Qui a dit que la télé n'était plus dans le coup et allait se faire dévorer par internet ? Tout au contraire, elle ne s'est jamais aussi bien portée et sort désormais de son cadre habituel - le poste familial dans le salon - pour envahir tous les écrans dont nous disposons, dévoilant jour après jour de nouveaux usages.

Sur les écrans plats qui vont passer à la 3D au printemps prochain, sur les écrans des téléphones portables intelligents comme l'iPhone, sur les écrans des ordinateurs qu'ils soient portables ou fixes, et bientôt sur les écrans des tablettes tactiles qui vont décoller cette année : les programmes télé se visionnent sur n'importe quel support… et surtout n'importe quand. Car à la révolution matérielle s'ajoute une révolution technologique permise par le développement de l'internet à haut débit avec ses «box» : la « catch-up TV », autrement appelée télé de rattrapage. C'est-à-dire que les téléspectateurs vont pouvoir s'affranchir des grilles de programmes définies par les chaînes pour se concocter, à l'heure qui leur convient, leur propre soirée télé. Un épisode de Desperate housewives pioché sur M6Replay, un documentaire sur Camus récupéré sur Arte7 +, un match venant de Canal+ et enfin un film loué sur TF1Video : grâce aux sites internet des chaînes qui deviennent de véritables vidéothèques fonctionnant 24 heures sur 24, chacun se fait sa propre télé.

Cette convergence entre télé et internet qui s'affiche sur tous les écrans possibles est en plein boom, comme l'atteste la dernière étude Ipsos MediaCT « Bilan, évolutions, perspective pour la TV et la pub TV », réalisée en ce début d'année pour le Syndicat National de la Publicité Télévisée (SNPTV). « Les nouvelles façons de consommer la télévision (sur internet, le téléphone portable, écran mobile… via la catch-up TV, le podcasting, la VOD) suscitent un intérêt très marqué pour deux tiers des Français. Ils connaissent ces nouveaux services TV (61 %) et pour 43 % les ont déjà testé », indique l'enquête. De nouveaux usages qui concernent par ailleurs toutes les générations. « Ces nouveaux comportements ne concernent pas seulement les 15-24 ans (76 %). Les 25-34 ans (59 %), voire les 25-49 ans (50 %), sont de plus en plus adeptes de ces nouvelles pratiques. » Plus que jamais nous sommes tous les enfants de la télé…


Enquête : les Français aiment leur télé
Selon une étude SNPTV/Ipsos MidiaCT, la télévision reste « en 2010 le média auquel les Français «sont le plus attachés.» «Elle permet de rassembler toute la famille (pour 71%) et figure comme le média dont les Français se sentent le plus proche (39%). Dans un contexte où de nouvelles formes de consommation des médias se développent, 53% des Français pensent que la TV est le média le plus divertissant et qui suscite le plus de sujets de conversation (50%).»

Après des mois de rumeurs et un buzz savamment entretenu sur internet par l’enthousiasme des fans et le silence de sa société, Steve Jobs, PDG d’Apple, a mis fin au suspense en dévoilant, ce mercredi au Yerba Buena Center de San Francisco, sa tablette à écran tactile, baptisée iPad.
Au lendemain de résultats exceptionnels pour la firme à la pomme – le bénéfice trimestriel est en hausse de 49 % au premier trimestre – le charismatique Steve, col roulé et jeans, a dévoilé au cours d’une de ses célèbres keynotes ce qu’il a récemment qualifié de projet le plus important de sa carrière. Les tablettes tactiles ne sont certes pas nouvelles, mais trop chères, trop compliquées, mal pensées, elles n’ont jamais percé depuis dix ans.
2010 devrait toutefois marquer un tournant: plusieurs constructeurs et même Microsoft ont présenté des tablettes au dernier CES de Las Vegas début janvier. Mais c’est bien Apple qui promet avec son iPad une révolution similaire à celle déclenchée par l’iPod pour la musique numérique et par l’iPhone pour l’internet mobile. À mi-chemin entre l’iPhone et l’ordinateur portable, l’Ipad permet de surfer sur internet, d’envoyer des e-mails, d’écouter de la musique, de jouer, de lire des livres électroniques et des magazines. La presse espère d’ailleurs trouver là « le » support qui lui manquait pour se développer dans le numérique avec le nouveau magasin d’Apple, iBook store, concurrent d’Amazon et de Google. Vrai couteau suisse tout en aluminium d’1,27 cm d’épaisseur pour 680 g, l’iPad dispose d’un écran tactile multitouch de 24,5 cm de diagonale, du Wifi, du Bluetooth, de la 3G en option et affiche une autonomie de 10 heures.
La tablette sera disponible dans 60 jours avec des prix de 499 $ à 829 $ selon les modèles.










Keynote d'Apple ce jour : lancement du iPad (le terme iSlate mentionnée dans la tribune avant la présentation a été remplacé par le nom dévoilé par Steve Jobs : iPad) Photo : Engadget.


Par Xavier Paulik, CEO de Tiki’labs

Steve Jobs nous a habitué à faire de son «KeyNote » un événement mondial. Cette fois-ci, il adopte une posture encore plus ambitieuse, en annonçant « quelque chose de jamais vu » que beaucoup associent à la sortie tant attendue de la tablette tactile «Apple ».

L'an II du tactile

Enfin libéré des guerres entre opérateurs et des ruptures de stock de l'été, le succès sans précédent de l'iPhone, qui représentait pas moins des trois quarts des ventes françaises de téléphones chez Orange à Noël (200 000 iPhones sur le mois de décembre), a préparé le terrain pour une deuxième vague qui nous installera définitivement, d’ici quelques semaines, dans l'ère du numérique tactile. Car, au-delà des annonces d'Apple, qui va enfin dévoiler l'objet des débats, le fameux iPad, c'est une nouvelle guerre qui se trame.

Les chiffres, vertigineux, donnent la mesure des enjeux : plus d'un milliard de dollars d'investissement par Apple dans le data-center destiné à héberger le contenu spécial "slate". Déjà de nombreux éditeurs américains, tel le New-York Times, ont annoncé avoir préparé des versions spéciales « tablet » de leurs contenus.

