Tribune libre. Maison et objets connectés : une véritable French touch



Alexandre Chaverot est président d'Avidsen et de Smart Home International

Réjouissons nous que la France soit précurseur dans le domaine de la maison et des objets connectés. Oui, il existe un vrai savoir faire, une véritable « patte » française.

Il n'y a qu'à voir le nombre de start-up qui existent et évoluent dans ce domaine là : Sigfox pour la partie protocole de communication, Netatmo sur l'objet connecté autour de la régulation thermique, MyFox sur la sécurité et, évidemment, Avidsen sur l'univers de la maison intelligente. Sans parler des grands groupes comme Legrand, Schneider, Somfy qui travaillent aussi sur ces sujets là et qui nous challengent. A moins que ce ne soit nous, les petites « boîtes » qui les challengions. En tant qu'entreprises françaises, nous n'avons donc pas à rougir par rapport à ce qu'il se passe en Asie ou aux États-Unis en matière de produits et de développement.

Le « faire savoir » devient plus que nécessaire
La différence majeure, à mon sens, par rapport aux autres pays est, en effet, la maturité du marché et celle de l'utilisateur, sa perception de la maison intelligente et sa façon de l'appréhender. Aux USA, le marché et les consommateurs sont plus matures qu'en France. Dans l'hexagone, nous sommes toujours sur un marché en devenir. Les acteurs, les industriels, les produits sont pourtant là. Nous développons des solutions qui sont complexes et nécessitent un vrai savoir faire en matière de radio car tous nos produits sont sans fil. Mais le faire savoir devient plus que nécessaire vis à vis du consommateur aujourd'hui. Faire savoir au grand public qu'il a la possibilité, pour pas cher, d'automatiser et piloter l'intégralité de sa maison aussi bien en matière de confort, de gestion des accès qu'en matière de sécurité et d'économies d'énergie.

Il faut évangéliser les médias également. Encore récemment, j'ai vu un reportage à la TV où l'on présentait la domotique avec des prix exorbitants, autour de 10 000/15 000 euros. Ce n'est pas vrai. Aujourd'hui, vous pouvez vous équiper en domotique à partir de 500 euros et être très bien équipé entre 800 et 1200 euros. Nous sommes donc à des années lumière des prix pratiqués par le passé et qui sont, malheureusement, encore annoncés par méconnaissance. Aujourd'hui, la technologie rend enfin les produits plus simples et plus abordables. Néanmoins, la maison connectée, en France, souffre encore du syndrome de Pierre et le loup, du fait que l'on parle depuis 20-30 ans de la maison intelligente, que l'on dit que l'on va pouvoir tout automatiser et que rien n'est jamais venu.

Par ailleurs, aujourd'hui, il ne faut pas oublier que nous, start-up, entreprises ou grands groupes, proposons des solutions innovantes pour la maison connectée en pleine période de crise. Il y a beaucoup d'attentisme de la part des consommateurs sur un marché qui a pourtant tout à offrir. Des offres qui ne résonnent pas forcément comme une évidence en terme d'achat, même si nos solutions permettent de faire des économies en matière de régulation énergétique. A nous aussi donc d'éduquer le marché, de dire que nos solutions existent et le bénéfice consommateur qu'elles apportent.

Reconnaissons aussi que nous sommes sur une génération d'acheteurs potentiels de 35 ans et plus, qui sont des propriétaires de maison individuelle ou d'appartement et qui n'appréhendent pas l'internet de la même manière que les 15-20 ans d'aujourd'hui. Pour ces derniers, la maison connectée sera une évidence. En revanche, pour les quadras et les quinquas propriétaires de maison, qui restent encore aujourd'hui notre cible, il y a encore une éducation à faire.

Porter le savoir faire français et la voix de la France à l'étranger
Quoi qu'il en soit, pour les entreprises françaises, aujourd'hui, le domaine d'expansion, c'est l'export. Pour Avidsen, nous sommes déjà présents en Europe du Sud et nous souhaitons aller en Europe de l'Est et, bien sûr, aux USA. Les Etats-Unis représentent, en effet, un terrain de jeu sur lequel on a aussi envie de jouer. D'ailleurs, nous travaillons avec un grand opérateur télécom américain pour développer des produits pour son compte. Nous apportons donc la démonstration que la France et ses petites entreprises peuvent aussi aller raconter des histoires intéressantes de l'autre côté de l'Atlantique. Nous serons d'ailleurs présents au prochain CES (Consumer Electronics Show), le grand salon de l'électronique grand public, début janvier à Las Vegas, tout comme une centaine de start-up françaises.

Car ce qui fait la richesse de la France, ce sont évidemment les grands groupes et les entreprises du CAC 40, mais ce sont aussi toutes ces petites PME, comme nous, qui en veulent. Des femmes et des hommes hyper compétents et motivés, qui se battent pour leur entreprise dont le potentiel de croissance est assez considérable et qui veulent porter le savoir faire français et la voix de la France à l'étranger.

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