Les constructeurs de téléviseurs font progressivement basculer leur gamme dans la TV connectée c'est-à-dire des télés qui sont connectées à internet et qui, à la manière des tablettes et smartphones, proposent des applications pour consulter la météo, voir un film en vidéo à la demande (VOD), mettre à jour son profil Facebook voire surfer sur internet.

Malgré ces promesses, les TV connectées ont du mal à décoller puisque selon une enquête Analysys Mason réalisée dans  5 pays d’Europe (France, Allemagne, Pologne, Espagne, et Royaume-Uni) et aux Etats-Unis, plus de 50% des possesseurs de Smart TV ne l’ont pas connectée à internet !

Pour autant le parc de Smart TV ne va pas cesser de croître. 60 millions de TV connectées ont été vendues en 2012 dans le monde, et 50% des TV vendues seront des Smart TV à partir de 2015. En 2017,  31% des foyers de la planète en seront équipés.

Dès lors l'émergence de ce marché de masse s'accompagne bien souvent de questions de sécurité. "Avec l'augmentation du taux d'équipement, les familles doivent faire face aux mêmes menaces que les PC : phishing, vol de données, détournement d'informations... et suivre les mêmes règles pour bénéficier d'une navigation sécurisée sur leur Smart TV", explique l'éditeur d'antivirus Trend Micro.

Et l'éditeur de rappeler les principales règles de sécurité :
-    utiliser des mots de passe forts pour les comptes de streaming vidéo ou musique
-    créer des identifiants différents  pour chaque compte
-    connecter la smart tv à un réseau sécurisé
-    mettre en place un contrôle parental (restriction d'accès, logiciels de filtrage...)



Le 3e baromètre de la confiance des Français dans le numérique, édité la semaine dernière par la CDC (Caisse des dépôts et consignations) et l’ACSEL (l’association de l’économie numérique) a mis en évidence  la sensibilité forte des Français aux données personnelles.
La conservation des données personnelles constitue l’un des sujets les plus sensibles : 92% jugent important qu’elle soit limitée dans le temps. La géolocalisation est également un sujet majeur de préoccupation des Français : 75% disent la refuser ;
L’utilisation abusive des données est citée en moyenne par plus de 40% des Français comme un risque perçu dans les domaines de l’e-administration, la banque en ligne et l’e-commerce.  52% des utilisateurs de réseaux sociaux manifestent quant à eux des craintes sur l’accès éventuel de tiers à leurs données.

Un data center de Google.


L'affaire du scandale des écoutes américaines avec le programme PRISM et britanniques avec l'opération Tempora d'un côté ; les fuites accidentelles de millions de données chez Facebook, ou la mise demeure de Google sur sa politique de gestion des données personnelles par les 27 CNIL de l'Union européenne : autant dire que les questions de la protection des données personnelles sur internet n'ont peut-être jamais été autant au coeur de l'actualité.

C'est dans ce contexte que se déroule devant la Cour de justice de l'Union Européenne un procès opposant l'État espagnol à Google autour de l'interprétation de la Directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil du 24 octobre 1995 relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données.

"Google n'est pas au-dessus des lois"

Plus exactement, la Audiencia Nacional au nom de l'autorité espagnole de protection de données a demandé le 9 mars 2012 une décision préjudicielle dans son conflit avec Google Espagne. Un internaute espagnol peut-il s'adresser à Google pour faire supprimer des pages qui apparaissent sur le moteur de recherche et qui comportent des données nominatives le concernant ?

On serait tenté de répondre oui mai il en va autrement. Dans ses conclusions rendues publiques ce mardi 25 juin, l’avocat général de la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE), Niilo Jääskinen, a estimé que "les fournisseurs de services de moteur de recherche sur Internet ne sont pas responsables, en vertu de la directive sur la protection des données à caractère personnel, des données personnelles apparaissant sur les pages web qu’ils traitent." Avec un tel argumentaire, le "droit à l'oubli" ne peut donc exister.

La position de l'avocat général a fait vivement réagir l'eurodéputée Françoise Castex. Pour la Vice-présidente de la Commission des Affaires juridiques du Parlement européen "cette affaire révèle l'obsolescence de la législation européenne qui date de 1995. La Cour vient nous rappeler ici combien il est devenu urgent pour l'Union européenne de se doter d'une législation uniforme avec un champ d'application transnational qui sécurise juridiquement les entreprises et protège efficacement ses citoyens à l'ère d'internet".

