Bouter les mots anglais hors de notre langue française. Tel était un peu l'objectif du concours Francomots lancé du 15 janvier au 7 février par Alain Joyandet, le secrétaire d'État à la francophonie. Le jury, composé notamment de MC Solaar et de Sapho, a récompensé six élèves et étudiants qui ont transposé en français six anglicismes : tuning, chat, buzz, newsletter, talk. Pour remplacer le terme tuning, les participants ont proposé autodéco, persauto ou encore revoiturage, mais le jury a retenu bolidage. Pour le célèbre buzz d'internet, plutôt que bruip, ibang ou réseaunance, le jury a choisi le mot d'origine arabe ramdam, qui signifie tapage, vacarme. Pour le mot chat, éblabla et tchatche sont arrivés exæquo devant le pourtant joli claverbiage. Enfin, newsletter devient infolettre et talk se transpose en débat.

Hormis quelques exemples à succès (informatique, logiciel), de telles transpositions, notamment proposées par l'Académie française, sont rarement utilisées. On se souvient du « mél » qui devait remplacer l'email. Un vrai flop au contraire du courriel de nos cousins québécois.

C'est que dans la Belle province, la menace de l'anglais est vivement ressentie et défendre le français est un combat permanent ; l'office québécois de la langue française y veille avec des comités de francisation et une loi très stricte.

Photo Wikimedia commons Stefan-Xp
Les chercheurs du Grand Sud auxquels nous consacrions un dossier dernièrement se dévoilent sur internet. Avec www.info-recherchelr.fr, le public va découvrir la recherche en Languedoc-Roussillon. Avec une simple requête, les entreprises trouvent les organismes de recherche (environ 200) capables d'accompagner leurs projets de R & D. Le site est piloté par transferts LR, organisme régional chargé de soutenir la compétitivité des entreprises par l'innovation et le transfert de technologies.
Le palais de l'Elysée à dévoilé hier son nouveau site internet. www.elysee.fr s'inspire directement de celui de la Maison Blanche. Le site, qui a coûté 100 000 €, fait la part belle aux outils du web 2.0 et aux technologies françaises : moteur de recherche par reconnaissance vocale, vidéos hébergées chez Dailymotion. Un compte Twitter (@elysee), une page Facebook relookée, un compte photo Flickr, une visite virtuelle de l'Elysée, une carte IGN des déplacements du président complètent le dispositif.

Depuis son lancement en 2005, la télévision numérique terrestre (TNT) et son cortège de 18 chaînes gratuites remporte un incontestable succès d'audience auprès des Français, souvent au détriment des grandes chaînes. Mais le numérique, c'est fantastique… à condition de bénéficier d'une réception optimale des signaux. Ce qui est loin d'être le cas dans le Grand Sud, comme l'attestent les nombreux témoignages que vous nous adressez (lire ci-dessous).
Les cuvettes, les vallons, les contreforts montagneux constituent de sérieux handicaps qu'il faut surmonter et qui concernent autant des zones très rurales - qui ne reçoivent pas toujours bien la classique télé analogique - que certaines zones urbaines. Aux problèmes des émetteurs qui sont progressivement mis à jour, s'ajoutent ceux des antennes râteau des particuliers qui, pour certaines, sont très vieilles et donc inadaptées à une réception numérique.
« À la différence du signal analogique que l'on peut recevoir brouillé mais regardable, pour la TNT, on reçoit tout ou rien », explique Télé diffusion de France (TDF).
De quoi inquiéter de nombreux habitants à mesure que se rapproche la date fatidique du basculement au tout numérique, fixée en mars et novembre 2011 pour le Grand Sud. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a ainsi fait savoir que pour cette étape historique de la télé, un demi-million de foyers seraient laissés sur le carreau.
Le gouvernement s'est donc vu contraint de renforcer le dispositif du basculement. Une nouvelle loi devrait être votée afin de permettre au CSA « d'imposer les caractéristiques techniques qui permettront aux 1626 sites, de porter la couverture TNT par voie terrestre nettement au-delà de 95 % de la population », a promis en octobre dernier François Fillon. Actuellement la TNT concerne 88 % de la population (et non du territoire). « La participation des chaînes historiques sera sollicitée », a également indiqué le Premier ministre, soulignant aussi que serait mise à l'étude une disposition permettant d'accompagner les collectivités territoriales qui privilégieraient la numérisation de certains émetteurs à leurs frais.
Si la mobilisation se fait côté diffusion, elle se fait aussi côté réception. Le gouvernement a lancé une vaste campagne d'information et d'accompagnement des Français dont l'enveloppe globale atteint 333 millions d'euros. Editions de plaquettes, ambassadeurs se déplaçant en région auprès des Français, notamment les plus âgés, et surtout, une aide financière pour les foyers les plus modestes, sont prévus pour que tout le monde goûte à la TNT.


