Barcelone, smart city modèle

La XVe édition de La Mêlée numérique, le grand rendez-vous high-tech du Grand Sud, s'est ouverte hier au centre de congrès Diagora-Labège, près de Toulouse. Accessible pour la première fois au grand public, elle devrait attirer plus de 5000 visiteurs.
Portée par l’association La Mêlée, qui fédère plus de 500 acteurs du numérique, cette XVe Mêlée va continuer à explorer toutes les possibilités offertes à l’homo numericus, cette belle appellation qui résume combien le numérique irrigue tous les secteurs socio-économiques. Avec pour thème "Think, Shake & Do !", la manifestation – marrainée par Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au Numérique – s’articule autour de trois grands thèmes  : Future@City et Hack the city sur les villes intelligentes ; Life & Co sur l’impact du numérique sur nos modes de vie ; enfin Businness & Work sur les nouveaux business models.

400 conférenciers, 150 exposants, 400 rendez-vous, 70 ateliers et conférences, 110 démonstrations  : l'échange d'expériences est primordial, entre spécialistes, entre start-ups entre elles ou avec de grands comptes.

A côté des stands se déroulent tables-rondes et conférences sur des thèmes très pratiques ou plus prospectivistes. A cet égard, la conférence "Smart City : où en est-on ?" était sans doute LA conférence qu'il ne fallait pas rater. Car c'est bien au coeur de la ville, où vivent 54% de l'humanité (66% en 2050 selon l'ONU) que se déploient tout à la fois l'innovation et les nouveaux modèles de société de demain.

L'innovation : le chaos créatif

Francis Pisani
En préambule, Francis Pisani, journaliste, enseignant et documentariste, qui est déjà venu à Toulouse,  est revenu sur la définition de l'innovation. Pour comprendre ce qu'il y a derrière ce mot, il a réalisé un tour du monde en 45 étapes. Un voyage qui l'a convaincu d'une chose : il ne faut pas regarder seulement New York ou la Silicon Valley quand on parle d'innovation. Il faut aussi regarder vers l'Est : la Russie, la Chine, Israël (la start-up nation).
Le périple qu'il a entrepris permet à Francis Pisani de dégager quatre types d'entrepreneurs : affaires, social, intrapreneur (un salarié à qui l'on donne du temps pour mener des projets en interne), et activité. Et quatre types d'innovations : produits ou services, procédés, commercialisation, organisation.

Pour Francis Pisani, le maître mot de l'innovation, c'est la sérendipité, c'est-à-dire la capacité à découvrir par hasard des sujets connexes à celui sur lequel on travaille. Cette capillarité est primordiale. Et tant pis si on échoue. "Il faut récompenser l'échec", assure Francis Pisani qui rappelle que "l'innovation, c'est le chaos".

La smart city : repenser la ville au-delà de la technologie

Carlos Moreno
Ce chaos créatif, les villes l'expérimentent de plus en plus lorsqu'elles veulent devenir des smart cities. D'emblée Carlos Moreno, professeur, expert des villes intelligentes et président du Comité scientifique du Forum International de la Smart City Humaine Live in a living City, rappelle qu'une smart city n'est pas qu'une ville intelligente hyperconnectée, "elle doit être un lieu de partage." Critique envers ceux - industriels en tête - qui misent tout sur la technologie, Carlos Moreno définit au contraire trois leviers pour une smart city humaine : l'inclusion sociale, la réinvention urbaine (et architecturale) et les nouveaux usages numériques. "La vraie smart city met le citoyen au centre pour relever les défis sociaux, économiques, écologiques, politiques...", assure le spécialiste.

Pour autant, la technologie est bien présente dans ces villes smart, notamment pour tout ce qui concerne l'énergie et sa gestion. Jean Paoletti, directeur régional ERDF Midi-Pyrénées Sud, a d'ailleurs rappelé que le projet So Grid porté par ERDF serait testé en première mondiale à Toulouse dans quelques mois.

So Grid sera expérimenté en première mondiale à Toulouse

Sylvie Faucheux
Les exemples de smart cities au Brésil ou plus près de nous à Barcelone, montrent, en effet, que le développement durable et le numérique sont intimement liés dans ces villes modernes. Une alliance fructueuse en termes d'emplois, comme le rappelle Sylvie Faucheux, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de Paris. "La smart city va concerner des millions d'emplois : ceux qui seront créés  mais aussi ceux qui pourraient être détruits si on ne les fait pas évoluer".

