La télévision mobile personnelle (TMP) sur téléphone (ou téléviseur) portable en France, c’est un peu l’Arlésienne de l’audiovisuel. Initialement prévue pour être lancée lors du Mondial de football en 2006, puis lors de la Coupe du Monde de rugby l’an passé ; espérée pour les JO de Pékin en août prochain, la TMP ne sera pas prête avant Noël 2008.
Un retard dû au choix de la norme de diffusion – l’Union européenne a choisi la DVB-H – comme de la définition du modèle économique toujours inconnu – télé gratuite ou payante ? Mais une étape importante vient d’être franchie, alors que tous les constructeurs peaufinent leurs produits. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a, en effet, sélectionné mardi les 13 candidats autorisés à diffuser leurs programmes sur ce nouveau canal ; sachant que trois canaux supplémentaires ont été préemptés par l’État pour Arte, France 2 et une autre chaîne dévoilée prochainement.
Répondant à un appel à candidature lancé le 6 novembre, 36 candidats ont présenté mi-janvier leur projet de chaîne pour la TMP. Pour que celle-ci connaisse un succès similaire à celui de la TNT, le CSA a misé sur la sécurité en choisissant des chaînes « à forte notoriété » et « attractives pour le téléspectateur » ; un choix qu’a déploré hier le Sirti (syndicat des radios et télés indépendantes.)
Les 11 chaînes existantes choisies représentent ensemble 48 % de l’audience nationale et plus de 70 % de l’audience nationale des chaînes privées. On retrouve parmi les groupes les mieux dotés TF1 avec TF1 et Eurosport ; Canal + avec Canal+ et sa chaîne d’information i > Télé ; M6 avec M6 et W9, NRJ avec sa chaîne NRJ12, Bolloré avec sa chaîne Direct8 et AB avec sa chaîne NT1. Lagardère, qui avait déposé six dossiers, n’obtient qu’un canal pour Virgin17 et le groupe NextRadioTV, qui avait déposé trois projets, ne décroche qu’un canal pour BFM TV. La vraie surprise vient du choix du CSA de la chaîne présentée par le cinéaste Luc Besson (EuropaCorp TV) et de la chaîne d’information sportive de France Télécom (Orange Sports TV). L’opérateur, actuellement en froid avec Canal + sur le cinéma, a d’ailleurs confirmé hier son ambition dans la télé en lançant une offre Orange Foot (6 € mensuels)… La TMP, qui bénéficiera d’un 2e appel à candidature en 2009, devrait être lancée cet hiver.


Bientôt on pourra payer avec son téléphone mobile

Les trois opérateurs mobiles Bouygues Télécom, Orange et SFR ont créé lundi l’association française du sans contact mobile (AFSCM) afin d’accélérer en France le déploiement des services sans contact dans la téléphonie mobile, au premier rang desquels le paiement. De la même façon que l’on peut franchir les portiques de métro à Paris ou Toulouse en passant simplement une carte devant une zone dédiée, le paiement sans contact consiste à approcher du terminal bancaire d’un commerçant son téléphone portable doté de la technologie NFC (near field communication). Portable et terminal communiquent alors par radiofréquence et le paiement est validé sans avoir à composer de code personnel. Ce système très courant en Asie de l’Est (20 millions d’utilisateurs au Japon) doit être opérationnel en France l’année prochaine pour de petites dépenses ; banques et opérateurs télécoms misant sur un meilleur succès que Monéo. Le « sans contact » permet aussi d’autres applications, par exemple récupérer sur son téléphone des informations proposées par des bornes ou affiches publicitaires. Ou encore remplacer les toujours trop nombreuses cartes de fidélité. L’AFSCM souhaite réunir tous les acteurs du marché.
Qui va détrôner Wikipédia, l'encyclopédie gratuite vedette sur internet ? La guerre fait rage entre les éditeurs traditionnels comme Britannica, Universalis, Larousse et les acteurs d'internet comme Citizendium et l'omniprésent Google. La vénérable maison Larousse vient de se lancer dans la bataille mardi dernier avec une initiative originale qui pourrait faire mouche. Depuis le 13 mai, en effet, le site larousse.fr propose d'une part d'accéder gratuitement aux 150 000 articles et aux 1 000 médias (photos, dessins, animations) de l'encyclopédie française ; et d'autre part affiche des contenus proposés par les internautes (après inscription). Réunis au sein d'une interface unique, ces deux types de données sont clairement identifiés et séparés.