Des aides financières aux foyers en zones blanches
Pour que tout le monde puisse accéder à la télévision tout numérique, l'État a prévu différents types d'aides avec la mise en place d'un centre d'appels pour apporter toutes les informations utiles pour passer au tout numérique (0970 818 818, numéro non surtaxé du lundi au samedi, de 8 heures à 21 heures, au prix d'un appel local) ; des aides financières destinées à couvrir tout ou partie des frais engagés par les foyers pour adapter ou changer leur installation ; et une assistance technique pour les publics les plus vulnérables aux changements techniques (personnes âgées ou handicapées).
Les aides financières, affectées selon des conditions de ressources, pourront aller jusqu'à 250€. Par ailleurs, la proposition de loi de Xavier Pintat, sénateur de la Gironde, sur la lutte contre la fracture numérique, adoptée le 17 décembre dernier, a porté sur la création d'un fonds d'aide complémentaire, sans condition de ressources, pour les foyers situés en zone d'ombre et qui devront s'équiper de parabole. Cette parabole doit être orientée sur le satellite Astra et couplée à un adaptateur TNTSat ; ou orientée sur le satellite AB3 et couplée à un adaptateur FranSat. La parabole est la meilleure solution pour apporter la TNT dans les zones non couvertes par la diffusion numérique hertzienne, mais il existe d'autres solutions.
La première consiste à utiliser une box internet ADSL, le câble ou la fibre optique, grâce à un abonnement individuel. SFR Neufbox, Free, DartyBox, Bbox, Orange, Alice, Numéricâble comprennent dans leurs offres triple-play les chaînes de la TNT.
Autre possibilité, si l'immeuble dans lequel on habite est raccordé au câble dans le cadre d'un accord collectif (service antenne).

Grand Sud. La galère des téléspectateurs, l'inquiétude des élus locaux
Les lecteurs de La Dépêche nous signalent régulièrement leurs difficultés à capter les chaînes de la TNT. Et le diagnostic de ces mauvaises réceptions - qui se caractérisent au mieux par une pixellisation gênante, au pire par un écran noir barré d'un message « signal trop faible » - relève souvent du casse-tête. « Mon antenniste me dit que ça vient de l'émetteur et TDF m'assure que c'est parce que mon installation n'est pas bonne. Ils se renvoient la balle. En attendant moi je n'ai rien sur mon poste », se lamente un Montalbanais. « J'ai acheté une télé dernier cri TNT HD. Depuis quelques temps, je suis obligé de remémoriser presque tous les jours les chaînes. Mon syndic me dit pourtant que l'antenne de l'immeuble est correctement orientée. Je me suis rabattu sur la diffusion analogique mais que va-t-il se passer quand elle va s'arrêter l'an prochain ? » se demande ce Ruthénois. Aucun des départements du Grand Sud n'est épargné par ces problèmes. « On manque de réception, de signal dans des quartiers de Montauban ou par exemple vers Albias, Mirabel. On trouve aussi des zones d'ombre à Moissac. Cela donne une pixellisation d'images et des téléspectateurs qui ne peuvent pas tout capter. C'est dommageable pour des gens qui ont acheté un décodeur TNT et ont fait installer des têtes à 3 ou 4 sorties », nous expliquait récemment Serge Spiga, qui est l'un des douze antennistes de Montauban.
L'inquiétude gagne également les élus comme par exemple dans le Lot. « Nous avons demandé davantage d'émetteurs. Mais l'arbitrage rendu en décembre est catégorique : il n'y aura pas davantage d'émetteurs. Tout au moins, leur puissance sera augmentée, mais cela ne réglera pas les problèmes liés au relief. Des ajustements a posteriori sont incertains et prendraient du temps », constate-t-on au conseil général du Lot. L'association des élus de la montagne (Anem), présidée par le député ariégeois Henri Nayrou, a d'ailleurs voté en septembre une motion relative à la TNT, exigeant « l'égalité entre tous les Français pour l'accès à la TNT, la couverture de 95 % de la population départementale et la création d'un fonds d'équité territoriale. »

