C'est « le » lancement produit de l'année qui se déroule ce jeudi en France : celui du très attendu iPhone d'Apple. En effet, depuis l'annonce, en janvier 2007 par Steve Jobs - l'emblématique PDG de la firme américaine - de ce téléphone révolutionnaire, rarement produit n'aura suscité autant de commentaires, qu'ils soient laudateurs ou critiques. Apporter une réelle innovation, créer une mode, jouer sur des codes sociaux d'appartenance et bousculer le landerneau : tel est le credo de Steve jobs dont le talent marketing n'est plus à démontrer. Appliquée à l'iMac ou à l'iPod, la recette a porté ses fruits pour Apple, donnée pour morte il y a quelques années et aujourd'hui en excellente santé boursière. Le coup d'essai de l'iPhone sera-t-il alors un nouveau coup de maître ? Rien n'est moins sûr.
Forte concurrence

Si l'appareil s'est vendu à 1,4 million d'exemplaires en trois mois aux États-Unis - Apple vise les 10 millions vendus dans le monde fin 2008 - son succès pourrait être de moindre ampleur en Europe où le secteur de la téléphonie mobile est plus mature. Les lancements en Allemagne et Grande Bretagne ont ainsi été en deçà des espérances d'Apple. Pour autant, l'arrivée de l'iPhone a secoué le cocotier des télécoms. D'une part en poussant les opérateurs à imaginer - enfin - des forfaits intégrant l'internet mobile plus ou moins illimité. En France, SFR et Bouygues ont déjà dégainé leurs offres profitant de l'interminable feuilleton des négociations d'exclusivité entre Orange et Apple. D'autre part, l'iPhone a suscité un regain de créativité chez les constructeurs concurrents : Samsung, LG, HTC ont tous sorti des iPhone killers, des tueurs aux écrans tactiles. Dans ce contexte, difficile de dire comment va se comporter l'iPhone qui a d'incontestables atouts et de sérieux handicaps.

Parmi ses atouts, son grand écran tactile multipoints de 8,8 cm associé à une interface innovante aussi claire qu'intuitive. L'iPhone, qui se pilote entièrement au doigt, embarque une version spéciale de MacOS X, le système d'exploitation des ordinateurs Apple. Très doué pour la musique et la vidéo - comme un iPod - il permet une navigation sur internet la mieux pensée qui soit sur un terminal mobile. L'affichage de l'écran bascule automatiquement à l'horizontale ou la verticale selon la façon dont on tient l'appareil. Idéal pour voir ses photos ou ses films.

Parmi ses handicaps, son prix : 399 € avec pour 24 mois un forfait variant de 49 à 119 € ou 749 € en version nue débloquée ! Et aussi de sérieuses lacunes : impossible de se connecter aux réseaux haut débit 3G et 3G +, un appareil photo médiocre qui empêche de faire des vidéos, l'absence d'une puce GPS, l'impossibilité d'envoyer des MMS, la batterie inamovible. Et sur le plan écologique, l'emploi de matériaux dénoncés par Greenpeace…










Amazon, la célèbre librairie sur internet va-t-elle révolutionner la lecture avec son livre électronique baptisé Kindle et lancé aux États-Unis lundi dernier ? S'il est encore trop tôt pour le dire, force est de constater qu'une étape vient d'être franchie avec ce nouveau terminal de la taille d'un livre de poche pesant quelque 300 grammes. Le pari lancé par Amazon est risqué, mais son emblématique patron Jeff Bezos en a vu d'autres, lui à qui l'on prédisait l'échec et qui est à la tête maintenant de la première librairie du net. Si le Kindle s'aventure sur un terrain où de nombreux acteurs de l'électronique se sont cassé les dents, en France comme ailleurs, avec des e-book (livres électroniques) trop chers ou trop lourds ou trop compliqués ou tout cela à la fois, Amazon a préparé sa stratégie.

« Nous avons travaillé sur Kindle depuis trois ans. Notre objectif est que le lecteur disparaisse de vos mains pour laisser la place uniquement au plaisir de lire », s'enthousiasme Jeff Bezos qui, en Gutenberg moderne, a fait la Une du magazine Newsweek avec en titre « Les livres ne sont pas morts. »

Le terminal, dont l'esthétique fait débat sur internet, dispose d'un clavier (pour faire des recherches ou des annotations), de larges touches de navigation (page suivante, page précédente, molette de défilement) et est doté d'un écran noir et blanc de 15 cm de diagonale utilisant la technologie de l'encre électronique E-ink. L'avantage : une qualité d'affichage inégalée et une autonomie exceptionnelle allant d'une semaine à 48 heures si la liaison sans fil est allumée. Car c'est là une des nouveautés : pas besoin d'un ordinateur pour se servir du Kindle, les livres sont téléchargeables via le même réseau que les téléphones portables. Le Kindle, qui est doté d'un dictionnaire et permet de surfer sur internet, peut contenir 200 titres vendus 9,99 $ sur un site web dédié qui en compte 90 000. On peut également s'abonner à des journaux ou des magazines pour une dizaine de dollars par mois. On peut, enfin, devenir soi-même producteur de contenu en partageant ses écrits sur le site communautaire de Kindle.

