Depuis plusieurs semaines, le gouvernement multiplie les opérations de communication numérique, mais en présentant, avant-hier, un arsenal d'outils pour lutter contre le jihadisme sur internet et l'embrigadement de jeunes Français par des recruteurs islamistes radicaux, il vient de franchir un cap inédit. C'est, en effet, la première fois que les autorités produisent un clip vidéo d'une telle intensité pour contrer les vidéos des islamistes qui pullulent sur internet, de pages Facebook en forums de discussion.

Le site stop-djihadisme.gouv.fr, nouvelle plateforme pour «comprendre, agir, décrypter et se mobiliser», s'ouvre par un film d'une durée de 1 minute 56 secondes qui vise à démonter les affirmations brandies par les recruteurs.Le clip, interdit aux moins de douze ans, se décompose en quatre séquences : une phrase des jihadistes surtitrée «Ils te disent» sur fond d'images en couleurs ; et la réponse «En réalité» sur fond d'images en noir et blanc.

«Sacrifie-toi à nos côtés, tu défendras une cause juste» appelle la réponse «En réalité, tu découvriras l'enfer sur terre et tu mourras loin de chez toi.» Ou encore «Rejoins-nous et viens aider les enfants syriens» appelle la réponse «En réalité, tu seras complice du massacre de civils.» Mise en ligne mercredi sur la plateforme Daylimotion, la vidéo avait été visionnée plus de 300 000 fois le soir même et plus de 566 000 fois hier vers 19 heures. Fallait-il employer des phrases prononcées ou diffusées par les recruteurs islamistes et ainsi les retourner ? La question se pose bien sûr, et certains experts jugent le procédé contre-productif, comme Samuel Laurent (lire ci-dessous).

Mais en diffusant un tel film, le gouvernement s'investit, d'évidence, pleinement dans ce que l'on appelle le cyberjihad, le jihad sur internet.

Au contraire d'Al Qaïda dans les années 2000 qui diffusait des vidéos de piètre qualité et négligeait l'internet grand public, l'état islamique a massivement investi les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, bâtissant une stratégie de communication – habile et hélas efficace – qui est l'une de ses forces. Une stratégie numérique gérée par sa branche médias Al-Hayat Media Center.

L'État islamique produit de véritables films en haute qualité

Celle-ci a investi dans du matériel vidéo professionnel et il n'y a qu'à voir, ces derniers mois, les terribles images haute définition des otages décapités en combinaison orange pour mesurer la qualité des films et leur mise en scène. Daesh produit de nombreuses vidéos de propagande à la gloire des martyrs, des pseudo-reportages journalistiques et des clips pensés comme des superproductions hollywoodiennes. On a ainsi pu voir «Le choc des épées IV» ou «Flames of War», de véritables moyens-métrages qui utilisent tous les codes des films d'action américains : couleurs saturées, slow motion, banc-titre choc, etc. Des éléments qui, bien évidemment, trouvent une résonance chez les adolescents occidentaux.

Daesh investit les réseaux sociaux

Outre les vidéos, Daesh a fortement investi les réseaux sociaux, comme le montre d'ailleurs le clip du gouvernement dans ses premières images. Sur Facebook, les jeunes qui manifestent un intérêt pour le jihad sont ainsi vite repérés et contactés par des recruteurs, qui vont les guider vers des sites moins simples d'accès. Daesh appelle également à la mobilisation de ses partisans partout dans le monde et a même rédigé un manuel Twitter à l'usage de ses combattants, notamment pour leur expliquer comment désactiver les fonctionnalités qui pourraient les localiser au moment où ils écrivent un post sur Facebook ou un tweet sur Twitter !