Zoom. Les révolutions à venir de la télé
1. La télévision en 3D dès le mois prochain
Regarder un film en 3D à domicile, ça vous dirait ? Après le succès d'un film comme « Avatar », le secteur de l'industrie audiovisuelle se prépare à proposer dès ce printemps la 3D à domicile. Présentés en janvier lors du CES de Las Vegas, le salon de l'électronique grand public, les écrans plats 3D de Sony, Samsung ou Panasonic vont arriver dans les rayons dès le 15 avril. Les programmes 3D (films, documentaires, etc.) seront d'abord fournis par les disques Blu-ray, mais dans les dix prochaines années, ce sont les chaînes de télé qui diffuseront en direct des images en trois dimensions. La Coupe du Monde de football 2010 sera d'ailleurs retransmise en 3D. Les prix s'échelonnent de 1800 à 3000 € ; deux paires de lunettes étant fournies avec les télévisions haut de gamme et une seule avec le milieu de gamme.
2. La télévision quand je veux et où je veux
Revoir n'importe quand le programme télé qu'on a raté dans la semaine ou la quinzaine qui suit sa diffusion : c'est ce que permet la télé de rattrapage (catch up TV). Proposée par Canal +, M6 (avec M6replay), TF1 (MyTF1) ou Arte (Arte 7 +), cette télé à la carte va se généraliser cette année. La condition pour en profiter est de disposer d'un décodeur relié à internet. En mars 2010, TF1 proposait 56 % de sa programmation en rattrapage, France 2 53 %, France 3 59 %, Canal + 73 %, M6 88 % et Arte 51 %. Prochaine évolution, transposer la catch up TV sur les mobiles de type iPhone.
3. La télévision avec internet
Fini les bidouillages pour profiter d'internet sur l'écran de la télé. Internet va désormais être intégré aux téléviseurs. Sony, Samsung commercialisent déjà des écrans de ce type qui se branchent par câble ou en Wifi à la box de la maison. Et le géant Google est en train d'investir le secteur. La télé devient donc interactive.
Face au site américain de partage de vidéos Youtube, le français Dailymotion tire son épingle du jeu avec 66 millions de visiteurs uniques sur son réseau (en janvier 2010 selon ComScore) et un milliard de vidéos vues par mois. Depuis jeudi dernier, il propose un nouveau lecteur vidéo. Plus léger et moins demandeur de ressources, ce nouveau lecteur permet de diminuer le temps de chargement des vidéos. Des boutons de partage vers Facebook et Twitter sont aussi mieux présentés. À voir sur www.dailymotion.fr
Le Sidaction 2010 qui se déroule à du 26 au 28 mars bat le rappel de la mobilisation pour la lutte contre le Sida. Outre le site sidactino.org où l'on peut faire un don, un site événementiel original a été construit sur le thème de la recherche scientifique (avec vidéos). 2010.sidaction.org s'appuie aussi sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) pour créer du buzz et favoriser une e-mobilisation. Un kit permet de télécharger des bannières, des mini-formulaires de don… à intégrer dans son blog.
Internet regorge de pépites poétiques comme vient de le démontrer l’auteur-compositeur américain Éric Whitacre. Ce dernier vient de réussir un pari fou : créer un chœur de 185 choristes sur Youtube, le site de partage de vidéos. Chaque chanteur, recruté après casting, s’est calé devant son ordinateur et avec sa webcam s’est filmé en train de chanter sa partition a cappella. Éric Whitacre a ensuite fait un long travail de montage avec un studio de 243 pistes. À écouter ici : http://tinyurl.com/yhlaqzn.
GDF Suez vient de lancer un premier site communautaire dédié à l'efficacité énergétique dans le logement. www.lesecohabitants.fr propose de recréer son logement virtuel en 3D, à l'image de son propre logement. Après avoir renseigné en quelques clics des informations simples sur les caractéristiques du logement, les internautes peuvent évaluer la performance énergétique de celui-ci, et la comparer avec celle d'autres écohabitants de leur ville ou de leur région. L'internaute peut aussi simuler les économies d'énergies et d'émissions de CO2 qu'il réaliserait s'ils faisait des travaux d'isolation.
Lauréate l'an passé du prix SFR Jeunes talents innovation pour son dispositif « Mobulles », la société ConnecThings vient d'équiper Toulouse de flashcodes. Les flashcodes ? Il s'agit d'un nouveau genre de codes barre à deux dimensions. Photographié avec un téléphone portable, le flashcode conduit directement l'utilisateur de ce dernier sur un mini-site web adapté aux petits écrans des mobiles (iPhone, Blackberry, etc.). Depuis janvier, la Ville Rose a vu ainsi son mobilier urbain (arrêt de bus, bornes VélôToulouse, etc.) recouvert de ces flashcodes. Sitôt photographiés, ils fournissent de l'information géolocalisée sur le quartier où l'on se trouve : agenda culturel, informations municipales, petites annonces et, depuis peu, en collaboration avec la régie de transport Tisséo, une information horaire sur le passage des bus. À l'occasion du lancement de notre nouvelle formule, les Toulousains ont accès à partir de ce jeudi 25 mars à de nouvelles informations venant de La Dépêche, notamment des actualités régionales et sportives (Stade toulousain et TFC). C'est la première fois qu'un quotidien régional s'investit dans les flashcodes. Vous pouvez d'ailleurs tester avec votre mobile celui que nous présentons ci-dessus, qui est celui du Capitole.
Rompre l'isolement des patients hospitalisés est devenu un enjeu majeur pour les structures de santé. Au-delà de la télévision, les malades souhaitent aujourd'hui pouvoir disposer d'internet pour pouvoir s'informer, se divertir, communiquer avec leur entourage, etc. C'est pour répondre à ce besoin que l'Institut Claudius Régaud, spécialisé à Toulouse dans la lutte contre le cancer, va inaugurer lundi prochain un cyberespace, financé à hauteur de 20 000 € par l'action du Toulouse Salsa Club. Dans le cadre de l'opération « cyberclaudius », le cyberespace « permet de proposer aux patients, gratuitement, tout un équipement multimédia, comprenant des ordinateurs avec webcams reliées à internet, un espace détente comprenant un home cinéma avec fauteuils relaxants », explique l'Institut. Par ailleurs « dans les chambres, il a mis à la disposition des enfants malades neuf ordinateurs portables afin qu'ils puissent communiquer avec leur famille et amis. »

