C'est un projet aussi fou que passionnant et émouvant, humain et universel : donner un visage aux Poilus de 14-18 à partir de portraits de soldats de la Grande Guerre. A l'instar du soldat inconnu enterré sous l'Arc de Triomphe à Paris, voilà une autre façon d'honorer la mémoire des soldats morts au front.
C'est à l’occasion du Centenaire de l’Armistice que l’Historial de la Grande Guerre de Péronne donne vie à ce projet collaboratif numérique intitulé le "Visage Inconnu".

Portrait de synthèse

Ce projet, labellisé par la Mission Centenaire prend la forme d’un portrait, synthèse de milliers de visage humains, hommes et femmes, emportés dans le tourbillon de la Grande Guerre. Ces visages sont superposés les uns sur les autres pour ne former plus qu’un seul et même portrait universel : le "Visage Inconnu".
Ce portrait sera dévoilé le 11 novembre à l’Historial de la Grande Guerre à Péronne, sous la forme d’une oeuvre numérique : les visiteurs pourront parcourir les dizaines de milliers de visages qui la composent.
Près de 10 mois de travail ont été nécessaire pour donner vie à ce projet pharaonique. Un algorithme développé spécialement à cette occasion pour créer une synthèse fidèle, permettra de faire évoluer ce visage à travers le temps en fonction des portraits d’archives qui continueront d’être récoltés.
Le projet a été mené avec l'agence créative FF Paris et pour la partie technologique avec le studio tech Merci Michel.

Plateforme interactive

Dès ce 8 novembre une plateforme interactive  dédiée  www.levisageinconnu.com permettra de découvrir "Le Visage Inconnuu" et quelques destins d’hommes et femmes, ayant marqué l’histoire de la Grande Guerre.
"Le site a vocation à fédérer les contributions mémorielles collectives et individuelles. Il sera continuellement enrichi de nouveaux portraits, modifiant, suivant la technique du morphing, Le Visage Inconnu. L'expérience se prolongera sur un compte Instagram dédié pour découvrir les visages, formats Stories et vidéos sur Facebook", explique l’Historial de la Grande Guerre de Péronne.


management



Daniel Benchimol est le Président fondateur du cluster numérique DigitalPlace et le fondateur du Groupe Eurogiciel (devenu Scalian). Il est investisseur et au board de nombreuses startups et PME. Il conseille aussi quelques Présidents de Sociétés.
Il exprime son point de vue sur le management.

L’entreprise est un être moral ; certains diront sans âme et sans cœur. Moi, pour autant, je pense que, dès qu’elle commence à exister, grandir, construire son projet, essuyer des crises, elle existe, vit et sa culture d’entreprise est son ADN, son unicité. Cette constitution de faits et d’épreuves et sa façon de réagir en font toute sa spécificité ; en ce sens, elle ne peut être clonée. Tout d’ailleurs, dans le vocabulaire, la rapproche du corps humain : un esprit de corps, des membres actifs, une épine dorsale ou encore un core business, une vision, une entreprise apprenante. Elle est sans aucun doute un être vivant !
Sa personnalité, l’âme de son organisation vient souvent de son créateur puis de ses managers qui se sont appropriés la culture ; cette culture qui diffuse au sein de toute l’Entreprise afin que chaque décision de chaque manager, au quotidien, soit imprégnée de cette âme.
La création d’une alchimie qui transforme le lien juridique du contrat de travail en un lien affectivement immatériel est un art. Cet art vient du management, je devrais dire plutôt des managers. Ce lien culturel crée un sentiment d’appartenance qui non seulement renforce la mobilisation des salariés, mais aussi, stimule le génie qui existe en tout un chacun.
Si le management est un art c’est qu’il doit y avoir des facteurs esthétiques, des facteurs de création, des facteurs émotionnels, des choix comportementaux et la volonté de la recherche du beau.
Pour une fois, nous pourrions, non pas appuyer la rationalité du management sur des théories scientifiques, ou sur des poncifs de gourous du management, mais plutôt sur des théories artistiques. Par exemple :
La capacité à se remettre en cause, à faire et refaire son œuvre et à penser qu’elle n’est jamais aboutie ; au même titre que dans l’Entreprise, nous devons nous efforcer de penser à repenser l’avenir, à se réinventer. C’est pour cette raison que l’observation de tous les écosystèmes innovants intéressent les Grands Groupes ou les ETI. Regarder dehors pour voir ce qu’il s’y passe devient indispensable.

L’appropriation de l’œuvre et de son interprétation par l’artiste au même titre que la capacité à faire s’approprier l’Entreprise par tous ses cadres. Donner du sens signifie donner la Direction (je vais où), de la signification (je fais ça pourquoi) mais aussi pourquoi pas de la sensualité (de l’attirance pour son travail) . On ne m’empêchera pas de dire que certaines Entreprises sont plus sensuelles que d’autres.
Partager le bonheur de l’exécution d’une œuvre à plusieurs ou encore donner à chacun l’attention et la reconnaissance qui lui donnent l’Envie.
Donner un sentiment d’appartenance qui permet d’augmenter sa résilience, son courage devant les difficultés et mieux s’épanouir du sentiment de réussite (comme l’artiste, savoir mieux gérer l’effort pour feter le succès).

Nous pourrions trouver encore beaucoup d’analogies entre l’artiste et le manager mais pour autant, une culture d’Entreprise forte et gagnante est longue à construire. Attention à ne pas la détruire rapidement par des couacs de dirigeants qui déclenchent sans préparation des crises. N’oublions pas que le management c’est aussi l’art de communiquer.


RGPD


Patricia Chemali-Noël
Par Patricia Chemali-Noël, Expert en Protection des Données chez Umanis

Le RGPD est entré en vigueur depuis plus de 5 mois et le ratio du nombre d’entreprises en conformité serait encore faible (inférieur à 25%) en France, si l’on en croit différentes études récentes et non-officielles. On sait en revanche que la CNIL, garante de la protection des données des citoyens français, a reçu 13 000 déclarations de DPO, soit seulement 16% des 80 000 estimées nécessaires. Le Délégué à la Protection des Données est pourtant considéré par la CNIL comme la clé de voûte de la conformité au règlement européen.

Pour mémoire, le RGPD est la nouvelle réglementation mise en place le 25 mai 2018 par l’Union Européenne pour contraindre toutes les organisations à garantir leur contrôle sur la collecte, le stockage et l’utilisation des données à caractère personnel des ressortissants européens. Les conséquences peuvent être très lourdes pour les entreprises, avec des amendes pouvant atteindre 20 millions d’euros ou 4% du chiffre d’affaires annuel mondial. Sans compter bien sûr le risque sur la réputation de la société, sa perte de clientèle, les frais de procédures en cas de plaintes, etc.

RGPD et DPO : quelles sont les obligations de l’entreprise ?


Pour être en mesure de tenir leurs engagements, les entreprises doivent donc se doter d’un DPO, dont les missions sont stratégiques : conseils organisationnels, techniques et juridiques sur la bonne sécurité des données, relations avec la CNIL et les autres DPO, gestion des demandes d’exercice des droits, du respect des règles (Accountability) et des risques encourus.

D’après la CNIL, dans le cadre de la mise en application du RGPD, l’entreprise a l’obligation de :
Choisir son DPO en fonction de son expertise.
Veiller à ce que son expert reçoive la formation et les moyens matériels, financiers et intellectuels nécessaires pour mener à bien sa mission.
Veiller à ce que son DPO exerce ses activités sans conflit d’intérêts, en toute indépendance, qu’il puisse rendre compte de son action au plus haut niveau de l’entreprise.

Le choix du DPO doit être pris en fonction de ses compétences, mais aussi de son expérience de la protection des données, selon l’exposition aux risques identifiés de l’entreprise (classement risques EBIOS) :

  • Exposition basse : un minimum de 2 ans d’expérience peut être suffisant.
  • Exposition très haute : un minimum de 5 à 15 ans d’expérience peut s’avérer nécessaire.


Si l’on considère la pénurie actuelle de DPO et le caractère récent du métier, ces exigences  d’expérience peuvent apparaître compliquées à remplir par tous.