Enfin, Daesh diffuse son idéologie sur des publications numériques donc facilement échangeables. Al Qaïda avait son magazine Inspire ; l'État islamique a Dabiq, une revue en anglais de 50 pages. Et contrairement à Al Qaïda la secrète, Daesh n'hésite pas à inviter des journaliste occidentaux «embedded» (embarqués) pour se présenter sous un jour plus ouvert. Le site américain Vice News a ainsi pu filmer l'installation de Daesh en Irak…

Alors bien sûr, face à ce nouveau cyberjihad, les démocraties, attachées à la liberté d'expression sur internet – et pour les États-Unis au sacro-saint premier amendement américain – ont peiné à trouver les bonnes réponses et surtout des réponses coordonnées. L'armée américaine comme la Britannique ont répliqué plusieurs fois aux attaques numériques de Daesh et posté sur les réseaux sociaux des contre-discours au jihad. Mais l'heure est maintenant à la constitution d'une véritable cyber-coalition plus efficace.

Le sommet international sur la lutte contre le terrorisme qui se déroulera le 18 février prochain à Washington comprendra ainsi un important volet sur cette véritable cyberguerre. Qui passe aussi par la guerre des images et de la communication.

Article publié dans La Dépêche du Midi du vendredi 30 janvier.


Imagine-t-on une société qui réaliserait un profit de 8 millions de dollars par heure, chaque jour pendant trois mois ? C'est pourtant bel et bien ce qui vient de se produire avec Apple, qui a annoncé, mardi soir à San Francisco, des résultats historiques pour le dernier trimestre de 2014. La firme à la pomme a, en effet, réalisé un bénéfice trimestriel de 18 milliards de dollars : un record qui dépasse de loin les prévisions des marchés financiers qui variaient entre 64,5 et 67 millions de dollars. Locomotive de cette performance : les iPhone 6 et 6 Plus, smartphones vedettes de la marque, qui étaient très attendus par les observateurs et par les fans de la marque. 74,45 millions d'unités se sont vendues pendant les fêtes.

Un engouement remarquable notamment en Chine, un marché très important pour la société californienne qui a noué un partenariat stratégique avec China mobile. Smartphone n°1 en Chine et n°2 dans le monde, l'iPhone, qui traduit la capacité d'innovation d'Apple, constitue aujourd'hui une véritable cash machine puisqu'il représente plus des deux tiers du chiffre d'affaires de la société (68%).

Cap sur l'Apple Watch

Les ventes d'ordinateurs iMac sont elles aussi en pleine forme avec une hausse de +14 %. Seule ombre au tableau : la baisse de 17,8 % des ventes d'iPad, à replacer dans un contexte général de baisse car les utilisateurs changent moins souvent leur tablette. «A long terme, l'iPad reste un segment important», a toutefois rassuré le PDG Tim Cook. Apple plancherait d'ailleurs sur un iPad Pro avec un grand écran de 12 pouces à même de séduire le monde de l'entreprise.

Mais 2015 reste pour Apple l'année de la Watch, la montre connectée qui va être commercialisée en avril pour 349 €. Un nouveau pari.


Ce n’est un secret pour personne, Microsoft, qui règne toujours en maître sur les PC, est l’entreprise qu’on adore détester. Et depuis le lancement de son système d’exploitation Windows 8, la firme américaine fondée par Bill Gates, accumulait les critiques et les déconvenues. Lancé fin 2012, le successeur de Windows 7 semblait pourtant séduisant : un seul système d’exploitation s’adaptant aux ordinateurs, aux tablettes et aux smartphones ; et faisant la part belle à une interface tactile innovante. Innovante… mais trop en rupture avec les habitudes des utilisateurs, déboussolés, entre autres, par la disparition du célèbre bouton « Démarrer ».

Cette semaine, Microsoft a fait amende honorable. Le nouveau PDG, Satya Nadella, qui est aussi posé que son prédécesseur Steve Ballmer était éruptif, a dévoilé une kyrielle d’annonces pour reconquérir le cœur des utilisateurs. Première d’entre elle, Windows 10, le nouveau système d’exploitation, qui sera disponible… gratuitement pendant un an pour les utilisateurs de Windows 7 et suivant. Une première chez Microsoft qui se met ainsi dans les pas d’Apple. Windows 10 sera livré avec de nombreuses nouveautés comme Cortana, permettant de commander sa machine à la voix, et le futur navigateur internet baptisé Spartan. Cortana répond ainsi au Siri d’Apple et Spartan au navigateur Chrome de Google à l’insolent succès.

