Toulouse capitale mondiale des puces RFID

Le Centre national de référence RFID (CNRFID) a ouvert ce mardi 14 septembre pour deux jours à Toulouse le premier congrès international sur les puces radiofréquence RFID, dédié à l'aéronautique, à l'automobile, au ferroviaire et au maritime. Les acteurs de ces filières, confrontés aux mêmes problématiques (suivi de production, traçabilité de pièces, etc.) et ayant des process similaires peuvent ainsi partager leurs expériences autour de tables rondes.

Ce congrès, soutenu par le ministère de l'Economie, la Région Midi-Pyrénées et le Grand Toulouse constitue une vitrine pour tous les offreurs de solutions RFID qui évoluent sur un marché qui peine parfois à décoller et qui suscite, chez le grand public, une certaine méfiance, notamment en terme de respect de la vie privée (lire ci-dessous).

Pour autant, les puces RFID permettent de très nombreuses applications qui simplifient la vie de tous les jours, tant des entreprises que des particuliers.

La principale application consiste en un marquage des objets pour une parfaite traçabilité. Livres dans une librairie, bagages dans un aéroport, palettes dans un entrepôt, suivi des aliments dans la chaîne du froid, passeport biométriques, etc. IBM, l'un des partenaires du congrès, évalue à 30 milliards le nombre d'étiquettes RFID produites dans le monde pour cette année.

De multiples applications

Mais les puces RFID peuvent également être implantées dans des organismes vivants : végétaux, animaux d'élevage ou de compagnie et, bien sûr, l'hommme. Chez ce dernier, il s'agit de radio-marqueurs sous-cutanés qui peuvent servir au stockage de données médicales ou permettre l'accès à des bâtiments. Mais l’utilisation peut être plus ludique, comme l'a monté une boîte de nuit de Barcelone qui proposait à ses meilleurs clients de se doter d'un porte-monnaie électronique s'ils acceptaient d'être "pucés".

A Toulouse, le premier congrès s'intéresse à des applications plus sérieuses. Airbus, Air France/KLM, Eurocopter, IBM, Michelin, Renault, etc. ont témoigné de leur utilisation des RFID.
- Pour l’aéronautique, de suivi d’exploitation et de maintenance des pièces et de mise en place de solutions adaptables à une maintenance internalisée et externalisée…
- Pour l’automobile, de gestion de parcs automobiles, d’optimisation des flux de sortie d’usines de montage, et d’automatisation de la chaîne de montage… ;
- Pour le ferroviaire, de lecture automatique de wagons pour « géolocalisation » du parc, de sécurisation des trafics via un contrôle des passages…
- Pour le maritime, de sécurisation et traçabilité des containers…

Surtout, la technologie RFID évolue comme le montre le groupe MIcro et Nanosystèmes pour les Communications sans fils du Laboratoire d'Analyse des Architecture des Systèmes (LAAS) CNRS de Toulouse qui travaille sur de nouvelles puces sans électronique embarquée.

Inquiétudes sur la vie privée
"L'utilisation des RFID peut être bénéfique pour les entreprises, pour les individus et les services publics (y compris les gouvernements). Mais le déploiement généralisé de cette technologie amène aussi de potentiels inconvénients", observait le groupe Article 29, qui rassemble les autorités de protection des données personnelles des ays membres de l'Union européenne dont la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) pour la France. Cette dernière expliquait d'ailleurs en juin 2009 la façon dont elle considérait les puces RFID. "La technologie de radio-identification (RFID) devient un enjeu économique majeur notamment dans les applications de la distribution et du transport. Du fait de leur dissémination massive, de la nature individuelle des identifiants de chacun des objets marqués, de leur caractère invisible, et des risques de profilage des individus, la CNIL considère que les RFID sont des identifiants personnels au sens de la loi Informatique et Libertés."

Photo : une étiquette RFID. Crédit Maschinenjunge.

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