Compétences et savoir-faire du DPO 


Pour répondre aux nombreux questionnements des entreprises, la CNIL a publié au Journal Officiel le 11 octobre un référentiel listant les 17 critères cumulatifs auxquels un DPO doit pouvoir répondre pour être certifié par un organisme certificateur. Une démarche d’autant plus attendue que les profils ont été jugés très hétérogènes parmi les 13 000 DPO déclarés à la CNIL.

Les compétences et savoir-faire que les DPO doivent satisfaire peuvent être regroupés en trois catégories, organisationnelle, juridique et technique :
Les savoirs organisationnels : le DPO conseille l’entreprise dans l’élaboration de procédures et politiques, ce qui induit des connaissances en gouvernance des entreprises. Par ailleurs, il est en mesure de mener un audit de conformité et de proposer des mesures de réduction ou gestion des risques, de les évaluer et d'en surveiller la mise en œuvre.
Les savoirs techniques et informatiques : le DPO doit mettre en œuvre les principes de minimisation ou d’exactitude, d’efficacité et d’intégrité des données et pouvoir exécuter les demandes de modification et d’effacement de données, ce qui impacte les systèmes et solutions de l’entreprise. Le DPO doit être ainsi force de conseils et de recommandations pour la mise en œuvre du « Privacy by Design » dans l’entreprise.
Les savoirs juridiques : le DPO est un expert en protection juridique et règlementaire des données à caractère personnel. Outre le RGPD, il peut conseiller l’entreprise en cas de conflit de lois. Il participe à l’élaboration des contrats avec les partenaires, peut négocier avec le DPO du partenaire les clauses de protection de données personnelles. Il a également un rôle essentiel à jouer en matière de contentieux : il est l’interlocuteur de la CNIL et il instruit les plaintes des personnes concernées.

Avec ce référentiel de certification, l’entreprise dispose donc désormais d’éléments pour vérifier l’adéquation des savoirs en place en interne. Et force est de constater que le DPO doit faire figure de super-héros multi-compétences aux expertises transverses dans de nombreux domaines.

Par ailleurs, il s’avère dans la pratique que la seule connaissance du texte de loi publié est insuffisante pour être en mesure de répondre à ces exigences.

La nécessaire montée en expertise du DPO 


L’entreprise qui constate ne pas être en capacité à répondre aux critères du référentiel se trouve dans une position potentiellement à risque. Si elle dispose déjà d’un DPO en place, qu’il soit déclaré à la CNIL ou pas encore, il s’agit de mesurer l’écart d’expertise à combler et de l’accompagner en mettant à sa disposition les moyens matériels, financiers et intellectuels pour lui permettre d’atteindre les objectifs fixés.

Selon l’exposition aux risques identifiées par l’entreprise, elle peut faire le choix d’une montée en expertise dans les catégories prioritaires pour elle. Par exemple, si l’organisation a une part importante de son activité gérée par des prestataires externes, elle devra les auditer régulièrement et réviser sa politique contractuelle, et le DPO sera alors très attendu sur les aspects juridiques et audits. Il pourra alors avoir besoin d’un soutien sur des points précis tels que : auditer un traitement ou une conformité, mener un DPIA et gérer les risques, élaborer une procédure…

Le référentiel de la CNIL fixe le plancher des connaissances au suivi d’une formation de 35h sur le RGPD, afin d’en avoir une vision synthétique. Cela pourra s’avérer insuffisant tant la plupart des missions du DPO requiert des expertises fines dans des domaines très divers.

En prenant en compte l’isolement du DPO dans ses fonctions du fait de leur nature, et que la collaboration ou l’émulation avec des profils plus seniors dans l’entreprise est donc rarement possible, il n’est effectivement pas simple d’organiser un accompagnement dans sa montée en compétence. La CNIL encourage donc les DPO à s’organiser en groupes de travail réunis par secteurs d’activité, territoires ou même pour les indépendants à mutualiser leurs fonctions pour plusieurs entreprises. Cette approche ne produira néanmoins des résultats qu’à moyen terme et remplacera difficilement un transfert de savoir-faire par des DPO seniors.

Le choix de l’externalisation


Si l’entreprise ne dispose pas encore de DPO, ou si l’écart d’expertise à combler est trop important, l’externalisation totale ou partielle des fonctions de DPO peut être une option viable. Pour une entreprise de petite ou moyenne taille qui ne souhaite pas disposer d’un DPO en interne, avoir recours à des services extérieurs mutualisés est une des possibilités les plus pertinentes.

Mais une externalisation partielle présente aussi l’avantage d’accompagner le DPO interne dans une partie de ses activités, avec un partage des pratiques professionnelles à l’aune des contraintes de l’entreprise. Une approche qui gagnera en efficacité si elle est envisagée dans le cadre d’un plan global de formation du DPO.
assemblee
Vue panoramique de l'hémicycle - © Assemblée nationale


La mesure relève bien évidemment du symbole, mais pas seulement : d'ici la fin de l'année, le moteur de recherches par défaut sur les ordinateurs de l'Assemblée nationale – environ 3 000 postes – ne sera plus Google mais Qwant. En faisant le choix du moteur français lancé en 2013 en lieu et place du moteur américain – qui restera bien évidemment accessible – les députés envoient un double message éminemment politique.

D'abord leur compréhension des enjeux de protection de la vie privée et des données personnelles. Alors que Google a bâti son modèle économique sur la monétisation des données de ceux qui l'utilisent, Qwant a fait de l'exact contraire sa spécialité. Le moteur français se revendique ainsi comme le seul moteur de recherches européen qui ne dépose pas de cookies (de petits fichiers informatiques) sur les ordinateurs de ceux qui l'utilisent et qui ne garde aucun historique de leurs recherches.

Qwant traite tous les sites et services indexés sans discrimination, sans modifier l'ordre des résultats selon ses propres intérêts ou les sensibilités de l'utilisateur, affirme la société qui a répondu à plus de 9,8 milliards de requêtes en 2017 avec sa propre technologie d'indexation des pages web.

Souveraineté numérique

Le second message qu'envoient les députés relève de la souveraineté numérique. Dans un univers où tous les grands services sont américains, et où certains déplorent l'absence de sociétés européennes, il est important de saluer justement les initiatives qui voient le jour en Europe comme en France. «À l'Assemblée, nous avons un devoir d'exemplarité, et il y a là un enjeu de sécurité et de souveraineté numériques qui est tout sauf un sujet de geek», résume le député LREM Florian Bachelier. «Les élus ont voulu ainsi montrer l'exemple pour que les internautes comprennent qu'il est important de protéger sa vie privée», analyse de son côté Eric Léandri, PDG de Qwant.

C'est que l'Assemblée nationale n'est pas la première institution publique à faire ce choix. Avant elle, de grandes collectivités ont choisi Qwant, comme la région Ile-de-France et le ministère des Armées, ou des sociétés publiques comme France Télévisions. Mercredi dernier, c'est la Région Sud PACA qui a sauté le pas. «Dans un contexte européen de vigilance accrue des données avec la mise en place du RGPD, ce moteur de recherche vient renforcer la protection des données personnelles de nos agents et de nos lycéens provençaux, alpins et azuréens. Utiliser Qwant, c'est également soutenir une entreprise locale», explique Renaud Muselier, président de la région PACA, soulignant que Qwant est «l'une des pépites régionales labélisées lauréates du Pass French Tech en 2017.»
Privacy


"De l’adresse email au numéro de téléphone privé, en passant par le lieu de travail et la date de naissance, la quantité d’informations personnelles qui circulent en ligne est conséquente, et alarmante. Les Européens ont perdu la trace de leurs données personnelles et n’ont aucune idée du chemin que celles-ci peuvent emprunter", explique l'éditeur d'antivirus Kaspersky qui vient de mener une étude sur les données personnelle des Européens.

Peu de conscience de la valeur des données personnelles, ni des mesures de sécurité élémentaires


  • 64 % des personnes interrogées reconnaissent ne pas vraiment savoir où sont stockées leurs données personnelles sur le Web.
  • 39 % des parents interrogés ne savent pas quelles informations personnelles leurs propres enfants s’amusent à partager en ligne.
  • 20 % des consommateurs – soit une 1 personnes sur 5 – ne protègent pas leur connexion Wi-Fi avec un mot de passe.
  • 31 % reconnaissent ne « jamais avoir mis à jour les options de sécurité sur le routeur Wi-Fi », et 30 % n'utilisent pas de logiciel de sécurité.