Et les rumeurs vont bon train : connexion 3G ou pas ? Compatible avec les 130 000 applications de l'iPhone ? Hardware spécifique révolutionnaire marquant un retour à la stratégie initiale des Mac ?
Mais cette fois-ci l’objet de tous les fantasmes bénéficiera de toute la puissance née de l'iPhone et des 56 millions d’utilisateurs d’Iphone et d’iPod-Touch déjà convertis à l'ergonomie et la sensualité de la marque à la pomme...

Quel est le pari d'Apple et quels sont les véritables enjeux, derrière le buzz marketing ? Pourquoi le monde entier est-il pendu aux lèvres de Steve jobs?

Simple buzz ou vraie révolution ?

Après tout, l’iPad, ce n’est jamais qu’un ordinateur à peine différent de l’iPhone, d’un Mac ou d’un PC.

Ce qui est vraiment révolutionnaire, ce que démocratise désormais Apple, c’est une nouvelle manière d’interagir avec le monde numérique :

- Une nouvelle génération d’équipements, qui se manipule directement et intuitivement avec ses doigts (la souris a définitivement disparu), où le contenant est réduit à sa plus simple expression – un écran – et où la valeur est dans le contenu.

- Une nouvelle manière de consommer, immédiate, impulsive, « over the air », héritée directement des succès d’iTunes puis de l’AppStore, qui gomme les frontières, fait tomber les verrous et décoller les usages …

Si Steve Jobs réussit son pari, il entraîne toute l'industrie derrière lui et c'est l'écosystème tout entier qui bascule dans le tactile, en créant une brèche dans laquelle de nouveaux acteurs peuvent aussi s’engouffrer.

Le marché des écrans tactiles affiche une croissance vigoureuse et génèrera au total plus de 4,4 milliards de dollars en 2012. Partout où il y a de l’électronique grand public et professionnelle, les écrans tactiles vont se multiplier, avec deux technologies qui s’affrontent : le « mono-point » et le « multi-point ». Ce dernier, défendu par Apple, devrait rapidement prendre le dessus sur le mono-point aujourd’hui encore majoritaire, notamment sur les téléphones portables.

Le « multitouch » ouvre de nouveaux usages, dont les fameuses « tables tactiles » de Microsoft, avec un prix encore prohibitif pour le grand public mais dont les coûts de fabrication chuteront avec la démocratisation des usages. S’ouvrira alors une nouvelle voie, avec une nouvelle ergonomie, et la nécessité de refondre les logiciels en profondeur pour tirer parti de ces nouvelles capacités d’interaction.

L’avènement du « Touch », une aubaine pour les startups françaises ?

Et c’est là que nos startups françaises, particulièrement en pointe dans le domaine du tactile et de ces nouveaux usages, peuvent tirer parti de cette nouvelle donne et tenter d’imposer ce que l’on appelle déjà la « french touch »*.

* voir le magazine « l’informaticien de novembre 2008 qui titrait : « la french touch » dont Tiki’labs, Stantum et d’autres faisaient partie.
Plusieurs de ces startups sont déjà reconnues internationalement et peuvent tirer leur épingle du jeu. Que ce soit dans le domaine du hardware - avec les écrans tactiles multipoints, les technologies d’ondes acoustiques ou de lumière infrarouge pour la détection des mouvements des doigts – ou dans le domaine du logiciel - avec une pléiade d’acteurs déjà positionnés sur de nouvelles interfaces innovantes, les Français font leurs armes et engrangent du savoir faire stratégique sur les Tabbee et autres Hubster de nos opérateurs lancés en 2009, ou dans des domaines professionnels comme la santé ou les transports publics. En 2008 des marchés comme celui de l’armée ou de l’automobile représentaient déjà 3,2 milliards de dollars de chiffre d’affaire.

Parmi les premiers enseignements de ces expériences, on constate que le tactile permet des usages plus fluides, notamment dans la consultation d’information, mais pose aussi des problèmes encore non complètement résolus notamment pour la recherche et l’interaction avec du texte. La mobilité créée également des contextes d’usages très particuliers : « le temps de la maison » n’est pas « le temps du transport ».

Enfin l’usage d’un Tablet-PC dans la cuisine ou dans le salon pour toute la famille n’est pas strictement le même qu’un téléphone, où les informations sont plus personnelles ou confidentielles…

De nouvelles problématiques qui sont autant d’opportunités pour nos entreprises françaises pour contrecarrer l’hégémonie américaine dans ce domaine et reprendre une longueur d’avance, comme au bon vieux temps du Minitel ?

A propos de Tiki’labs
Créé en 2006 et dirigée par Xavier Paulik, Tiki’labs développe et commercialise une nouvelle génération d’interfaces utilisateur pour tous les équipements électroniques (téléphones mobiles, PC, TV). Sa technologie protégée Tiki6Keys® permet toutes les interactions de navigation (internet mobile, vidéo à la demande et catalogue de contenus embarqués) et de saisie de texte, de façon confortable, même d’une seule main et sans stylet. Cette innovation a été primée à la fois par Nokia, le Télécoms Council 2010 et le Ministère de la Recherche. Tiki’labs a également été distinguée, à travers des subventions, par OSEO, la ville de paris et la région Ile de France.
Tiki’labs est lauréat de l’appel à projet Proxima Mobile (et est d’ailleurs seule à être primée dans deux catégories différentes : l’éducation et vie sociale) et est en lice pour les Spiffy Awards 2010, qui récompensent les nouvelles start-ups prometteuses et seront remis le 25 février 2010 à Palo Alto en Californie.
Pour plus d’informations : www.tikilabs.com

Le terrible tremblement de terre en Haïti a montré combien les technologies de l'information et de la communication au premier rang desquelles internet, était crucial pour aider et informer dans l'urgence. Mais cela est aussi vrai sur le long terme. Dans cette optique le site GoodnessTV (www.goodnesstv.org/fr) prend tout son sens. Il s'agit là du YouTube de l'humanitaire, c'est-à-dire d'une plateforme qui accueille des vidéos relatives à des projets humanitaires. Lancé en septembre 2009 par le comédien Laurent Imbault, ce site basé à Montréal reçoit des vidéos du monde entier provenant d'Organisations non gouvernementales comme l'Unicef, Oxfam, l'UNHCR, Mano a Mano, Muhammad Yunus, etc. Environ un millier de vidéos est d'ores et déjà disponible. Un nombre qui devrait augmenter, le site étant membre du réseau videovolunteers.org.