« Cette initiative regonfle le moral des plus jeunes, de leurs parents et de l'ensemble des patients », assure l'Institut, rappelant que certains traitements imposant des visites limitées, ces dispositifs sont donc très utiles.

L'initiative toulousaine rejoint celles menées depuis le début des années 2000 partout en France. Progressivement, les hôpitaux s'équipent comme celui de Pau, qui s'est appuyé sur le réseau très haut débit de la ville, pour proposer à ses patients un service de vidéo à la demande, via internet. De grands constructeurs informatiques s'impliquent aussi dans ce type de projets comme IBM ou Toshiba.
Ils sont plusieurs centaines, à Toulouse et ailleurs dans le Grand Sud, à travailler sans relâche et dans la discrétion à inventer le monde de demain. Eux, ce sont les chercheurs du CNRS - et de bien d'autres instituts - qui repoussent chaque jour nos connaissances dans une multitude de domaines et cela depuis 70 ans puisque le CNRS a fêté fin 2009 sept décennies de découvertes. « Le CNRS est un acteur incontournable de la recherche en Midi-Pyrénées. C'est pourquoi il est impliqué dans tous les pôles de compétitivité (Aerospace Valey, Cancer-bio-Santé, AgriMip), réseaux thématiques de recherche avancée et réseau thématique de recherche et de soins régionaux », précisait dernièrement Armelle Barelli, déléguée régionale du CNRS en Midi-Pyrénées. De l'observation du soleil au Pic du Midi aux biocarburants pour l'aéronautique ; de la compréhension du climat à celle du développement des végétaux ; de la prévision météo à la compréhension des océans… pas une discipline n'échappe à l'intérêt de nos chercheurs qui, à l'instar de la devise du CNRS, « dépassent les frontières » ; celles de la connaissance et celles de l'Hexagone en initiant des collaborations partout dans le monde, comme c'est le cas des chercheurs que La Dépêche met à l'honneur ci-dessous. Tous les quatre œuvrent dans des disciplines au cœur de l'actualité : les nanotechnologies dont le passionné débat public national s'est récemment conclu sur des craintes et des espoirs comme les molécules-machines ; la santé avec la lutte contre la tuberculose, dont la journée mondiale se déroule le 24 mars, et qui touche plus de 9 millions de personnes dans le monde ; l'alimentation et la sécurité alimentaire qui passe par une meilleure compréhension des bactéries ; l'automobile enfin, dont les technologies embarquées nécessitent une nouvelle approche.