Pour construire ces smart cities moins énergivores, plus citoyennes, plus respectueuses de l'environnement, plus agréables à vivre y a-t-il un modèle à suivre ? Assurément non répondent les quatre experts. "Il n'y a pas un modèle de smart city mais autant de modèles que de villes", assure Carlos Moreno, imageant son propos avec une parabole du chat de Schrödinger : "On ne cherche pas un chat noir dans un pièce noire... surtout s'il n'y a pas de chat !"

Chaque ville est différente et développe ses outils numériques en fonction de son histoire. Cela va de "l'acupuncture" au Brésil pour reprendre l'expression de Francis Pisani, à de grands projets structurants en passant par des projets agricoles très low tech. "La smart city, c'est une philosophie à l'échelle d'une ville, d'un quartier, d'un bâtiment", explique Francis Pisani.

Une philosophie qui attire les géants du numérique. IBM, Huawei, etc. ont développé de nombreuses technologies qu'ils vendent aux villes. "Mais la technologie ne doit être qu'un moyen et pas une fin" estime Carlos Moreno. Pour le spécialiste, le plus important pour les villes qui veulent devenir smart, ce n'est pas de se doter des dernières - et coûteuses - technologies mais bien d'avoir une vraie stratégie. Une stratégie qu'il faut bâtir sur le long terme, comme l'a fait Barcelone qui recueille aujourd'hui les fruits de décisions prises il y plus de dix ans.
Le Conseil national du numérique vient de remettre son rapport à Manuel Valls avec 70 propositions pour une Ambition numérique nationale.

Une vidéo résume les principaux enjeux.





Samsung intègre désormais le protocole de communication de la société toulousaine SIGFOX à sa nouvelle plateforme Samsung ARTIK. Le géant sud-coréen va même investir dans le pionnier de l’Internet des Objets. Deux très bonnes nouvelles pour la société toulousaine, présidée par Ludovoc Le Moan, qui est devenu en quelques années à peine une leader du secteur.

Samsung ARTIK est une plateforme ouverte, destinée à simplifier et à aider au développement d’applications pour les entreprises, les industries et le grand public dans le domaine de l'Internet des Objets. L’ajout de la technologie SIGFOX aux options de connectivité à Internet dans la plateforme ARTIK apporte une alternative à très bas coût et basse consommation, parfaitement adaptée à l’envoi de petits messages utilisés par la plupart des objets communicants. L'intégration de SIGFOX permettra aux développeurs de rapidement activer le réseau via un simple abonnement de connectivité.

« Chez Samsung, nous pensons que l'Internet des Objets va offrir d’énormes avantages aux entreprises ainsi qu’à chaque individu. Avec le lancement de la plateforme Samsung ARTIK, nous avons l’intention d'accélérer l'innovation dans le hardware, les logiciels et les services pour l'Internet des Objets afin de permettre à la technologie de relever plus rapidement les défis mondiaux », explique Young Sohn, Président et CSO de Samsung Electronics. « En tant que partie prenante de l’écosystème Samsung ARTIK, la technologie SIGFOX permet de faire un énorme pas en avant pour l’internet des Objets, en simplifiant les choses pour que les développeurs puissent créer des appareils à faible coût, de faible puissance, ainsi que des services qui se connectent simplement au réseau ».

Un 4e protocole avec le GSM, le Bluetooth et le WiFi

« En intégrant la technologie SIGFOX dans Samsung ARTIK et en l'incluant dans l'écosystème de la plateforme, Samsung poursuit ses investissements dans l’innovation et rend désormais plus facile le développement de nouvelles applications et services qui contribueront à faire émerger le potentiel de l'Internet des Objets », déclare Ludovic Le Moan, Directeur général et Cofondateur de SIGFOX. « De plus, cette intégration positionne la technologie SIGFOX comme le quatrième protocole de connectivité Internet, aux côtés du GSM, du Bluetooth et du WiFi ».

L'internet des objets est amené à se développer très fortement dans les prochaines années. Selon le cabinet IDC, l'internet des objets devrait peser 1700 milliards de dollars en 2020. Soit une croissance annuelle moyenne de 16,9 %.

