Plus encore que l'année dernière, les smartphones vont être les stars de Noël. Ces téléphones « intelligents » grignotent de plus en plus de parts de marché. 17 millions de Français en possèdent déjà un et cela n'est pas prêt de s'arrêter car dans le sillage de l'iPhone - l'appareil vedette d'Apple - ou des Blackberry, très présents dans le monde de l'entreprise, sont apparus les smartphones Android produits par de nombreuses marques qui ont démocratisé l'usage de ces mobiles à tout faire.
Passer un coup de fil , pour ces appareils, constitue une caractéristique presque secondaire tant ils recèlent d'autres fonctionnalités : prendre des photos et des vidéos, gérer ses e-mails et son agenda, prendre des notes, se repérer automatiquement sur une carte grâce au GPS intégré, jouer à des jeux en ligne, dialoguer avec ses amis sur les réseaux sociaux Facebook ou Twitter, etc. Autant dire que dans ces petits ordinateurs de poche, chacun enregistre une partie de ses données et de son intimité.
C'est pour cette raison que la Commission informatique et liberté (CNIL) a voulu comprendre les pratiques des Français avec ces nouveaux outils, s'ils étaient conscients de la sensibilité des données qu'ils enregistrent et s'ils protègent bien l'accès à leur smartphone. L'enquête menée par Médiamétrie auprès de 2 315 utilisateurs est édifiante (fichier PDF disponible ici). Les informations personnelles sont stockées en masse sur les smartphones sans grande protection. Paradoxalement, 65 % des Français pensent que les données ne sont pas bien protégées mais 30 % déclarent n'avoir aucun code de protection actif !
Pour remédier à cette situation, la CNIL a délivré hier dix conseils dont certains sont déjà suivis… par les adolescents. Plus à l'aise que leurs parents avec les appareils numériques, les 15-17 ans sont bien plus prudents que les adultes.

10 règles d'or pour préserver ses données

1. N'enregistrez pas d'informations confidentielles (codes secrets, codes d'accès, coordonnées bancaires…) dans votre smartphone (vol, piratage, usurpation d'identité…).

2. Ne désactivez pas le code PIN et changez celui proposé par défaut. Choisissez un code compliqué. Pas votre date de naissance !

3. Mettez en place un délai de verrouillage automatique du téléphone. En plus du code PIN, il permet de rendre inactif le téléphone au bout d'un certain temps. Cela empêche la consultation des informations contenues dans le téléphone en cas de perte ou de vol.

4. Activez si possible le chiffrement des sauvegardes du téléphone. Pour cela, utilisez les réglages de la plateforme avec laquelle vous connectez le téléphone sur votre ordinateur. Cette manipulation garantira que personne ne sera en mesure d'utiliser vos données sans le mot de passe que vous avez défini.

5. Installez un antivirus quand cela est possible.

6. Notez le numéro «IMEI» du téléphone pour le bloquer en cas de perte ou de vol (taper *#06# sur le clavier pour l'obtenir).

7. Ne téléchargez pas d'application de sources inconnues. Privilégiez les plateformes officielles.

Vérifiez à quelles données contenues dans votre smartphone l'application que vous installez va avoir accès.

8. Lisez les conditions d'utilisation d'un service avant de l'installer. Les avis des autres utilisateurs peuvent également être utiles !

9. Réglez les paramètres au sein du téléphone ou dans les applications de géolocalisation (Twitter, Foursquare, Plyce...) afin de toujours contrôler quand et par qui vous voulez être géolocalisé.

10. Désactivez le GPS ou le WiFI quand vous ne vous servez plus d'une application de géolocalisation.


Attention aux virus
Les smartphones étant de vrais petits ordinateurs, pas étonnant qu'ils soient désormais la cible… des virus. Les malwares ciblant les appareils mobiles sont en nette progression, avec un risque plus élevé pour les téléphones sous Android. Dans son dernier rapport trimestriel, l'éditeur d'antivirus McAfee a révélé une augmentation de 76 % des malwares mobiles sur cette plateforme au 2e trimestre, par rapport au 1er trimestre 2011 (rapport PDF disponible ici). Dès lors, les applications antivirus pour smartphones vont se multiplier.
Google : une menace pour le consommateur dans l’industrie du voyage ?