Zoom. Un nouvel institut sur le Cancéropôle
Le chercheur enfermé dans son laboratoire, hermétique aux retombées de ses recherches, n'est plus qu'une image d'Épinal tant la recherche d'aujourd'hui s'est ouverte sur le monde. A Toulouse, cette ouverture a récemment franchi une étape supplémentaire avec l'inauguration en novembre dernier sur le campus du Cancéropôle, du centre Pierre-Potier, institut des technologies avancées en sciences du vivant. Sur 5 000 m2, cohabitent des plateformes de recherches (imagerie, chimie et nano-biotechnologie) et une pépinière d'entreprises, juste séparées par un couloir.

Nanotechnologie. « Je conçois des molécules-machines »
Christian Joachim. Médaille d'argent du CNRS en 2002. Il a reçu deux fois en 1997 et 2005 le prix Feyman pour ses travaux sur les molécules -machines. Directeur au CEMES à Toulouse.
Actuellement, je travaille à comprendre les ressources accessibles à l'intérieur d'une seule molécule pour concevoir des molécule-machines complexes. Nous développons avec mon équipe de Toulouse, mon équipe de Singapour en collaboration avec une dizaine de laboratoire en Europe et un laboratoire au Japon, des techniques de construction, de mesure et d'encapsulation qui s'adaptent à la taille d'une molécule, soit quelques nanomètres. Nos recherches visent à éclairer le futur sur le chemin de la miniaturisation des machines à calculer, des mémoires et des machineries mécaniques. En posant nos balises, il est possible que nous puissions en extraire de nouvelles technologies de fabrication pour construire un calculateur avec une seule molécule ou bien d'inventer de nouvelles machines, par exemple une machine capable de trier nos poubelles molécule par molécule.

Automobile. « J'automatise le diagnostic »
Louise Travé-Massuyès. Au sein du LAAS-CNRS, elle dirige le groupe de recherche DISCO « Diagnostic, Supervision et Conduite Qualitatifs. » Elle a été responsable de nombreux projets industriels, dont trois européens.
Mes activités de recherche portent sur le raisonnement de diagnostic, qui vise à automatiser le raisonnement que nous menons lorsque nous cherchons à fournir les causes expliquant un phénomène observé. Les méthodes de diagnostic sur lesquelles je travaille s'appuient sur une modélisation mathématique des systèmes à diagnostiquer et sur des formalismes logiques ou algébriques. Ces travaux trouvent une application dans le spatial (l'intégration d'un module de diagnostic à bord vise à procurer plus d'autonomie aux satellites ou aux sondes spatiales) ; dans les flottes de robots communiquants ; dans l'aéronautique (un travail avec Airbus a été mené sur la détection de pannes oscillantes dans les boucles de contrôle des gouvernes) ; dans l'automobile (je m'intéresse à la génération automatique de séquences de test optimales proposées au garagiste pour l'assister dans sa tâche.)

Santé. « Je combats la tuberculose »
Olivier Neyrolles. Médaille de bronze du CNRS en 2009. Cet ingénieur agronome a travaillé à Londres. En 2007, il a créé une équipe à l'Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale de Toulouse.
Nous cherchons à comprendre comment le bacille de la tuberculose M. tuberculosis interagit avec les cellules du système immunitaire, een particulier les phagocytes (comme les macrophages). Nous avons identifié un récepteur exprimé à la surface des macrophages alvéolaires dans les poumons des patients atteints de tuberculose, et qui interagit très fortement avec M. tuberculosis.
En élucidant la fonction des récepteurs principaux du bacille sur les cellules immunitaires, nous souhaitons éventuellement «manipuler» ces récepteurs avec des composés synthétiques, pour améliorer la réponse immunitaire contre l'infection. En identifiant des gènes de virulence du bacille, nous espérons pouvoir définir des cibles pour de nouveaux antituberculeux.
L'exploitation de ces résultats pourrait avoir lieu dans les trois prochaines années.