Peut-on s’informer correctement en ne consultant que les deux réseaux sociaux vedettes d’internet Facebook et Twitter ? C’est pour répondre à cette question que cinq journalistes des Radios francophones publiques (RFP) vont s’enfermer du 1er au 5 février dans un gîte du Périgord. Pour cette expérience baptisée « Huis clos sur le net », les cinq jeunes journalistes, dont deux de France-Info et France-Inter, n’auront ni télé, ni radio, ni smartphone ; seulement des ordinateurs vierges de tout contenu. Ils n’auront le droit de se connecter à internet que pour consulter Facebook et Twitter. Tous les sites internet d’informations seront interdits. Les journalistes, qui tiendront des chroniques sur leurs antennes respectives, ne pourront donc compter que sur leurs amis inscrits sur les deux réseaux sociaux. L’expérience sera-t-elle concluante ? Les 5 cobayes pourront-ils s’informer correctement ? En tout cas, du tsunami de 2004 au séisme d’Haïti, en passant par la mort de Michaël Jackson, Twitter et Facebook ont démontré leu réactivité sur certaines informations, devançant parfois les dépêches d’agence.

Alerte rouge sur les cartes bancaires à puces. Les banques de toute l'Europe - dont en France le Crédit agricole, la Banque postale ou BNP-Paribas - sont mobilisées depuis plusieurs jours pour trouver une solution à l'incroyable faille découverte par un universitaire anglais. Ross Anderson, spécialiste de la sécurité informatique, a, en effet, trouvé comment fausser le dialogue entre une carte et un terminal de paiement, en faisant croire à ce dernier que le porteur de la carte a bien tapé le code secret à 4 chiffres.

C'est un concept de fraude que nous connaissons, sous le nom de man in the middle. La nouveauté est que ce professeur a réussi à le mettre en œuvre il y a quelques semaines », a expliqué hier Marc Bornet, administrateur du Groupement des Cartes Bancaires CB, confirmant des informations du Figaro.

Le scénario imaginé par le chercheur reste pour l'instant « académique ». « Le procédé requiert un matériel lourd, un ordinateur, qui doit être branché sur le terminal. Il faudra du temps pour miniaturiser un tel équipement », rassure Marc Bornet, qui précise que le leurre ne trompe pas les serveurs lorsque les transactions font l'objet d'une demande d'autorisation vers la banque du client (c'est-à-dire lors des retraits dans les distributeurs, des paiements par internet, et des achats dans un magasin d'un gros montant). Seules les petites transactions ne demandant pas d'autorisation pourraient être concernées. Marc Bornet rappelle enfin qu'un tel système de fraude ne fonctionne qu'avec de « vraies cartes », donc a priori des cartes volées. Dans ce cas, la fraude léserait les banques et non les clients, protégés par leur contrat.

Reste que les banques prennent très au sérieux cette menace de fraude, la plus grave jamais survenue contre les cartes à puces, réputées plus sûres que les cartes à bande magnétique.

C'est qu'en France, les cartes - qui sont le moyen de paiement préféré de 73 % des Français - représentent près de 48 % des paiements de détail. Fin 2008 selon les derniers chiffres du GIE Carte bancaire, les Français disposaient de 57,7 millions de cartes CB, contre 21 millions en 1992. En moyenne, chaque carte est utilisée 108 fois pour un paiement et 26 fois pour un retrait en une année. Et sur les quelque 1 000 milliards des dépenses de consommation des ménages français, plus d'un tiers est payé par carte CB.

Autant dire qu'une possible fraude au code secret constituerait non seulement une menace pour le système bancaire, mais entamerait la confiance des Français dans leur carte.


La course-poursuite contre les pirates

Les vols de cartes bancaires par une agression ou devant des distributeurs trafiqués selon diverses techniques, comme celle bien connue du collet marseillais, semblent dépassés. Les réseaux internationaux de fraude ont investi le secteur. Selon le dernier rapport de l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement, le taux de fraude sur les paiements de proximité et sur automate continue de diminuer (0,015 % en 2008 soit 44,5 M€), tout comme le taux de fraude sur les retraits (0,018 % soit 19,1 M€). En revanche, la fraude sur les paiements à distance est en hausse (0,252 % soit 67,2 M€). L'origine de la fraude la plus importante est désormais celle liée à l'usurpation de numéros de carte en vue de paiements frauduleux à distance.

Piratage. L'une des plus grosses fraudes en Europe s'est d'ailleurs faite à distance. En novembre dernier, un gang a piraté les bases de données d'une société espagnole détenant des informations bancaires de particuliers, notamment des touristes. Une fois les numéros récupérés, le gang a effectué des achats sur internet. Des banques allemandes dont les clients étaient victimes ont dû retirer d'urgence 100 000 cartes.

Yes cards. Autre système de fraude à grande échelle, celui de la fabrication de fausses cartes, que l'on appelle les « yes cards », c'est-à-dire des cartes, vierge à l'origine, qui, une fois programmées par les pirates disent toujours « oui » lors de toute transaction, quel que soit le code secret tapé. Les logiciels chargés de générer les numéros de fausses cartes Visa ou Mastercard ne manquent pas sur internet. C'est la raison pour laquelle, pour toute transaction par internet, il faut désormais indiquer le cryptogramme de 3 chiffres figurant au dos de nos cartes bancaires.

Mais entre les émetteurs de carte et les pirates, la course-poursuite est permanente. « Depuis 2002, les cartes CB se sont équipées d'une puce au nouveau standard international EMV. Et depuis 2005, un système de cryptage supplémentaire, le DDA (Dynamic Data Authentication), est ajouté aux cartes dites de 3e génération », précise le GIE CB.