L'eurodéputée gersoise plaide pour la mise en place d'un nouveau règlement européen. "Actuellement en discussion au Parlement européen et au Conseil, il prévoit un renforcement des droits des citoyens avec le droit à l'oubli et le droit à la portabilité des données personnelles. Cependant, son adoption ne cesse d'être reportée !", déplore la parlementaire, qui demande au Parlement européen d'arbitrer le match Google-Espagne. "Google n'est pas au-dessus des lois, mais encore faut-il que l'Europe se dote d'une législation adaptée à l'ère numérique"


A l'heure des tablettes, des smartphones et de la connexion permanente à internet, on en oublierait presque que pour certains, accéder à internet est plus compliqué. Soit parce qu'ils n'ont pas d'accès au Net chez eux, soit parce qu'ils ne sont pas familiers des terminaux. C'est à ces publics que se destinent les Cyberbases, ces points d'accès publics initiés par la Région Midi-Pyrénées en 2002, mais qui sont bien plus que de simples hot spots : de véritables lieux d'échanges intergénérationnels.

Créé par la région et la Caisse des Dépôts, le réseau Cyberbase, qui compte 52 points d'accès public à internet, accompagne, en effet,jeunes et aînés, via des ateliers, dans leur découverte des outils numériques ou dans leurs démarches administratives en ligne. 132 animateurs sont au service de plus de 52000 inscrits (depuis 2011) dans les huit départements de la région, qui y a consacré un budget de près d'1 M€ d'investissement et  près de 200000 € de fonctionnement par an, au travers du réseau ASTER.

Le succès est au rendez-vous avec un public sans cesse en augmentation. Et pour célébrer cette réussite, la région organise ce mardi les « Rencontres 2013 » du réseau Cyber-bases Midi-Pyrénées, organisées en partenariat avec la Caisse des Dépôts. Celles-ci seront ouvertes à 14 heures par Viviane Artigalas, vice-présidente de la Région en charge des Technologies de l'Informations et de la Communication (TIC). La remise des trophées Cyber-bases Midi-Pyrénées viendra clôturer cette manifestation.
La liste des Cyber-bases Midi-Pyrénées est consultable ici






A l'occasion du premier vol d'essai de l'Airbus A350XWB, ce vendredi 14 juin, la rédaction de La Dépêche du Midi vous propose une édition spéciale iPad "A350, naissance d'un avion."

Photos, vidéos, infographies vous permettront de découvrir la genèse de ce nouveau fleuron de l'aéronautique. Pour lire cette édition, téléchargez gratuitement l'application La Dépêche sur l'AppStore.

Des débits impressionnants proches de 100 Mb/s


Après Bouygues Télécom le 6 mai dernier et avant Orange cet été, SFR, 2e opérateur mobile en France, a lancé ce midi à Toulouse la 4G. En présence d'élus et de clients professionnels, Pierre Barnabé, directeur exécutif business team de SFR, a officiellement donné le top départ de ce nouveau réseau mobile haut débit depuis l'espace SFR Esquirol au centre de Toulouse.

Au 13 juin, Toulouse, Colomiers et Tournefeuille sont couvertes en 4G soit 80% de la population toulousaine. La totalité de l'agglomération Toulouse Métropole sera couverte d'ici fin 2013.

Dans le Grand Sud, Tarbes et Pau mais également Agen bénéficieront elles aussi de la 4G d'ici la fin de 2013.

D'ici la fin de l'année, SFR proposera la 4G et le Dual Carrier (une norme intermédiaire entre la 3G et la 4G) soit une couverture nationale de 70% de la populaton dont la moitié en 4G.

Pour expliquer les avantages de ce haut débit mobile, SFR va faire circuler un bus jusqu'au 23 juin permettant aux Toulousains de comparer le confort d'utilisation de la 4G avec la 3G en terme de téléchargement, rapidité de navigation sur internet, vidéo HD, visioconférence, etc.

