Quand on est le ministre le plus connecté du gouvernement, on ne se refait pas. Hier matin c'est donc sur son compte Twitter (@nk_m) que Nathalie Kociusko-Morizet a annoncé, au sortir de la réunion sur le Grand Emprunt, que celui-ci allait débloquer 4 milliards d'euros pour l'économie numérique.

Venue ce jeudi à Montpellier pour conclure la 31e conférence internationale de l'Institut de l'audiovisuel et des communications en Europe (Idate), la secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du développement de l'économie numérique, a détaillé cette enveloppe : "2 milliards d'euros iront aux infrastructures (fibre, satellite...) et 2 milliards d'euros aux usages (e-santé, e-éducation, numérisation)." La ministre a insisté sur les usages insuffisamment pris en compte selon elle. "Je me sens plus en charge de la société numérique que du développement de l'économie numérique."
Les 4 milliards seront gérés par une nouvelle Agence du numérique, un organisme "de moyens et de projets."

Fibre : 3 zones

Concernant le déploiement de la fibre optique (FTTH), la ministre a indiqué que 3 zones avaient été définies. La zone 1 concerne les parties à forte densité (grandes villes) où seuls les opérateurs interviennent pour construire le réseau. La zone 2 puis la zone 3 sont celles moyennement et peu peuplées. Sur ces deux dernières, la construction du réseau sera co-financée par les collectivités territoriales, l'Etat via la Caisse des Dépôts et les opérateurs. Les zones 2 et 3 sont éligibles aux 2 milliards d'euros "infrastructures" du Grand Emprunt.
Sur le contenu susceptible d'être véhiculé par les réseaux fibre, des appels à projets seront lancés et les PME du logiciel pourront être soutenues par le volet PME du Grand Emprunt.

Création musicale

Concernant la création musicale, NKM veut "faire en sorte qu'Hadopi ne serve à rien et que tout le monde aille vers l'offre légale." La ministre ne manque d'ailleurs pas d'idée pour que l'industrie musicale et les consommateurs adoptent de nouveaux comportements sur la toile. Rapprochement de l'industrie d'internet, mise en place d'offres légales attractives, meilleure présence française à l'international, possibilité pour les sites musicaux d'avoir le statut de radio-diffuseur, création d'un guichet unique pour la gestion des droits, mutualisation des formats des éditeurs pour faire face aux standards US, etc.
La proposition la plus audacieuse et qui séduira les partisans de la licence globale : une déduction fiscale por un abonnement annuel à un site musical légal !

Droit à l'oubli

Sur la protection et l'effacement des donnes personnelles, NKM se veut pragmatique. "On n'arrivera pas à se mettre d'accord sur ce que c'est qu'une donnée personnelle. Selon les cultures, les pays, la notion change. En revanche, toutes les cultures intègrent le besoin d'oublier", a expliqué la ministre. Et si "un accord international sur le droit à l'oubli est illusoire", NKM rappelle que le Forum sur la gouvernance d'internet de Sharm El-Cheikh reste favorable à l'idée, et que 71% des internautes sont inquiets sur le devenir des données qu'ils ont confiées aux grands acteurs de l'internet, ces derniers se livrant d'ailleurs bataille sur la qualité de gestion de ces données.

La ministre propose donc une réflexion nationale dont les propositions pourraient être portées à l'international.

Basculement numérique : éviter l'écran noir

NKM est ensuite revenue sur le basculement de la télé analogique vers le tout numérique dont la date butoir est fixée au 30 novembre 2011 ; au lendemain d'un nouveau test avant le basculement de l'Alsace en février prochain. "On s'organise pour éviter l'écran noir", assure la ministre qui a rappelé le fonds spécial de 277 millions d'euros débloqué pour aider les ménages les plus faibles à passer le cap ; l'augmentation de la puissance des émetteurs TNT pour couvrir davantage de population. NKM a également annoncé une rallonge de crédit pour les foyers qui recevaient la télé par antenne rateau et qui devraient s'équiper lors du basculement.

Conseil européen des télécoms "déprimant"

Pour NKM, au niveau européen, "la régulation c'est bien, s'occuper de la société numérique c'est mieux." La ministre qui trouve le conseil européen des téécoms trop "déprimant", estime que l'UE ne se penche pas assez sur les usages.

Philippe Rioux
Jean-Ludovic Silicani, président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) est intervenu ce jeudi à Montpellier dans le cadre de la 31e conférence internationale de l'Institut de l'audiovisuel et des communications en Europe (Idate).