Microsoft mise gros sur Windows 10 dans un contexte où, après plusieurs années de baisse, les ventes de PC se stabilisent (315 millions vendus dans le monde en 2014, soit – 0,4 % selon l’Institut Gartner). Windows 10 doit redonner une vraie identité à Microsoft qui reste très rentable : le chiffre d’affaires qui sera annoncé en juillet devrait franchir la barre des 100 milliards de dollars avec un résultat net de 22 milliards.

À côté de ces annonces très importantes pour l’avenir du groupe, Staya Nadella a dévoilé un projet inédit : HoloLens, des lunettes connectées qui permettent d’ajouter en surimpression des hologrammes dans son champ de vision. Cette annonce intervient alors que Google a suspendu les ventes de ses Google Glass. Ces lunettes connectées  n’ont jamais rencontré le succès en raison d’un très fort effet déceptif, souligné en novembre dernier par Reuters et très commenté au même moment à Montpellier lors du Digiworld Summit.

Le projet de Microsoft est toutefois bien différent de celui de Google. Les lunettes du géant du moteur de recherches disposent d’un minuscule prisme fixé à droite d’une monture futuriste sans verres, et doivent obligatoirement être connectées à un smartphone. Le prototype présenté par Microsoft est totalement indépendant d’un ordinateur ou d’un smartphone.

Des hologrammes

Les lunettes-casque embarquent toute l’électronique nécessaire, sont capables de se connecter à internet et obéissent à la voix et aux gestes que l’on effectue devant elles. Le champ de vision est aussi beaucoup plus important : 120 degrés en largeur et hauteur. À travers les lunettes, l’utilisateur voit donc parfaitement son environnement et par-dessus celui-ci, sous forme d’hologrammes apparaissent des informations supplémentaires. Éléments d’architectures virtuels sur un bâtiment existant ; indications délivrées à distance par un professionnel sur un évier à réparer ; vidéo d’une recette pendant que l’on manipule les ingrédients dans sa cuisine ; et même téléportation sur Mars pour se retrouver près du robot Curiosity ! Les possibilités sont très nombreuses tant pour les particuliers que les professionnels.
Le patron de Microsoft, qui n’a pas donné de date de sortie, a estimé que cette technologie pouvait contribuer à ouvrir la porte à un nouveau type d’informatique. En cas de succès, HoloLens entrerait dans l’histoire au même titre que la souris et les interfaces tactiles.





Par Pascal Grémiaux, Président d'Eurécia, entreprise ambassadrice de la French Tech Toulouse 

Les français sont connus pour leur grande propension à râler sur tout et tout le temps.

La crise endurée actuellement par le pays ne fait qu'accentuer ce phénomène, avec ses inéluctables pessimistes et réfractaires. Il semblerait que rien ne trouve jamais grâce aux yeux de personne. Nous avons souvent le sentiment qu'aucune solution, de droite comme de gauche, ne parviendra à redresser le pays. Nous sommes d'ailleurs passés maîtres dans l'art de l'auto-flagellation. Et ce ne sont pas les critiques de nos voisins européens, qui viendront embellir le tout. C'est à se demander si l'herbe est vraiment plus verte ailleurs.

Le french bashing (ou les leçons données à la France) en est une résultante horripilante.
Dans la torpeur chronique et la course à la dernière idée géniale qui relancera le pays dans un élan positif général, certaines initiatives voient le jour et amorcent un sursaut de fierté et de chauvinisme du plus grand nombre.