De ce fait, Larousse porte le fer dans le talon d'Achille de Wikipédia : la fiabilité.

Certes, l'encyclopédie n° 1 mondiale aux 10 millions d'articles (658 751 en français hier) peut toujours arguer que plusieurs études attestent de sa crédibilité. La revue scientifique « Nature » en 2005 avait ainsi relevé 3,86 erreurs par article chez Wikipédia contre 2,92 pour l'encyclopédie Britannica. Et l'institut MIT de Boston a récemment démontré qu'une obscénité postée sur Wikipédia était éliminée en mois de deux minutes. Mais cela ne suffit pas.

Couacs et bidouillages

Les couacs et les bidouillages de ceux - sociétés ou hommes politiques - qui modifient à leur avantage leur fiche sur Wikipédia incitent à se méfier de l'encyclopédie vedette. Wikipédia a compris le risque et contrairement à ses débuts verrouille tout ou partie de certains articles (Nicolas Sarkozy, Israël par exemple). Un outil externe (le Wikiscanner) permet en outre de savoir qui a modifié tel ou tel article… Mais le doute sur la fiabilité subsiste.

Larry Sanger, cofondateur de Wikipédia, a quitté le navire pour lancer Citizendium. Cette encyclopédie collaborative reprend le principe de fonctionnement de Wikipédia mais chaque article proposé est soumis à un collège d'experts et surtout l'anonymat des rédacteurs est proscrit. Une démarche légèrement différente de celle de Larousse, qui n'entend pas valider les contributions qu'elle recevra pour sa section collaborative.

250 langues

Le succès de fréquentation de Wikipédia (100 millions de visiteurs par mois) a également titillé le géant Google qui a dans ses cartons lui aussi un projet d'encyclopédie baptisée Knol (inspiré du mot Knowledge, connaissance) financé par la publicité.

Si l'initiative de Larousse est louable et a d'ores et déjà rencontré le succès - son site était difficilement accessible ces jours-ci - Wikipédia conserve une réelle longueur d'avance sur tous ses concurrents. Multilingue (250 langues), gratuite, simple d'utilisation, l'encyclopédie bénéficie de l'importante communauté Open Source des logiciels libres mais est aussi le fer de lance d'une galaxie de sites et de services (dictionnaire, citations, livres, etc.) qui fait sa force.


Le papier fait de la résistance

Face au foisonnement sur internet, les encyclopédies papier traditionnelles ont mis du temps à réagir, de grès ou de force. Face à la chute vertigineuse de ses ventes (200 000 en 2006, 100 000 en 2007), Le Quid a jeté l'éponge. Pas de version papier en 2008 mais une version internet gratuite (www.quid.fr). Les encyclopédies de référence Universalis et Britannica se sont longuement interrogées sur le maintien ou non d'éditions papier, leur préférant des versions sur CD ou DVD-Rom. Mais les galettes ne permettent pas l'interactivité et la mise à jour possibles via internet. Universalis propose donc une version en ligne payante et des passerelles entre DVD et internet. Britannica a décidé de s'ouvrir gratuitement aux webmasters, journalistes et internautes. L'opération baptisée Webshare vise pour Britannica à profiter de la visibilité que peuvent avoir sur la Toile les blogeurs qui auront la possibilité de créer des liens de leur blog vers le site web de Britannica. Ce lien entre blogs et encyclopédie en ligne est également une piste explorée par Larousse. Les encyclopédies papier ont tout intérêt à investir le net car Wikipédia... fait le chemin invers. La version allemande va, en effet, publier chez Bertelsman une édition papier de Wikipédia en septembre prochain.
Cette semaine, Apple a fêté le dixième anniversaire de l'iMac, son ordinateur fixe vedette. En 1998, alors que la firme à la pomme est moribonde, Apple présente le successeur du mythique Macintosh avec lequel elle espère rebondir. Le pari, audacieux, est autant esthétique que technique. Esthétique car l'iMac adopte un design tout-en-un jamais vu jusqu'alors et qui tranche avec les machines du monde PC, souvent beige. Le designer Jonathan Ive, en effet, a imaginé un drôle d'ordinateur tout en rondeur, translucide et coloré selon plusieurs ton. Un ordinateur doté d'un lecteur de CDROM mange-disque et, surtout, dépourvu de lecteur de disquettes. Une petite révolution à l'époque où nos si pratiques clefs USB étaient encore rares. Mais le pari d'Apple s'est transformé en jackpot. L'engouement du public ne s'est jamais démenti, à telle enseigne que l'iMac G3 reste à ce jour l'ordinateur qui s'est le plus vendu au monde avec 6 millions d'exemplaires. Apple a également eu le flair de faire évoluer le concept de l'iMac en adaptant son design à la mode du moment. Ainsi on a vu apparaître l'iMac G4 « tournesol » avec son écran plat flottant sur une demi-sphère ; puis l'iMac G5 aussi plat que son ancêtre était rond et qui, ultime révolution marche aussi avec Windows.