Alors, le Kindle est-il le livre du XXIe siècle ? Voire. Le prix reste élevé (399 $), la consultation de blogs, gratuite ailleurs, est ici payante, le terminal n'est guère ouvert sur d'autres formats de fichiers et l'écran est noir et blanc.

Mais la force marketing d'Amazon, la simplicité et la qualité de l'appareil, ont conquis les utilisateurs - l'appareil est déjà en rupture de stock - comme ils pourraient faire rêver en France les écoliers aux cartables surchargés de manuels scolaires…

Alors vivement l'arrivée du Kindle sur le Vieux continent.

Voir le diaporama sur le site de La Dépêche en cliquant ici.

La démonstration en vidéo :


Les bibliothèques européennes peuvent-elles faire face au géant Google dans le domaine du livre numérique ? À cette question, la Bibliothèque nationale de France (BNF) veut croire que oui. Engagée depuis avril 2005 avec 22 de ses homologues du Vieux continent dans le projet de bibliothèque numérique européenne (BNE), la BNF s'est lancée dans plusieurs programmes pour opposer à l'hégémonique Google Book Search (ex-Google Print) une vision moins américano-mercantile et plus respectueuse du droit d'auteur et du multilinguisme. Ainsi, un accord a été conclu entre la BNF et les représentants des éditeurs sur un modèle économique et juridique pour mettre à disposition du public des œuvres numérisées soumises à droits d'auteur, a récemment indiqué le président de la BNF, Bruno Racine. Le dispositif, dont un prototype doit être présenté au Salon du livre de Paris en mars 2008, doit garantir « l'accès gratuit aux œuvres du patrimoine et un accès payant aux œuvres sous droit. »

« L'enjeu est majeur. Un des reproches faits à Google était de numériser les ouvrages sans se préoccuper des droits d'auteur. S'il y a une approche commune dans ce domaine, c'est la garantie que la chaîne du livre est préservée au niveau européen », souligne M. Racine.

La BNF, qui a développé le système SPAR (Système de préservation et d'archivage réparti), souhaite « une coordination à l'échelon national des programmes de numérisation. » C'est que cette numérisation (transformation d'un document papier en document électronique), longtemps attendue, se développe tous azimuts : municipalités, archives départementales, et même « La Dépêche » qui va numériser d'ici 2010… 2,5 millions de pages. A la BNF, en 10 ans, 10 milliards de documents ont été collectés sur internet, plus 300 000 numérisés pour la BNE. « La BNF est désormais dans une phase de numérisation de masse », assure M. Racine. Le coût global du projet - collecte, numérisation, conservation - est de l'ordre de 26 M€ sur trois ans, financés par l'État.

Mais face à Google, ses milliards et sa technologie, l'Europe doit faire vite pour que la Babel numérique reflète la diversité des cultures.
En lançant récemment son téléphone portable F3, Motorola a créé la surprise. Pensez donc : un téléphone qui, pour 30 €, ne sert… qu'à téléphoner ! C'est qu'aujourd'hui le portable est devenu le couteau suisse high tech du XXIe siècle. Téléphone bien sûr mais aussi appareil photo numérique, lecteur de musiques et de vidéos numériques, envoi-réception de SMS et de MMS, terminal de connexion à internet, agenda, réveil, radio, console de jeux, GPS… N'en jetez plus… Ces terminaux de plus en plus sophistiqués nous réservent pourtant encore quelques surprises avec des services innovants.

L'un d'entre eux, monnaie courante en Asie de l'Est - 20 millions d'utilisateurs au Japon - et dans les pays scandinaves, vient d'être mis en expérimentation à Caen et Strasbourg avec six banques et quatre opérateurs. Il s'agit du paiement par mobile sans contact. À partir du 19 novembre, 1 000 clients et 200 commerçants vont tester ce nouveau moyen de paiement. Concrètement, pour régler son achat, le client approchera son téléphone d'une borne. Les deux communiqueront alors par radiofréquence selon la technologie NFC (near field communication) et le paiement sera validé, sans avoir à composer de code personnel pour les dépenses de moins de 20€. La technologie NFC, qui nécessite des terminaux adaptés, se généralisera en France en 2009. Banques et opérateurs télécoms misent gros sur ce dossier : les premières pour mettre enfin la main sur les micropaiements ; les seconds pour éviter que ne se développent hors de leur giron d'autres systèmes de paiement mobile, comme Paypal, moins onéreux sur la facture de l'abonné…

Autre service en plein boom : l'internet mobile dont l'accélération doit beaucoup à l'arrivée du téléphone mobile vedette d' Apple, l'iPhone, qui fait beaucoup appel au net. Jusqu'à présent, se connecter à internet avec son téléphone portable coûtait les yeux de la tête en comparaison avec les forfaits ADSL à domicile.
internet hors de prix ?

