L'Agence régionale pour le développement de la société de l'information (Ardesi) - qui a récemment fêté ses dix ans d'existence - a dévoilé hier à Toulouse la 7e édition de son Diagnostic, véritable baromètre permettant de mesurer tout à la fois l'évolution des usages et des équipements numériques en Midi-Pyrénées ; et le poids économique que représente désormais les technologies de l'information et de la communication (TIC), à la seconde place derrière l'aéronautique.

Les TIC : 2e économie de la région

Martin Malvy a d'ailleurs insisté sur ce point hier. « L'économie des TIC en Midi-Pyrénées concerne plus de 3 800 entreprises et entre 18 000 et 23 000 emplois. C'est un véritable secteur en plein développement », s'est réjoui le Président de la Région. Et de préciser que lors du récent voyage de la délégation régionale à Seattle, aux États-Unis, plusieurs rencontres avaient eu lieu, notamment avec des représentants du géant Microsoft.

A ce dynamisme économique correspond d'une part une très forte implication des pouvoirs publics (lire encadré) et d'autre part un boom des usages et des équipements. « Malgré la taille et les disparités de notre région, il y a plus d'utilisateurs d'internet en Midi -Pyrénées que la moyenne nationale », s'est félicité Martin Malvy. Si 77 % des Français vont sur la Toile, 80 % des habitants de la région sont des internautes ; un pourcentage qui grimpe à 98 % chez les 15-24 ans. Ce sont d'ailleurs véritablement les jeunes qui entraînent avec eux toute la région. Téléphone mobile, ordinateur, tablettes : les jeunes Midi-Pyrénéens sont non seulement mieux équipés que les Français de leur âge mais ils savent utiliser toutes les facettes d'internet. Il est vrai que 84 % d'entre eux se connectent tous les jours et de plus en plus avec leur téléphone mobile (41 %). Et contrairement aux idées reçues, ce n'est pas pour rester dans leur bulle mais pour échanger plus encore avec leurs amis. Échange de photos, messagerie instantanée, écriture de blog, etc. 76 % sont inscrits sur un réseau social, Facebook en tête. Mécaniquement, 44 % du total des internautes de la région se retrouvent sur les réseaux sociaux soit tout de même 35 % de la population totale, soit une progression spectaculaire de 10 points en un an.

Priorité à l'accès et l'éducationDepuis plusieurs années, Midi-Pyrénées mène une politique ambitieuse avec pour priorité l'accès au haut débit ; et l'utilisation du numérique dans l'éducation.
Accès. Dans l'une des plus vastes régions de France emmener l'internet à haut et très haut débit est un vrai défi. Pour résorber les zones blanches, 12M€ont été investis entre 2003 et 2005 dans des projets portés par les départements ? De 2005 à 2010 la Région a investi 2,6M€ pour désenclaver 269 communes. Et en mai dernier, Martin Malvy a annoncé un Plan très haut débit de 50M€ sur 10 ans pour amener la fibre optique dans les zones moyennement denses. L'objectif est que le débit minimum en Midi-Pyrénées atteigne 10 Mbits/s.
E-administration. Avec un bon réseau, tout est possible en terme de service. La région investit ainsi dans des Cyberbases (57 espaces publics) et les points visio-publics en partenariat avec 25 organismes administratifs. 18 points sont déployés, 4 le seront bientôt. Cette e-administration se trouve aussi sur le web : 73 % des internautes ont déjà eu recours à un service en ligne.
Éducation. Le réseau Aster depuis 2000, les environnements numériques de travail utilisés par 500 000 personnes sont des réussites en matière d'éducation. Ordi'Lib, l'opération d'aide à l'acquisition d'un ordinateur portable, qui a conquis 11 000 élèves et leurs familles cette année, sera étendue aux apprentis en septembre 2012.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a commencé hier à auditionner les 33 candidats aux six futures chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT) qui doivent voir le jour d'ici l'automne 2012. Chaque candidat dispose de 45 minutes* pour présenter son dossier aux sages, qui vont siéger jusqu'au 14 mars pour recevoir tous les porteurs de projets et se décider selon des critères de viabilité comme l'expliquait à «La Dépêche» Michel Boyon, président de l'autorité, en novembre dernier, lors du passage de Midi-Pyrénées à la télé tout numérique. « Le CSA doit s'assurer de la viabilité économique du projet, du respect des règles concernant la limitation des concentrations, notamment le nombre maximal de chaînes qu'un même groupe peut avoir sur la TNT. Et il y a bien sûr l'intérêt du projet : qu'apporte-il de nouveau au téléspectateur ? Le CSA y sera attentif ; il ne crée pas des chaînes pour se faire plaisir, il exige qu'elles fournissent un plus par rapport à l'offre actuelle », expliquait le président du CSA, précisant que « le CSA choisira selon des critères totalement objectifs. »