Pourtant, alors que nombreux sont ceux à ne pas vouloir voir le bout du tunnel et à s'enliser dans un no man's land économique, certains entrepreneurs, à l'instar de Xavier Niel avec l'Ecole 42 ou de Frédéric Chevalier avec "Thecamp", sont à l'origine de projets ambitieux pour créer nos "Tech Champions" du futur.
D'autres, vont trouver un second souffle dans des initiatives qui les poussent dans une dynamique et une énergie communes, fédératrices et galvanisatrices. C'est exactement le cas avec la French Tech.

La Secrétaire d'État chargée du Numérique, Axelle Lemaire, a tout récemment labellisée 9 villes French Tech avec, à la clé, un regain de fierté, d'ambition et de motivation sans limite de tous les acteurs des villes et régions ayant investi de leur temps et de leur énergie.
Nos régions peuvent être la solution contre le French Bashing car ELLES SONT la France et elles sont le futur de notre pays. Axelle Lemaire l'a bien compris en ouvrant la sphère numérique à un autre territoire que l'Ile de France et en se tournant vers ses ressources régionales. Telle une entreprise qui axe sa stratégie sur la croissance interne, il faut que la France laisse ses régions redynamiser son image.

Avec leur corollaire de bonnes énergies, ces labellisations ont avant tout le mérite de mettre en lumière la solidité et l'expertise des villes et leur région. Ces régions mêmes, innovantes et moteurs, qui constituent le socle de notre pays et le portent vers le haut.

A l'instar de la région Midi-Pyrénées, terreau des plus belles innovations, des plus folles ambitions et de quelques-uns de nos intellectuels.
Midi-Pyrénées n'a-t-elle pas piloté le projet Philaé, cette petite sonde interplanétaire, fruit de la coopération de centaines de chercheurs et de laboratoires de recherche européens ? Le prix Nobel d'économie Jean Tirole et le prix Goncourt 2014 Lydie Salvayre ne sont-ils pas Toulousains ?

La French Tech a ce grand mérite de vouloir faire émerger des entreprises innovantes, des pépites dont nous devons être fiers dans chacune de nos régions. Elle fédère et tire chacun vers le haut.

Certes le contexte est morose. Mais deux choix s'imposent à nous : soit nous choisissons de suivre le troupeau des pessimistes, ce qui ne nous fera pas avancer, soit nous choisissons de faire un pied de nez à la sinistrose et nous contribuons ensemble à faire avancer le pays. Notre territoire regorge de personnes et d'entreprises de valeur, qui, ensemble, font croitre l'économie et reconstruisent une confiance en soi récemment oubliée.

Il est temps de stopper cette attitude d'auto flagellation et de complexes.
Lorsqu'une entreprise se porte bien, ses salariés aussi, et toute la ville, toute la région en bénéficient. A nous de mettre en place ce cercle vertueux inestimable en devenant acteurs de notre propre vie économique. Nous avons le choix de voir le verre à moitié vide mais surtout le verre à moitié plein !

Nos régions sont talentueuses, nos entreprises sont belles et ensemble, nous sommes les ambassadeurs de notre pays.

Le French Bashing est mort... Vive la French Tech !!


Aline Saponara est Sales Manager Kodak Alaris, Document Imaging, France

La qualité du contact avec le client, le patient ou l'administré révèle le professionnalisme d'une entreprise et d'une administration. En face à face, l'excellence prime. La numérisation transactionnelle optimise la relation client en accélérant les processus administratifs et numériques au bénéfice du dialogue, de l'écoute et du service.

Qu'entend-on par transaction au sens de la numérisation ?

Aujourd'hui, les entreprises sont servies par un marché mature proposant un riche éventail de solutions de gestion documentaire, d'archivage et de relations client. Mais pour pouvoir en profiter pleinement, il est évidemment nécessaire de disposer de l'ensemble des données sous format numérique.

Or la pratique montre que le papier reste le format le plus échangé, et notamment au stade transactionnel.
Ce que l'on nomme la transaction, au sens de la numérisation, est cette opération par laquelle une relation est établie entre un organisme et son interlocuteur, au travers d'un échange de documents et de données, en face-à-face. Cette définition assez formaliste recouvre finalement des opérations d'une grande banalité, chaque jour rencontrée dans les entreprises, les commerces et les administrations.