Les révélations sur le programme secret PRISM de l'Agence nationale de sécurité (NSA) américaine - qui surveille et stocke, avec la coopération de grandes firmes d'internet, les communications téléphoniques et les échanges en ligne passées par des non-Américains - n'en finissent pas de rebondir. Ce lundi, The Guardian a ainsi recueilli les premières déclarations d'Edward Snowden, un jeune homme âgé de 29 ans, ancien employé de la NSA et source des fuites.

Le scandale a également pris une tournure politique en Europe avec l'intervention de l'eurodéputée PS Françoise Castex, qui a interpellé la Commission européenne sur ces pratiques qui pourraient concerner des citoyens européens.

L'eurodéputée, spécialiste des questions numériques, appelle Bruxelles à agir "afin de protéger la vie privée des ressortissants de l’Union européenne en particulier sur le cloud face la toute-puissance du Foreign Intelligence Surveillance Amendment Act (FISAA). "

Lobbying insupportable

"Ce scandale éclate alors que la législation européenne sur la protection des données personnelles en cours de révision fait l’objet d’un lobbying insupportable des  géants américains du Net, et ce, avec le concours du gouvernement américain!”, rappelle l’élue du Gers sur son blog.

Enfin, elle demande "un règlement strict sur les données personnelles, qui donne l’avantage concurrentiel aux entreprises européennes" et "appelle ses collègues parlementaires, et en particulier la droite européenne, à ne pas céder aux sirènes des lobbyistes américains qui tentent de détricoter chaque jour un peu plus la proposition ambitieuse de la Commission européenne."

Mme Castex a récemment interpellé les autorités européennesur un aurte sujet touchant aux données personnelles numériques, celui de l'IP-Tracking pratiqué par certains sites web, notamment de voyagistes.
Surveillance pipeline par un drone de Delair Tech


Entre l’usage intensif et controversé qu’en font les États-Unis ; les ratés de la mise en œuvre d’une filière française ; et le scandale outre-Rhin où l’Allemagne a acheté cinq exemplaires qui ne peuvent pas prendre les airs en raison des restrictions européennes, les drones sont au cœur de l’actualité. Mais des drones militaires dont l’usage est aux antipodes des drones civils auxquels la 17e Mêlée numérique, qui se tenait hier à Toulouse, consacrait une conférence « Des robots, des drones et des hommes. »
François Baffou, directeur de la technopole bordelaise Technowest, le reconnaît d’ailleurs bien volontiers. « Le drone a une image négative car on ne parle que des drones militaires. On voit le drone comme un engin de terreur. L’image pacifiste est absente », se désolait hier le spécialiste, convaincu que les drones civils peuvent trouver un accueil favorable dans le grand public.

Multiples applications

Car ces petits avions sans pilote à bord et d’un poids inférieur à 250 kg, peuvent intervenir dans une multitude de domaines, et particulièrement l’environnement et la sécurité.
Par exemple en Aquitaine, le Service départemental d’incendie et de secours des Landes utilise des drones pour détecter des incendies de forêt. ERDF utilise également des drones pour contrôler ses lignes à haute tension. Idem pour la SNCF qui peut superviser ses voies. Lors d’événements festifs rassemblant d’immenses foules, police et gendarmerie peuvent faire appel à des drones. Cinéma et télévision utilisent aussi des drones pour obtenir de spectaculaires images, qu’on a pu voir dans Des racines et des ailes, ou le Village préféré des Français.
« Une heure d’hélicoptère revient à 1 000 €. Les drones sont donc une alternative intéressante pour de nombreuses missions et notamment celles que l’on ne faisait plus car trop onéreuses », précise François Baffou, qui observe un décollage du marché civil, notamment grâce à une nouvelle réglementation.
« Avant avril 2012, on était coincé entre les drones militaires et les jouets d’aéromodélisme, alors que le drone est un vrai robot. Maintenant, il a une réelle existence juridique pour les vols à vue comme pour les vols hors vue » se réjouit Benjamin Benharrosh, directeur général de la start-up Delair-Tech, qui s’est vue décerner mercredi le prix spécial Christine Empociello des Trophées de l’économie numérique.

Au premier jour de la 17e Mêlée numérique, rendez-vous incontournable du secteur des technologies de l'information et de la communication qui se déroule jusqu'à demain au centre des congrès Diagora de Labège, les 11es trophées de l'économie numérique ont été décernées à des entreprises innovantes.