"Nous en sommes arrivés à un point où notre vie privée est beaucoup plus exposée sur Internet et sur les réseaux sociaux, qu’à l’extérieur dans les divers aspects de notre vie quotidienne. C’est en grande partie le résultat de notre naïveté quand nous croyons que les services en ligne que nous utilisons sont ‘gratuits’. En tant qu’utilisateurs d’Internet, nous devrions faire beaucoup plus attention à la destination de nos données. Et les organismes qui traitent nos données ont le devoir de le faire non seulement en respectant les exigences juridiques, mais aussi les normes éthiques", explique Nevena Ruzic.

Pourtant, les européens sont inquiets de l'utilisation potentielle de leurs données personnelles


  • 88% des personnes interrogées veulent savoir si leurs données risquent d'être utilisées de manière frauduleuse.
  • 57 % se disent très inquiets d’apprendre que leurs données financières personnelles risquent de tomber dans les mains de hackers.
  • Seules 45% des personnes interrogées font confiance aux grandes entreprises pour prendre soin de leurs données.
  • Seules 36 % des personnes interrogées estiment que leurs données sont en sécurité sur les sites des réseaux sociaux.

"Les gens savent pertinemment qu’ils doivent protéger leurs données, et ne pas le faire peut s’avérer désastreux », explique Marco Preuss, qui pilote l’équipe de recherche et d’analyse de Kaspersky en Europe. « En cas de vol de vos données, vous risquez non seulement perdre de l’argent, mais vous pouvez également être poursuivi en justice pour des dettes contractées par celui qui a pris votre identité. Votre réputation peut ainsi être détruite et vous pouvez même, dans certains cas, être accusé d’un délit criminel, dans la mesure où vos données peuvent être vendues, et l’argent récupéré frauduleusement utilisé pour financer toutes sortes de crimes."

rgpd



Marie-Ségolène Griton
Par Marie-Ségolène Griton, Category Manager Europe chez Rexel


A l'image de Banksy, roi du street art, qui a fait le buzz grâce à l'autodestruction de son oeuvre « Girl with balloon » lors d'une vente chez Sotheby's, le Règlement Général sur la Protection des Données impose aux entreprises de détruire elles aussi un certain nombre de données personnelles. Une loi qui concerne les informations stockées sous format numérique, mais également sur papier. Pourtant, à ce jour, deux tiers des organisations ne sont pas conformes au règlement et admettent accorder une importance minime aux documents papier. Une hérésie quand on sait que 40% des incidents sont liés… aux documents papier ! Faute avouée à moitié pardonnée ? Pas selon la CNIL qui distribue les mauvais points : l'enseigne Optical Center a ainsi récemment écopé de 250 000 euros d'amende !


RGPD : l'affaire de tous 


Le Règlement Général sur la Protection des Données dit RGPD, entré en vigueur depuis mai 2018, a pour objectif de rendre au citoyen européen le contrôle sur ses données personnelles. Une protection des droits à la vie privée des individus qui contraint les organisations à mettre en œuvre des pratiques efficaces pour protéger les données numériques et imprimées sur papier, et aviser les personnes affectées ou susceptibles de l'être.

La conséquence directe du RGPD est une responsabilisation accrue des entreprises dans la gestion des données. Pour elles, c'est un changement de philosophie qui doit s'opérer dans la collecte, l'utilisation, l'archivage et la destruction des données vers une approche « par les risques » qui place la sécurité au cœur de tout traitement de données.

Méfions-nous de la paperasse…


Alors que de nombreuses organisations placent la protection des données numériques au premier rang de leurs préoccupations, beaucoup d'entre elles omettent la protection des données imprimées sur papier. Pourtant, elles comportent, elles aussi, des données personnelles sensibles et sont aussi concernées par le RGPD !

40% des incidents liés à la sécurité des données au Royaume-Uni concernent des documents papier. Sur 598 incidents relatifs à la protection des données enregistrés entre juillet et septembre 2016 par l'autorité de contrôle britannique, l'Information Commissionner's Office, 14% sont liés à la perte ou au vol de documents, 19% concernent un envoi par la poste ou par fax au mauvais destinataire, 4% concernent des données laissées dans un lieu peu sûr, et 3% sont dus à l'élimination de documents papier de façon non sécurisée.

Des incidents qui peuvent avoir de lourdes conséquences à la fois pour les entreprises – amendes - et les consommateur, vulnérables à la fraude et aux usurpations d'identité.

À l'heure du tout numérique, les entreprises négligent l'importance des documents papiers et ne prennent pas le temps de gérer les problèmes de sécurité qui leur sont associés. L'entreprise ne doit pas se contenter de mettre en place une réglementation, elle doit aussi la communiquer efficacement à tous les niveaux hiérarchiques pour la faire connaître et appliquer par tous.


L'importance de la communication interne à tous les niveaux hiérarchiques 


Face à un tel enjeu, il est essentiel de sensibiliser toutes les parties prenantes de l'entreprise autour de cette réglementation. Pourtant selon un sondage PwC/Iron Moutain de 2014, seulement 40% des entreprises fournissent à leurs employés des instructions claires sur l'élimination et sur l'archivage interne des documents papier. Et elles ne sont que 27% à avoir mis en place une procédure sur la sécurité, l'archivage et l'élimination d'informations confidentielles de façon sécurisée. Le caractère complexe et chronophage des process est également un frein.

En imposant aux entreprises de protéger les données qu'elles traitent et, in fine, la vie privée des consommateurs, le RGPD participe à (re)construire une relation de confiance avec les clients un brin échaudés par les pratiques douteuses des GAFA…

Libre à nous, de nous demander si ce chantier de destruction des données est une opportunité ou une menace pour les entreprises…
telemedince


Par le Docteur William Benichou, président Hellocare et médecin généraliste

Le secteur de la santé n’a pas échappé à la transformation numérique : les progrès technologiques ont profondément modifié la vision traditionnelle de la santé. La télémédecine, et plus particulièrement la téléconsultation ont donc émergé depuis quelques années et permettent de mettre en relation un patient et un médecin à distance, en vidéo via son smartphone, ordinateur ou tablette. L’annonce de la prise en charge de celle-ci par la Sécurité Sociale, effective le 15 septembre prochain, en est la preuve.

Si la téléconsultation prend de plus en plus de place dans le quotidien des patients, elle est également considérée comme un nouveau mode de communication par les médecins qui y voient une réelle opportunité pour la santé : moins de gestion pour plus de soins.

Téléconsultation : des avantages pour les médecins comme pour les patients


Pour la plupart des médecins, la démocratisation de la téléconsultation pourrait résoudre de nombreux problèmes identifiés dans les cabinets médicaux (libéraux ou non) : le temps d’attente est réduit, les consultations sont plus efficaces et l’accès au soin est plus facile. Pour le médecin, les avantages sont également non-négligeables : ceux-ci peuvent en effet réduire leurs déplacements, avoir plus de temps libre et augmenter leurs revenus.

Ainsi, la digitalisation de la consultation permet à des populations domiciliées dans des déserts médicaux, mais également aux expatriés ou aux vacanciers qui éprouvent des difficultés à trouver un médecin sur place (barrière de la langue etc.) de recouvrer un accès aux soins. Alors qu’en 2014, un Français sur deux n’allait pas chez le médecin (Selon une étude réalisée en 2014 par BVA/Orange/MNH), la mise en place de la téléconsultation a permis de commencer à faire chuter le taux de patients renonçant aux soins ainsi que le temps d’attente avant l’accès à une consultation.

Une relation patient – médecin inchangée


Pour les professionnels de la santé, la téléconsultation représente un moyen de contact différent mais ne met pas en danger la notion d’empathie : cette dernière ne disparaît pas à travers un écran. Elle permet de s’adapter aux nouveaux modes de vie, et crée plus de souplesse dans la relation médecin – patient en intégrant les nouvelles technologies. Ainsi, si le patient met plus de temps à exposer sa pathologie dans un cabinet, il s’exprime plus rapidement lors d’une téléconsultation et s’avère fréquemment plus précis dans la description de ses maux.

Enfin, il est nécessaire de notifier que la téléconsultation permet de conserver une très grande précision de la consultation du patient et ce, même à travers un écran. Dans 80% des cas, le médecin va pouvoir établir un diagnostic et délivrer une ordonnance si besoin. Grâce aux nouvelles technologies, le médecin peut zoomer sur la vidéo et celui-ci peut guider le patient ou un aidant si le diagnostic nécessite que le patient soit palpé.