En référence au thème choisi cette année - les plateformes ouvertes - M. Silicani a d'emblée souligné que "la méthode même de régulation est fondée sur l'ouverture." Comme en réponse à Michel Combes (CEO de Vodafone Europe) qui redoutait une trop grande intervention du régulateur, le président a rappelé qu'il agissait pour obtenir une concurrence non pas maximale mais optimale offrant pour les clients un service de qualité à prix raisonnable et pour les opérateurs la possibilité de dégager des marges suffisantes pour innover.

4e licence et 3G

Rappelant que sur le fixe, l'ouverture régulée à la concurrence avait été "un réel succès" avec 7 millions d'abonnés haut débit en dégroupage (sur 19 millions), M. Silicani a justifié la 4e licence. "J'aurai aimé qu'il y ait plus de candidats. C'est bien la preuve que la licence n'a pas été bradée", a-t-il observé. "Le 4e opérateur ne perturbera pas les autres ; et en cas de guerre des prix, ce sera le premier touché", estime le patron de l'Arcep, qui a indiqué que le dossier de candidature de Free était en cours d'examen.

Enfin sur le mobile, Jean-Ludovic Silicani, a annoncé que la mutualisation des sites 3G allait donner lieu à un accord d'ici la fin de l'année.

Fibre optique : Sarkozy va intervenir

Concernant le déploiement des réseaux de fibre optique (FTTH) qui a connu ces derniers mois des bisbilles technologiques notamment entre Free et d'autres FAI, Jean-Ludovic Silicani souhaite un réseau "ouvert et neutre technologiquement." Pour rappel la FTTH concerne 0,2% des abonnés haut débit en France contre 48% au Japon...

Pour le déploiement dans les zones denses (5 millions de foyers), Jean-Ludovic Silicani a annoncé l'émergence d'un cadre juridique d'ici la fin de l'année.

Le président de l'Arcep a également assuré que pour éviter toute fracture numérique, le déploiement de la fibre se ferait partout sur le territoire. De fait, le Grand emprunt pourrait être mis à contribution pour financer des infrastructures très coûteuses.

Nicolas Sarkozy devrait présenter d'ici quelques mois le plan national de déploiement de la fibre.

Neutralité du net : un colloque en 2010

Si certains se demandent si la net neutrality est un problème purement américain, l'Arcep entend bien se saisir du dossier. Une réflexion est ainsi engagée sur le degré d'ingérence des opérateurs dans les contenus ; sur la solidité du trafic mis à mal par les énormes besoin en bande passante de la vidéo ; et sur le partage de la valeur.

L'Arcep a engagé sa réflexion autour de la non-discrimination (un opérateur ne doit pas favoriser tel ou tel contenu) et la transparence. Au terme de cette réflexion en interne, l'Arcep va lancer une consultation publique d'ici la fin 2009. Un colloque doit conclure cette phase de réflexion au printemps 2010

Certains des téléviseurs haut de gamme qui seront au pied du sapin à Noël cette année seront capables de se connecter à internet. Une tendance de fond qui va s'accélérer et se démocratiser dans les mois à venir.

La 31e conférence internationale de l'Institut de l'audiovisuel et des communications en Europe (Idate), qui se déroule Montpellier, a expliqué que le basculement vers le numérique, la migration vers internet de l'industrie télé était engagé, après celui de la musique ou de l'écrit.

Pour Gilles Fontaine, de l'Idate, "la télé connectée est l'une des brique de cette nouvelle filière de distribution vers internet. Tout est réuni pour que la migration vers internet s'opère." Et l'expert de pointer trois facteurs :
- l'usage de la consommation se développe (même s'il s'agit de contenu amateur) ;
- l'industria adopte une stratégie concordante (constructeurs de téléviseurs, d'ordinateurs, portails web) ;
- l'augmentation des débit d'internet permet ce développpement de la télé connectée.

Reste le contenu. "Le paysage est en formation et il y a déjà des services comme Hulu ou la VOD (vidéo à la demande). Mais là encore va se poser la question de la monétisation des contenus, qui peut passer par du couponing, des abonnements, etc.

Quoi qu'il en soit, les perspectives de développement sont forte : 40% des foyers seront en mesure d'avoir une télé connectée en 2012, notamment via des terminaux tiers (consoles).


L'exemple de Yahoo!


Le portail internet Yahoo! est l'un des pionniers de la télé connectée avec Yahoo! connected TV. "Yahoo! veut étendre son expérience personnalisée du mobile à la télé", assure Russ Shafer, senior director chez Yahoo! en charge de la télé connectée, "une complémentarité qui répond à la demande du consommateur."

Pour lancer sa télé connectée, Yahoo! mise sur sa plateforme ouverte de Widgets, initiée il y a 4 ans, et sur un partenariat avec des constructeurs. Parmi ces derniers, on compte Samsung, Sony, LG, Vizio et Toshiba.

