Internet : "collaborer ou mourir" pour la presse


La 31e conférence internationale de l'Institut de l'audiovisuel et des communications en Europe (Idate), le DigiWorld Summit 2009, qui s'est ouverte ce mercredi 18 novembre au Corum de Montpellier, a dévoloppé cet après-midi tous les aspects des plateformes ouvertes à travers plusieurs séminaires : brodband, mobile, Green ICT, jeux vidéos, policy, santé et média.

Concernant ce dernier, une table ronde autour des services web innovants a réuni Jonathan Benassaya, co-fondateur de Deezer, Frédéric Sitterlé, fondateur de The Skreenhouse Factory et MySkreen, Rémi Tereszkiewicz, de Video Futur Entertainment Group et Bertrand Pecquerie, directeur du World Editors Forum ; soit des représentants de la musique, de la vidéo et de la presse écrite.

De la vidéo personnalisée à la télé à la carte

Concernant la vidéo, bousculée par un piratage endémique et une offre d'accès facile aux contenus légaux encore trop légère, c'est la notion de personnalisation qui est apparue comme la tendance. Personnalisation qui s'appuie sur la VOD (video on demand) dont la France est l'un des pays les plus consommateurs en Europe.
Alors que Video Futur se penche sur l'élaboration de chaînes thématiques conçues à partir de la VOD sur internet, Skreenhouse booste de la VOD de documentaires (après le rachat de Vodeo.tv) et a conçu un portail de VOD MySkreen. Dans les deux cas, la simplicité d'accès et tarifaire est mise en avant.

Comment monétiser la musique ?

Concernant la musique, Jonathan Benassaya surfe sur le succès de Deezer (Deezer Premium a été lancé récemment à 9,90/mois) mais tout le problème réside dans la monétisation : "Comment monétiser les 7 millions de visiteurs uniques ?"

La presse à la croisée des chemins

Reste le secteur le plus touché face aux nouvelles innovations d'internet : celui de la presse traditionnelle. "C'est une adaptation dans la douleur, mais l'innovation est vitale. Il faut collaborer ou mourir" estime Bertrand Pecquerie, citant les 90 journaux qui ont mis la clé sous la porte en un an aux Etats-Unis.

M. Pecquerie analyse le secteur comme à un tournant. "Le XXe siècle aura été celui des mass médias ; le XXIe siècle sera celui de la personnalisation."
C'est cette personnalisation qui a été mal négociée, selon lui, par les titres de presse. "L'offre n'est pas adaptée. Les acteurs ne sont pas centrés sur les consommateurs."
Pour M. Pecquerie, il aurait fallu prendre trois initiatives :
- que les titres de presse (Libé, Le Figaro, Le Monde, la PQR) s'allient sur une plateforme à même de livrer aux lecteurs, sur un thème donné, le maximum d'articles ;
- mieux prendre en compte le contenu généré par les utilisateurs UGC
- utiliser les outils de type e-reader pour reconquérir les 18-24 ans qui délaissent la presse traditionnelle.

Bertrand Pecquerie estime désormais, ce n'est plus l'augmentation du trafic de l'audience qui importe mais la monétisation de ce dont les titres de presse disposent. Cela passe par la création de sites spécialisés payant auprès d'une audience qualifiée. "On assiste à une inversion qualité/quantité" estime le spécialiste.

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