Une organisation différente mais optimale

Souvent surchargés, les médecins se doivent d’organiser leur temps de travail. Si 46,7% des médecins (Etude réalisée par Hellocare en juillet 2018) estiment avoir un agenda plutôt équilibré, 40% restent encore chargés ou surchargés. La téléconsultation permet de répartir son temps de travail différemment : les médecins peuvent profiter d’une pause entre deux consultations physiques pour répondre à des appels de téléconsultation. S’ils le souhaitent également, ces professionnels peuvent consulter de chez eux et n’ont donc plus besoin de se déplacer. Sur une même plage horaire, ils pourront ainsi diagnostiquer plus de patients car moins de déplacement ou de gestion. A noter également qu’il est plus facile de remplacer un médecin en vacances grâce à la téléconsultation.

Il est intéressant de noter que, toujours d’après cette étude précédemment citée, 80 % de ceux qui pratiquent la téléconsultation sont des médecins généralistes et 16 % sont des spécialistes.

Grâce au remboursement des téléconsultations, les médecins vont ainsi pouvoir équiper leur cabinet d’une solution de télémédecine adaptée. Cet outil permettra d’assurer une certaine continuité dans le parcours de soins des patients. Dans la société et les modes de vie actuels, les patients se déplacent de moins en moins : la téléconsultation peut alors être une aide essentielle pour éviter des comportements parfois abusifs, comme le fait de téléphoner au médecin depuis leur domicile plutôt que de se déplacer au cabinet. Ce nouveau canal médical permet d’apporter plus de prévention, une facilité d’accès aux soins sans contrainte, pour tous, tout en étant remboursé.
ia


Par Loïc Winckelmans, fondateur de RETVIEWS


La capacité de l'humain à traiter des quantités massives d'information, ainsi que sa capacité à créer des structures cérébrales artificielles capables de reproduire nos raisonnements a, depuis quelques temps, ouvert le débat de la menace que représente l'intelligence artificielle sur le marché de l'emplois.

Avant de prendre position sur le caractère menaçant de ces avancées technologiques, prenons le temps de contextualiser et de définir certains éléments de réflexion.

Pas une réplique de l'intelligence humaine


Tout d'abord l'intelligence artificielle ne sera jamais, comme le suggère la science-fiction, une réplique exacte de l'intelligence humain. En effet, par construction même, les procédés d'apprentissage des machines sont construits pour apprendre à répliquer une intelligence processive, c'est à dire répéter une tâche précédemment réalisée et définie. En effet, les machines peuvent lire, conduire, regarder, calculer ou parler car elles apprennent de jeux de données dans lesquels ces activités ont déjà été réalisées. Jusqu'à preuve du contraire le raisonnement créatif, la capacité entrepreneuriale, le libre arbitre, la contradiction ou l'émotion ne sont pas assimilables par la machine.

Ensuite, précisons l'état actuel du marché de l'emplois. Le taux de chômage en France croit inébranlablement depuis plusieurs dizaines d'année. De plus, bien que la culture Française, monarchiste et révolutionnaire, se plaise à en responsabiliser nos gouvernements successifs, cette croissance est indiscutablement le résultat de facteurs structurels tels le manque de croissance économique en Europe ou l'inégalité de la formation.

Finalement, mentionnons que le taux d'emplois a pour fonction principale de contribuer au pouvoir d'achat du citoyen ainsi qu'à l'arsenal social du pays.


Source de croissance économique


Le développement actuel de l'intelligence artificielle est source de croissance économique et par conséquent de création d'emplois au sein de notre population. Bien sûr l'économie se mue, bien sûr les cycles de Kondratiev se succèdent et bien sûr les réticences au changement sous prétexte d'un équilibre passé, obsolète dans les faits mais rassurant dans les esprits, pénalisent à terme les civilisations n'embrassant pas le progrès. Nous avons en réalité que très peu de choix face à l'avènement de l'intelligence artificielle.

Ensuite, faisons l'introspection de notre système économique actuel. L'argument du Forsidme justifie depuis des dizaines d'années que des profils professionnels exécutent des tâches répétitives et processives. A tel point qu'une fois la première génération de robots développés, ces tâches soient remplaçables par ces derniers. Or, l'humain est lui-même une machine formidable, capable de créativité, d'inspiration, d'entrepreneuriat et d'émotions. Était-il vraiment nécessaire de réduire la majorité de son activité à une tâche processive et rébarbative, sous prétexte des arguments Fordistes et de la productivité. Quel échec de civilisation. Servons-nous de la révolution en cours comme catalyseur pour balayer l'idée que l'humain soit aliénable à des tâches robotisables. La prochaine économie se doit d'être une économie au sein de laquelle les intelligences humaines et artificielles excelleront chacune dans leurs domaines de prédilection.

Redéfinir les formes de notre économie


Enfin, l'essentiel de notre prise de position ne se situe pas dans l'adhésion ou non à l'intelligence artificielle mais dans l'utilisation de son potentiel pour redéfinir les formes de notre économie.  Investissons de manière décomplexée dans les perspectives de croissance économique liées à l'intelligence artificielle. Assumons que les emplois remplacés étaient de toute manière inadéquate à l'humain et réinvestissons les bénéfices de la croissance dans des modèles sociaux prônant plus de créativité, de liberté, de sécurité, de formation et d'accomplissement pour le citoyen. On pense par exemple au revenu universel ou à une quelconque redistribution de la richesse créée par l'intelligence artificielle. Le modèle de redistribution reste à définir ainsi que la compétitivité d'un système publique qui capture de la valeur dans une industrie en croissance au niveau mondial. Cependant ce combat offre la perspective de renouvellement de notre modèle social qui s'essouffle grandement.

En conclusion, l'intelligence artificielle est certainement menaçante pour une série d'emplois d'aujourd'hui. Elle est aussi une composante inévitable de nos économies futures ainsi qu'une chance fantastique, de créer de la croissance et de redéfinir notre système social. L'Europe à toujours exceller technologiquement et socialement à l'échelle mondiale. Travaillons à conserver cette réussite plutôt que de nous effrayer de ses nouveaux ingrédients. La carotte est trop belle.
CA Technologies dévoile les résultats, pour la France, d’une étude mondiale sur la confiance numérique. Cette étude baptisée « Etat Global de la Confiance Numérique » (Global State of Online Digital Trust), a été conduite par le cabinet Frost & Sullivan à la demande de CA Technologies.  Elle couvre à la fois un échantillon de consommateurs, de professionnels de la cybersécurité et de dirigeants d’entreprises, et a donné lieu à l’établissement d’un indice de la confiance numérique ou « Digital Trust Index ».

Les premières conclusions de l’étude sont très instructives pour les entreprises françaises : les consommateurs français n’ont qu’une confiance limitée envers les entreprises quand il s’agit de la protection de leurs données numériques. En effet, ces résultats vont dans le sens du premier bilan de la CNIL après l’entrée en vigueur du RGPD : au total, 742 violations de données ont été recensées par l’organisme public en seulement cinq mois.

Digital Trust Index ou Indice de Confiance Numérique


Le Digital Trust Index s’appuie sur différents indicateurs mesurant des facteurs clés liés au concept de confiance numérique, notamment : la volonté des consommateurs de partager des données personnelles avec des organisations ; leur perception du degré de protection de ces données ; et leur conviction que ces organisations vendent ou non leurs données à d’autres entreprises. Le résultat est un barème dégressif où 1 représente « aucune confiance » et 100 une « confiance totale ».

Les réponses montrent que l’Indice de confiance numérique français est de 58 points sur 100, soit plus que le Royaume-Uni (56) ; l’Allemagne (54) et l’Italie (57), mais moins que le niveau moyen constaté aux Etats-Unis et au Brésil (63). Ces scores suggèrent que les consommateurs français n’ont qu’une confiance marginale en la capacité à (ou en la volonté des) organisations de protéger intégralement leurs données.

À l'inverse, le score moyen des professionnels de la cybersécurité et des dirigeants d’entreprises est de 76, soit un écart de 18 points, ce qui signifie que leur appréciation de la confiance des consommateurs est très éloignée de la réalité.

Les entreprises françaises méritent-elles la confiance des consommateurs ?