Ross Anderson, l'homme qui a percé le secret


Ross Anderson est un spécialiste de la sécurité informatique. Ancien consultant dans ce domaine, il intègre en 1992 le département de recherche en sécurité et le laboratoire informatique de l'université de Cambridge. Il est membre de la Royal Society, de la Royal Academy of Engineering, de l'Institut de mathématique et de ses applications, et de l'Institut de physique au Royaume-Uni.

Son champ de recherches est particulièrement vaste. Il a publié des analyses et des études sur l'économie et la psychologie de la sécurité informatique ; sur les réseaux Peer-to-Peer et les systèmes de réseau social ; sur la fiabilité des systèmes de sécurité (dont la fraude bancaire et le Hacking) ; sur la robustesse des protocoles cryptographiques ; sur la sécurité des bases de données médicales ; et sur protection de la vie privée. Il est également le co-auteur d'un blog de référence, « Light Blue Touchpaper » (www.lightbluetouchpaper.org), qui aborde plusieurs aspects de la sécurité informatique.

Autant dire que Ross Anderson est tout sauf un plaisantin mais bien un expert reconnu qui fait autorité. C'est pour cette raison que les banques européennes ont pris très au sérieux sa découverte d'une faille d ans le processus d'authentification par code secret. Ros Anderson aurait déjà prévenu l'autorité qui supervise le secteur financier britannique (Financial Services Authority) ainsi que la Banque centrale européenne (BCE), qu'il allait publier prochainement sur internet le récit de sa découverte sur Internet.



Comment se protéger de la fraude ?

L'observatoire de la sécurité des cartes de paiement, organisme qui dépend de la Banque de France, a élaboré une série de conseils de prudence destinés aux porteurs de carte. Ces conseils de prudence ont été rédigés en collaboration avec les représentants des consommateurs, des commerçants et des émetteurs.

Protégez votre code. L'observatoire rappelle que la carte est personnelle et ne doit pas être prêtée. Il faut apprendre par cœur son code confidentiel, ne pas le noter ni le ranger avec la carte. N'hésitez pas à cacher avec votre main le clavier du terminal lors de la composition du code.

Chez les commerçants. Ne quittez pas votre carte des yeux. Vérifiez le montant affiché sur le terminal avant de valider.

Devant les distributeurs. Évitez les distributeurs qui paraissent avoir été altérés. Ne vous laissez pas distraire par des inconnus, même proposant leur aide. Mettez immédiatement en opposition votre carte si elle a été avalée.

Sur internet. Ne stockez pas le numéro de votre carte sur votre ordinateur. Vérifiez que le site internet de la boutique est sécurisé (présence d'un cadenas).

À l'étranger. Avant le départ contactez l'établissement émetteur de votre carte, pour connaître notamment les mécanismes de protection des cartes et munissez-vous des numéros internationaux de mise en opposition.


En cas de perte ou de vol. Faites immédiatement opposition. En cas de vol, déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie. À partir de la mise en opposition, votre responsabilité ne peut plus être engagée.

Carte à puce : invention française

La puce qui équipe les cartes bancaires est une invention française. Elle a été imaginée puis brevetée en 1974 par Roland Moreno et Jean Moulin. Comme les grandes inventions tout est parti d'une blague et le projet s'est d'abord appelé TMR en hommage au film de Woody Allen Take the money and run (Prend l'oseille et tire-toi). La carte à puce à ouvert la voie à une foule d'applications (carte téléphone, Monéo, carte SIM, cartes sans contact, etc.)

La nouvelle organisation de France 3 en quatre grands pôles de gouvernance, qui remplacent les 13 directions régionales, est entrée en vigueur le 4 janvier dernier et le pôle sud-ouest qui regroupe les régions Poitou-Charentes, Limousin, Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon est désormais dirigé par le Toulousain Gérard Vallès. Agé de 59 ans, cet amoureux de la Ville Rose assurait les fonctions de directeur régional de France 3 sud par intérim depuis juillet 2009 et a été nommé en septembre dernier coordonnateur du secteur antenne et programmes régionaux métropolitains.

Dans cette nomination, qui couronne un beau parcours professionnel, certains ne manqueront pas déceler comme une compensation offerte à Toulouse pour la perte, au profit de Bordeaux, du siège du pôle… Début décembre, ce choix réalisé par Patrick de Carolis, PDG du Groupe FranceTélévisions, avait déclenché de vives réactions et suscité la colère des élus. Martin Malvy, président du conseil régional, Pierre Izard, président du conseil général et Pierre Cohen, député-maire de Toulouse, étaient montés au créneau pour déplorer l'absence de concertation d'un choix jugé aberrant et politicien.

Hier, à l’occasion des vœux, Gérard Vallès a souhaité temporiser. "C'est un choix du Président (De Carolis). Moi j'aurai préféré Toulouse. Mais c'est plus de l'ordre du symbole qu'autre chose. L'équipe de 20 personnes du pôle va beaucoup se déplacer et sera souvent à Toulouse", assure le directeur.

La nouvelle organisation voit également l’arrivée d’un délégué régional aux antennes de proximité de Midi-Pyrénées, Alain Chollon, 56 ans, ancien rédacteur en chef du Soir 3. Enfin, maintenu au poste de rédacteur en chef de la rédaction de Midi-Pyrénées, Laurent Mazurier prépare la couverture des élections régionales et a d'ores et déjà annoncé des débats les 14 et 21 février, et dans l’entre-deux tours le 18 mars.

Fort de 873 salariés et d’un budget de 90M€ (effectifs et budget contant), le pôle ne bouleversera sa grille qu’à partir de septembre 2010, le temps pour France 3 de roder sa nouvelle organisation, de mutualiser ses moyens, et de réfléchir à la meilleure façon de lutter contre le succès fulgurant des chaînes de la TNT. Les prises d'antenne exceptionnelles (PAE) et l'implication plus poussée sur internet avec le lancement d'une Web TYV en septembre sont deux axes forts.