Sur les nouveaux télévisieurs, une interface simple permet d'accéder à des Widgets récupérant du contenu internet : de la VOD, des informations, du sport, du divertissement, du shopping, des réseaux sociaux (Facebook, Twitter...), des jeux, de la musique, du contenu pour enfants mais aussi des sondages ou de la visioconférence. Autant dire qu'en France les acteurs du tripleplay ont peut-être des soucis à se faire pour la partie télé de leurs offres d'abonnement ADSL...

Actuellement plus de 3000 développeurs planchent sur ces Widgets qui rendent la télévision réellement interactive. Ainsi, en suivant un match de baseball, on peut obtenir des infos sur le match, les équipes, etc.

Des choses que l'on pouvait certes faire avec un ordinateur doté d'un tuner ; mais la télé connectée apporte une nouvelle expérience interactive plus simple et beaucoup plus confortable.


La 31e conférence internationale de l'Institut de l'audiovisuel et des communications en Europe (Idate), le DigiWorld Summit 2009, qui s'est ouverte ce mercredi 18 novembre au Corum de Montpellier, a dévoloppé cet après-midi tous les aspects des plateformes ouvertes à travers plusieurs séminaires : brodband, mobile, Green ICT, jeux vidéos, policy, santé et média.

Concernant ce dernier, une table ronde autour des services web innovants a réuni Jonathan Benassaya, co-fondateur de Deezer, Frédéric Sitterlé, fondateur de The Skreenhouse Factory et MySkreen, Rémi Tereszkiewicz, de Video Futur Entertainment Group et Bertrand Pecquerie, directeur du World Editors Forum ; soit des représentants de la musique, de la vidéo et de la presse écrite.

De la vidéo personnalisée à la télé à la carte

Concernant la vidéo, bousculée par un piratage endémique et une offre d'accès facile aux contenus légaux encore trop légère, c'est la notion de personnalisation qui est apparue comme la tendance. Personnalisation qui s'appuie sur la VOD (video on demand) dont la France est l'un des pays les plus consommateurs en Europe.
Alors que Video Futur se penche sur l'élaboration de chaînes thématiques conçues à partir de la VOD sur internet, Skreenhouse booste de la VOD de documentaires (après le rachat de Vodeo.tv) et a conçu un portail de VOD MySkreen. Dans les deux cas, la simplicité d'accès et tarifaire est mise en avant.

Comment monétiser la musique ?

Concernant la musique, Jonathan Benassaya surfe sur le succès de Deezer (Deezer Premium a été lancé récemment à 9,90/mois) mais tout le problème réside dans la monétisation : "Comment monétiser les 7 millions de visiteurs uniques ?"

La presse à la croisée des chemins

Reste le secteur le plus touché face aux nouvelles innovations d'internet : celui de la presse traditionnelle. "C'est une adaptation dans la douleur, mais l'innovation est vitale. Il faut collaborer ou mourir" estime Bertrand Pecquerie, citant les 90 journaux qui ont mis la clé sous la porte en un an aux Etats-Unis.

M. Pecquerie analyse le secteur comme à un tournant. "Le XXe siècle aura été celui des mass médias ; le XXIe siècle sera celui de la personnalisation."
C'est cette personnalisation qui a été mal négociée, selon lui, par les titres de presse. "L'offre n'est pas adaptée. Les acteurs ne sont pas centrés sur les consommateurs."
Pour M. Pecquerie, il aurait fallu prendre trois initiatives :
- que les titres de presse (Libé, Le Figaro, Le Monde, la PQR) s'allient sur une plateforme à même de livrer aux lecteurs, sur un thème donné, le maximum d'articles ;
- mieux prendre en compte le contenu généré par les utilisateurs UGC
- utiliser les outils de type e-reader pour reconquérir les 18-24 ans qui délaissent la presse traditionnelle.

Bertrand Pecquerie estime désormais, ce n'est plus l'augmentation du trafic de l'audience qui importe mais la monétisation de ce dont les titres de presse disposent. Cela passe par la création de sites spécialisés payant auprès d'une audience qualifiée. "On assiste à une inversion qualité/quantité" estime le spécialiste.

Les Etats-Unis sont le pays invité de la 31e conférence internationale de l'Institut de l'audiovisuel et des communications en Europe (Idate) qui s'est ouverte mercredi 18 novembre à Montpellier. Le représentant de l'administration de Barack Obama, Steven W. Lett, du Département d'Etat, chargé de l'internet (Deputy United States Coordinator for International Communications and Information Policy) a plaidé pour "une collaboration renforcée avec les pays en voie de développement" ; s'inscrivant ainsi dans les propos tenus par le président américain lors de sa visite en Chine qui

M. Lett a d'ailleurs indiqué que que la secrétaire d'Etat Hillary Clinton venait de nommer trois envoyés scientifiques et technologiques qui vont se déplacer en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du sud est afin de monter et d'appuyer des projets innovants autour d'internet.