Le succès d'audience de l a TNT, lancée en France en 2005, ne se dément pas et a, en tout cas, aiguisé les appétits ; ceux de grands groupes de médias comme ceux de petites associations.

Parmi les projets présentés, on peut notamment citer une chaîne sur la nature et les animaux (Amis TV), sur l'« excellence française » (Cocagne), la diversité (TVous la télédiversité), l'art de vivre (Vïa), les sciences (Sciences News), la religion (KTO), l'économie (BFM Business), la météo (La Chaîne météo), le théâtre (L'Enô-rme TV), les 15-35 ans (My NRJ), les étudiants (MCE TV), l'Outre-mer (Aci TV) ou encore l'information en continu dans le monde (Evazion Monde TV), un créneau pourtant très encombré.

Plusieurs projets sont d'ailleurs concurrents. Parmi les candidats, on compte trois chaînes féminines, trois de fiction audiovisuelle, deux de sports (L'Équipe HD et RMC Sports HD).

Le CSA doit sélectionner les six meilleurs projets à la mi-mars et délivrer les autorisations aux éditeurs avant la fin du mois de mai pour une mise en service vers l'automne.

* Les auditions sont disponibles en vidéo sur le site www.csa.fr

L'édition 2012 du congrès mobile mondial (MWC) s'est achevée hier à Barcelone. Depuis lundi, les acteurs du secteur des télécoms étaient réunis dans la capitale catalane pour esquisser le téléphone mobile du futur.

Les smartphones - les téléphones mobiles « intelligents » multifonctions - et les tablettes tactiles ont été au cœur des offensives des grands constructeurs comme Samsung, Blackberry, LG ou HTC. Tous nourrissent l'ambition de contrer Apple et ses appareils à succès l'iPhone et l'iPad. La firme fondée par Steve Jobs, grande absente de la manifestation, a toutefois reçu le prix de la meilleure tablette pour son iPad2. Une récompense qui intervient à quelques jours de la présentation de l'iPad3, le 7 mars prochain.

Apple volontairement absent, les Chinois en force
Apple absent, ses concurrents ont eu le champ libre pour faire des annonces et notamment Google et Microsoft. Le PDG du premier, Éric Schmidt, a évoqué ce que pourrait être la téléphonie mobile en 2020. « Il faut être réaliste, il y a une véritable fracture numérique mais les cinq milliards de personnes à connecter sont une formidable occasion de nouveautés, de changement dans le monde », a expliqué le patron du géant de l'internet qui a évoqué les nouvelles technologies à venir : des systèmes de présence virtuelle, des systèmes sonores de grande qualité, des mécanismes de projection holographique et des technologies de retour tactile et sensoriel. Parallèlement à ces technologies de pointe, la 4G (LTE) et le paiement sans contacts (NFC) sont d'ores et déjà en cours de déploiement.