Les créateurs de mode et de design sont de plus en plus sollicités par l'industrie informatique. On l'a vu notammment dans le domaine de la téléphonie avec le Samsung Armani ou le LG Prada.

Cette fois-ci c'est le géant Google, numéro un de la recherche sur internet, qui s'est attaché les services de nombreux artistes pour personnaliser sa page de recherches iGoogle. Déjà connue pour modifier son logo en fonction des fêtes et commémorations tout au long de l'année (Premier de l'An, Noël, Pâques, Saint Valentin, etc.), la firme de Mountain View propose désormais de colorer sa célèbre page blanche avec des oeuvres originales, spécialement conçues pour Google.

Coldplay, Dolce&Gabbana, Annes Geddes ou Oscar de la Renta se sont prêtés au jeu. Et Jeff Koons, qui a récemment fait sensation en exposant au Palazzo Grassi de François Pinault à Venise, a créé pour Google un logo spécial, Doodle.

Les Français ne sont pas en reste puisque Yann Arthus Bertrand, Jean-Charles de Castelbajac, Christophe Lopez-Huici et Philippe Starck ont participé à ce projet de création de "skins."

"Nous avons fait appel à des artistes et à diverses personnalités pour offrir aux utilisateurs d’iGoogle des nouvelles options pour personnaliser leur page iGoogle. A travers l’oeuvre de ces créateurs, nous proposons aux internautes de nouveaux thèmes esthétiques et innovants, permettant aux artistes d‘exprimer leur créativité de façon originale et pour certains, de mieux se faire connaître", explique Sandrine Murcia, directrice Marketing de Google Europe du Sud.



Ce qu'ils en disent


Yann Arthus Bertrand

"Aujourd’hui qu’on le veuille ou non tout passe par Internet. C’est un outil formidable pour faire passer des messages. C’est pour cela que je m’en sers. Grâce à iGoogle, tout un chacun pourra découvrir chaque jour une photo différente de La Terre Vue du Ciel et prendre conscience, à travers des chiffres, de notre responsabilité."

Jean Charles de Castelbajac

"Google et moi partageons les mêmes envies de découverte et de transversalité créative et universelle. iGoogle-JCDC : c’est un grand projet. J’ai voulu créer un outil de jeux évolutif 24h sur 24h pour ceux qui, comme moi, sont atteints du syndrome de Peter Pan ! C’est une sorte de page lien OVNI aux couleurs pop. De la pure archéologie digitale."

Christophe Lopez-Huici

"En utilisant l'illustration traditionnelle, le web, loin de faire preuve
de classicisme, tend au contraire à faire connaître au plus grand nombre un moyen d'expression incontournable."

Philippe Starck

"Face à l’urgence des grands défis écologiques, religieux, économiques de demain, chaque centimètre carré de chaque forme de media doit être consacré à la vision, au partage et au combat."


A visiter

Pour trouver les oeuvres des artistes français, rendez-vous sur : www.google.fr/artistthemes
Pour visualiser des thèmes du monde entier, rendez-vous sur : www.google.fr/help/ig/art/gallery.html

Qu'est-ce que iGoogle ?

iGoogle, la page d’accueil personnalisée de Google, permet aux internautes de personnaliser le contenu de leur page d’accueil, en choisissant et en organisant des modules parmi des milliers de « gadgets », et accéder ainsi directement aux informations qui les intéressent. Cela va des prévisions météo aux cours de la Bourse, en passant par les derniers résultats sportifs. Il suffit pour cela d’avoir un compte Google ou une adresse Gmail.
Pour en savoir plus sur iGoogle, rendez-vous sur : www.google.fr/ig
D'ici 2050, le nombre des 75 ans et plus pourrait être multiplié par trois, celui des 85 ans et plus par quatre. Dès lors la question de l'autonomie de ces personnes du 4e âge ou de toute personne dépendante va constituer un enjeu de société sur lequel les professionnels de santé se penchent d'ores et déjà avec un allié de plus de plus en plus présent : la technologie informatique. Lors du récent colloque Télésanté 2008, « l'habitat intelligent » a fait l'unanimité de la communauté médicale.