Reste que pour les syndicats, le compte n'y est pas. "La nouvelle organisation de FranceTélévisions a pour le moment généré pléthore de nominations (350 environ). Pour autant, nous ne savons pas comment nous allons travailler, ni pour quelles missions, en dehors de l’info, notamment en région", explique l'intersyndicale CFDT-Sud-SNJ.

"Nous constatons que l’heure n’est plus à l’autonomie des télévisions régionales ni au développement des programmes régionaux. En dehors de l’info sur laquelle pèse aussi des incertitudes, les programmes régionaux pourraient rapidement ne  plus s’adresser à une population de proximité, mais bien à un bassin comprenant la grande région sud-ouest. La création de 24 antennes de proximité est un trompe l’œil puisqu’elle concerne principalement l’info et qu’il existait déjà 24 BRI (bureaux régionaux d’information). Nos missions de service public, au plus près des téléspectateurs, sont donc abandonnées. Oubliés les programmes de fond et de sens traitant de sujets économiques, culturels, sociaux, agricoles… ", estiment les syndicats, qui redoutent que les 24 centres de fabrication modernes et performants" ne soient utilisés que pour l'info. Un non-sens économique et industriel" s'alarment les syndicats.

Vous avez été bluffé par les effets 3D du film Avatar, qui cartonne actuellement au cinéma ? Dans quelques mois, vous allez pouvoir profiter de la 3D à domicile. En effet, d'ici le printemps plusieurs constructeurs de téléviseurs (Panasonic, Samsung, Sony, LG, etc.) vont commercialiser des téléviseurs à écran plat, capables de donner la perception du relief à l'aide de lunettes actives. À condition de relier son téléviseur un lecteur Blu-ray (le DVD haute définition) dont la norme 3D a été définie en décembre 2009.

Les premiers exemplaires de ces téléviseurs ont été présentés lors du plus grand salon mondial de l'électronique grand public, le CES de Las Vegas, qui s'est achevé dimanche dernier.

Les programmes 3D (films, documentaires, etc.) seront d'abord fournis par les disques Blu-ray, mais dans les dix prochaines années, ce sont les chaînes de télé qui vont diffuser en direct des images en trois dimensions. ESPN, la grande chaîne sportive américaine, a indiqué que les matches de la Coupe du Monde de football 2010 seront retransmis en 3D. En Grande Bretagne, le réseau Sky planche sur une chaîne en 3D, qui serait lancée cette année et qui diffusera des films. Aux États-Unis, DirectTV, premier opérateur de télévision par satellite avec 18,4 millions d'abonnés veut lancer avant l'été trois chaînes télé en 3D et proposer des films en vidéo à la demande (VOD). Enfin, Sony et Discovery communications collaborent avec Imax pour lancer en 2011 aux États-Unis une chaîne en 3D 24 heures sur 24. La révolution 3D à domicile est donc bien lancée.

Les films pornos en 3D

Le marché de la 3D se dessine cette année et, selon le cabinet d'étude DisplaySearch, les ventes de téléviseurs de ce type - qui coûtent 10 à 50 % plus chers que les postes actuels - pourraient atteindre 9 millions d'unités en 2012. Le marché serait de 15 milliards de dollars en 2018.

Comme souvent avec les nouvelles technologies - la cassette VHS, les bouquets satellite, les sites web sur internet - l'industrie du porno est pionnière dans la 3D. Lors du salon Adult entertainment Expo, la société Bad Girls In 3D a présenté un catalogue de films exclusivement en 3D et surtout un « package » comprenant un écran 3D de 152 cm de diagonale, un server compact, et des lunettes.





Des applications multiples
Longtemps cantonnnée aux films de science fiction, la 3D est de plus en plus présente dans l'armement, l'industrie, la médecine ou chez le grand public. Que ce soit au cinéma, sur télévisieur ou sur ordinateur, les applications sont désormais légion. Visites virtuelles de musée ou d'appaarements cartes 3D, présentation d'un produit sous toutes ses coutures sur un site internet ou sur son téléphone portable, jeux en ligne, visualisation d'une pièce à usiner ou d'un champ de bataille, et bien sûr programmes télé ou films de cinéma. Les applications semblent infinies et rattrappent la science fiction, comme ce petit scanner portatif qui permet de «cartograhier un corps humain» sans le toucher. En version ludique, chacun pourrait se construire son double en 3D. Son avatar...

La 3D avec ou sans lunettes ?
Le principal écueil de la 3D est le port obligatoire de lunettes qui permettent au cerveau de percevoir le relief. Autrefois, les lunettes comportaient un verre rouge et un verre bleu. Aujourd'hui, les verres sont polarisants. Ceux qui sont allés voir Avatar au cinéma l'ont constaté avec les lunettes RealD bon marché. Il existe aussi des lunettes à cristaux liquides : les verres s'assombrissent alternativement 144 fois par seconde, afin de ne laisser passer qu'une image à la fois. C'est ce système, plus onéreux et très au point que les contructeurs de télé ont choisi. Certains planchent déjà sur la téle 3D... sans lunettes, qui devrait arriver à maturité d'ici 5 à 10 ans. Philips a mis au point la technologie 3D4you, développée par des chercheurs européens. Pour que l'effet 3D soit efficace, il faut que le spectateur se place à une certaine distance de l'écran. Autre souci, ce téléviseur 3D sans lunettes n'est pas capable d'être utilisé pour regarder des programmes classiques en 2D.


Depuis le début du mois, les Français reçoivent les plaquettes tarifaires éditées par leurs banques. L'occasion de constater la hausse de plusieurs prestations, notamment pour les forfaits et les cartes, qui peuvent atteindre 25 % selon Les Échos. De quoi se laisser tenter par les banques en ligne aux tarifs plus avantageux ? Voire.

Même si les réseaux traditionnels avec agences de quartier ne semble pas encore menacés, ces nouvelles banques qui ne fonctionnent que sur internet séduisent petit à petit les Français. Certes, les clients de ces nouveaux établissements bancaires ne représentent que1 % des usagers (soit moins de 500 000 personnes) et nombreux sont ceux qui entendent rester fidèles et à leur agence et à leur conseiller.