Le trophée "Territoire numérique et citoyenneté" a été remis à Graphites pour son projet destiné au jeunes "Écrire l'Europe".

Le trophee "Developpement durable" a été décerné à Openairline pour son logiciel d'optimisation de vol qui permet aux compagnies aériennes de faire de significatives économies de carburant.



Le trophée "Performances systèmes d'information" a été remis à la clinique Pasteur. L'établissement privé, l'un des plus importants de Midi-Pyrénées a concçu un logiciel de brancardage moderne qui évite toute erreur d'd'identité.


Le très attendu trophée de l'"Innovation" a été décerné à Ubleam, une jeune start-up qui a inventé un nouveau tag mobile.



Enfin, le trophée "E-business" a été remis à PCB, créateur de communautés.


A côté de ces 5 prix ont été remis des prix spéciaux.

Le coup de coeur du Sicoval, coorganisateur de la Mêlée numérique, a été remis à Payname, une start-up qui a imaginé un système de paiement innovant pour les particuliers.

Le prix spécial Christine Empociello parrainné par la CCI de Midi-Pyrénées a été remis à Delair-Tech. Cette jeune société conçoit des mini-drones et sera d'ailleurs présente au prochai, salon du Bourget.



Enfin, le Grand prix de l'économie numérique de Toulouse métropole, a été décerné à Airbus pour son logiciel de diagnostic de panne des appareils en temps réel.

La Mêlée numérique se poursuit aujourd'hui avec encore beaucoup de conférences, d'ateliers, de démonstrations sur les innovation numériques d'aujourd'hui et de demain.


Vous souhaitez acheter un voyage sur internet et vous vous rendez sur un site web pour consulter différentes offres. Vous prenez le temps de la réflexion, revenez plus tard sur le site et… surprise, découvrez que les prix ont sensiblement augmenté. Un de vos amis se connecte sur le même site et lui retrouve des prix plus bas. Derrière cette situation qu’ont vécue de nombreux internautes se cache la pratique de l’IP-tracking, le traçage de votre adresse internet qui a permis au cybercommerçant de vous reconnaître et d’augmenter ses tarifs pour vous inciter à acheter plus rapidement.

Enquête de la CNIL

Cette pratique de profilage de navigation des internautes qui repose sur la collecte de l’adresse IP sans qu’ils en soient informés a alerté l’eurodéputée Françoise Castex qui vient de demander à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) d’enquêter sur le sujet. « L’IP-tracking doit également être appréhendée sur le fondement des pratiques commerciales déloyales », estime la CNIL, qui « travaille en collaboration étroite avec la DGCCRF afin de déterminer […] de l’opportunité de réaliser des actions conjointes auprès des principaux opérateurs concernés. » Interrogée par La Dépêche, Françoise Castex estime qu’il est urgent d’agir alors qu’un règlement européen sur la protection des données personnelles est actuellement en débat au Parlement européen.



Interview : "Il y a urgence à légiférer"

Comment vous êtes-vous intéressée à l'IP-tracking ?

J'ai une attention particulière à ces questions parce que je travaille actuellement au Parlement européen sur la directive relative à la protection des données personnelles. C'est une directive qui date de 1995 qui est en cours de révision parce que, évidemment, avec internet, la problématique des données personnelles a été modifiée. Donc j'ai eu vent de cette pratique et en janvier j'ai posé une question écrite à la Commission européenne pour savoir ce qu'elle en pensait et pour qu'elle me confirme que l'adresse IP était ou pas une donnée personnelle.

Elle m'a répondu en mars pour me dire que l'adresse IP constituait une donnée personnelle donc à ce titre qu'elle était protégée, et que sur l'usage qui en était fait à des fins commerciales, il fallait interroger les autorités nationales de contrôle de données personnelles sur internet. J'ai donc saisi la CNIL qui a répondu en me disant qu'elle allait lancer une enquête. Elle n'a pas encore commencé.

En quoi est-ce illégal ?

