Alors que Facebook connaît une – légère – désaffection, notamment de la part des jeunes (le réseau social américain, sur les six derniers mois, aurait perdu neuf millions d’inscrits aux États-Unis et 2 millions au Royaume-Uni), les initiatives se multiplient dont, l’une, Neventy, lancée ce 8 mai à 17 heures à Toulouse, préfigure peut-être l’avenir du réseau social.

Imaginé par 8 étudiants toulousains soutenus par un investisseur, Neventy est un réseau social d’événements géolocalisés en temps réel, qui joue la carte mobile avec une application dédiée.

« Lors d’une soirée, nous avons constaté qu’un de nos amis se trouvait dans la rue juste à côté sans qu’on le sache, déplore le jeune homme. On s’est dit que c’était vraiment dommage et qu’il fallait y remédier », expliquait à La Dépêche le mois dernier Stéphane Nimer, qui a travaillé un an sur le projet avec ses camarades, qui suivent ou ont suivi des études d’informatique et de communication.

« Le réseau social se décline en deux axes : le privé, permettant d’échanger avec ses amis et de créer des événements, et le public, en partenariat avec des bars et des boîtes de nuit », détaillait Stéphane Nimer.

Le partenariat avec les établissements a déjà permis de réunir plusieurs noms célèbres de Toulouse comme le Saint des Seins, le Snapper Rock, la Couleur de la Culotte ou Chez Tonton. Une vingtaine d’établissements au total. Ce nouveau réseau, qui va rester toulousain dans un premier temps, vise 24 000 utilisateurs jusqu’à 40 000.

Neventy a été lancé hier en version beta. « Cette version regroupe seulement 70 % des fonctionnalités mais elle est indispensable car elle permet de tester l’application dans son environnement, avec une base de données et un nombre d’utilisateurs réels », expliquent les fondateurs, qui donnent rendez-vous aux Toulousains le 18 mai prochain pour avoir accès à une version complète de Neventy..

Plus d'infos ici : www.neventy.fr



Déjà 20 ans et pourtant nous avons l'impression que le web a toujours fait partie de notre vie, tellement cette innovation nous accompagne tout au long de nos activités : consulter une encyclopédie ou lire La Dépêche en numérique, télécharger un album ou voir un film en vidéo à la demande, jouer en réseaux ou partager ses photos sur Facebook ou sur son blog, déclarer ses impôts, faire ses courses, réserver ses vacances, etc. Autant d'activités auxquelles les inventeurs du web, le Britannique Tim Berners-Lee et le Belge Robert Cailliau, n'avaient sans doute pas à l'esprit lorsqu'ils ont entamé leurs travaux.

Au début, un outil pour les chercheurs
La toile (le « web »), principale application d'internet, a été inventée à Genève, en mars 1989, au Centre européen de recherche nucléaire (CERN). L'idée était d'offrir aux chercheurs, notamment aux physiciens des hautes énergies, une nouvelle façon d'échanger de l'information. Internet était alors, en effet, très peu ergonomique. Berners-Lee va imaginer de lier entre elles les adresses web et le langage hypertexte. En 1990, lui et ses équipes font fonctionner le premier serveur et le premier navigateur web. L'année suivante, d'autres laboratoires de physique des particules vont profiter de cette invention.
Le web pour le grand public verra, lui, réellement le jour il y a 20 ans, fin avril 1993, année où les pages web, qui ne contenaient que du texte, s'ouvrent aux images…
En 1995, Cailliau et Berners-Lee convainquent le CERN de mettre le web et ses protocoles dans le domaine public. Par pragmatisme d'une part, pour accélérer son développement ; mais aussi par adhésion aux principes de partage et de standards ouverts (le fameux open source) portés par le monde universitaire.

