Vers l'interdiction du portable à l'école

Le Grenelle des ondes, lancé par le gouvernement le 23 avril dernier avec les associations, les opérateurs et des élus pour faire le point sur les risques sanitaires de la téléphonie mobile et les actions à mettre en place, a dévoilé hier ses premières mesures après trois tables rondes. Dix propositions qui restent finalement assez timides. Si sur le téléphone portable un consensus semble s'être dégagé, en revanche, sur les antennes relais, l'opposition entre associations et opérateurs reste vive et pourrait donner lieu, dans les mois à venir, à de nouveaux procès se concluant par le démontage d'antennes.
Sur le téléphone dont Roselyne Bachelot avait pointé les plus grands dangers, une mesure phare s'est dégagée : son interdiction à l'école primaire, une mesure qui est aujourd'hui du seul ressort des établissements scolaires. Parmi les autres mesures on trouve une meilleure information des utilisateurs notamment sur les normes d'émissions DAS des mobiles. Les opérateurs vont également plancher sur des mobiles utilisables seulement avec oreillette ; et une offre de SMS exclusive, sans service voix. Une offre étonnante qui renvoie presque aux débuts de la téléphonie mobile et des bippeurs Tatoo…
En ce qui concerne les antennes, le désaccord est flagrant entre associations et opérateurs. L'Association française des opérateurs mobiles (Afom) a expliqué, diagramme à l'appui, que le passage de la puissance d'émission de 41 à 0,6 V/m comme le réclament les associations couperait l'accès au téléphone dans de nombreuses zones, ce qui contreviendrait à l'obligation de couverture imposée par l'État aux opérateurs… En porte-à-faux, le gouvernement joue la carte de l'expérimentation, en attendant une étude de l'Afsset. Les ministres Bachelot, Kosciusko-Morizet et Jouanno ont retenu « le lancement de modélisations sur ordinateur » et « le cas échéant des expérimentations dans des villes volontaires », comme Grenoble. « Cette synthèse est un premier pas qui mérite que les associations applaudissent… d'une main ! Nous utiliserons la 2e pour prêter main-forte aux riverains afin d'obtenir de véritables mesures de précaution », objecte Stéphen Kerckhove, délégué, général d'Agir pour l'Environnement. Le débat et les batailles scientifiques et juridiques restent ouverts…

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