Dans un contexte où des fuites de données majeures se succèdent aux dépens des entreprises et des organismes publics, la méfiance des consommateurs quant à la protection de leurs données personnelles en ligne n’a jamais été aussi prégnante.

« Pour établir des relations davantage empreintes de confiance, les organisations doivent redoubler d’efforts pour protéger leurs données des violations externes et internes. Elles doivent comprendre que la réussite dans l’économie numérique nécessite de traiter la sécurité comme une priorité – il s’agit même d’un des ingrédients essentiels au modèle d’usine logicielle moderne, qui répond aux enjeux de l’économie des applications. En effet, toute perte de confiance aura des répercussions à tous les niveaux de l’entreprise, ainsi que sur la perception des consommateurs », explique Marie-Benoîte Chesnais de CA Technologies.

enqueteCATechnologies

enqueteCATechnologies

enqueteCATechnologies

enqueteCATechnologies

enqueteCATechnologies


facebook


Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire défend aujourd'hui devant le Parlement européen un projet detaxation des géants du numérique. La France souhaite un accord avant la fin de l'année mais l'Allemagne reste réticente.

Petit à petit la taxation des géants d'internet, les fameux Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple auxquels on peut ajouter Microsoft), fait son chemin en Europe. Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire va défendre aujourd'hui devant le Parlement européen un projet en ce sens, avec l'idée que la mise en place de cette taxe de 3 % des revenus tirés de certaines activités (en particulier la publicité et la revente de données personnelles) n qui pourrait rapporter 5 à 9 milliards d'euros, soit effective d'ici la fin de l'année. «C'est une priorité absolue», affirme le ministre.

«Volonté politique»

M. Le Maire sera d'abord auditionné par les commissions de l'Economie et de la Taxation puis il participera à une consultation citoyenne avec la commissaire Margrethe Vestager, bête noire des GAFA dont certaines se sont vu infliger par elle des amendes records. Une lettre ouverte parachèvera la tournée de Bruno Le Maire qui affiche une détermination sans faille sur le sujet.

«Les palabres, ça suffit» dit Bruno Le Maire

«Ce n'est qu'une question de volonté politique, tous les problèmes techniques ont été réglés. Et tous ceux qui avancent à nouveau des obstacles techniques s'en servent de prétexte à leur absence de volonté politique», avait affirmé le ministre la semaine dernière. «Les discussions, ça suffit. Les palabres, ça suffit. Les prétextes, ça suffit. Il y a des millions de citoyens européens aujourd'hui qui attendent que les Etats et que les ministres des Finances prennent leur responsabilité», avait-il insisté, mettant notamment la pression sur l'Allemagne, très réticente à l'instauration d'une telle taxe qui reste juridiquement complexe et qui pourrait, selon Berlin, attirer les représailles des Etats-Unis…

Des experts du Conseil européen (représentant les 28 pays de l'Union européenne), co-législateur en la matière, ont ainsi mis en avant dans un rapport jeudi dernier plusieurs obstacles juridiques. Des arguments qui pourraient être exploités par les détracteurs de la taxe, censée mettre un coup d'arrêt à l'optimisation fiscale pratiquée avec maestria par les Gafa qui profitent de l'absence d'harmonie fiscale en Europe.

Alors que plusieurs scandales ont touché certains des Gafa ces derniers mois – comme Facebook avec l'affaire Cambridge Analityca – et que l'Europe a su leur imposer le RGPD (Règlement général pour la protection des données), l'idée de taxe portée par la France commence à avoir des soutiens : l'Autriche depuis la rentrée, mais aussi les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), le Luxembourg et les PaysBas.

L'Allemagne réticente

L'instauration de la taxe devant se faire à l'unanimité des 27, le soutien de l'Allemagne est obligatoire. Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz plaide pour une imposition minimale partout des bénéfices de multinationales. Nous avons besoin d'un taux d'imposition minimum valable dans le monde entier et dont aucun État ne puisse se soustraire», a déclaré dimanche le ministre social-démocrate, qui explique avoir lancé une initiative pour aider les États à réagir au dumping fiscal d'autres États, en s'appuyant sur les travaux de l'OCDE sur le sujet.

Bruno Le Maire n'y est pas opposé. «Je suis favorable à la proposition qu'a faite le ministre des Finances allemand Olaf Scholz. Mais ne rêvons pas, c'est pas demain la veille, donc en attendant, ce que je souhaite, c'est d'ici la fin de cette année décider sur la taxation des géants du numérique, déjà au niveau européen», a rétorqué Bruno Le Maire.


«Ne soyons plus des paradis fiscaux pour les Gafam»

L'idée d'une taxation des GAFA est-elle légitime ?
Christophe Alcantara, spécialiste de l'e-réputation, enseignant chercheur en sciences de l'information et de la communication – IDETCOM Université Toulouse 1.
: Bien évidemment et d'autant plus qu'aujourd'hui les Gafam ont fait des montages qui font que pour la plupart d'entre eux – Google en est l'exemple le plus flagrant – ils ont créé en France des filiales qui n'ont en réalité que des missions de conseil auprès de la maison-mère, ce qui leur permet en toute légalité d'expurger le chiffre d'affaires (CA) et le bénéficie qu'ils font en France pour présenter un CA minimaliste et donc un bénéfice minimal également. D'où un impôt sur les sociétés ridicule. Pour donner un ordre d'idées : en 2015-2016, Google a fait à peu près 25 milliards d'euros de CA, un profit de 5,5 milliards d'euros. On pense qu'en France, le CA a été de 1,7 milliard d'euros et Google n'a payé que 6,7 millions d'euros d'impôt sur les sociétés. Comme si c'était une belle PME ! Aujourd'hui, la légalité des régimes fiscaux européens permet à ces GAFAM de s'extraire totalement ou quasiment de l'impôt. S'il fallait être trivial, on pourrait dire que nous sommes pour eux des paradis fiscaux…
L'Allemagne, qui est réticente à l'idée de cette taxe, met en avant des représailles que pourraient prendre les Etats-Unis. Est-ce possible ? Non. ça, ce sont des actions de lobbys qui sont très puissants à Bruxelles. Bien évidemment les Gafam ne veulent pas se laisser faire à ce sujet et ils cherchent à lézarder, à créer des failles dans les relations entre les pays de l'Union européenne, car moins on est unis, moins on pèse. Les représailles seraient discutables et discutées dans la mesure où l'UE représente le premier marché rentable pour les Gafam. Quand vous avez 600 milions d'individus «rentables», vous comprendrez bien que vous allez négocier différemment que s'il n'y a qu'un pays de 60 milions d'habitants comme la France qui se bat tout seul. L'Allemagne est réticente mais il y a aussi les Irlandais qui ont fait du dumping fiscal le levier de leur modèle économique. Si les sièges sociaux des Gafam sont à Dublin, ce n'est pas pour la qualité de vie…
L'Europe ne pait-elle pas aussi son incapacité à avoir fait émerger des géants alternatifs aux Gafa ?
Je ne sais pas si l'enjeu est là. On met en place des écosystèmes pour faire émerger des géants, de l'innovation mais quand on applique une taxation, et qu'on réfléchit au niveau communautaire, il faut que tout le monde soit en phase. C'est là qu'on voit les limites politiques de l'UE, notamment dans deux univers régaliens : la défense et la fiscalité… Sur ces enjeux, il y a de vraies divergences entre pays. Nous sommes collectivement un géant économique mais un nain politique.


Le réseau social Facebook a activé son service Safety Check pour les inondations de l'aude. Toutes les personnes inscrites sur le réseau social et se trouvant dans l'Aude ou aux alentours peuvent cliquer sur un bouton de l'application ou du site Facebook pour dire "Je suis en sécurité" ou demander à ses amis qui se trouveraient dans lza zone sinistrée de se signaler.
Le réseau social permet également de lever des fonds en faveur des sinistrés et délivre de nombreux conseils sur une page dédiée accessible en cliquant ici.