Alimentation. « Je dompte les bactéries »
Pascal Loubière. Spécialiste en microbiologie, il est depuis 2004 directeur de recherche INRA au Laboratoire d'Ingénierie des Systèmes biologiques et des procédés (LISBP).
Notre premier objectif, cognitif, est d'acquérir la vision la plus complète et la plus juste possible du comportement d'une bactérie dans son environnement (procédé industriel, environnement naturel, tube digestif humain…). Cette démarche de production de connaissances concerne aussi des situations appliquées concrètes ; par exemple un réacteur industriel pour la production d'une molécule d'intérêt (chimique, pharmaceutique), un aliment fermenté (fromage), ou la muqueuse du tube digestif. Parmi le débouchés,on peut renforcer la sécurité alimentaire (empêcher la virulence d'une bactérie pathogène alimentaire) ; comprendre les mécanismes de « l'effet santé » de certaines bactéries ; optimiser des procédés industriels de production de molécules. Par exemple, avec une PME landaise (SAF-ISIS), mettre en pace un procédé de production naturelle par une bactérie lactique de l'arôme de beurre.
Jesse Thomas est le PDG et fondateur de JESS3. Agence interactive spécialisée dans l'illustration de données issues des réseaux sociaux, JESS3 a conçu des chefs-d'œuvre visuel et des solutions interactives pour IBM, Intel, Microsoft, MySpace, Pfizer, Time Warner, la NASA, Nestlé, Pepsi / Tropicana, le Wall Street Journal, etc.
Cette fois-ci, il s'agit d'illustrer les chiffres d'Internet


JESS3 / The State of The Internet from JESS3 on Vimeo.
Alors que va prochainement se tenir, début avril, la semaine du développement durable, voilà un site qui tombe à pic pour sensibiliser les plus jeunes aux questions écologiques. « Ekoloko est un monde virtuel communautaire où les enfants, de 7 à 12 ans, suivent un scénario qui les emmène dans un univers sécurisé où ils réalisent des jeux et des quêtes, seuls ou en groupes », explique Moshé Weizman, responsable régional pour l'Europe de Virtual Tweens Inc. Les enfants font évoluer leur avatar sur plusieurs niveaux, gagnent des sous (la monnaie est le Koko) et participent à quelque 500 activités individuelles et collectives, conçues par des experts et bénéficiant d'un environnement sécurisé. Ekoloko est un jeu accessible gratuitement et sans téléchargement, directement à l'adresse www.ekoloko.fr.
Chacun d'entre nous l'aura sans doute constaté sur sa facture de téléphone fixe : les appels entre le téléphone de la maison et les téléphones mobiles sont chers. Très chers. Trop chers pour l'association de consommateurs Consolib.fr qui tire le signal d'alarme et lance une pétition pour inciter les opérateurs télécoms à revoir à la baisse leurs tarifs. « Lorsqu'un consommateur appelle un mobile à partir d'un téléphone fixe ou d'une box, son opérateur fixe lui facture en moyenne 25 centimes par minute. Pour l'opérateur le coût de cette même minute est de l'ordre de 5 centimes », explique l'association. « Les opérateurs fixes font payer en moyenne 400 % plus cher l'appel qu'il ne leur a coûté. Comme ces appels se comptent en milliards de minutes par an, ils ont ainsi empoché plus de 1,2 milliard d'euros de profits indus sur le dos des consommateurs en 2009 », s'étrangle Consolib, qui appelle à la mobilisation. « Il n'est plus question d'observer ces abus sans agir. Nous devons nous mobiliser collectivement pour obtenir une baisse des prix », estime la jeune association qui vient de lancer une pétition en ce sens.

