Difficile pour Apple de réitérer en 2008 un coup marketing aussi fort que l'iPhone, son téléphone révolutionnaire présenté l'an dernier et qui avait fait bondir l'action de 8 %. Dès lors l'édition du MacWorld 2008 - la grand-messe annuelle de San Francisco où la firme à la pomme présente ses nouveautés - a forcément moins surpris fans et journalistes, réunis la semaine dernière au Moscone center, vaste centre de congrès pavoisé d'affiches « Il y a quelque chose dans l'air. » Ce « quelque chose », Steve Jobs, le PDG, s'est attaché à le présenter lui-même avec gourmandise au cours d'une de ses mises en scène étudiées qui ont fait sa légende.
C'est donc d'une enveloppe en papier kraft que le « gourou » a sorti le MacBook Air, présenté comme l'ordinateur « le plus fin du monde. »
Avec sa robe aluminium, le nouvel ordinateur portable a fière allure. D'un poids de 1,36 kg, il propose un écran de 13,3'' (33,7 cm) à technologie LED (éclairage par diode) surmonté d'une webcam. Son clavier confortable est rétro-éclairé si l'on travaille dans le noir. Il mesure 32,5x22,7 cm avec une épaisseur allant de 1,94 cm à… 0,4 cm sur sa face avant !
Son autonomie est annoncée à 5 heures avec le sans-fil Wifi N activé. Avec de telles mensurations, le lecteur-graveur de DVD est externe et optionnel (90€). Intel a spécialement conçu pour Apple un microprocesseur Centrino double cœur 60 % plus petit qu'habituellement cadencé à 1,6 ou 1,8 GHz. La machine d'ores et déjà est disponible à partir de 1 799 $ soit 1 223€… en théorie car en France elle est disponible à partir de 1 699€. Une version à 2 686 € intègre un disque dur à mémoire flash (ssd) de 80Go.
Après la téléphonie mobile l'an dernier, Apple aborde donc un nouveau secteur : celui des ordinateurs ultraportables. Un secteur très concurrentiel (cf. ci-dessous) et en plein boom. « Le MacBook Air pourrait doper le marché des ordinateurs ultraportables », estime ainsi Tim Bajarin, analyste chez Creative Strategies. Apple, dont la moitié des ordinateurs vendus sont des portables, « pourrait également attirer les utilisateurs de PC », ceux que l'on appelle les «switchers.»

Greenpeace accuse

Mais le MacBook Air, si séduisant soit-il, présente quelques handicaps : une solidité à vérifier, un seul port USB, une batterie inamovible. Et aussi une étiquette « écolo » qui serait moins nette que celle vantée par Steve Jobs. Ainsi Greenpeace accuse. « Le MacBook Air présente moins de PVC et de retardateurs de flamme bromés que les autres ordinateurs Mac, mais il n'est pas complètement dépourvu de ces substances toxiques », affirme l'association écologique.

Mobilité : un marché très concurrentiel

Leader sur le marché des ultraportables, Sony dispose de son Vaio TZ, une référence chez les PC. Il surpasse le MacBook Air sur plusieurs points : 1,19 kg avec lecteur-graveur de DVD et une autonomie de 7 heures. Moins connu dans l'Hexagone, Panasonic pulvérise les 10 heures d'autonomie avec des modèles très pro car à coque renforcée, mais très chers. Toshiba de son côté a récemment lancé son R500 : 800 grammes avec le lecteur graveur de DVD. Asus, autre spécialiste du portable, présente toute une gamme « U » et surtout son nouvel EEE révolutionnaire. Là où les ultraportables coûtent souvent plus de 1 500 €, Asus lance une machine à… 300€. Un prix qui est même tombé, mercredi 23 janvier dernier, date de sortie en France de l'appareil, à 199 € si l'on prend l'EEE chez SFR avec un abonnement de 29,90 €/mois. Ce pack permet d'accéder à internet partout en France via le réseau 3G + (HSDPA) grâce à une petite clé USB. C'est la première fois que SFR commercialise un ordinateur. Le EEE d'Asus, qui a connu un très vif succès depuis son lancement dans les autres pays, est un ordinateur complet et prêt à fonctionner. Basé sur une version de linux (Windows XP peut être installé), il est équipé de logiciels libres.