Le risque d'un web à deux vitesses
Le web connaît alors un développement fulgurant, faisant émerger des empires comme Google, Youtube, Amazon, etc. En constante évolution, il devient « 2.0 » dans les années 2000. Ce « nouveau » web propose alors des sites conçus pour que l'internaute, de spectateur, devienne aussi producteur. Les communautés émergent, le partage d'informations, de contenus, n'a jamais été aussi fort et simple à réaliser. Les réseaux sociaux comme Facebook inventent de nouveaux liens amicaux, familiaux, professionnels, commerciaux et surtout intergénérationnels. Bien sûr, tout n'est pas rose et sur la Toile se développent aussi virus, cybercriminalité voire cyberterrorisme.
Vingt ans après sa naissance, le web est aujourd'hui à un tournant, tiraillé entre des intérêts particuliers, économiques ou gouvernementaux, et l'ambition généreuse des débuts. En 2010 déjà, Tim Berners-Lee tirait la sonnette d'alarme : entre la bataille des droits d'auteurs, l'émergence de plateformes verrouillées, le non-respect des standards, et la remise en cause par les grands opérateurs télécoms de la neutralité du Net (le réseau transmet les informations sans discrimination), le web risque la balkanisation. Pour éviter ce web à deux vitesses, Berners-Lee compte sur nous tous ; car le web n'est finalement que le reflet de ce que nous en faisons, individuellement et collectivement.

A noter que le CERN a mis en place un site web spécial pour fêter cet anniversaire : http://first-website.web.cern.ch/




En matière de numérique, il est toujours hasardeux de prédire l'avenir.  Thomas Watson, le PDG d'IBM, n'avait-il pas assuré en 1943: « Je pense qu'il existe un marché mondial pour environ 5 ordinateurs » ? Pour autant, de grandes tendances se dessinent pour le web de demain.

1. L'internet des objets (IdO). 
Qu'un ordinateur, une tablette ou un smartphone soit connecté au web, rien de plus normal. Mais d'autres objets qui ne sont pas des terminaux de consultation sont également connectés au web, de façon indépendante et autonome. Votre frigo à écran tactile scanne vos courses et passe commande sur internet de ce qu'il vous manque. Votre machine à laver en panne vous alerte ainsi que le réparateur ; une balance connectée suit au fil des jours votre poids ; un bracelet analyse votre biorythme et vous suggère des exercices physiques. Les possibilités sont infinies dans de nombreux domaines (transport, commerce, santé, énergie, services à la personne, etc.) pour les particuliers, les entreprises, les collectivités. En 2020, on estime qu'il y aura entre 24 et 50 milliards d'objets connectés dans le monde… Seul écueil pour l'instant, l'absence de standard.

2. L'explosion des données.
Une autre tendance, qui découle en partie de l'internet des objets, est la multiplication des données que nous produisons. L'on parle alors de « big data » (grosses données) tellement les volumes générés sont importants et constituent un défi pour le secteur informatique. Certaines collectivités qui émettent de telles données décident de les rendre publiques : on parle alors d'« open data » (donnés ouvertes). N'importe qui peut s'en saisir pour les utiliser. Par exemple à Toulouse, les données du réseau de bus sont ouvertes et ont permis à certains d'imaginer des applications à installer sur son smartphone pour suivre toutes les caractéristiques de sa ligne de bus préférée.
Enfin, la multiplication des données se retrouve aussi chez les particuliers (photos, vidéos, musique, etc.) qui s'installent sur des disques durs à la capacité de plus en plus importante ou sur des serveurs distants (c'est le « cloud computing », l'informatique dans les nuages).

3. Internet sur soi.
Enfin, une autre tendance très marquée dans les années à venir sera les objets connectés à internet que l'on porte sur soi («wearable computing»). Un capteur dans ses chaussures pour mesurer sa performance au footing, ou encore les lunettes de Google qui projettent sur un prisme, devant le regard, une multitude d'informations.




Le 3 mai est le jour choisi pour célébrer les libertés de la presse durement gagnées, mais aussi pour constater combien ces victoires restent fragiles.
Ci-dessous l'éditorial de la WAN-IFRA,  l’Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information, qui  représente plus de 18 000 publications, 15 000 sites Web et plus de 3 000 sociétés dans plus de 120 pays.


Le principe d’une presse libre

Nous voulons une presse libre ! Un refrain familier, un de ces refrains repris d’une voix de plus en plus forte chaque année et qui ne perd jamais de son actualité. Mais pourquoi la liberté de la presse est-elle sujette à discussion ? Ne parvenons-nous pas à faire passer le message ?

La réponse toute simple est que la presse représente le pouvoir et là où il y a pouvoir, il y a aussi ceux qui cherchent à le contrôler ou à l’influencer. Une presse libre est sauvage de nature ; elle est capable de parler sans retenue à l’opinion publique ; elle a toujours été un support essentiel de la liberté d’expression.

Et c’est pour cela qu’elle a toujours été prise pour cible.