C'est l'un plus importants  salons du secteur des télécoms du Grand Sud : le salon Digiworld se tient chaque année à Montpellier en novembre et a décidé cette année de s'étendre dans la capitale via une conférence le 16 juin.
DigiWorld Future Paris, qui se tiendra au Palais Brongniart est une initiative "qui vise à installer un rendez-vous annuel orienté sur la prospective de la transformation numérique", explique les organisateurs.
Trois thèmes seront abordés :
> Internet 2025 : Quelles sont les alternatives à la guerre des plateformes ?
> Telecom 2025 : Quels sont les futurs possibles pour les opérateurs télécoms ?
> TV 2025 : Un scénario d'un nouvel âge d'or de la télévision est-il envisageable ?
Les réponses à ces questions ainsi que les analyses et les données clés du rapport DigiWorld Yearbook seront présentées par les experts de l'IDATE et enrichies par les points de vue de plusieurs invités parmi lesquels la secrétaire d'Etat au numérique Axelle Lemaire ou Stéphane Richard, PDG d'Orange.


Tribune rédigée par Emmanuel Mouton, Président de Synox Group

Avec l'Internet des Objets, les entreprises sont en train de prendre conscience de la nécessité de transformer leur modèle économique et adapter leurs activités aux nouveaux paradigmes. Les nouvelles technologies évoluent toujours plus vite, et l'Internet des Objets engendre de profondes mutations qui révolutionnent les usages dans tous les secteurs. Comment est-il alors possible pour les entreprises de se mettre en ordre de marche pour répondre à leurs enjeux de compétitivité et ne pas se laisser prendre de vitesse ?

Transformer un objet traditionnel en objet connecté, tout un métier !
Les challenges de l'Internet des Objets sont d'une ampleur sans commune mesure. Mais les entreprises ne peuvent définitivement pas se lancer seules dans cette nouvelle ère. De l'industriel au client final, la transformation d'un objet traditionnel en un objet connecté nécessite une parfaite maîtrise de chacune des briques technologiques. Le tout premier défi est de rendre l'objet communicant. Comment alors concevoir un objet qui puisse être connecté et capable de communiquer avec son environnement ?
Certaines sociétés de services informatiques proposent de vraies innovations de services aux entreprises en amenant toutes les fonctionnalités nécessaires aux différentes étapes de la transformation d'un objet. Cette expertises se retrouve en électronique pour comprendre comment les objets se connectent, dans le secteur télécom (connectivité machine to machine), dans l'analytique pour traiter la donnée, au niveau des infrastructures de stockage Cloud et en sécurisation, et enfin avec le développement d'IHM web et mobiles... Autant de briques technologiques qui peuvent être utilisées de manière indépendante ou de façon complémentaire.

La data, pépite d'or de l'Internet des Objets
La donnée est au cœur de la valeur amenée par l'Internet des Objets. Alors que le nombre d'objets connectés ne cesse de croître, les données émanant de ces objets et équipements intelligents augmentent à un rythme exponentiel. Actuellement beaucoup de fabricants d'objets connectés tentent d'avoir une maitrise totale de la donnée produite et remontée par l'objet connecté. Pourtant, la vraie valeur n'est pas tant dans la donnée elle-même que dans l'analyse qui en résulte. Au risque d'arriver à une asphyxie de la donnée, la data doit nécessairement passer par une analyse fine au travers d'algorithmes innovants permettant sa transformation en information intelligente. C'est la raison pour laquelle les fabricants d'objets connectés se doivent d'être accompagnés et conseillés sur la ou les bonnes briques technologiques à implémenter tout au long de la chaine de valeur de l'objet connecté. D'autant plus que l'exploitation d'un objet connecté doit nécessairement passer par l'expertise d'un acteur capable de proposer des environnements entièrement dédiées IoTics (Internet of Things + Analytics).

Transformer son modèle économique, une étape obligatoire
L'Internet des Objets offre un potentiel économique immense pour les entreprises. GfK estime qu'il devrait se vendre 2 milliards d'objets connectés en France entre 2015 et 2020. La même étude affirme qu'il se trouvera plus de 30 objets connectés par foyer en 2020.
Cet immense marché nécessite toutefois une nécessaire remise en question des modèles économiques traditionnels.  Aujourd'hui, encore beaucoup d'entreprises ne savent pas comment réagir face à cette révolution digitale et beaucoup se fragilisent et perdent en compétitive. Seule une forte capacité de transformation des services proposés par l'entreprise peut-être garante d'une stratégie pérenne pour celle-ci. Là encore, les entreprises ne peuvent faire face seules. Elles doivent être guidées sur les différentes alternatives possibles pour transformer leur activité grâce à l'Internet des Objets. Le succès est dans la capacité de l'entreprise à explorer comment elle peut s'intégrer dans cette nouvelle ère de l'IoT. Cette exploration doit être faite avec des partenaires qui maitrisent déjà les leviers favorables à une transformation réussie d'un business model.
Il n'est pas nécessaire de tout chambouler pour tirer profit de l'Internet des Objets. Mais il est indispensable d'être entouré d'acteurs déjà bien intégrés dans cet écosystème. Si l'Internet des Objets offre d'immenses opportunités pour les entreprises, la stratégie ne sera gagnante que si ces dernières ont préalablement mis en œuvre les conditions favorables pour capitaliser sur son développement. Quelques petits changements peuvent parfois suffire pour garantir la pérennité de l'entreprise...