Aide aux sinistrés

En 2017, Safety Check s'est doté d'une nouvelle fonctionnalité permettant d'offrir la possibilité aux utilisateurs de demander de l'aide ou de prêter main forte pendant une catastrophe. Cette nouvelle fonction a été inspirée par les membres de Facebook qui utilisaient le réseau social pour organiser l'aide aux personnes après des catastrophes telles que les inondations à Chennai, en Inde, à la fin 2015.
ia


Par William William Bailhache, vice-président régional EMEA Sud d’Alfresco

En France, plus de la moitié des ETI ont été touchées par des cyberattaques au cours de l’année passée. Pour se protéger, elles ont le choix entre de nouvelles innovations technologiques, parmi lesquelles l’Intelligence Artificielle. On peut légitimement se demander quel sera le rôle de l’Intelligence Artificielle (IA) dans la sécurité informatique des entreprises. Quels seront les déploiements nécessaires et quels avantages tireront-elles ? Et surtout, les entreprises sont-elles prêtes à confier la protection de leurs données sensibles à l’IA ?

Selon une étude du cabinet britannique Pwc de mars 2018, 54% des ETI française ont signalé une cyberattaque en 2017. Ce constat n’est pas propre à la France car 43% des entreprises anglaises ont également expérimenté une faille dans leur sécurité. Depuis la mise en place du règlement général sur la protection des données (RGPD) il n'a jamais été aussi vital pour les décideurs informatiques de disposer d’une visibilité et d’un contrôle complet de leur infrastructure IT. En effet, la nouvelle réglementation impose à toute organisation de signaler toute atteinte à la protection des données dans les 72 heures qui la suivent.

L'intelligence artificielle pourrait fournir un soutien supplémentaire face à ces cyberattaques et autres fuites de données. L'IA permettrait non seulement d’identifier et d’alerter en cas d’infractions, mais aussi de les prévenir en amont et de les analyser, à posteriori.

Le rôle potentiel de l’IA pour la sécurité d’entreprise


Depuis toujours l'Intelligence Artificielle cherche à reproduire ce qui caractérise le comportement humain. Ainsi, rapporté au contexte de sécurité d'entreprise, cela impliquerait l'automatisation de tâches fastidieuses, la prise de décision et, potentiellement, la reconnaissance faciale et vocale.

C'est plus particulièrement sur le traitement des données que l'IA peut avoir un impact singulier. La robotique peut analyser rapidement un nombre important de données à partir desquelles elle est capable de repérer des anomalies ou encore de signaler les menaces potentielles lorsque le trafic et les données s'écartent d’une norme standardisée.

Les machines apprennent à partir d’un ensemble de données croissant et, avec le temps, deviennent de plus en plus précises dans la détection d'anomalies. Aujourd’hui, le Machine Learning remplace une grande partie des tâches dites fastidieuses, et permet ainsi à l’IA, grâce à l’analyse des dites données, d’accompagner l’expertise humaine dans la prise de décision.

Une fois l'identification des risques simplifiée, les entreprises pourront allouer le temps de leurs équipes IT à d'autres actions à plus forte valeur ajoutée.

Les entreprises sont-elles prêtes à collaborer avec l’IA ?


En 2018, Alfresco a interrogé plus de 300 décideurs IT au Royaume-Uni et aux États-Unis afin de connaître leur opinion sur l'IA en matière de cyber-sécurité. Les résultats de cette étude montrent que pour 21 % d’entre eux, l'IA est arrivée à maturité et jouera un rôle important dans la sécurité des entreprises. A l’unanimité, 99% des DSI interrogés indiquent être prêts à accepter que l’IA prenne seule des mesures de sécurité et près d'un sur dix (8%) le font d’ailleurs d’ores et déjà.

Cette confiance avertie envers l’IA ne définit pas pour autant une pensée universelle, bien au contraire. Selon la dernière étude du cabinet de conseil américain BCG, 50% des actifs français interrogés s’attendent à un impact négatif de l’IA sur l’emploi. Se pose notamment la question de la déshumanisation du travail et de l’augmentation des inégalités.

L’implication de l’IA au sein des entreprises diffère selon les pays mais également selon la compréhension et la connaissance de ses impacts, surtout lorsqu’il s’agit de sécurité informatique. Le plus intéressant serait d’avoir un retour d’expérience des décideurs IT l’ayant déjà pleinement intégrée à leur système de sécurité. Les premiers cas d’étude ne devraient pas tarder à émerger.

Quelle orientation prendre pour les entreprises aujourd’hui ?


Les décideurs IT sont aujourd’hui curieux de comprendre comment l'Intelligence Artificielle pourrait les aider à améliorer davantage la cyber-sécurité de leur entreprise. Les projets sur lesquels ils pourront se baser pour initier cette transformation, seront ceux qui ont pour objectif de résoudre un problème spécifique.

L’IA est déjà présente à différents niveaux au sein des entreprises françaises, notamment sur la gestion des documents, ce n'est donc qu'une question de temps avant que cette dernière ne devienne une des composantes principales de la cyber-sécurité. Dans un premier temps, l’implication humaine sera nécessaire au bon développement de l’IA, laissant par la suite la possibilité aux équipes IT de se concentrer sur des tâches qui demandent une expertise professionnelle plus importante. La révolution est en marche…
EasyMile


Le réseau social professionnel LinkedIn vient de dévoiler son Top Startups 2018 qui répertorie les 25 startups les plus attractives en France.
"Comme toujours dans nos classements, nous avons étudié les données générées par les milliards d’actions des 16 millions de membres sur LinkedIn en France, 575 millions dans le monde. Nous nous sommes penchés sur quatre critères: la croissance des effectifs, les interactions sur la plateforme avec l’entreprise et ses employés, l’intérêt pour les offres d’emploi diffusées par la startup et enfin, sa capacité à attirer les talents parmi les grands groupes, ceux-là mêmes qui figurent dans notre autre classement phare LinkedIn Top Companies", explique le réseau.

Navette sans conducteur révolutionnaire

Dans ce Top 25 figure une société toulousaine : EasyMile. Celle-ci a conçu une navette sans conducteur EZ10 qui révolutionne la mobilité urbaine. Elle peut accueillir 15 passagers et circuler à 25 km/h.  85 circulent déjà à travers le monde (Chine, Dubaï, Etats-Unis…) transportant 320000 passagers sur 350000 km.
Easymile, qui vient de lever 6,5 millions d’euros, prévoit 40 recrutements sur les 12 prochains mois, notamment à Toulouse, Berlin et Denver.



Le 5 octobre 2017 démarrait l'affaire Weinstein, du nom de ce producteur phare d'Hollywood accusé de harcèlement et d'agressions sexuels et de viol par des centaines de femmes. Le 13 octobre suivant, en France, la journaliste Sandra Muller raconte sur Twitter comment un homme l’a agressée et elle exhorte les autres femmes à en faire de même en témoignant avec le hashtag #BalanceTonPorc.

"#BalanceTonPorc est lancé en plein pendant l’affaire Weinstein, 8 jours après le hashtag #MyHarveyWeinstein qui initie le mouvement. La version anglo-saxonne de #BalanceTonPorc ne tardera pas à naître sur Twitter, puisque deux jours après #BalanceTonPorc, l’actrice Alyssa Milano lance #Metoo", rappelle la socicété Visibrain, spécialisée dans la veille sur les réseaux sociaux.

Un an après ce mouvement mondial fde libération de la paroles des femmes, Visibrain tire justement  le bilan de #BalanceTonPorc sur Twitter. Le mouvement s'est traduit par :
- 931 240 tweets publiés sur #BalanceTonPorc et 18 millions pour sa version anglaise #MeToo
- 292 946 personnes ont utilisé ce hashtag dont 47% d’hommes
- l'utilisation de #BalanceTonPorc dans le monde entier


Une libération de la parole bien tangible


"En 2017 deux fois plus de tweets concernant les agressions et le harcèlement sexuel ont été publiés par rapport à 2016. L’analyse sémantique des messages publiés sur #BalanceTonPorc permet également de voir que des expressions fortes comme "main entre les jambes", "harcèlement sexuel", "agression" sont récurrentes. Le terme qui revient le plus souvent est celui de "plainte", cité dans plus de 45 000 tweets. Ce qui corrobore l'objectif initial du mouvement à savoir encourager les victimes de violences à parler et in fine à porter plainte", analyse Visibrain.

Le tweet le plus partagé sur #BalanceTonPorc (20 529 retweets et 10 511 likes) est celui d’une femme qui raconte l’agression dont elle a été victime et contre laquelle elle a porté plainte.



La parole libérée a donc mené jusqu’à l’action de porter plainte. Toutefois, en analysant bien cette déclaration sur Twitter nous apprenons que la police n’a pas donné suite à la déposition.