Plusieurs projets sont d'ores et déjà en cours comme ceux financés par la Millenium Challenge corporation (MCC). Cet organisme a financé pour 20M$ au Ghana l'informatisation des banques agricoles ou pour 9,5M$ au Lesotho la mise en place d'une carte d'identité biométrique.

Surtout, M. Lett a mis en exergue l'opération One Laptop per Child (OLPC), c'est-à-dire un ordinateur portable pour chaque enfant. "Un million d'enfants dans 31 pays ont reçu un ordinateur et le X01 a inspiré d'autres sociétés. Ceci a fait émerger une nouvelle catégorie d'ordinateur à bas coût. La réussite commerciale dans des pays en développement est entousiasmante", a assuré le représentant de Barack Obama.








La 31e conférence internationale de l'Institut de l'audiovisuel et des communications en Europe (Idate), le DigiWorld Summit 2009 s'est ouverte ce mercredi 18 novembre au Corum de Montpellier. L'occasion "de prendre le pouls de l'internet, des télécoms, de la télévision et de regarder le futur", a expliqué Yves Gassot, le directeur de l'Institut. Après le Japon, la Chine, l'Inde et la Corée du Sud, les Etats-Unis sont le pays invité cette année pour apporter leur expérience sur la stratégie d'ouverture, le thème de la conférence étant "open innovation, open platforms"

Cette ouverture du secteur apparaît comme un fort enjeux de développement, selon Francis Lorents, le président de l'Idate. "Le vrai sujet, c'est l'innovation dans les réseaux, l'internet et les TIC", estime-t-il en mettant en avant d'une part le cloud computing, l'internet mobile et celui des objets ; et d'autre part l'iphone, Google et Twitter. "L'innovation est tirée par le consommateur : l'accès à l'innovation s'est banalisé et on voit la constitution d'écosystèmes fondés sur la collaboration organisée" explique M. Lorentz.

Soulignant combien l'Europe devait miser sur l'enseignement supérieur et renforcer la part du PNB européen consacré à la Recherche et développement, Francis Lorentz a dressé les défis à venir : faire d'internet le système nerveux du cadre de vie et de la performance économique.

Ce qui suppose aussi "de faire évoluer l'internet lui-même."

Les services de géolocalisation sur les téléphones mobiles intelligents de type iPhone connaissent un succès fulgurant au fur et à mesure que se développe l'internet mobile. On connaît bien sûr Google Maps ou encore Around Me (qui permet de trouver banque, parking ou restaurant autour de l'endroit où l'on se trouve). Selon le Top 25 des applications iPhone publié sur l'App Store, l'application de géolocalisation de Mappy est devenue « la première application gratuite la plus téléchargée en France. Elle se place également en tête des téléchargements de la catégorie Navigation ». L'application permet notamment de retrouver sur son portable tous les services à succès du web : navigation, feuille de route pour suivre les étapes d'un itinéraire, affichage de la photo de façade de l'adresse recherchée. À voir sur http://www.mappy.fr/.

Cette semaine, 5es rencontres nationales du e-tourisme à Toulouse et conférence de l'Idate à Montpellier.

Aujourd'hui et demain à l'espace de congrès Toulouse-Labège se tiennent les 5es rencontres nationales du e-tourisme institutionnel avec le Québec comme invité d'honneur. Organisées par la Région Midi-Pyrénées et son agence pour le développement de la société de l'information (Ardesi), elles constituent un rendez-vous désormais incontournable pour tous les comités départementaux et régionaux du tourisme, les offices de tourisme et syndicats d'initiatives (OTSI) de la France entière.

Alors que le dernier baromètre du e-tourisme en France montre que 45 % des Français ont préparé leur séjour sur internet en 2008 et que le e-tourisme pèse 7 milliards d'euros (30 % du e-commerce), les congressistes - quelque 850 personnes attendues, un record - vont partager leurs expériences et plancher sur différents outils du web 2.0 pour cerner le « touristonaute » de demain. Réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, FlickR, Tumblr, etc. mais aussi partage de vidéos, services géolocalisés ou sur téléphones mobiles sont ainsi au programme de conférences et d'ateliers durant ces deux jours.

Les institutionnels du tourisme ont résolument pris le virage d'internet. En Midi-Pyrénées, par exemple, 58 % des 276 OTSI ont un site internet, selon le dernier diagnostic 2008 de la Société de l'information réalisée par l'Ardesi. L'Aveyron et le lot présentaient alors la plus forte hausse (+6 points entre 2007 et 2008).