En attendant ces mobiles de luxe, tous les constructeurs ont décidé de resserrer leurs gammes mais aussi d'engager une course à la puissance (vitesse de processeurs, nombre de cœurs sur les puces…) et au prix. Le salon a également montré la montée en gamme des constructeurs chinois comme Huawei et ZTE qui proposent des smartphones beaucoup moins chers qu'actuellement.

Enfin, le congrès s'est achevé hier par la présentation du futur système d'exploitation de Microsoft pour les PC, Windows 8. Si cette nouvelle mouture a été présentée au salon des mobiles, c'est justement parce que la frontière entre les ordinateurs et les téléphones devenus surpuissants s'estompe de plus en plus.
La bataille pour la conquête de l'Elysée se joue aussi sur internet. Bien plus que lors des précédentes présidentielles, cette année marque véritablement la première campagne numérique de grande ampleur en France. La simple analyse des budgets consacrés au numérique le prouve. En 2002, selon les données publiées par le Journal officiel, les candidats avaient dépensé 1,8 million d'euros au poste « sites internet et services télématiques » sur un total de 83,1 millions d'euros soit 2,2 %. En 2007, c'étaient cette fois 2,6 M€ sur 76,5 M€ de dépenses totales, soit 3,36 %.

2M€ pour le PS et l'UMP
Pour la présidentielle 2012, on peut estimer que ce taux devrait au moins doubler. Le PS annonce ainsi un budget de 2 M€ pour la campagne web ; l'un des responsables de la web campagne de l'UMP indique un peu moins de 2 M€ tandis qu'on table sur 700 000 € au MoDem, entre 600 000 et 700 000 € au FN, 200 000 € à Europe Ecologie-Les Verts et 100 000 € au Front de gauche.
Au-delà de la guerre du web que se livrent les équipes de l'UMP et du PS, les autres partis ne sont pas en reste et multiplient les initiatives, souvent originales et humoristiques. Eva Joly, récemment moquée sur son accent, a répliqué avec une vidéo louant « la France de tous les accents. » Son équipe web a également joué la carte de l'humour avec ses vidéos sur les chatons qui bondissent d'effroi lorsque l'on prononce le nom de Nicolas Sarkozy ou encore la parodie du programme de Canal+ « Bref » pour appeler les Français à voter. Les équipes de Jean-Luc Mélenchon ont carrément créé un mini-feuilleton vidéo… Car à côté des sites internet officiels et sérieux, tous les partis, et notamment leurs sections jeunes, veulent susciter buzz et contre-buzz sur internet.
Enfin, de plus en plus d'élus - parlementaires, ministres, présidents de Départements ou de Régions - se mobilisent sur Twitter ou Facebook pour porter la parole de leur camp.

Sarkozy mise sur les réseaux sociaux


La présence sur internet du candidat Sarkozy était jusqu'à présent contrainte par son statut de chef de l'État. Mais dès que le président de la République a annoncé sa candidature, son équipe de campagne a pu enfin lancer un vaste dispositif web. En quelques heures, en effet, l'équipe du candidat a ouvert une nouvelle page Facebook, dotée de la toute nouvelle présentation timeline (chronologique). Le Président a également ouvert son propre compte Twitter, annonçant qu'il signalerait ses messages avec ses initiales «NS.»
L'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy compte une douzaine de personnes, dirigées par Nicolas Princen. Ce normalien de 28 ans, qui a des attaches familiales en Ariège où réside sa grand-mère, s'était fait connaître comme « l'œil du web » de Nicolas Sarkozy en 2008 lorsque le Président l'avait chargé de la veille internet depuis l'Élysée comme conseiller technique.
« La campagne web se fait en plusieurs phases et là, on est dans une phase de lancement. Le Président fait son entrée en campagne sur chacun des supports : Facebook, Twitter mais aussi par e-mail », explique Nicolas Princen. En effet, la semaine dernière le candidat a envoyé un e-mail à quelque 900 000 personnes, dont une partie provenait d'une campagne d'acquisition d'adresses e-mail menée préalablement par l'UMP.
« On active tous les différents canaux pour établir tous les points de contacts. Il y a une place centrale pour les réseaux sociaux. L'outil le plus stratégique c'est Facebook, car il permet de s'adresser d'un clic à plus de 560 000 amis. Mais à côté de ces grandes plateformes que sont Facebook ou Twitter, Nicolas Sarkozy est aussi présent sur d'autres sites participatifs comme Deezer, site de musique, Instagram, site de photos, ou Foursquare, site de géolocalisation. Au total, on sera présent sur une trentaine de supports », poursuit le responsable de la webcampagne. Comme au PS, l'UMP admet avoir attentivement étudié ce que Barack Obama avait fait sur internet en 2008. « Mais les temps ont changé », estime Nicolas Princen.
Enfin, le responsable réfute toute cellule riposte web mais, comme au PS, regarde d'un œil bienveillant voire amusé les initiatives numériques des militants pour répondre au camp d'en face.