Mais les habitudes sont là : internet est devenu le premier moyen pour entrer en contact avec son banquier. 50 % des personnes interrogées par le Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) utilisent ainsi prioritairement internet pour consulter la situation de leurs comptes courants. Mais il existe encore une réticence à franchir le pas pour passer à une banque toute en ligne. Parmi les sondés qui envisagent de changer de banque, seuls 12 % opteraient pour une banque 100 % internet.

Pour autant, les banques traditionnelles investissent à fond dans la Toile. En prenant des participations (Boursorama est filiale de la Société générale, Monabanq a été rachetée par le Crédit Mutuel) ou en créant leurs propres banques en ligne : BforBank (Crédit Agricole), Groupama Banque, Net Agence (BNP Paribas). La Caisse d'Épargne présentera la sienne la semaine prochaine.

Selon le cabinet Sia Conseil, ce développement des banques virtuelles, combiné à d'autres facteurs (concentration, réduction de coûts, hausse du nombre d'intermédiaires de crédit, automatisation, etc.) pourrait entraîner la fermeture de 750 à 1 100 agences d'ici 2 012. Paradoxalement, les banques virtuelles pourraient ouvrir des agences en dur, comme Boursorama. Car tous les établissements bancaires privilégient une relation multicanal, où internet est un moyen de relation parmi d'autres.

Reste que les offres de bienvenue des banques en ligne (carte de paiement internationale gratuite, nombreux services gratuits ou bon marché) pourraient séduire au-delà de la cible actuelle des technophiles urbains aisés.

À l'occasion de la Coupe d'Afrique des Nations de football, Angola 2010, Orange vient de lancer www.starafrica.com, un site internet à destination de l'Afrique sub-saharienne qui s'adresse à tous les pays anglophones et francophones du continent. StarAfrica est un site contributif et collectif (forums, tchats, messagerie…) ; les internautes participent, peuvent échanger sur l'actualité, le sport ou la musique et partager leurs opinions. Le site agrège les contenus de l'ensemble des pays, regroupés sous quatre chaînes thématiques : l'actualité, le sport, la musique et l'éducation. Une webradio est à disposition. Enfin, StarAfrica proposera une chaîne dédiée à la chaîne CAN Orange Angola 2010, sur laquelle les internautes pourront vivre au rythme de la compétition (news, interviews, photographies, forums).

Depuis vendredi, la France est désormais dotée d'une Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi), nouvelle instance de régulation et de sanction pour lutter contre le téléchargement illégal sur internet. Après des mois de débats houleux et rocambolesques au Parlement, la loi antipiratage voulue par Nicolas Sarkozy se concrétise donc sans que l'on sache si Hadopi va effectivement effrayer les pirates.

Hadopi, présidée par la discrète Marie-Françoise Marais, conseiller à la Cour de Cassation, et composée d'un collège de 8 membres - dont l'ancien ministre Jacques Toubon - et d'une commission de protection des droits de trois membres, a pris un sérieux retard.

À l'origine, les premiers e-mails d'avertissements aux pirates - première étape de la « riposte graduée » qui peut déboucher sur une suspension de l'abonnement à internet - devaient être envoyés ce mois-ci. Las ! Ce sera « avril selon l'option basse et juillet selon l'option haute », a indiqué Frédéric Mitterrand. Le ministre de la Culture a précisé que les deux derniers décrets d'application de la loi Hadopi seraient « soumis au collège Hadopi dans les plus brefs délais » pour recueillir ses observations et publiés « incessamment sous peu ».

Ces textes, qui sont encore « à l'étude », n'ont pas encore été transmis au conseil d'État et à la CNIL, a-t-il ajouté.

Reste qu'à côté de la mise en place juridique, la mise en place technique est dans le flou. Les fournisseurs d'accès à internet endosseront seuls le coût des adaptations à mettre en place pour appliquer la loi, évaluées à 4M€. Un surcoût qui menace de s'appliquer sur la facture des internautes. Par ailleurs, la date de sortie des logiciels de sécurisation, censés permettre aux internautes de prouver leur bonne foi en cas d'accusation de piratage, est de son côté inconnue.

Et alors que sur la Toile fleurissent de nombreuses méthodes pour contourner Hadopi, Michel Thiollière, sénateur UMP de la Loire et membre de l'Autorité, a reconnu chez nos confrères de 01net que « Nous ne pourrons pas empêcher de télécharger. On trouvera toujours des techniques sur Internet pour passer outre le système. »

Carte musique jeune

De quoi donner du grain à moudre aux opposants à la loi Hadopi qui dénoncent une loi inapplicable, uniquement répressive et qui ne réconcilie pas les internautes et les artistes.

Le gouvernement semble avoir pris conscience de cette fracture et se mobilise pour faire décoller le téléchargement légal. Frédéric Mitterrand s'est défendu d'être un « père fouettard », et Nicolas Sarkozy, lors de ces vœux au monde de la Culture, a fait sienne la proposition du rapport Zelnick de créer d'ici l'été une « carte musique jeune « pour les 15-24 ans prise en charge à moitié par l'État. et censée « réhabituer les jeunes à acheter ce qu'ils écoutent. »

Les vols de téléphones mobiles sont aussi traumatisants car outre l'appareil que l'on perd, ce sont aussi des données personnelles ou confidentielles dont on est privé. C'est la raison pour laquelle la société F-Secure vient de lancer un logiciel pour mobile baptisé Anti-Theft for Mobile. Cette solution apporte trois fonctionnalités essentielles de sécurité visant à protéger les smartphones : le verrouillage du terminal à distance, la suppression des données à distance et le contrôle en cas de vol. Le tout est disponible sur les plateformes Symbian et Windows Phone. Le logiciel est disponible dès à présent sur l'eStore F-Secure (www.f-secure.com/estore). Ce dernier arrivera plus tard sur les boutiques d'applications pour mobiles ainsi que chez les partenaires opérateurs F-Secure Mobile.