Dans la même dynamique de développement sur internet, la campagne Grands Sites de Midi-Pyrénées, orchestrée par la Région, a été particulièrement bien relayée sur les réseaux sociaux.

Un jury de blogueurs décernera enfin 5 trophées récompensant des initiatives innovantes.

@ Plus d'infos sur http://www.etourisme-ardesi.fr/

Vers une Toile plus ouverte
L'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate) spécialisée depuis 1977 dans l'analyse stratégique concernant l'industrie des médias, de l'informatique et des télécommunications organise mercredi 18 et jeudi 19 novembre à Montpellier sa 31e conférence internationale. Après la Corée du Sud l'an passé, les États-Unis sont le pays invité d'honneur de ce DigiWorld Summit, qui va plancher sur l'internet « ouvert » (plateformes, innovations, etc.). Comment les acteurs des réseaux sociaux gèrent-ils l'ouverture ? Quel impact de l'ouverture sur le web, le mobile, etc. Quels sont les nouveaux modèles de concurrence ? Faut-il légiférer pour assurer la neutralité de l'Internet ? Autant de questions qui seront débattues. Nathalie Kociusko-Morizet, secrétaire d'État à l'économie numérique conclura le sommet.
@ Plus d'infos sur http://www.digiworldsummit.com/

Philippe Thorel est président de la société WMI et chargé de cours en Master à l’Université d’Evry. Il a été témoin et acteur de plusieurs mutations du marché français de la musique vers le dématérialisé : en participant au lancement, en 2003, des plateformes digitales de musique Fnacmusic et Virginmega ; en créant en 2004 la base de données pour la distribution digitale des labels indépendants de la SPPF ; et par le lancement en 2009 de BigaDJ.fr, premier service de Web DJ.





Les derniers chiffres des ventes de disques pour le premier semestre 2009 sont édifiants : - 67% en valeur par rapport à 2002. Malgré cette chute continue depuis plusieurs années, la profession n’a pas encore fait le deuil de son vieux modèle économique qui garantissait jusqu’à aujourd’hui ses revenus. Ce n’est pas tant la mort annoncée du support physique dont il s’agit ici que celle de la matière ajoutée par le « producteur » à la création artistique appelée communément par la profession « reproduction mécanique ». Et si la matière n’est plus source de valeur comment va-t-on s’y prendre ?

En tant que pionnier de la distribution digitale, je comprends la position délicate des producteurs et leurs difficultés actuelles. Depuis 10 ans, nous glissons inexorablement sur la pente lisse de la dévalorisation des contenus parce que le changement imposé par la technologie et le processus de dématérialisation associé n’a pas suffisamment été pris en considération.

Il va nous falloir accepter que le fichier MP3 n'a pas de valeur en soi (à une large échelle de marché) et que le fait de s'accrocher à l'idée contraire sera aussi efficace que de vouloir retenir de l'eau entre ses doigts. Faire le deuil du passé pour une entreprise c’est s’autoriser à penser différemment, à réinventer son activité et finalement à recréer une nouvelle forme de valeur.

Mais avant d'aller plus loin dans notre réflexion voici quelques retours sur image de la façon dont nous avons vécu ces premières étapes du processus de deuil.


Les étapes du processus de deuil face au changement

Selon les travaux d'Elisabeth Kübler-Ross sur le processus de deuil, largement repris dans le domaine du management des organisations, 5 étapes se succèdent l'une après l'autre.

D'abord, il y a le choc et le déni de réalité ensuite vient la réaction de colère avant de chercher à composer avec la nouvelle donne, puis vient la compréhension que l'on va devoir se changer soi même avant finalement que de pouvoir accepter vraiment la nouvelle situation telle qu'elle est.

1ère étape : Choc et déni du phénomène : les années 1999-2001

La légitimation du téléchargement gratuit a causé un véritable choc aux professionnels de la musique. Imaginez que votre médecin vous appelle au sujet d’analyses de sang dont les résultats ne sont pas bons. Il vous prescrit une hospitalisation alors que vous vous sentez bien. Comme beaucoup, vous aurez probablement le même type de réaction. Vous vous exclamerez probablement : ce n’est pas possible. Ce n’est pas vrai!

Pensez maintenant à un artiste, un éditeur ou un producteur de musique qui voit ses ventes de CD diminuer de 10 à 15% par an et constate en même temps que les consommateurs téléchargent gratuitement sa musique. Même réaction: ce n’est pas vrai, ce n’est pas possible qu'on laisse faire ça. Cette réaction se manifeste parfois officiellement comme le font les producteurs qui sont montés au créneau mais plus souvent officieusement chez les artistes soucieux de ne pas écorner leur image auprès du public.