Cette pratique, si elle est avérée, aurait enfreint deux choses. D'une part l'usage des données personnelles et à ce titre, c'est illégal puisqu'on ne peut pas les utiliser sans votre consentement. Et d'autre part, elle mettrait au jour des pratiques commerciales sur internet qui sont déloyales sinon illégales, puisqu'elles gèrent la rareté et des fausses promotion en fonction de l'intérêt que manifeste l'internaute à un produit sans qu'il y ait son consentement et sans que ce soit du yield management (pratiqué par la SNCF par  exemple qui augmente ses prix en période d'affluence ou en faisant des promotions qui doivent être clairement identifiées comme telle avec une date limite ou un nombre limité de place.)

Ce que je constate depuis que je travaille sur ce dossier, c'est que l'IP-tracking est une pratique parmi d'autres de profilage des internautes soit à des fins marketing, soit à des fins de pratiques commerciales  déloyales. Il y a les cookies, la géolocalisation, etc. Il y a tout un arsenal de profilage de l’internaute. On trace vos connexions internet pour connaître vos habitudes, votre pouvoir d'achat, etc. Et en fonction de cela, soit on vous cible pour de la publicité  mais on modifie aussi les prix en fonction de ce profil établi.

Si c'est avéré, quels sont les moyens d'action au niveau européen ?

L'Europe est en train de réviser cette directive sur la protection des données personnelles et le débat qui oppose la  droite et la gauche est : quelle est la tolérance que l'on admet sur l'intérêt légitime à collecter des données personnelles et à la traiter à des fins commerciales ? Où va-t-on mettre le curseur pour dire que c'est interdit ou qu'il y a une autorisation de profilage ?

Certaines de ses sociétés sont extra-européennes, comment agir sur elles ?

Sur la protection du consommateur et des données personnelles en Europe, c'est toujours le droit qui s'applique en Europe, c'est d'ailleurs pourquoi la chambre de commerce et d'industrie américaine en Europe est extrêmement attentive aux débats qui ont cours actuellement au Parlement européen. Ils ont fait déposer des amendements par certains députés pour garantir une liberté d'utilisation de ces données.

Il y a une étude américaine qui a été publiée par le Financial Times qui évalue à l'heure actuelle à 315 milliards d'euros la valeur des données personnelles des européens. En 2020, cette valeur atteindrait 1000 milliards d'euros. L'intérêt économique et commercial est immense. Nos données personnelles, c'est l'âge, le sexe, les amis que l'on fréquente sur Facebook, les sites d'information, de consommation auxquels on accède le plus souvent. Tout cela permet d'établir un profil.

On sait qu'aux Etats-Unis, cela va très très loin puisqu'il y a un marché des profils. Et cela influence les  polices d'assurance qu'on vous propose, les assurances-vie pour lesquelles il y a même un marché. On peut savoir si vous êtes malade, si vous avez des enfants, etc.

L'IP-traking est peut-être la face émergée d'un iceberg sur le marché des données personnelles. Et de mon point de vue, il faut que l'on ait une vigilance maximale là-dessus. IL y a un seul critère qui doit être mis en oeuvre : le consentement de la personne. Il faut que par défaut la protection maximale soit assurée sur internet. Et si vous acceptez de recevoir des offres partenaires, vous aurez à décocher une case.

Il y a des tensions entre la droite et la gauche au Parlement. Ne peut-il y avoir consensus ?

Pour le moment, il apparaît qu'il y a des positions assez tranchées et que dans la commission des affaires juridique, le vote a eue lieu . Dans la commission des affaires de libertés civiques, le vote a encore été reporté, parce qu'il y a eu des centaines et centaines d'amendements et les rapporteurs n'arrivent pas encore à trouver une rédaction de compromis. C'est un dossier extrêmement sensible. Il y a urgence à réagir, urgence à alerter les consommateurs pour qu'ils soient vigilants et il y a urgence à légiférer.
C'est un procès historique qui s'ouvre ce lundi aux États-Unis. Un procès qui fera date et que certains ont déjà qualifié de «procès du siècle» tant il touche de domaines à la fois : politique, diplomatique, social, militaire. Ce procès, c'est celui de Bradley Manning, un soldat accusé d'avoir divulgué des centaines de documents secrets américains qui, publiés sur le site internet WikiLeaks au nom de la transparence et du droit de savoir, ont bouleversé la diplomatie mondiale et montré par la même occasion combien internet est aujourd'hui devenu un sixième continent, numérique, où vont se faire et se défaire les économies, les trafics en tout genre et les guerres du XXIe siècle.

