La TNT ne connaît pas la crise


Lancée il y a quatre an, la télévision numérique terrestre (TNT) ne connaît pas la crise et reste l'une des innovations les plus plébiscitées par les Français. Depuis le 31 mars 2005, la part d'audience des 14 chaînes gratuites qui se sont invitées dans les foyers aux côtés des chaînes historiques (TF1, France 2, etc.) a atteint 14 % fin février 2009 et devrait continuer à progresser. NPA Conseil table ainsi sur une audience de 25 % à l'horizon 2012.

Selon le principe des vases communicants, si la TNT surfe sur un joli succès, les chaînes historiques sont à la peine et particulièrement TF1 et M6. Les deux chaînes privées escomptaient, tout d'abord, récupérer les marchés publicitaires perdus par France Télévisions depuis l'arrêt de la publicité après 20 heures. Las ! Ce sont justement les petites chaînes de la TNT avec leurs tarifs modiques qui ont séduit le plus les annonceurs. « Les recettes publicitaires de la TNT ont progressé de 74 % à 204 millions d'euros sur la période allant du 5 janvier au 15 mars 2009, comparé à l'année précédente », note François Lienart, directeur chez Yacast, qui recense les publicités sur tous les médias.

TF1, qui bénéficie depuis des années d'une « prime au leader » a fait l'erreur de profiter de l'arrêt de la pub sur France Télévisions pour augmenter dans un premier temps ses tarifs de soirée, ce qui a été mal accueilli par les annonceurs. De fait TF1 a subi un recul de 19 % de ses recettes sur les dix premières semaines 2009, tandis que M6 a essuyé un repli de 5 %, selon les données Yacast.

Si côté publicitaire, il y a le feu, côté programmes, il y a aussi urgence pour TF1 et M6. TF1, qui n'y croyait pas au lancement, cherche maintenant à prendre pied dans la TNT notamment par des prises de capital.

Car les petites chaînes de la TNT, après des hésitations sur leur ligne éditoriale, ont fait évoluer leur grille en proposant des programmes inédits et parfois de qualité. Des programmes pour tous les goûts qui font mouche à l'heure où chaque membre de la famille se concocte « sa » soirée télé. « On veut proposer du jamais vu sur les grandes chaînes », estime d'ailleurs Frédéric de Vincelles, directeur de W9. Documentaires, fiction et information vont ainsi se développer sur la TNT, qui conservera, budget oblige, les rediffusions de films ou séries.

La radio numérique arrive
Et si la radio suivait le même chemin que la télévision en passant au numérique ? La radio numérique terrestre (RNT) est dans les tuyaux, même si elle inquiète les petites stations FM - qui n'auront pas toutes le budget pour s'équiper pour la diffusion de leurs programmes en numérique. Le CSA doit faire son choix d'ici quelques jours parmi 358 dossiers de candidature. La plupart des radios de la bande FM sont candidates mais de nouvelles têtes arrivent dont TF1 ou LCI radio. Cette année, 19 grandes zones seront couvertes en France, soit 30 % du territoire. Les consommateurs vont devoir s'équiper d'un récepteur spécifique.

Fin de l'analogique : ce que vous devez savoir
Selon la loi, 95 % du territoire devra être couvert le 30 novembre 2011, date à laquelle s'éteindra complètement en principe la diffusion analogique. Les 5 % du territoire inaccessible par la diffusion classique seront arrosés par une diffusion satellitaire gratuite.
Environ 1 300 émetteurs doivent encore être installés pour atteindre une couverture du territoire à 95 %, soit, selon le Conseil supérieur de l'audiovisuel, environ 40 par mois jusqu'au 30 novembre 2011.
L'extinction de la diffusion en mode analogique se fera par « plaques régionales », correspondant aux régions de diffusion de la chaîne France 3.
La première région à basculer dans la télévision 100 % numérique sera l'Alsace, le 2 février 2010, suivi de la Basse-Normandie, le 9 mars 2010, puis des régions Pays de Loire, Lorraine, Champagne-Ardennes, Bretagne et Franche-Comté.
Le Premier ministre a annoncé une enveloppe de 277 millions d'euros sur les trois ans qui viennent pour financer le dispositif national d'accompagnement du public vers le tout numérique. Les chaînes historiques (TF1, France 2, France 3, Canal +, M6 et Arte) devraient contribuer au dispositif pour 120 millions d'euros supplémentaires.

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