Le déni quant à lui est une réaction très puissante, parfois difficile à surmonter. Si nous filons la métaphore dans le domaine de la santé, nous pouvons tous nous souvenir d’une personne malade, à qui son médecin avait prescrit un traitement qu’elle devait prendre chaque matin et qui s’est ingénié inconsciemment ou pas à ne jamais le suivre, allant même parfois jusqu’à des hallucinations négatives du type : « Pendant des années, mon traitement avait beau être posé sur ma table de nuit, je ne le voyais pas ! »

Souvenez-vous maintenant du cas NAPSTER et du virage raté par les maisons de disques en 2001.

Il s’agissait de trouver un accord avec le service de téléchargement le plus utilisé au monde. Une solution était là sous nos yeux mais certaines Majors n’ont pas pu l’accepter, ni y voir l’opportunité qu’elle représentait pour la filière au-delà de leur intérêt personnel.


2ème étape : Révolte, colère les années 2002-2004

Une fois la phase de choc ou de déni passée, on traverse une période pendant laquelle on considère le changement proposé comme absurde, injuste et on y réagit violemment la plupart du temps.

Pour l’industrie de la musique, c’est le moment de la révolte et de la confrontation : attaque frontale sur le plan juridique vi à vis de sites pirates comme kazaa, emule, etc. La guerre est décrétée : les sites de peer to peer ne passeront pas.

Et dans le même temps, on comprend que d’autres vont profiter de la situation (notamment les fournisseurs d’accès à internet) avec au premier rang d’entre eux Orange en France, dont l’état est l’actionnaire principal. Difficile d’imaginer dans ces conditions que le ministère de la culture puisse peser plus lourd que celui des Télécoms. Et c’est bien ce qui s’est passé jusqu’à aujourd’hui. Alors que la directive européenne pour le commerce électronique invitait depuis 2000 les pays membres à se doter d’une loi pour favoriser l’essor de l’économie numérique tout en préservant les intérêts des ayants droits, la France 9 ans plus tard vient tout juste d’accoucher d’Hadopi2 et comme par hasard au moment où les abonnés Adsl sont suffisamment nombreux pour garantir les retours sur investissement des opérateurs.


3ème étape : Négociation les années 2005-2009


Négociation : comment trouver un arrangement avec le changement ?

Lors de cette phase, on commence à se projeter dans l’avenir, et à en mesurer les avantages et les inconvénients.

Dans notre cas, le compromis semble avoir été trouvé avec le téléchargement à l’acte mais ce n’est que la pâle transposition du vieux modèle et d’ailleurs les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances.

Ainsi il faudrait multiplier par 10 le chiffre d’affaires 2009 des ventes numériques pour retrouver un équivalent du chiffre d’affaires global des producteurs de 2002.

En effet d’après les chiffres publiés par le SNEP, si la courbe de progression des ventes numériques montre un chiffre d’affaires de 37,6 M€ au 1er sem. 2009 contre 5,8 M€ en 2002, les revenus du disque quant à eux ont dégringolés de 577M€ à 191M€. sur la même période. Autant dire que le téléchargement payant est loin de compenser la chute des ventes de CDs dont la majeure partie se réalise désormais durant les fêtes de Noel. Le CD est devenu un produit de saison tout comme les huitres et le foie gras.

Pendant ce temps, on s’accroche à tout ce qu’on peut. Il s’agit d’essayer d’avoir une part du gâteau dans les startups en monnayant le catalogue contre des parts sociales et/ou des avances financières. Le syndrome du « take the money and run » est le mode de fonctionnement par défaut, faute d’une vision plus éclairée sur ce que nous réserve l’avenir.


4ème étape : Réflexion et retour sur soi en 2010 ?

A ce moment de dépression, il y a obligation de se « repenser » pour continuer à exister. Ici la réflexion porte sur la question de la valeur ajoutée de « l’industrie du disque » selon la nouvelle donne numérique.

Pour cela, il nous faut poser les bases d’une nouvelle problématique où s’entremêlent une multitude de questions d’ordre :
. juridiques sur l’avenir de la copie privée
. techniques sur la gestion des droits d’auteur et des droits voisins
. économiques sur le déplacement et la création de la valeur
. marketing sur le développement des nouveaux services à abonnement
. etc.

Bien sur, nous nous sommes posés des questions sur l’évolution de notre métier et même certaines maisons de disques se sont rebaptisées « maisons d’artistes » pour marquer leur distance par rapport à un ancien métier trop étroitement lié au support. Mais au-delà de la formule et des efforts pour capter d’autres formes de revenus déjà existantes comme les éditions ou les concerts, on peut se demander s’il y a eu une vraie réflexion quant à la nécessité de se transformer.