De quoi parlons-nous ? L'admission d'un patient en unité de soin, le renouvellement d'un passeport, l'obtention d'un prêt bancaire, l'ouverture d'une ligne de téléphone sont des relations dites transactionnelles qui nécessitent une phase administrative et informatique préalable de constitution de dossier.
Des opérations fort communes sommes toutes, répétitives et nombreuses et qui représentent, pour les deux parties, une phase parfois longue et fastidieuse, au détriment du dialogue entamé.

En quoi le papier détourne-t-il des échanges ?

On estime qu'un dossier client, patient, est constitué en moyenne de 5 à 10 documents dont la majorité se présente, en entrée, sous format papier de taille et de poids hétéroclites (carte d'identité, carte vitale, ordonnances, quittances de loyer, bon de commande, bon d'achat, constat amiable, constat d'huissier...)

Les agents d'accueil, les conseillers commerciaux, désormais dotés de solutions logicielles performantes de gestion documentaire doivent donc numériser des liasses de documents afin de les introduire au référentiel métier qui les concerne. En général, c'est une opération qui doit être réalisée immédiatement, en présence de l'interlocuteur. Etonnamment, autant le processus informatique est assuré au travers d'une automatisation logicielle, autant le processus logistique reste le parent pauvre de la démarche. En pratique, une fois que les agents ont rassemblé l'intégralité des documents papier, souvent aux formats extrêmement variés, ils quittent leur bureau ou leur guichet pour se rendre au scanner mis à la disposition du service et parcourent cette distance plusieurs fois par jour. Le processus peut s'allonger d'autant plus qu'il y a de l'attente au scanner ou que des documents sont oubliés sur la vitre ou à côté.

Entre temps le client, l'usager, s'impatiente, laissé seul avec ses questions et sans ses documents, dont certains peuvent être, en outre, particulièrement confidentiels.  C'est une situation fort dommageable à un moment clé où l'accompagnement de l'interlocuteur est indispensable.

En quoi dialogue et transaction sont-ils indivisibles ?

La situation de face-à-face implique que le client, le patient ou l'usager s'est déplacé pour obtenir un service. Il sera d'autant plus attentif aux marques d'attention et à la qualité de la prestation qui lui sera rendu. C'est un moment crucial qui déterminera le ressenti final, l'organisme privé comme public ayant naturellement pour objectif de faire bonne impression, que ce soit par la qualité de l'écoute et de la prise en charge comme de la délivrance de l'objet ou du service demandé.

C'est donc pendant la transaction que tout se joue et l'on aurait tort de penser que quelques minutes de solitude sont insignifiantes.

Le secteur bancaire en ce sens est caractéristique de cette situation, où la versatilité des décisions du client est (monnaie) courante. C'est un secteur où les craintes et les doutes peuvent se cristalliser en l'absence d'un accompagnement persévérant du conseiller. Il doit pouvoir offrir des solutions, poser de nouvelles questions, offrir d'autres services, sans être interrompu par des modalités logistiques et matérielles parasites.
Si dans le secteur bancaire, l'accompagnement constant favorise le placement de produits, dans d'autres secteurs, en particulier les administrations et les établissements publics, il s'agira d'abord de réduire drastiquement le temps d'attente et son corolaire, la crispation, en supprimant les contraintes de déplacement et de numérisation laborieuse. En établissement de santé, on cherchera un meilleur accompagnement du malade, une meilleure écoute et à témoigner plus d'empathie, ce que l'informatique a tendance à étouffer. L'écoute et la compréhension sont également des qualités recherchées par les clients du secteur de l'assurance.

Enfin, dans les sociétés de services comme la téléphonie, pouvoir poursuivre la réalisation du service sans interruption aboutit à une augmentation des ventes par l'effet mécanique de la réduction du temps d'attente.
En maintenant le lien, c'est la satisfaction générale qui s'en trouve améliorée. La numérisation transactionnelle participe de cette qualité de service et libère la relation.