A l’heure de l’hégémonie annoncée du moteur de recherche, Google, dans l’industrie du voyage, suite à l’intégration d’ITA software et au développement de Google Flights et de Google Hotel Finder, le voyageur doit désormais s’interroger profondément sur ses réflexes de consommation.

La recherche de destinations, de bons plans, de meilleurs prix et d’avis qualifiés est aujourd’hui très centralisée. Le voyageur ne prend pas forcément conscience que le moteur de recherche le plus utilisé au monde, classifie, filtre et délivre les résultats de recherche en fonction non pas de l’intérêt du voyageur mais en fonction de son modèle économique. Plus un site de voyage achète de mots clé pour optimiser son référencement, plus il est représenté dans les résultats de recherche des internautes voyageurs. Le voyage est le secteur le plus important du marché mondial du e-commerce (350 milliards de dollars)[1].

Faut-il laisser le voyageur à la merci de l’algorithme mathématique de Google? Le prix lui aussi peut être manipulé (options incluses ou non incluses) et les voyageurs sont nombreux à en avoir fait l’expérience. Quel est dans ce contexte la pertinence réelle d’un tel modèle ? L’argument mathématique peut-il continuer à rassurer le voyageur quand on voit les dérives des mathématiques appliquées à l’industrie de la finance?

Pourquoi Facebook peut-il jouer un rôle important dans le voyage ?

Jusqu’ici cantonné à un rôle plutôt ludique, le premier réseau social mondial, Facebook (800 millions de membres) vient d’ouvrir sa plateforme à de nombreuses applications verticales pour en accélérer l’usage “utile”. Les utilisateurs peuvent désormais découvrir la musique, les vidéos, les plats cuisinés et les voyages à travers les « partages » de leurs amis, en temps réel. Autrement dit, l’internaute n’a plus besoin d’aller chercher sur Google sa prochaine destination ou un bon plan voyage : les amis, qui en général ont des goûts communs, vont partager avec lui leurs « résultats » et propositions de voyages.

“Mes amis” plus forts que Google

Un utilisateur de Facebook a en moyenne 130 amis. Si chaque ami voyage en moyenne 3 fois par an, cela représente 390 voyages avec une probabilité très forte de couvrir 100% de nos destinations préférées et de nous faire découvrir de nouvelles destinations susceptibles de nous plaire. Chaque voyage donne lieu à des recherches pour trouver un vol, un train, un hôtel, un package, une activité…Et si l’internaute faisait confiance aux résultats de ses amis pour réserver le même vol, le même hôtel ou le même voyage ? Ces résultats représentent déjà des milliers de recherches sur le web et le voyageur peut les pondérer avec les goûts de ses amis plutôt qu’avec celui de millions de voyageurs anonymes…

Il s’agit donc d’un canal alternatif à Google. Les voyageurs vont gagner du temps en intégrant des paramètres humains dans leur décision d’achat tandis que les industriels du voyage vont économiser des budgets de référencement Google qu’ils pourront répercuter sur les prix des voyages.

Qui sera le gagnant ?

Le frein évident au développement du web social, c’est la crainte de l’individu par rapport à l’utilisation qui risque d’être faite de ses données personnelles, que ce soit par Facebook ou par ses amis… Faut-il partager ou bien ne pas partager ses voyages ? Faut-il se méfier plus de Facebook et de ses amis que de Google et de son algorithme ? Facebook, tout comme Google, doit protéger massivement la confidentialité des données de ses utilisateurs pour rester plateforme tiers de confiance. Si le débat est déjà virulent avec Facebook, il ne faut pas perdre de vue que Google possède déjà la plupart de nos informations personnelles et confidentielles : mots de passe, documents importants, données bancaires…

Au final, c’est bien le voyageur qui a le plus à gagner du développement du social web et du social commerce. Favorisons donc l’innovation dans ce domaine.


Matthieu Heslouin
Fondateur et PDG de Wipolo