Force est de constater que l’industrie du disque n’a pas encore fait le tour de ces questions. Quand ce sera le cas, elle sera en mesure de se réinventer et d’être en capacité de proposer de nouvelles offres à valeur ajoutée en partenariat avec les innovateurs qui ne manqueront pas de continuer à solliciter son catalogue.

Nous n’en sommes qu’au début de ce processus de réflexion qui intègre véritablement et définitivement le changement. Bien sur il y a eu par le passé des tentatives d’adaptation mais elles s’inscrivaient dans une logique de combat et pas dans une logique d’acceptation. Dans cette logique de combat, on pense pouvoir dominer la situation à son avantage. Par exemple, il s’est agit pour les majors de développer en propre des sites de téléchargement comme Pressplay ou Musicnet avec comme résultat l’échec qu’on connaît, alors que le bon sens eut été de faire confiance aux initiatives venant d’acteurs plus compétents pour créer une large demande (comme Napster par exemple) d’une part, et de créer les conditions favorables au développement de ces nouvelles offres, d’autre part.

Par exemple, au travers d’une plateforme internationale de backoffice qui aurait permis une traçabilité des usages gage de l’établissement d’une relation de confiance entre ayants droits et la multitude de nouveaux services qui n’auraient pas manqué de s’y raccorder.

Malheureusement et à défaut d’avoir compris la nécessité d’internaliser la technologie selon une approche B2B et non B2C, c’est encore la méfiance générale qui domine entre les acteurs.

Combien de temps avant de passer à l’acceptation définitive du changement et à quelles conditions ?

De manière non exhaustive, cela va dépendre en France :

. de la possibilité de prouver le bien fondé des contrôles HADOPI en démontrant une capacité technique et juridique à faire diminuer le téléchargement pirate, non pas tant sur la quantité globale qui a déjà décrue naturellement ces derniers mois que sur le plan psychologique pour limiter son utilisation comme alternative aux offres légales. Le point presse du SNEP au Midem 2010 sera riche d’enseignements à ce sujet.

. du soutien aux énergies créatrices pour de nouveaux services, seuls source de véritable création de valeur à long terme. A noter par exemple, l’initiative très positive du service à abonnement Spotify, dont les majors sont partie prenante, d’ouvrir ses librairies à la communauté des développeurs.

Autre service innovant, BigaDJ.fr qui invente le concept de webDJ, avec des soirées prêtes à l’emploi. BigaDJ est actuellement le service le plus cher du web musical avec de la location de musique pour 24H à un prix de 49€. Néanmoins ça reste dix fois moins cher qu’un vrai DJ et les droits sont reversés.

. du lancement de chantiers informatiques tels que par exemple une base de données métier permettant d’améliorer la productivité de sociétés de gestion collective comme la SACEM, la SPRE, l’ADAMI, la SCPP ou la SPPF en vue de répartir au plus juste en fonction de la réalité des usages … c’est dans ces conditions que l’instauration d’une rémunération vraiment équitable pourra être réalisée,

. de nouveaux mandats collectifs pour les sites de streaming et de téléchargement temporaire plutôt que par les accords de gré à gré actuels demandés par les producteurs. Mais pour cela, il faudra dépasser le stade du syndrome : « Où sont passés les 280M$ de la vente de LastFM ? » qui crispe encore les esprits.

. de la contribution financière des FAI en fonction des téléchargements « pirates » sur le principe de la copie privée. Il ne parait choquant à personne aujourd’hui de voir sa facture de téléphonie sur internet fluctuer en fonction de ses communications.


5ème étape : Acceptation, oui mais quand ?

C’est seulement après s’être plongé sans concession dans l’étape précédente et en être sorti comme régénéré qu’on sera en mesure de reconnaître que le changement apporte au moins autant, sinon plus d’avantages que d’inconvénients par rapport à la situation antérieure.

« L’industrie de la musique doit changer d’attitude et composer avec son avenir plutôt que se battre contre lui. Pour renouer avec le succès, elle devra prendre en considération que les nouveaux modèles de revenus seront “un mix entre la publicité, le téléchargement, les abonnements et la vente de billets” et où la clé du succès viendra “d’un packaging approprié des droits d’accès et de la portabilité de ceux-ci”, nous dit Daniel Ek, le cofondateur de Spotify.
Le processus de deuil décrit ci-dessus n’est pas totalement accompli, sinon nous aurions déjà vus les signaux de cette nouvelle prise de conscience. Mais il est en train de franchir un cap, celui où l’intime conviction de devoir changer supplante le simple besoin initial de chercher à comprendre ce qui nous arrive. Mais pour que nous acceptions de changer encore faut il créer un climat de confiance entre les uns et les autres. Cela implique que nous ayons d’abord confiance en nous mêmes et en notre capacité de faire différemment qu’auparavant. Ce sera alors le premier signe du véritable changement.