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. La preuve ? Google a dévoilé hier aux États-Unis son premier « Google Phone », baptisé Nexus One, alors qu'il avait juré ses grands dieux que commercialiser un téléphone à son nom ne l'intéressait pas… En novembre 2007, le géant d'internet expliquait, en effet, qu'il lançait son système d'exploitation gratuit pour smartphone Android mais qu'il laissait à d'autres (HTC, Samsung, Motorola, etc.) le soin de construire des « Android-phones » censés concurrencer le célèbre iPhone. Depuis, le téléphone vedette d'Apple a pris une longueur d'avance, à telle enseigne que Google a décidé de faire machine arrière avec un mobile mieux identifié, affichant fièrement sa propre marque bien que fabriqué par le Taïwanais HTC.
Si Google se lance à ce point dans la téléphonie mobile, c'est parce les enjeux de l'internet mobile sont énormes et constituent un véritable eldorado pour le secteur high tech. Le marché des téléphones mobiles classiques arrive à saturation et ce sont les téléphones intelligents (iPhone, Android-phone, Windows-Phone, Blackberry) capables de se connecter à internet qui vont tirer le marché vers le haut. « Pour Google l'enjeu sous-jacent est d'étendre aux services mobiles la position de force de l'entreprise sur la recherche et la publicité », estime Caroline Noublanche, expert chez Prylos. Refaire sur le mobile ce que Google a fait le sur les ordinateurs en contrôlant toute la chaîne : services internet (le moteur de recherche Google, l'email Gmail, etc.), le système d'exploitation Android qui fait marcher le téléphone, le téléphone lui-même et la publicité ciblée. Bref créer un vrai modèle économique… à l'instar de ce qu'a fait Apple avec l'iPhone.
Google va-t-il réussir sont pari ? Difficile à dire. Selon ceux qui ont pu l'avoir en main, le Nexus One est le meilleur téléphone Android, et peut donc rivaliser avec l'iPhone.
En tout cas Google entend bien adopter une commercialisation offensive : le Nexus One sera en vente sur internet sans abonnement pour 370 € hors frais de port. Avec les subventions des opérateurs - SFR étant le premier en lice - le prix pourrait baisser à 200 € avec abonnement.

Une bataille qui se joue sur tous les fronts


Face au géant Microsoft, son omniprésent Windows et son hégémonie pavlovienne, Apple et Google étaient comme les meilleurs amis du monde pour proposer un modèle alternatif. Les enfants terribles de la Silicon Valley fonctionnaient à l'innovation avec une joyeuse émulation, quasi bon enfant. La devise de Google n'est-elle pas « Don't be evil » (ne fais pas de mal) ? Plusieurs dirigeants de Google et d'Apple siégeaient d'ailleurs au sein des conseils d'administration des deux firmes américaines. Las, ce temps semble bel et bien terminé et les ponts quasi coupés. Apple et Google qui jouent les chassés-croisés en bourse pour savoir qui des deux aura la plus forte capitalisation - Apple en ce moment - sont entrés dans une vraie bataille frontale, sur plusieurs fronts. Sur les smartphones, Google est donc clairement parti à l'assaut de l'iPhone. « Il faudra attendre deux ans pour savoir si Google a réussi ou non son pari », estime Caroline Noublanche, expert chez Prylos. Un autre terrain de bataille : le navigateur internet. Face aux mastodontes que sont Microsoft Internet explorer et Firefox, Google a lancé Chrome (léger et très rapide) et Apple développe Safari (innovant lui aussi). Google aurait pris un léger avantage dans ce domaine.
Autre champ de bataille : le système d'exploitation des ordinateurs. Là, Apple a une longue expérience avec son Mac OS X qui bataille depuis des années avec le Windows de Microsoft. Google a récemment lancé Android OS avec une cible toutefois différente : équiper les netbook, ces mini-PC bon marché qui ont cartonné à Noël, ou bien les tablettes internet tactiles à venir. Comme par hasard, Apple doit dévoiler à la fin du mois une tablette tactile, sorte d'iPhone géant, très attendue…
Bref, après des années de guerre Apple-Microsoft, la décennie à venir pourrait bien être celle du combat Apple-Google.

Google a annoncé le lancement de son système d’exploitation Android en novembre 2007. Deux ans plus tard, quatre téléphones Android sont disponibles en France (HTC Dream, HTC Magic, Samsung i7500Galaxy, et HTC Hero). Entre temps, l’iPhone a réussi à s’imposer comme l’un des plus grands succès du marché des mobiles. A l'heure où les implosions d'iPhone suscitent l'inquiétude, Google peut-il bouleverser le marché et renverser la donne ou arrive-t-il trop tard ? Caroline Noublanche, Présidente de la société Prylos, spécialisée dans les solutions mobiles, propose un décryptage pour comprendre les enjeux de l’arrivée de Google sur le marché de la mobilité.


Android : pourquoi Google a choisi d’attaquer le marché avec un système d’exploitation ?

Le lancement d’un système d’exploitation est un choix impliquant et complexe pour Google car il requiert la conviction des constructeurs de terminaux mobiles. Cela rend Google dépendant des acteurs tiers et ralentit la mise sur le marché.

Rappelons que Google génère un chiffre d’affaires essentiellement basé sur les revenus de la publicité (via AdWords et AdSense). L’enjeu sous-jacent de la sortie d’Android est donc d’étendre aux services mobiles la position de force de l’entreprise sur la recherche et la publicité. Or, pour organiser l’information sur les services mobiles, il faut y accéder et jusqu’à maintenant, le marché mobile était très cloisonné, tenu par les opérateurs mobiles locaux, via leurs portails de service. Google ne pouvait donc pas se contenter de faire référencer son moteur de recherche par les constructeurs et opérateurs mobiles. La première mission d'Android consiste à organiser l'information mondiale sur les services mobiles, de la rendre accessible à tous et en conséquence, à créer un business model fondé sur la vente de mots clés et la publicité. Cela étant, prendre une part de marché significative est nécessaire pour que cette stratégie s’avère gagnante et c’est seulement l’adhésion des utilisateurs qui dira si ce pari est réellement payant.