Hollande en avance et inspiré par Obama




Parti plus tôt en campagne que le président de la République, François Hollande bénéficie, sur internet, de l'expérience acquise lors des primaires citoyennes qui se sont déroulées en octobre dernier… et de la possibilité de s'adresser aux milliers de Français qui ont laissé leur adresses e-mail au PS. Le candidat socialiste s'appuie actuellement sur une équipe d'une quarantaine de personnes dirigées par Vincent Feltesse. Ce quadra, maire de Blanquefort (Gironde) et président de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) depuis 2007 se revendique volontiers « plus politique que geek », mais il a été secrétaire national adjoint du Parti socialiste en charge des nouvelles technologies de 2005 à 2008 et connaît parfaitement les ressorts du Net dans une campagne. Le candidat Hollande dispose non pas d'un mais de deux sites de campagne. Le premier (francoishollande.fr) est le site officiel, classique, où l'on retrouve les discours, photos et vidéos du candidat. Le second, tout récemment lancé (toushollande.fr) est un puissant outil de mobilisation, librement inspiré par ce qu'avait fait Barack Obama lors de sa campagne de 2008. Les spins doctors (conseillers en communication) de la société Blue State Digital qui ont planché pour le président des États-Unis, ont prodigué leurs conseils pour le lancement du second site de François Hollande. « On est dans un échange, dans un dialogue d'adaptation, ils veulent tester des choses », explique Romain Pigenel, responsable de l'action en ligne et blogueur.
« Toushollande.fr est un site unique, on est les seuls à le faire. C'est un site qui propose des actions militantes et de curation, c'est-à-dire de regroupement de contenus produits par des sympathisants. Sur les deux sites web, on met des fonctions de partage sur les réseaux sociaux. Toute notre stratégie est d'être au maximum présents sur les réseaux sociaux, en adaptant notre discours : Twitter touche davantage les catégories supérieures ; Facebook est plus grand public », poursuit le responsable.
L'équipe web de campagne organise également des « ripostes parties » pour que les sympathisants se mobilisent sur internet pour commenter émission de télé ou de radio. Enfin, l'équipe n'hésite pas à réaliser des vidéos parodiques pour contrer les arguments de l'UMP.
« Toushollande.fr est un site unique, on est les seuls à le faire. C'est un site qui propose des actions militantes et de curation, c'est-à-dire de regroupement de contenus produits par des sympathisants. Sur les deux sites web, on met des fonctions de partage sur les réseaux sociaux. Toute notre stratégie est d'être au maximum présents sur les réseaux sociaux, en adaptant notre discours : Twitter touche davantage les catégories supérieures ; Facebook est plus grand public », poursuit le responsable.
L'équipe web de campagne organise également des « ripostes parties » pour que les sympathisants se mobilisent sur internet pour commenter émission de télé ou de radio. Enfin, l'équipe n'hésite pas à réaliser des vidéos parodiques pour contrer les arguments de l'UMP.