La Corée, l'autre pays d'internet


L'invitée d'honneur du sommet mondial sur l'internet du futur, le DigiWorld Summit 2008, organisé à Montpellier par l'Idate depuis mercredi, est la Corée du Sud. Un invité particulièrement approprié car ce pays est, pour parodier un slogan publicitaire, l'autre pays d'internet.

Les infrastructures coréennes sont, en effet, sans communes mesures avec ce que nous connaissons en France. Alors que Francis Lorentz, président de l'Idate déplore que les lignes ADSL de l'Hexagone peinent à dépasser des débits de 10 Mbits/s, en Corée on dépasse allègrement les 100 Mbits/s. 15 millions de personnes sont abonnées au haut débit sur un total de 48 millions d'habitants. 13 millions de personnes disposent de la télé numérique sur leur mobile et 41 millions de Coréens disposent de l'internet sur leur mobile. Des chiffres vertigineux. D'autant plus que le très haut débit en mobilité est déjà une réalité avec la norme Wibro.

Avec un tel débit, les usages d'internet dont nous ne connaissons que les débuts se sont accelérés. Ainsi le site participatifs OhMyNews, dont Madepeche.com est la petite soeur, rassemble 60000 journalistes citoyens qui écrivent plus de 70% des textes de ce site d'actualité réputé fondé en 2000 sur internet... et qui se décline en édition papier !

A partir de OhMyNews et de bien d'autres sites participatifs (comme Afreeca), les Coréens inventent de nouvelles formes de démocratie comme l'a raconté ce mercredi à Montpellier Yong-Kyung Lee, député coréen. Par exemple, pour refuser l'entrée en Corée du boeuf hormoné américiain, les Coréen se sont mobilisés via internet. Des images des manifestations monstres ont été diffusées en direct sur internet grâce aux centaines de photophones dont raffolent les Coréens, le débat a irrigué de nombreux forums et vivifié la démocratie sur une question de santé.

Pour Do Kyun Song, de l'opérateur KCC, la Corée est en train de vivre réellement la convergence numérique qui est "moteur de la croissance économique". Les Coréens doivent alors maintenant non plus développer l'accès au net mais inventer des formes de régulation pour faire face aux problèmes de sécurité mais aussi à ceux de la fracture numérique.

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