Ensuite, on peut évidemment imaginer qu’Android soit un moyen pour Google de promouvoir ses autres services tels Gmail, Google Maps et garder le lien en mobilité. Enfin, Android peut être perçu comme un moyen efficace pour récolter de l’information sur les consommateurs et l’utiliser à des fins lucratives et stratégiques (cibler les utilisateurs et adapter le contenu des services Google et publicités en fonction de chacun).


Comment Androïd peut-il prendre une part de marché significative face à iPhoneOS ?

Il est possible qu’Android arrive un peu tard sur le marché. Sa part de marché n’est aujourd’hui que de 7%. Cependant, à chaque lancement de nouveau service, Google a réussi à conquérir un nombre d’utilisateurs considérable en capitalisant sur l’ergonomie et la simplicité.
Or, aujourd’hui, la pure comparaison fonctionnelle entre le Magic de HTC sous Android et l’iPhone d’Apple peut laisser penser que Google se serait fait voler la vedette. Certaines fonctionnalités du Magic sont pourtant plus riches (widgets, multi-tâche, etc...) et Android est un système complètement ouvert (open source) mais cela ne semble pas suffire face à l’iPhone, son écran tactile et son déroulé très fluide. De ce fait, un million de HTC Magic ont été vendus en 5 mois dans le monde contre un million d’iPhones 3Gs en 3 jours.

Google pourrait même être tenté de revenir à une stratégie mobile moins ambitieuse, c’est-à-dire se concentrer sur l’installation de son moteur de recherche sur les terminaux mobiles et sur la valorisation de la recherche en traçant les liens vers les stores synonymes français (type AppStore). Or, ce serait oublier l’autre enjeu majeur du lancement d’Android pour Google: créer un nouveau business model sur la vente des mots clés et de la publicité.

L’enjeu pour Google n’est peut-être pas tant Apple que Microsoft

Rappelons que nous parlons d’une société qui a réussi à devenir un géant du Web en dix ans à peine et qui a généré un chiffre d’affaires de 21,8 Mds USD en 2008. On peut donc imaginer qu’Android s’inscrit dans une stratégie bien positionnée, à long terme. Android doit en fait être vu comme un cheval de Troie pour concurrencer Microsoft, dans l’univers du mobile où il est positionné avec Windows Mobile bien sûr, mais surtout, sur les PC. Actuellement, l’arrivée des premiers netbooks équipés d’Android révèle que Google vise en fait l’univers des PCs, la chasse gardée de Microsoft (90% de part de marché), au travers de l’équipement des terminaux nomades. Le prochain lancement de Google chrome OS (système d’exploitation en open source pour les PCs et plus particulièrement les netbooks) courant 2010 confirme la volonté du géant de conquérir le secteur des systèmes d’exploitation pour PCs.

Contrairement à Apple qui mise sur un seul modèle de téléphone, Google compte prendre une part de marché significative en encourageant une large adoption d’Android par les constructeurs de terminaux mobiles. La gratuité du système d'exploitation Android n’est donc pas un fait anodin : du point de vue du constructeur, cela pourrait réduire de 20% les coûts de fabrication d'un téléphone, un argument opportun en temps de récession économique.

D’autre part, il ne faut pas oublier que Google a une culture hardware très forte. Derrière le moteur de recherche et son apparente simplicité, se cachent environ 1 million d'ordinateurs répartis dans plus de 60 data centers autour de la planète. Il s'agit du plus gros réseau informatique mondial.

Même si rien –ou presque - ne semble pouvoir freiner l’essor inexorable de l’iPhone, il faudra attendre environ deux ans pour savoir si Google a réussi ou non son pari.

A propos de Caroline Noublanche

Diplômée d’HEC, Caroline Noublanche dispose d’une expérience de dix ans dans le secteur de la mobilité. Elle travaille chez l’opérateur mobile SFR au marketing stratégique sur de nombreux projets d’innovation (UMTS, m-payment, voiture communicante…). Elle rejoint ensuite Phonevalley, agence de marketing mobile désormais filiale du groupe Publicis, avant de créer Prylos en 2003.
Caroline est régulièrement sollicitée pour intervenir dans des conférences sur les services mobiles : l’IREP en décembre 2007 (« Téléphonie mobile : nouveaux horizons de la relation client »), l’AFUTT en mai 2008, l’ADETEM (« L’apport du téléphone mobile au secteur des services à la personne« ) et le Mobile Monday en juin 2008 sur la technologie sans contact NFC.

Régulièrement interviewée par les grands media français et européens.


A propos de Prylos

Créé en 2003 par Caroline Noublanche et David Lacan, Prylos est le spécialiste des applications mobiles pour les utilisateurs professionnels et le grand public avec un concept innovant : rendez votre mobile vraiment intelligent (« make your phone really smart »). Prylos transforme le téléphone mobile en un véritable outil de gestion adapté à tous les publics et facilite ainsi la vie quotidienne des mobinautes, que ce soit dans le cadre professionnel ou privé. Le savoir-faire visionnaire et la fiabilité technologique de Prylos ont notamment été récompensés par Orange et Sun en 2003 et par le Prix de la Relation Client 2007. Incubé par Paris Développement, structure de la Ville de Paris spécialisée dans les secteurs de haute technologie Pryl os a obtenu en 2006 le soutien d'OSEO Anvar dans sa démarche d'innovation.

Retenu dans le projet Proxima Mobile, le premier portail de services innovants gratuits et accessibles depuis les téléphones mobiles connectés à Internet. Lancé par la secrétaire d’État à l’Economie Numérique le 16 juillet dernier, l’appel aÌ projets « Proxima Mobile » a été doté d’une enveloppe de 10 millions d’euros et s’inscrit dans le cadre du volet numérique du Plan de relance consacré aux applications et aux usages innovants d’Internet.

Quelques références : Casino, Daily Motion, IPSOS, Néopress (filiale de la Poste), Neuf Cegetel, Pages Jaunes, RATP, SFR, Sernam, SNCF, Ten, TNS Sofres, Veolia…

20 personnes.
CA 2008 : 1,3 million d’Euros
www.prylos.com