Que ce soit avec son abonnement 3G ou avec les points d'accès Wifi, une séance de surf en balade revenait hors de prix. L'irruption de l'iPhone sur le marché français, a bousculé les opérateurs. Orange, qui le commercialisera, doit dévoiler des forfaits avec internet quasi illimité. Et SFR a présenté ses offres internet illimitées la semaine dernière.

Au-delà de la volonté de répondre à la demande forte des consommateurs pour avoir leurs e-mails, leur messagerie instantanée ou leurs sites web préférés sur leur téléphone, l'internet mobile ouvre un marché publicitaire nouveau aussi colossal que convoité, à l'heure où circulent dans le monde 3 milliards de téléphones portables…



La télé mobile prête dans un an

Après le mobile-portefeuille (ci-dessus), les Français découvriront fin 2008, début 2009 le mobile-télévision. Certes, certains d'entre eux peuvent déjà regarder sur leur mobile - souvent au prix fort - des séquences vidéos, acheminées par le réseau de leur opérateur. Mais compte tenu des capacités de ces réseaux 3G ou 3G +, l'accès et la qualité ne sont pas toujours au rendez-vous. La nouveauté réside donc dans la réception des images qui se fera de façon indépendante par les ondes hertziennes : c'est la télévision mobile personnelle (TMP).

Initialement prévue pour être lancée lors du Mondial de football en 2006, puis lors de la récente Coupe du Monde de rugby cette année ; espérée pour les JO de Pékin, la TMP ne sera pas prête avant Noël 2 008. Des retards dus en premier lieu au choix de la norme de diffusion. L'Union européenne a privilégié la DVB-H qui permet de recevoir en intérieur comme en extérieur du contenu audiovisuel dans une qualité optimale. Mais les retards sont aussi dus à la définition du modèle économique. La télévision mobile sera-t-elle gratuite comme la TNT que l'on connaît chez soi ? Ce modèle, en vigueur en Corée du Sud, est le plus intéressant pour le consommateur. Mais les opérateurs télécoms français préféreraient faire payer un abonnement de 5 à 10 € par mois. Si rien n'est encore tranché, le CSA a d'ores et déjà lancé l'appel à candidatures pour les 16 canaux de la TMP, dont trois sont réservés aux chaînes du service public.

Seule certitude : les téléphones prévus pour la TMP sont déjà là. Et le marché s'annonce prometteur. Selon une étude du cabinet OC & C Strategy Consultants, le marché de la télévision mobile pourrait attirer 10 millions d'abonnés en 2 016.

Lorsque l'on se trouve face au nouveau supercalculateur du Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (Cerfacs), situé sur le campus de Météo France à Toulouse, difficile de ne pas penser tour à tour au monolithe noir de "2001 l'Odyssée de l'espace" pour la forme et à l'ordinateur HAL du même film pour les capacités de calcul de la machine. Mais l'analogie s'arrête là car il ne s'agit pas de science fiction mais bien d'une réalité scientifique jour après jour plus concrète.
Deux exemplaires en France
Baptisé Blue Gene/L cette machine est la deuxième qu'IBM installe en France ; la 35e dans le monde. Un autre exemplaire, quatre fois plus puissant, est, en effet, utilisé par EDF. "EDF réalise grâce à cette machine des simulations sur le vieillissement de ses centrales nucléaires, sur leur solidité, sur l'impact que pourraient avoir des inondations ou des marées, etc. Autant de choses qu'il était impossible de faire il y a quelques temps encore", explique Renaud Rafaelli, attaché de presse d'IBM France. Si la machine livrée au Cerfacs est moins puissante que celle d'EDF, elle n'en reste pas moins l'un des supercalculateurs français les plus en pointe. Le "monolithe" très design (1m2 au sol, 2m de hauteur), installé à Toulouse en juillet dernier, contient en effet 2048 coeurs de calcul, 1000 Go de mémoire et développe une puissance de 5,7 teraflop par seconde, soit 5,7 milliers de milliards d'opérations simples en une seconde ! Par comparaison, l'ordinateur le plus puissant du monde, un Blue Gene/L lui aussi, installé au laboratoire national de Livermore en Californie, affiche 280,6 teraflop...
Course à la puissance
Cette course à la puissance, qui est mesurée tous les semestres dans le Top 500 des supercalculateurs les plus rapides au monde, n'est pas près de s'arrêter et IBM, qui occupe 50% du marché, vise maintenant la construction d'une machine "pentaflopique" dans le cadre du projet américain Percs... "Blue Gene fait partie d'une ligne dont le développement va au-delà de la décennie", explique Gilles Lesage, directeur chez IBM France, qui justifie ce besoin de puissance par une demande toujours plus forte. "Il y a de plus en plus de besoins pour simuler, modéliser. Dans le domaine de la physique, de la biologie, de l'astronomie, du climat mais également dans des domaines plus inattendus comme les finances, les applications sociétales, les transports (flux maritimes), etc.", explique Gilles Lesage. Il est vrai que les exemples ne manquent pas : modélisation du cerveau en Suisse, astrophysique en Hollande, mécanique des fluides en France, etc. "Les supercalculateurs font évoluer notre connaissance", conclut M. Lesage.