La télé est de retour. Non pas la télé en tant que média, celle-ci voyant, année après année, sa place dans les familles diminuer au profit d'internet. Non, le retour est celui de l'écran de télévision comme élément central de la convergence multimédia (programmes télé, vidéo, jeux, internet, etc.)

Tel est l'enseignement que l'on pourrait tirer du salon Consumer electronic show (CES) de Las Vegas qui vient de se tenir cette semaine. S'il n'y a pas eu de nouveautés décoiffantes annoncées pour ce grand rendez-vous high tech de l'électronique de loisirs qui se tient chaque année dans la capitale du jeu, les constructeurs ont, chacun, joué carte sur table.

Pour Panasonic, cela a consisté à présenter le plus grand écran plasma du monde : un monstre de 3,8 m de diagonale ! Cet exploit n'éclipse cependant pas la baisse de régime des plasmas, détrônés par les écrans LCD. Plébiscités, les ventes de ces derniers ont bondi de 86 % au 3e trimestre 2007 et Samsung, Sharp et consorts ont tous présenté à Las Vegas La télé du futur à Las Vegas des écrans LCD toujours plus fins, plus grands, plus fonctionnels.

Mais déjà, les LCD entament leur déclin face à de nouvelles technologies.

Sony mise ainsi sur les écrans Oled. Encore chers, ces derniers sont ultrafins et très économes. Samsung avance, lui, sur des écrans 3D et Panasonic- encore lui-a présenté Life Wall, une composition d'écrans plats pour couvrir tout un mur d'une maison. Microsoft, enfin, a présenté Surface, un écran tactile logé… dans la table basse du salon !

Le CES a montré également que les images ne se contentaient pas d'être affichées mais sont aussi projetées. Hitachi a ainsi présenté un vidéoprojecteur proposant une image de 1,5 m de diagonale avec seulement… 42 cm de recul.

MINI-PROJECTEURS


Mais surtout, la révolution pourrait bien venir des vidéoprojecteurs miniatures. Panasonic, 3M, Light Blue proposent déjà ou planchent sur des appareils si petits qu'ils peuvent être intégrés dans les téléphones portables dont les écrans, si tactiles soient-ils, ne permettent pas de profiter de toutes leurs fonctions multimédias, notamment l'imminente TNT mobile. Selon le cabinet iSuppli, les ventes de ces projecteurs de poche pourraient atteindre 1,7 million d'unités en 2 012. Après le cinéma à domicile, l'ère du cinéma de poche…

La fin des fils, enfin

Dans le salon comme au bureau, les câbles qui traînent par terre seront bientôt un mauvais souvenir. Pour relier télé et lecteur DVD, ordinateur et imprimante sans aucun fils, les constructeurs ont développé des systèmes de transmission par ondes radios. Un récepteur, branché sur les prises de courant et du câble, transmet à la télé les images en haute définition. Pour les télés,LG utilise des ondes de 5 Ghz qui portent jusqu'à 20m ; Panasonis a choisi des ondes de 60 Gz. Pour l'informatique, 2008 va voir débarquer l'USB sans fil qui permettra de relier les périphériques sans fil. Ne restera plus qu'un ultime cordon : celui qui transporte l'électricité...

27 000 nouveautés pour un salon « vert »

Face à la concurrence d'autres salons (Foire de Hanovre, salon 3GSM de Barcelone) ou des événements propres (Mac world pour Apple), le CES de Las Vegas n'est pas forcément LE salon où les constructeurs dévoilent des nouveautés marquantes. Toutefois, 27 000 nouveaux matériels ont été présentés cette semaine aux quelque 140 000 visiteurs et 4 500 journalistes. Dans les allées, on pouvait ainsi voir des robots ; télévisions connectées directement à Youtube ; un écran panoramique incurvé chez Alienware ; des appareils photos numériques filmant en haute résolution ; des mini-PC ultralégers, les premiers serveurs informatiques pour la maison concentrant photos et vidéos ; des terminaux GPS commandés par la voix, etc. Le CES a également entamé un virage « vert » en présentant des technologies écologiques et recyclables. Enfin les organisateurs se sont engagés à réduire les émissions de carbone des 3 000 stands avec un partenariat avec l'association carbonfund.org.
Bonne et heureuse année 2008 pour tous les lecteurs du blog et ceux de La Dépêche.