Peu courantes, les maisons connectées sont encore au stade du développement mais préfigurent déjà ce que pourrait être demain l'environnement des seniors. Un environnement truffé de capteurs. Par exemple l'association MEDetic conduit depuis l'an 2000 le projet Geri@tic qui devrait se concrétiser cette année en Alsace. Derrière ce nom se cache le concept d'une résidence constructible (Vill'âge) en cœur de village et dotée d'appartements high tech. Dans ces derniers des capteurs (infrarouges, mécaniques, tactiles…) reliés à un véritable réseau permettent de faire remonter des informations pour déclencher au besoin l'intervention des secours en cas de problème.

Une démarche similaire anime le centre universitaire Jean-François Champollion qui propose une formation d'ingénieurs Informatique et Systèmes d'Information pour la Santé (Isis). Aux États-Unis, des sociétés spécialisées comme 4 HomeMedia (4HM) se proposent d'équiper en capteurs tout type de résidence.

Mais après la surveillance des déplacements, la prochaine étape consiste à surveiller réellement la santé des seniors chez eux. Pour ce faire, des outils de mesure du poids, du taux de glucose, de la pression sanguine, peuvent être déployés, par exemple sur des fauteuils roulants de télémédecine ou grâce à des téléphones portables dotés de fonction de monitoring cardiaque. Les données sont collectées en temps réel sur le réseau informatique domestique, et accessibles aux proches comme aux médecins. En en cas de problème, une alerte est immédiatement émise.

Si cet « écosystème de la santé à domicile » comme le qualifie 4HM ne peut bien sûr pas répondre à toutes les pathologies, il est véritablement précurseur en télésanté et présente un avantage financier : une année de fonctionnement du système domotique est jusqu'à 60 fois moins chère qu'une année en institut médicalisé…
Cantonnées jusqu’à présent à la sphère institutionnelle judiciaire ou médicale, les analyses ADN sont en passe de conquérir le grand public. Si aucune société française ni même européenne ne s’est lancée sur ce créneau, le business de l’ADN prospère, notamment aux États-Unis, où tout un chacun peut faire analyser son ADN pour partir à la recherche de maladies héréditaires (certains types de cancers, maladie d’Alzheimer, diabètes, etc.) ou d’ancêtres célèbres.
Financée par Google, la jeune start-up « 23andMe » propose ainsi aux internautes américains, pour 999 dollars, de commander des tests ADN réalisés grâce à des prélèvements de salive. Une démarche similaire anime la société islandaise « deCODE genetics » qui commercialise son « kit » 985 dollars.
Navigenetics pour sa part propose une analyse plus fine à 2 500 dollars et même un abonnement annuel à 250 dollars « pour vous aider à comprendre ce que vos gênes ont à vous dire sur votre santé future », selon le slogan de l’entreprise. Enfin, le site spécialisé dans la généalogie Ancestry réalise des tests sur certains chromosomes, facturés de 149 à 199 dollars.
Certains millionnaires décident toutefois de pousser plus loin les analyses en faisant déchiffrer l’intégralité de leur génome. Knome, une société là encore américaine, doit prochainement livrer le génome intégral de son premier client, Dan Stoicescu, un milliardaire roumain vivant en Suisse, qui a dépensé 233 000 euros pour connaître son patrimoine génétique. Un tarif élevé mais qui devrait baisser jusqu’à 1 000 dollars environ si l’on en croit le prix Nobel James Watson.
Hormis la généalogie et la santé, le séquençage de l’ADN permet des applications dans d’autres domaines, comme le commerce. Pour lutter contre la contrefaçon, rien de tel qu’une analyse ADN pour disqualifier le foie gras porteur d’un faux label AOC. L’industrie du luxe s’y intéresse aussi. Un marqueur spécial intégré dans l’encre de l’étiquette collée sur un flacon de parfum constitue une contre-preuve incontestable.
Dans un autre registre, le « taggage » à l’ADN de la cargaison d’un pétrolier permettrait de remonter facilement jusqu’à lui s’il venait à dégazer en mer…
Plus récemment, le business de l’ADN est sorti du champ technologique pour entrer dans celui de l’art. La société DNA11 propose pour 390 dollars de transformer votre ADN en un tableau abstrait forcément unique. Ou la conjugaison de l’art de la science...