Des supercalculateurs plus verts
La course à la puissance ne va pas sans poser de nombreux problèmes relatifs à la consommation énergétique et à la dissipation de chaleur. IBM a pris en compte ces deux aspects dans le cadre d'une réflexion sur le "green computing" (informatique verte). "Des projets sont en place dans tous nos centres", assure Gille Lesage. Cela se traduit très concrètement sur les machines. Bien que le plus puissant des supercalculateurs du Cerfacs, le Blue Gene est l'un des plus compacts. L'agencement intérieur de la machine a été pensé pour cela : la forme même, en biais, n'est pas un caprice mais permet une meilleure circulation et une meilleure évacuation de l'air.



A Toulouse, le Cerfacs à la pointe
L'arrivée de Blue Gene au Cerfacs, qui vient de fêter ses 20 ans, va permettre à celui-ci d'accroitre ses capacités de calcul. Entre 2000 et 2007, la puissance de production du Cerfacs a été multipliée par sept et atteint presque les 7000 petaflops (millions de milliards d'opérations par secondes cumulées). En 2001-2003, le Cerfacs a acquis une machine HP (0,08 teraflops), puis une Cray de 0,576 teraflops en 2005, un IBM Bladecenter de 2,2 teraflops en 2006 et donc maintenant un IBM Blue Gene de 5,7 teraflops. Les machines les plus récentes ne remplacent pas les plus anciennes mais viennent conforter le parc. "Il est important d'avoir de la puissance, mais il est aussi important d'avoir une gamme d'architecture très large", explique Jean-Claude André, directeur du Cerfacs.
De fait, le Cerfacs répartit sa capacité de calcul en fonction des besoins du moment. Des besoins issus tout d'abord des six associés qui constituent le Cerfacs : le Centre national d'études spatiales (CNES), EADS-Airbus, EDF, Météo-France, Safran et Onera. Ensuite viennent les besoins de partenaires fidèles avec lesquels sont conclus des accords pluriannuels de collaboration : le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Commissariat à l'énergie atomique (CEA).
Enfin, le Cerfacs apporte son concours à des réseaux de recherche régionaux, nationaux et européens. On trouve ainsi le programme Terre Vivante et espace (surveillance et prévision des milieux naturels), l'Aérospace vallée, le réseau Sciences et techniques pour l'Aéronautique et l'espace ; l'initiative Escrime pour la simulation climatique ; les réseaux européens Prism ou Myplanet (formation des doctorants en simulation de la combustion).


Climat : des sénarios à la prévision
A l'heure où la lutte contre le réchauffement climatique a été érigée comme l'une des priorités mondiales (et ses acteurs Al Gore et le Giec honorés du prix Nobel de la paix), le passage des scénarios climatiques à la prévision des trente prochaines années constitue un véritable défi.
En effet, pour parvenir à prévoir le climat, il faut intégrer une multitude de paramètres, combiner plusieurs modèles, etc. Le Cerfacs et Météo France ont contribué à la réalisation de calculs. Dans le cadre de l'exercice AR5 du Giec, 1800 années ont ainsi été simulées et sur le Blue Gene du Cerfacs, il y a eu un an effectif de calcul.

Pour aller plus loin
> Le site du Cerfacs
> La page de l'IBM Blue gene (en)
> Une fiche sur les superordinateurs chez Wikipédia
> La liste des 500 superordinateurs les plus rapides du monde
> Le Laboratoire national de Lawrence Livermore