Il n’en demeure pas moins que la problématique reste complexe au même titre que bien d'autres changements de paradigme que nous connaissons aujourd'hui dans des domaines aussi différents que la finance, l'écologie ou la santé. De fait, il s'agissait moins ici de proposer de pseudo solutions qui seront rapidement balayées par le vent des innovations que de partager simplement avec vous une analyse nourrie aux racines des profonds bouleversements constatés.

Le site internet www.alerteGPS.com propose depuis longtemps aux possesseurs de terminaux portables GPS de télécharger (gratuitement pour la version basique) la liste mensuelle des radars fixes,mais aussi les zones susceptibles d'accueillir des radars mobiles et celles qui sont dangereuses en raison de travaux.

Depuis quelques temps, AlerteGPS s'est investi sur le créneau porteur des avertisseurs communautaires. C'est-à-dire que les automobilistes équipés constituent une communauté d'entraide, chacun pouvant signaler aux autres la présence d'un radar mobile lorsqu'il en croise un en roulant. AlerteGPS revendique "la plus grande communauté live de France" avec quelque 687000 utilisateurs.

On peut accéder à cette communauté de deux façons : soit en téléchargeant gratuitement une application sur son smartphone (l'application Wikango est ainsi disponible pour l'iPhone sur l'AppStore) soit en achetant ceux des boîtiers commercialisés par AlerteGPS et qui sont dotés de la fonction Live. Wikango est gratuit pour iPhone et coûte 24,90 euros pour tous les autres téléphones compatibles à vie (il n'y a pas d'abonnement) ; il faut souscrire un abonnement à 60 et 100 euros pour respectivement une ou deux années si l'on dispose d'un boîtier. Outre la possibilité de communiquer avec les autres membres de la communauté, un abonnement permet aussi de recevoir les mises à jours de radars sans avoir besoin de passer par un ordinateur, directement sur le téléphone ou le boîtier.

Les boîtiers justement ont vu leur gamme couronnée récemment par le Wikango One, dont nous avons pu effectuer le test. Ce boîtier compact dispose d'un écran couleur très lumineux et d'un joystick permettant de naviguer dans ses menus.

Divisé en plusieurs parties, l'écran indique la vitesse du véhicule, le nombre de membres (les Safety Cars) de la communauté (sur l'axe ou autour de son véhicule) et bien sûr s'il y a ou non des radars. Ces derniers sont signalés en amont par une voix ; un pictogramme indique la vitesse limite autorisée et une barre de progression s'agrandit jusqu'au point de rencontre du radar.

Sur le trajet Toulouse-Rodez, qui mixe une autoroute (A68) et une nationale (N88), la précision des informations a été remarquable. Les radars fixes sont très précisément indiqués. Idem pour les zones susceptibles d'accueillir des radars mobiles. L'appareil suggère même s'il s'agit d'un contrôle à la jumelle, avec un radar mobile sur pieds ou embarqué dans une voiture banalisée et même mes nouveaux radars aux feux tricolores.

Si l'on croise un radar ou un danger, il suffit de d'appuyer sur le bouton Live. L'appareil propose alors de choisir entre signaler un danger (accident ou travaux) ou un radar (fixe ou mobile). Un mode simplifié permet de signaler d'un seul clic un radar.

Avec leWikango One, AlerteGPS se hisse en bonne place sur le marché de l'avertisseur légal de radar. Alerte GPS, Coyote, Navirad, Inforad, etc. Autant de sociétés qui répondent à une demande de plus en plus forte des automobilistes. Une demande qui n'est pas près de se tarir ; le gouvernement ayant prévu de multiplier les radars en 2010.

Le Wikango One est commercialisé 159 euros avec 3 mois d'abonnement ou 249 euros avec 12 mois d'abonnement.

L'une des principales caractéristiques des cartes géographiques de Google (les fameuses Google Maps) est qu'elles peuvent être interfacées avec des banques de données selon le principe du mashup. Ainsi, on peut avoir une carte de la région avec les meilleurs restaurants localisés. Mais là où l'idée devient intéressante, c'est lorsque l'on combine des cartes avec de grandes bases de données. C'est le cas de la base de connaissance mondiale Freebase qui propose désormais sur une cartographie de 50 siècles de guerres sur la planète. Sur www.conflicthistory.com, on visualise ainsi les champs de bataille, le nombre de morts au cours d'une frise historique qui conduit le visiteur de la guerre du Kurukshetra (-3 000 à -1 000 avant notre ère) jusqu'à la guerre en Afghanistan et au conflit israélo-palestinien. Une belle leçon d'histoire.