Vingt-deux charges d'accusation

Il y a toutefois fort à parier que le procès du soldat Manning, qui doit durer trois mois sur la base militaire de Fort Meade, dans le Maryland, à quelques miles de la capitale Washington DC, n'aborde pas tous ces thèmes mais se concentre sur les agissements du jeune soldat de 25 ans, féru d'informatique et qui est devenu la plus célèbre des taupes. Un traître ou un héros selon les points de vue.

Arrêté il y a trois ans, Bradley Manning encourt la réclusion criminelle à perpétuité devant le tribunal militaire présidé par la juge Denise Lind, qui aura à examiner rien moins que 22 charges. Il est accusé de «collusion avec l'ennemi» - en l'occurrence Al Qaïda - pour avoir livré au site internet WikiLeaks des milliers de documents militaires américains sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan, mais aussi quelque 250 000 câbles diplomatiques du Département d'État que dirigeait alors Hillary Clinton.

Dans les deux cas ont été mises au jour les pratiques peu reluisantes des États-Unis et de certains de ses alliés. La publication des documents militaires (les War Logs) a ainsi porté à la connaissance du grand public les bavures de l'armée américaine.

Le 5 avril 2010, WikiLeaks publie une vidéo de l'armée américaine, transmise par Manning, montrant deux photographes de Reuters et des civils, tués par un hélicoptère Apache, lors d'un raid aérien à Bagdad, le 12 juillet 2007. Cette première publication donne le départ d'une série de révélations très embarrassantes pour les États-Unis. S'associant très intelligemment à de grands journaux dans le monde (The Guardian, The New York Times, Der Spiegel) à qui il fournit ses documents pour commentaires et analyses, WikiLeaks permet ainsi de démontrer le double jeu du Pakistan, révéler que la guerre en Irak a fait environ 110 000 morts dont 66 000 civils, et attester que plusieurs milliers d'Irakiens ont été livrés par des soldats américains à des centres de détention pratiquant la torture…

Sarkozy «susceptible et autoritaire», Berlusconi «incapable»

Le 25 juillet 2012, WikiLeaks lance une nouvelle offensive avec l'opération «Cablegate» qui dévoile quelque 250 000 télégrammes échangés entre les diplomates américains. Ces documents, relayés là aussi par des journaux dans le monde entier, lèvent le voile sur l'appréciation réelle qu'ont les États-Unis de différents pays, leur leader comme leur politique ou leur économie. Nicolas Sarkozy, qualifié de «président le plus pro américain depuis la Seconde Guerre mondiale» y est ainsi dépeint comme «très susceptible et autoritaire», et «brillant tacticien». Berlusconi comme «incapable» et «inefficace», «ayant un goût prononcé pour la fête»… Mais ce coup de projecteur sur la diplomatie mondiale, dont la pratique du secret et du double langage est consubstantielle à son fonctionnement, s'attire les foudres de très nombreux gouvernements.

Dès lors, pas étonnant que le procès de Manning, pour éviter d'autres révélations, se tienne alors à huis clos et que la juge Lind ait annoncé qu'elle interdirait aux plaidoiries d'aller vers un débat général sur la politique étrangère américaine. Un débat qui se tiendra de toutes façons hors du prétoire où des manifestations de soutien au prévenu sont prévues. Car ce procès d'un seul homme est assurément aussi celui de la transparence et des secrets d'États en démocratie.

Julian Assange, le reclus de Londres
Le fondateur et rédacteur en chef du site WikiLeaks est toujours reclus à Londres, accueilli à l'ambassade d'Équateur. Il s'était réfugié le 19 juin 2012 dans cette représentation diplomatique afin d'échapper à une extradition vers la Suède pour une affaire de viol, dans laquelle il clame son innocence. La justice suédoise, qui a émis un mandat d'arrêt, espère bien que Londres va l'appliquer. Le cybermilitant, qui avait tenu une rocambolesque conférence de presse depuis le balcon de l'ambassade, craint, si cela se réalisait, d'être à terme transféré vers les États-Unis, où il pourrait encourir la peine de mort ou la prison à vie pour la publication des documents secrets.
Si Julian Assange est comme privé de sa liberté de déplacement, sa liberté de parole reste, elle, intacte. L'Australien, aujourd'hui âgé de 41 ans et qui fit la couverture du magazine Time, entend bien continuer son combat, à la fois dans la publication de nouveaux documents confidentiels, et dans la défense des libertés individuelles. Car pour lui les deux sont liés, comme il l'explique dans «Menaces sur nos libertés. Comment internet nous espionne. Comment résister» dont le credo final est «vie privée pour les faibles, transparence pour les puissants.»
Mi-mai, à quelques jours du procès de Manning, Assange assurait que WikiLeaks est «plus fort aujourd'hui qu'il y a deux ans»