J'opte pour la numérisation transactionnelle. A quoi penser ?

La numérisation transactionnelle est l'opportunité de réduire à la fois les temps de numérisation et d'injection des données dans le système d'information et d'augmenter le temps passé auprès de ses administrés, de ses clients ou de ses patients.
Faire le bon choix de scanner est alors prioritaire. L'objectif est de transformer du document papier en format électronique de la façon la plus naturelle et la plus rapide qui soit. L'appareil doit être de faible encombrement pour être posé sur un guichet ou un bureau, permettre une numérisation par liasse d'une dizaine de documents en quelques secondes et quel que soit leur format, tout ceci en silence, afin de ne pas gêner la discussion en cours.
 Au plus près de son interlocuteur, sans contrainte de déplacement, le conseiller peut ainsi poursuivre la discussion tout en procédant à la numérisation et rendre les documents dans la foulée, sans risque de perte et de détérioration.
Privilégier du matériel qui s'interface facilement avec des solutions de gestion de documents (workflow ou tout type de solution métier ou référentiel) est une évidence. La configuration du matériel doit être une formalité. L'essentiel est de pouvoir accéder sans délais au dossier spécifié, une fois constitué par numérisation transactionnelle.

La numérisation est devenue un passage obligé. C'est la contrepartie des solutions de GED largement démocratisées. Mais elle se fait maintenant sans contrainte et surtout, au profit de la rentabilité, de l'efficacité et de la réputation.

Par Bertrand Girin, président de Reputation VIP. Fondée en 2012, Reputation VIP a gagné plusieurs prix de l'innovation (Jeune Entreprise Innovante, Novacité, fonds d'innovation du Rhône) et compte une équipe de 25 personnes. Reputation VIP propose également un service en ligne de gestion du droit à l’oubli via https://forget.me. Plus d’informations sur www.reputationvip.com

Suite aux attentats, le gouvernement veut renforcer les systèmes d'écoutes et la surveillance du net. En tant qu’expert du Web et de l’e-réputation, Reputation VIP nous donne son avis. « Il faut impliquer les médias, les réseaux sociaux et les moteurs de recherche » Bertrand Girin, président de Reputation VIP, pense qu’il faut impliquer les acteurs principaux d’Internet, qui sont les plus à mêmes de relayer ou non les contenus faisant l’apologie du terrorisme. A savoir les médias, les réseaux sociaux et les moteurs de recherche. Tous ces acteurs doivent se demander où placer le curseur. Pour respecter la mémoire des victimes mais aussi le droit à l’information, tout en ne faisant pas le jeu des terroristes.

Les réseaux sociaux de masse ont un rôle très important à jouer dans cette régulation, ils sont devenus de véritables médias. Il est donc primordial qu’ils coopèrent, on ne peut pas mettre n’importe quel contenu sur des sites avec une si grande audience.

Les moteurs de recherche sont également des acteurs majeurs de la régulation. En effet, ils ont un choix important à faire sur ce qu’ils référencent ou non, car c’est eux qui peuvent être à la base de la propagation de ces contenus. Le google suggest est notamment un sujet intéressant, placer le terme « video » lorsqu’on tape le nom d’un terroriste peut avoir une forte dimension incitative. Ce qui actuellement le cas lorsqu’on tape « amedy coulibaly »


Les journalistes doivent également faire face à ces importantes questions éthiques. Qui se posent d’ailleurs aux trois acteurs : quelle est la limite entre information et censure ? devoir de mémoire et apologie ? Enfin, les sites Internet qui rassemblent et recrutent des terroristes sont un sujet important. Il me semble que ce n’est pas forcément une bonne solution de les interdire. En effet, aujourd’hui ils peuvent être surveillés. Mais si on les supprime, cela n’arrêtera pas les terroristes, au contraire cela les incitera à la prudence et à la protection de leurs membres et contenus. Cela risque donc de rendre le travail de la police plus difficile. Sur un plan technique, des technologies permettant de détecter ce types de contenus existent, il est donc tout à fait possible d’organiser une régulation. Reste donc à se demander où la France, et même l’Europe, place leurs limites.