A l’instar du tweet ci-après, 1% des tweets publiés sur le hashtag #BalanceTonPorc, soit plus de 91 000 messages, dénoncent une « faille dans le système judiciaire français ».


Le soutien des hommes au mouvement


 47% des tweets publiés sur le hashtag #BalanceTonPorc ont été publiés par des hommes, a observé Visibrain. "La lutte contre les violences sexuelles est le combat de tous, nombreux sont les hommes qui l’ont compris et ont utilisé le hashtag pour témoigner leur soutien. Ci-dessous les tweets publiés par des hommes qui ont été les plus partagés sur Twitter."






creditcard



Par Adrien Perthame, direction du développement chez Yseulis, plateforme universelle de gestion des risques de change.

Depuis la crise financière de 2007, les banques doivent faire face à une déferlante numérique et une baisse drastique de leurs frais et de leurs commissions. Un des moteurs de cette déferlante sont les Fintech qui cherchent à  contourner le système bancaire classique et à séduire les consommateurs en proposant des nouveaux modes de collaboration plus modernes et plus attractifs.

Les Fintech et les banques sont-elles réellement des ennemis ? Une partie de la réponse a été donnée par le Parlement européen, qui s'est saisi du sujet, à travers la directive DSP2[1]. Entrée en vigueur le 13 janvier 2018, elle définit les conditions dans lesquelles des fintech peuvent se connecter aux comptes bancaires des consommateurs pour apporter leurs services, selon la méthode du screen scraping. Une réglementation qui a obligé les banques à se remettre en cause et à construire des API gratuites, il est vrai, pour le moment limitées aux comptes de paiement.

Seulement, les banques vivent sans difficultée depuis des décennies, sur leurs métiers de base qui sont les dépôts, les crédits, la protection, les paiements et le conseil financier. Qu'est ce qui a donc changé ? Nous avons d'un côté, les géants du numérique et de la télécommunication (Apple, Amazone, Orange...), et de l'autre, des fintech et tous deux viennent dévorer leur part de marché en proposant des services à coûts réduits et une nouvelle relation clientèle plus adaptée aux usages digitaux. Malgré cela, il faut comprendre que l'enjeu pour les banques n'est pas de changer de métier, mais de faire évoluer leurs procédures et services par l'innovation. C'est justement là la force des Fintech : elles ont su identifier les besoins et comprendre les nouveaux comportements. Grâce à leur flexibilité, elles avancent rapidement, dépassant même de vraies entreprises expertes, dans des domaines bien spécifique (courtage, placement financier, gestion des risques de change).

Danger avec les GAFA et BATX

Les fintech proposent donc à travers une réponse technologique, de nouvelles valeurs adaptées aux attentes et répondent à des cas d'usage. Mais l'objectif n'est pas de disrupter le milieu bancaire. Il est plutôt d'aider le client à avoir des meilleurs services à un coût moindre et de décupler l'efficacité des personnes réalisant des tâches d'exécution. Ces Fintech, pour la plupart, devront s'associer aux banques, car leurs structures ne leur permettent pas de devenir un seul et unique leader sur le marché. Or, face aux banques et aux Fintech, nous l'avons dit, se trouvent les GAFA et les BATX qui détruiront par leurs tailles et leur puissance financière les acteurs trop petits et ceux n'ayant pas su innover. Banques et fintech sont donc encouragées à lier des partenariats et échanges pour dessiner une nouvelle relation triangulaire “banques, clients, fintech”.

Un temps réticents, de plus en plus d'établissements financiers classiques voient le danger venir. La stratégie ayant changé, ils investissent dans l'innovation financière, en créant leur unité fintech, en rachetant un opérateur sur le marché ou en concluant des partenariats pour offrir des services spécialisés qu'ils ne pouvaient développer en interne. Il faudra donc que les banques infléchissent leur caractère universel pour se tourner vers l'agrégation de services tiers incarnée par les Fintech. Car au final, ce sont que par ces alliances que le premier concerné sera gagnant, c'est-à-dire le consommateur.


La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) appelle à la tenue d'un débat démocratique sur les nouveaux usages des caméras de vidéosurveillance. Combinées notamment à de puissants algorithmes de reconnaissance faciale, elles posent le problème des libertés publiques et d'un fichage généralisé.

Caméras-piétons équipant certaines forces de l'ordre, utilisation de terminaux mobiles de particuliers comme à Nice avec une application pour smartphone, systèmes de vidéo «intelligente» capables de détecter des situations anormales sur la voie publique, dispositifs de suivi et de reconnaissance d'individus à l'aide de données biométriques, reconnaissance faciale, etc. : la vidéosurveillance a connu ces dernières années non seulement un développement grandissant dans les villes et parfois dans des villages mais elle a aussi connu un bond technologique très important.

À telle enseigne que la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) vient de tirer la sonnette d'alarme en réclamant «la tenue d'un débat démocratique sur les nouveaux usages des caméras vidéo.»

«Ces technologies, sur lesquelles la CNIL est de plus en plus sollicitée, s'inscrivent dans une optique de prévention ou de répression des troubles à l'ordre public. La légitimité de cet objectif ne peut en tant que telle être contestée», assure l'autorité indépendante. «Mais ces dispositifs, qui s'articulent parfois avec des technologies de big data, soulèvent des enjeux importants pour les droits et libertés individuelles des citoyens. Le sentiment de surveillance renforcée, l'exploitation accrue et potentiellement à grande échelle de données personnelles, pour certaines sensibles (données biométriques), la restriction de la liberté d'aller et de venir anonymement, sont autant de problématiques essentielles pour le bon fonctionnement de notre société démocratique.»

Nouveau cadre juridique nécessaire

La CNIL constate combien le cadre juridique est dépassé face à cette nouvelle donne de la vidéosurveillance. «Le cadre juridique actuel (est) précis sur certaines technologies (caméras fixes, certains usages de caméras-piétons) et certaines finalités (visionnage «simple» d'images) (mais) n'apporte en revanche pas nécessairement de réponse appropriée à l'ensemble des techniques et usages nouveaux», explique l'autorité.

Avant même l'établissement de nouveaux garde-fous, le travail de contrôle est d'ores et déjà très important et les manquements nombreux. «Dans ses rapports d'activité annuels, la CNIL pointe chaque année les contrôles qu'elle a faits et les manquements au droit qu'elle a constatés. Elle pointe dans des proportions non négligeables des manquements au droit, que ce soit la formation des agents, la configuration précise des logiciels pour que les caméras ne filment pas les parties privées, la présence de panneaux indiquant qu'on est filmé, etc.», explique Laurent Mucchielli, sociologue directeur de recherches au CNRS.

«Il est aujourd'hui impératif que des garde-fous soient prévus afin d'encadrer les finalités pour lesquelles (les nouveaux dispositifs) peuvent être déployés et prévenir tout mésusage des données traitées par leur biais», estime ainsi la CNIL, qui appelle «à ce que le législateur puis le pouvoir réglementaire se saisissent de ces questions.»


Laurent Mucchielli, sociologue : «Un décalage important entre les promesses et les résultats»


La CNIL a-t-elle raison d'appeler à la tenue d'un débat démocratique sur les nouveaux usages des caméras vidéo ?

Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherche au CNRS. Laboratoire Méditerranéen de Sociologie (LAMES) - Oui. La CNIL est parfaitement dans son rôle. L'emploi de ces nouvelles technologies de surveillance se fait dans un enthousiasme et une crédulité quant à l'efficacité de ces technologies, qui mélangent également de la politique politicienne. Et il y a aussi des enjeux commerciaux et un coût très élevé et généralement pas expliqué voire dissimulé aux citoyens qui sont aussi des électeurs.

Dans vitre livre vous parlez de «bluff technologique».

Oui, je montre que dans la vidéosurveillance classique (enregistrement d'une part et détection en direct supposée d'autre part), il existe un décalage extrêmement important entre la promesse d'amélioration de notre sécurité quotidienne à tous et les résultats qui sont réels mais extrêmement faibles. Ils sont réels donc cela suffit à faire des communiqués de presse, de raconter des histoires. Mais quand on a une approche globale d'évaluation, et qu'on regarde les taux d'élucidations par les policiers ou les gendarmes, on s'aperçoit que c'est en fait très faible.