La grande région réunissant Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon se construit y compris dans le domaine de l'innovation. Ainsi, DigitalPlace et FrenchSouth.digital, les clusters des deux régions viennent de signer une convention de partenariat, le 3 juin à Toulouse lors de l'Assemblée Générale de DigitalPlace et le 4 juin à l'occasion du salon Connec'Sud à Montpellier.

"DigitalPlace et FrenchSouth.digital ont décidé de renforcer leur collaboration stratégique afin de développer des synergies en faveur de la croissance de leurs entreprises adhérentes. A partir de valeurs communes partagées, les deux clusters font exister la 2ème région numérique de France", expliquent les signataires.

Pour Daniel Benchimol, Président de DigitalPlace, cette signature de convention se situe dans la logique des actions menées par FrenchSouth.digital et DigitalPlace «  Nos clusters ont saisi l'importance de pouvoir développer des actions communes et de mutualiser certains de nos moyens, notamment lors d'évènements d'envergure. Ce rapprochement est devenu une évidence, il est indispensable de travailler de manière synchronisée afin de nous rendre plus visibles. Les clusters du numérique se doivent de s'unir afin de dynamiser la filière au sein d'une plus grande région. Cette démarche proactive, montre une fois de plus la dynamique du secteur digital qui a su anticiper la future grande région. »

Les objectifs de ce partenariat s'articulent autour de 4 axes communs :

  • l'innovation sous toutes ses formes
  • l'international
  • l'investissement et le financement de la croissance
  • la mutualisation de services

Ainsi, la participation commune à des salons, une offre de services aux entreprises (financement, gestion RH, relations presse ou encore accompagnement à l'obtention du label Cloud) et ateliers d'experts seront proposés aux membres des deux clusters.



Du côté des pépinières d'entreprises numériques toulousaines, ça bouge. Alors que Digital place tiendra son Innovation IT DAy ce 3 juin, la TIC Valley évolue et change de nom pour devenir IOT Valley. IOT ? Comme Internet of things, l'internet des objets, un domaine en pleine expansion qui dispose de quelques belles dans la région comme INTESENS, Axible Technologies, Connit et bien sûr SIGFOX, la startup qui monte et qui a séduit Anne Lauvergeon, l'ancienne patronne d'Arev qui est à la tête de son conseil d'administration.

Après trois ans d'existece, la TIC Valley se transforme donc IOT Valley."D’ambition internationale, cette spécialisation est une évidence à l’heure du tout connecté. Ancrée et reconnue dans le domaine, l’IOT Valley ne se veut pas juste vitrine de bonnes pratiques et simple pool d’expertises ; elle se veut également actrice du mouvement", expliquent les responsables de l'IOT Valley, qui citent l'exemple d'INTESENS, startup spécialisée dans la maintenance connectée; L'IOT Valley a servi d'accélérateur et aujourd'hui cette jeune pousse travaille avec un grand groupe partenaire, SNCF.

Le Connected Camp

Mais la TIC Valley n'a pas fait que changer de nom, elle a initié une nouvelle structure innovante. "Consciente des problématiques liées à l’Internet des Objets, des processus d’industrialisation lourds et complexes mais également de la nécessité vitale de mettre en relation les startups et les Grands Comptes, IOT Valley inaugure Le Connected Camp, son accélérateur de startups spécialisé dans l’IOT Industry en partenariat avec SIGFOX et des Grands Groupes Industriels."

"Équipé d’un labo, entouré d’experts à la fois business et techniques, mais également de
partenaires B to B de renoms, le programme de 8 mois a pour but de passer du simple
prototype au prototype industrialisable avec des contrats B to B à la sortie de la période
d’incubation", détaille les responsables qui lanceront la première saison de ce Connected Camp en janvier 2016.