Cette dernière, si elle met le doigt sur un vrai problème de consommation, ne devrait toutefois pas infléchir la politique tarifaire des opérateurs, car ceux-ci se conforment tout simplement à la réglementation en vigueur fixée par l'autorité de régulation des communications et des postes (Arcep) en ce qui concerne la « terminaison d'appel » lors d'une communication entre le client d'un opérateur A et celui d'un opérateur B. Rappelant que « les flux financiers de terminaison constituent à la fois une charge et une source de revenus pour les opérateurs, et que, in fine, la facturation entre opérateurs de la terminaison d'appel est une somme de flux financiers équilibrés », l'Arcep explique, que « l'encadrement des niveaux tarifaires des terminaisons d'appel qu'[elle] spécifie pour les opérateurs consiste à fixer des plafonds que les tarifs de ces prestations ne doivent pas dépasser, laissant la liberté aux opérateurs de fixer leurs tarifs sous ces plafonds, au niveau qu'ils jugent pertinent. »

Les prix étant libres, les opérateurs fixent donc leurs tarifs au plus près de ces plafonds qui ne diminuent que lentement. L'Arcep a ainsi prévu de les faire passer de 5 centimes d'euros à 1,5 centime… d'ici 4 ans.

Les consommateurs devront donc prendre leur mal en patience à moins que les offres « quadruple play » ne se généralisent. Les opérateurs télécoms ,qui sont aussi tous de grands noms de l'internet, commencent à ajouter au triptyque de leur box « internet/télé/téléphonie fixe illimitée » un 4e élément : la téléphonie mobile. Sous forme de forfait de 3-4 heures, celle-ci pourrait être illimitée à terme. Plus besoin alors de surveiller sa facture lorsqu'on appellera un mobile avec son fixe.

Calculez votre « préjudice »
L'association de consommateurs Consolib.fr est une association un peu particulière puisqu'il s'agit d'une communauté d'internautes, créée par des étudiants, qui entend utiliser tous les outils du web 2.0 (Facebook, Twitter, etc.) pour transformer l'internaute en « consonnaute » prêt à « défendre ses droits de citoyen-consommateur. » Consolib - à laquelle on peut adhérer gratuitement - veut pour cela lancer des « web campagnes » pouvant créer un buzz sur un problème spécifique. Première cible donc : le coût des communications entre postes fixes et téléphones mobiles. Pour cela, l'association a lancé un site internet spécial dont l'adresse ne laisse aucune équivoque : www.arnaquefixemobile.fr. Sur ce site on peut signer la pétition contre « le Jackpot des opérateurs fixes grâce aux appels vers les téléphones mobiles. » On peut aussi partager son expérience, dénoncer un abus ou proposer des solutions. Surtout, comme l'avait fait en son temps l'UFC-Que Choisir avec son site Cartelmobile.org, Consolib propose un « calculateur » permettant « d'estimer la marge que votre opérateur de téléphonie fixe a réalisé sur vos appels fixes vers mobiles pour l'année 2009. »

Les abus au bout du fil
En dénonçant le coût des appels entre fixes et mobiles, l'association Consolib s'inscrit dans le combat contre les abus dont les opérateurs semblent parfois avoir le secret…
La facturation à la seconde
Au début des années 2000, alors que le marché de la téléphonie grand public a bien décollé, se pose la question de la facturation à la seconde. La plupart des opérateurs facture, en effet, par paliers. Pour chaque communication entamée, une part fixe, quelle que soit la durée de l'appel, fut-il court de quelques secondes, est ainsi décomptée du forfait. L'association de consommateurs UFC-Que Choisir révèle en février 2002 que 25 à 30 % du temps facturé par les opérateurs de téléphonie mobile ne sont jamais consommés par les abonnés… alors que la majorité des pays européens abandonne la tarification par palier pour facturer les appels téléphoniques à la seconde. Après plusieurs actions en justice, notamment pour publicité mensongère, les opérateurs y viendront un an plus tard.
L'entente illicite sur les tarifs
Autre affaire qui a particulièrement frappé les esprits : la condamnation des trois opérateurs français à une amende record de 534 millions d'euros pour entente illicite. Fin 2005, le Conseil de la concurrence concluait, en effet, que les trois opérateurs mobiles s'étaient partagés le marché français de 1997 à 2003, en s'échangeant des informations sur leurs abonnés et en définissant leurs parts de marché respectives. Orange, Bouygues Telecom et SFR font appel. Orange, écopait d'une amende de 256 M€, SFR de 220 M€et Bouygues Telecom de 58 M€. Faute de possibilité juridique d'action collective, l'UFC-Que Choisir avait invité les Français à calculer leur préjudice et à ester en justice. La cour d'appel de Paris a confirmé le 11 mars 2009 une partie de l'amende (92 M€).