Nous acceptons de plus en plus notre citoyenneté numérique, mais les tyrans qui s’opposent à la liberté d’expression apprennent rapidement à devenir des oppresseurs numériques. Les cibles sont de plus en plus nombreuses ; les attaques de plus en plus complexes et diverses. Nous devons faire preuve d’une sensibilisation et d’une vigilance accrues.

L’impunité pour les meurtriers de journalistes s’applique maintenant aussi à ceux qui assassinent les blogueurs. La censure ne fait pas de différence entre les plates-formes rédactionnelles. Les prisons sont construites pour ceux qui offensent, quel que soit le support média.

Il est impossible d’empêcher ceux qui étouffent la liberté d’expression de saper nos libertés fondamentales. Et ils ne s’en privent pas, comme l’indiquent les divers classements mondiaux de la liberté de la presse. Ils le font souvent et sans crainte des conséquences.

Notre droit à l’information – chercher, recevoir et répandre les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit – est peut-être inscrit dans les droits de l’homme et les lois internationales, mais les médias doivent se battre tous les jours et faire office de rempart contre les abus vis-à-vis de la liberté d’expression. En tant que contrôle du pouvoir en place, une presse libre sert de fenêtre de la société au travers de laquelle les abus, les digressions, les mensonges et les intérêts de ceux au pouvoir sont révélés au public.

Selon les gouvernements corrompus, les criminels et les fondamentalistes de tout genre, il serait préférable de définitivement murer cette fenêtre.

Prenez l’exemple du Mexique, où les journalistes font face à un climat de violence, souvent meurtrier. Les répercussions d’un tel environnement sont dévastatrices. « Cela engendre la peur et il est préférable de se taire plutôt que de s’exprimer sur des événements qui pourraient constituer une menace », indique la journaliste et écrivaine Anabel Hernández. « Cela mène à l’autocensure qui a un impact sur la liberté d’expression, qui à son tour influe sur la qualité et la profondeur des informations données à la société. Si la société ne connaît pas la réalité qui l’entoure, qui peut alors prendre des décisions ? »

Où que vous viviez, quoi que vous fassiez, réfléchissez une seconde à votre environnement et de quoi il aurait l’air si les médias n’étaient pas présents pour poser des questions.

Qui prend les décisions en votre nom et quel est le degré de transparence du processus ?

C’est en fin de compte la raison pour laquelle nous défendons les journalistes et la liberté de la presse dans le monde entier.

Avec Internet, l’enjeu est poussé à son maximum. Les règles du contrôle assuré par les médias traditionnels depuis si longtemps comme contrepoids du pouvoir évoluent rapidement pour adhérer à des paramètres non définis par les médias.

Internet invite les censeurs jusque dans nos foyers, souvent involontairement, et la liberté d’expression devient un souci quotidien pour tous ceux qui sont membres de réseaux sociaux, communiquent par mail et possèdent un smartphone ou une tablette.

Tout au moins devraient-ils s’en soucier. Paradoxalement, la grande révolution numérique qui nous a projetés à une époque de connexion mondiale est également la source d’un autre mécanisme de contrôle, une occasion de restreindre la liberté d’expression. Les médias d’information en ligne, avertis par les expériences vécues par la presse écrite, sont peut-être prêts pour combattre ce problème, mais nous, en tant qu’individus, le sommes-nous ?

En ligne ou hors ligne, les nouveaux défis à relever ou les menaces familières ne sont pas moins choquants. Chaque année a son lot de journalistes morts, de professionnels des médias emprisonnés, de publications menacées, intimidées obligées de mettre la clef sous la porte car financièrement étranglées.

Cette journée du 3 mai est principalement l’occasion solennelle d’avoir une pensée pour les collègues harcelés en raison de leur travail, notamment pour ceux qui ont été tués dans l’exercice de leur profession.

Leur ‘profession’ n’a pas seulement consisté à nous ramener les informations. Leur travail – de par sa nature risqué, parfois dangereux, toujours direct et franc – allait au-delà des titres et de leurs articles qui devenaient en soi des notices nécrologiques involontaires. Leur travail repose sur une croyance en un principe sur lequel est basée la démocratie et qui est palpable dans chaque article, chaque photo ou chaque émission.

Et c’est à ce principe que nous adhérons fièrement. C’est sur ce principe que repose notre industrie et au nom duquel le journalisme se développe.

Message vidéo d'Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO

Plus d’informations sur le site de l'Unesco consacrée à la Journée mondiale