Quand WikiLeaks fait des petits dans le monde
La divulgation de documents secrets au nom du droit de savoir et de la transparence démocratique a fait la puissance de WikiLeaks, qui s'est fait connaître avec la publication de documents militaires et diplomatiques confidentiels. Le site de Julian Assange a d'ailleurs dévoilé depuis bien d'autres documents gênants sur les accidents nucléaires de Fukushima, sur les conditions de vie des détenus du camp de Guantanamo ou sur la Syrie. Dernièrement le site a annoncé la publication des «Kissinger Cables», soit un ensemble de 1,3 million de câbles diplomatiques dont 320 000 documents classés secrets.
Mais la force de WikiLeaks est que le site a fait école et des «petits» WikiLeaks sont apparus partout dans le monde.
Parmi ceux-ci, OpenLeaks, né d'une dissidence de WikiLeaks mais qui n'a encore rien publié. La chaîne d'informations continue arabe Al Jazeera a lancé en janvier 2011 Al Jazeera Transparency Unit (AJTU) qui a sorti des documents sur la Jordanie ou la mort de Yasser Arafat. Et au Québec, QuébecLeaks lancé en mars 2011.
Décrypter et analyser des documents confidentiels a aussi donné des idées aux médias qui ouvrent eux aussi des plateformes similaires. Le Wall Street Journal a lancé, le 6 mai 2011 une section Safe House (coffre-fort) ; le New York Times veut pour sa part fédérer des lanceurs d'alerte parmi ses lecteurs. En France, le site Mediapart d'Edwy Plénel, a lancé le 10 mars 2011 un FrenchLeaks. Le Monde et d'autres journaux ont publié il y a deux mois des documents relatifs aux paradis fiscaux fournis par le consortium d'investigation américain ICIJ pour une «Opération Offshore Leaks
Enfin, il y a eu le VatiLeaks. Même si l'appellation a été un peu détournée des initiatives de type WikiLeaks, il s'agit de la publication dans la presse italienne de documents confidentiels sur les luttes d'influence au sein de la Curie romaine. Des documents transmis par le majordome de Benoît XVI, Paolo Gabriele.

Vos données personnelles sont-elles à l'abri ?
De prime abord rien de commun entre des secrets d'États et des documents militaires qui fuitent et nos données personnelles, photos de familles ou commentaires sur les réseaux sociaux. Et pourtant… Dans son livre «Menace sur nos libertés. Comment Internet nous espionne. Comment résister», Julian Assange démontre que toute notre activité électronique, des SMS aux recherches sur Google, est scrutée par «des systèmes de surveillance globaux» à la fois pour mieux contrôler ce qui circule sur Internet, quitte à censurer tel ou tel contenu sous un vernis juridique, et pour «tirer profit du nouvel or noir du XXIe siècle : les données personnelles»
Vie privée et droit à l'oubli. Pour Assange, le respect de la vie privée, donc des données, qui doit aller de pair avec la transparence des États, est capital. Un constat partagé d'ailleurs par les participants du récent colloque international sur l'e-réputation et les traces numériques qui s'est tenu à Toulouse. «L'e-réputation, c'est un enjeu de société. Les traces numériques qu'on laisse par notre pratique du web permettent de vous identifier. On a dépassé «1984» de George Orwell», confiait à La Dépêche Christophe Alcantara, enseignant-chercheur en Sciences de l'information et communication au sein de l'IDETCOM de l'Université Toulouse I Capitole. Quelle solution pour nos données ? «La cryptographie» proclame Assange dans son livre. Mais aussi, tout simplement, comme le dit Alcantara «savoir que tout ce que l'on va dire sur internet pourra être exploité... en bien comme en mal.»