d’avance. Chacun se souvient que l’UMP avait acheté sur Google de nombreux mots-clés – dont le fameux «racaille» – afin que les publicités contextuelles proposent à l’internaute effectuant une recherche sur ledit mot, un lien vers le site de l’UMP.Inutile de dire que les autres partis ont suivi le même chemin.
coups bas
Car sur internet comme dans la vraie vie, les coups bas seront aussi de mise.Ségolène Royal vient d’en faire l’amère expérience avec l’apparition d’outre tombe d’une vidéo du sociologue Pierre Bourdieu qui estimait qu’elle était de droite…

Tour d'horizon
La présence sur internet du PS (www.parti-socialiste.fr) est à l’image du parti: avec des courants. Si le parti a bien un site internet, chaque courant dispose de sites et de blogs de militants ou d’élus.Les trois candidats à l’investiture pour la présidentielle sont bien évidemment sur le net. DSK (www.blogdsk.net) a son blog depuis belle lurette, qui utilise toutes les technologies du moment. Ségolène Royal s’appuie sur celui de l’association Désirs d’avenir (www.desirsdavenir.org) qui mise sur l’interactivité ave les lecteurs (par exemple pour la rédaction du livre de la candidate. Laurent Fabius (www.laurent-fabius.net) a lui aussi son blog dont les débuts furent un peu plus laborieux. A l’UDF (www.udf.fr), on connaît internet depuis longtemps puisque le premier site remonte à 1995. Si François Bayrou n’aura son blog que début 2007, le président e l’UDF maîtrise parfaitement clavier et mulot comme il l’a montré lors du chat réalisé à La Dépêche du Midi. Chez les Verts (http://lesverts.fr), c’est un peu les vaches maigres… et le site de Dominique Voynet (http://dominiquevoynet.net) ne reflète pas tous les débats dont nous habituent les militants écologistes. A l’UMP (www.u-m-p.org), c’est la grosse artillerie.Au site principal sont ratachés quelque 600 blogs d’élus et de militants; ces derniers étant vivement encouragés à répandre la bonne parole dans le cyberespace. Le site des Jeunes populaires (http://jeunespopulaires.com) présente lui aussi de nombreux blogs.Résultats: 15000 adhésions à l’UMPvia le net…
Au PCF (www.pcf.fr), le site est une vitrine un peu terne et pas vraiment interactive.Comme chez les Verts, on est loin des dynamiques affichées hors du net. Enfin, pas de surprise, au Front national (www.frontnational.com) on a le culte du «chef.» Mais le site propose tous les outils du moment et a même lancé une webTV pour l’actualité du parti. Et aussi… A voir aussi le MRC (www.mrc-france.org) de Jean-Pierre Chevènement (www.chevenement2007.fr), la LCR (www.lcr-rouge.org) et Lutte ouvrière (www.lutte-ouvriere.org). Il n’a pas de candidat mais le site du PRG (www.planeteradicale.org) est riche de ses nombreuses rubriques et de ses flashs infos.

Le premier Forum sur la gouvernance d’internet (FGI), qui a réuni cette semaine près d’Athènes sous l’égide de l’ONU quelque 1200 délégués représentants 90 États, les principales entreprises du Net et des dizaines d’associations, s’est achevé sur un bilan en demi-teinte. D’un côté, aucune décision concrète n’a été prise, ce qui est logique compte tenu du statut uniquement consultatif de la nouvelle instance. De l’autre, le Forum a permis d’évoquer les grands enjeux d’internet: censure, liberté d’expression, multilinguisme, cybercriminalité, fracture numérique nord-sud, etc.
L’impossibilité pour le Forum de prendre des décisions n’a pu que réjouir les États-Unis qui sortent une nouvelle fois vainqueurs de la bataille pour le contrôle d’internet dont l’ancêtre Arpanet émanait – ne l’oublions pas – de l’armée américaine.
Domination des États-Unis
La domination des États-Unis sur la gestion technique du réseau avait été évoquée entre gouvernements lors du Sommet sur la société de l’information de Tunis, en novembre 2005, mais avait accouché d’une souris. Il s’agissait alors de déterminer quel était le statut de l’Icann (voir infographie), cet organisme américain qui supervise l’attribution des noms de domaines, c’est-à-dire les suffixes. fr ou. com des adresses de sites web (comme dans www.madepeche.com). L’Icann est en théorie indépendante mais, dans les faits, elle est liée au Département du Commerce américain. L’an passé, Washington avait tenu tête au reste du monde sur le statut de l’Icann et avait obtenu gain de cause. L’administration de George Bush avait alors concédé la création du FGI. Si certains rêvent d’un internet gouverné par une instance internationale de type ONU, d’autres font toutefois remarquer, avec raison, que la domination des États-Unis permet d’éviter une balkanisation du réseau et garantit la liberté d’expression dans des pays où la censure est reine.
La censure justement a cristallisé les débats durant les quatre jours du Forum. Google, Microsoft ou Cisco ont, en effet, dû défendre leur «collaboration» avec la Chine. En contrepartie de leur présence dans ce pays aux débouchés immenses – qui ne compte que 130 millions d’internautes sur 1,4 milliard d’habitants – ces sociétés ont censuré certaines informations. Ainsi en tapant «Tien an men» sur Google Chine, aucune photo de la répression de 1989 n’est accessible… L’argumentaire du «moindre mal» n’a pas convaincu Amnesty international qui a réuni 50000 signatures sur une pétition proclamant «J’appelle les gouvernements à cesser de restreindre la liberté d’expression sur internet, ainsi que les compagnies qui les y aident.»
Diversité culturelle
Autre débat: le multilinguisme de la toile. Au nom de la préservation de la diversité culturelle, plusieurs participants ont dénoncé la domination de l’anglais et celle de l’alphabet latin.L’écriture des adresses web, la création de pages nécessitent de connaître la langue de Shakespeare.A contrario, le fait d’avoir un langage unique permet à Internet de présenter une architecture unique plutôt que d’être fragmenté en pôles linguistiques. Enfin, les moteurs de recherches présentent tous des versions multilingues.
Au terme de quatre jours de débats très riches auxquels ont même participé ceux qui s’ignorent à l’ONU (comme les Cubains et les Américains), le forum est assuré de sa pérennité. Après Rio de Janeiro l’an prochain, le FGI aura lieu en Inde puis en Égypte.