Carte des attaques informatiques

Des commentaires haineux qui font sans vergogne l'apologie des actes terroristes sur les réseaux sociaux. Des sites institutionnels – comme celui du Conseil général du Lot cette semaine – piratés par des groupes islamiques, eux-mêmes piratés ensuite par les Anonymous en représailles, avec peut-être un point d'orgue ce jeudi. Des attaques sur les serveurs des administrations voire de l'armée en Europe et aux États-Unis. C'est peu dire que la cyberguerre, la guerre électronique, qui a longtemps hanté l'imaginaire des adolescents geeks du monde entier, est devenue une réalité. Et plus encore une menace. Car à l'heure où nos sociétés sont hyperconnectées, où toutes nos infrastructures économiques, industrielles, énergétiques, militaires sont reliées entre elles, la vulnérabilité de nos réseaux apparaît au grand jour.

Le front des réseaux

Cette cyberguerre se mène sur plusieurs fronts. Le premier d'entre eux, particulièrement pour la lutte contre le terrorisme, concerne les appels à la haine, au jihad diffusés sur des sites web ou sur les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook, qui constituent de bien faciles portes d'entrées pour des jeunes en voie de radicalisation.

Pas étonnant, dès lors, à ce que le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, se rende «prochainement» aux États-Unis, notamment pour «sensibiliser les grands opérateurs d'Internet» à la surveillance antiterroriste. (lire ci-contre).

Mais un meilleur contrôle ou un meilleur filtrage d'internet pour contrecarrer ces propos haineux reste complexe et pourrait bien recéler plus d'inconvénients que d'avantages. Un site jihadiste bien identifié peut ainsi être une source d'informations pour les services d'écoute. Le fermer, c'est en créer bien d'autres. Et surtout cette surveillance forcément massive d'internet se fait de plus en plus sans l'aval d'un juge pour gagner en rapidité. Ce qui ne laisse d'inquiéter les défenseurs des libertés et les professionnels. L'Asic (association des services internet communautaires dont Google ou Yahoo sont membres) s'inquiète ainsi de voir l'instauration de régimes d'exception dont l'efficacité reste discutable. Entre la sécurité et la liberté numérique le chemin reste étroit.

Contrer les attaques

Le second front de la cyberguerre concerne non pas l'expression des idées mais les attaques informatiques des infrastructures, qui sont désormais prises très au sérieux. Le dernier Livre blanc de la Défense rédigé en 2013 consacre pour la première fois un très large chapitre aux cybermenaces, clairement identifiées comme une menace majeure pour la sécurité nationale. La France dispose désormais d'une doctrine offensive et défensive pour répondre aux cyberattaques et a fortement augmenté ses budgets. Et en novembre dernier, l'Agence européenne de cyber-sécurité a simulé une attaque massive dans les 29 pays membres. Ce programme «Cyber-Europe 2014» doit donner lieu à des préconisations cette année, que le cyberjihad, rend d'évidence, encore plus urgentes.

Cazeneuve : «Sensibiliser»
«Ce qui m'a frappé dimanche dernier à Paris, à l'occasion de la réunion des ministres de l'Intérieur, c'est la volonté de tous les ministres de l'Intérieur, y compris les ministres américains, qui ont toujours eu une position assez ouverte sur ces sujets-là, de faire en sorte que nous ayons un contact étroit avec Twitter, Google, et autres opérateurs, Facebook, pour dire attention, là il y a un problème particulier, il faut vous mobiliser avec nous» a souligné Bernard Cazeneuve. «Il y a un travail de sensibilisation considérable à faire.»a poursuivi le ministre de l'Intérieur.

"Un journal c'est la conscience d'une nation" disait Camus.
Aucune concession à la liberté d'expression
après l'odieux attentat perpétré contre Charlie Hebdo.