L'efficacité de la vidéosurveillance est souvent en débat. A-t-elle un effet dissuasif sur les délinquants ? Réduit-elle la délinquance sans la déplacer ?

La réponse est non. Avec mon livre, c'est la première fois qu'il y a une évaluation de la vidéosurveillance, indépendante des institutions, des marchands de caméras et des collectivités. Des villes m'ont confié des expertises, j'ai pu entrer dans les systèmes et obtenir des données jamais rendues publiques. Je l'ai fait dans une petite ville, une ville moyenne, une grande ville, en zone police et gendarmerie, dans des villes à gauche, au centre, à droite et le résultat est partout le même. La vidéosurveillance est utile dans un cas très limité de cas. Quant à la détection en direct elle est encore plus faible et en réalité l'observation en direct est détournée de la lutte contre la délinquance pour faire de la vidéoverbalisation de toutes les petites infractions routières du quotidien. Il ne m'appartient pas de dire si c'est légitime ou pas mais ce n'est pas pour cela que la vidéosurveillance a été vendue. Je montre enfin que la mode actuelle pour les industriels est de revenir dans les villes déjà équipées pour leur vendre la vidéosurveillance intelligente. La technologie n'est pas nouvelle – elle a été expérimentée aux États-Unis dès après les attentats de 2001 – mais les résultats sont tout aussi faibles. Et cela parce qu'elle ne fonctionne qu'avec les gens naïfs, des gens qui ne savent pas qu'ils sont observés, le menu fretin des petits délinquants pas très malins. En réalité, cette technologie ne marche jamais avec les délinquants organisés, ceux qui sont dangereux. Ces technologies sont pour eux un risque dont ils tiennent compte.

Si les élus sont trop fascinés par ces technologies, comment des garde-fous pourront être mis en place ?

On voit bien que les élus ne sont pas capables par eux-mêmes car ils font avant tout de la politique avec la vidéosurveilllance. Ils se désintéressent d'autres politiques de prévention de la délinquance et misent sur des caméras concrètes et faciles à installer. En faisant ça, ils se mettent eux-mêmes dans un cercle vicieux. Car avec les technologies de surveillance, on en fait toujours plus et on crée même la demande dans la population… Les garde-fous doivent être au niveau juridique avec des législations nationales et supranationales et avec les moyens de contrôle de leur application.

Auteur de Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance, E. Armand Collin. 232 p. 17,90 €


Gilles Ascionne
Par Gilles Ascionne, Directeur de la practice Change Enablement chez Avanade

Automatisation, données, intelligence artificielle : la transformation digitale redistribue les cartes des entreprises. L’accélération technologique met en valeur des méthodes collaboratives, basées sur une dynamique de groupe et sa capacité de s’auto-organiser. Parfois - à tort – on y entrevoit la disparition du manager, tandis que le vrai défi consiste à faire évoluer son rôle.

En 2016, Accenture réalisait une étude sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le management du futur. Ses conclusions étaient formelles : maîtriser les outils technologiques ne suffira pas. L’avantage ira aux managers ayant développé une véritable intelligence émotionnelle et qui font bien tout ce que les ordinateurs ne savent pas faire : établir et maintenir des relations interpersonnelles, motiver les gens et créer un lien émotionnel avec eux.

L’étude tirait aussi la sonnette d’alarme. Les managers reconnaissaient que l’automatisation et l’intelligence artificielle avaient le potentiel de les débarrasser enfin de fastidieuses tâches administratives (56%). Ils se considéraient prêts à utiliser ces nouveaux outils pour la partie de leur rôle liée à l’élaboration de la stratégie, l’innovation, le leadership, l’animation des communautés, le travail collaboratif. Cependant, près de la moitié d’entre eux (48%) ne jugeait pas les compétences interpersonnelles comme prioritaires dans leur travail pour mener et réussir les projets technologiques. La récente étude sur l’avenir de la workforce à l’ère de l’intelligence artificielle menée par McKinsey confirme cette vision et va plus loin : cette exigence s’appliquera jusqu’au top management qui devra mieux comprendre la révolution technologique pour orchestrer le changement induit par l’automatisation et l’IA.

La révolution managériale dans une entreprise agile


Face à la transformation technologique, le rôle du manager est double : il doit changer lui-même pour être à l’aise avec les nouveaux outils et les modes de fonctionnement associés, et accompagner ses équipes dans le changement. On peut regrouper ses défis en trois thèmes :


  • Construire et partager sa vision : Le manager de demain sera amené à s’interroger sur son rôle et ses responsabilités, sur les marges de manœuvre à accorder aux collaborateurs, sur l’usage des outils digitaux dans un but managérial. Pour motiver et récompenser ses équipes, il se reposera davantage sur sa capacité d’influence que sur des méthodes directives. En même temps, il devra être capable de déléguer davantage, y compris à travers des outils virtuels. Le manager de demain sera plus coach que chef.
  • Nourrir le travail collaboratif : Déjà aujourd’hui, les managers gèrent et à l’avenir seront amenés à gérer des collaborateurs de plus en plus autonomes, qui échangent des informations en temps réel, progressent et acquièrent des compétences sans que cela passe par le manager. Le travail à distance étant aussi en progression, les membres d’une équipe se trouvent parfois dans des pays différents et les managers doivent être à l’aise pour suivre leur activité via des outils digitaux, partager les documents à travers des outils collaboratifs ou le réseau social de l’entreprise, mener des réunions via Skype ou, qui sait, en réalité virtuelle, etc.  
  • Gérer des relations et partenariats : Ce qui est demandé aux nouveaux managers digitaux relève probablement plus que jamais d’ordre relationnel : la capacité d’anticiper et d’initier le changement, de bâtir des réseaux et des partenariats, de fonctionner en équipe, la volonté de responsabiliser davantage ses collaborateurs et trouver d’autres façons de les motiver, récompenser et développer leurs talents. Le digital pose aussi une question de confiance et de discernement : le manager devra savoir comment, jusqu’où et dans quelles conditions utiliser le virtuel et le collaboratif pour que cela soit gagnant pour l’entreprise et le collaborateur, par exemple, privilégier la rencontre pour les entretiens annuels.

Nouvelles valeurs, nouveaux objectifs, nouveaux KPI


De la même manière que l’intelligence artificielle nous interroge sur ce qui fait l’être humain unique, les nouvelles façons de travailler nous poussent vers une prise de conscience de l’Humain. Les managers de demain seront jugés sur leur créativité, leur capacité à expérimenter et apprendre de leurs erreurs, à travailler en équipe et partager les informations, à créer des alliances durables. Quels seraient les KPI pour mesurer le succès d’un manager dans ce nouvel environnement ? Par exemple, le nombre de personnes voulant travailler avec lui.



La transformation digitale passera nécessairement par l’émergence d’une nouvelle famille de managers digitaux qui, pour la réussir, devront démontrer leur leadership et commencer par devenir acteurs de leur propre transformation. Le plus grand bénéfice de l’accélération technologique sera la découverte du nouvel or de l’ère digitale : le temps long, l’empathie, la relation. Ils seront la révolution qui permettra à nos entreprises de se renouveler.
livebox


Alors que Free tarde à présenter sa Freebox V7 et que le marché des télécoms s'interroge sur une consolidation à 3 opérateurs plutôt qu'à 4 actuellement, Orange bouleverse ses offres pour l'internet fixe et le mobile. Avec un leitmotiv : une offre plus lisible avec davantage de services qui sera proposée aux clients dès jeudi 4 octobre.

Six offres mobiles, deux fixes

Orange proposera désormais six forfaits mobiles plus riches en data et répond ainsi à des besoins d’internet en constante augmentation (téléchargement d’applications, streaming, jeux,...). L'opérateur abandonne les noms Zen, Plazy et Jet pour des forfaits baptisés en fonction de leur quantité de data.

Sur le fixe, Orange passe de trois à deux offres : « Livebox Up » (42,99€/mois la première année et 47,99€/mois après) et  « Livebox » (36,99/mois la première année et 41,90€/mois après). En version Fibre, les débits sont améliorés respectivement jusqu’à 1Gb/s en descendant et jusqu’à 300 Mb/s en montant. Cette amélioration des débits est également offerte aux clients qui ont déjà des offres Fibre Orange, précise l'opérateur.

Enfin, la gamme Open, qui regroupe Internet et mobile, s’enrichit de nouveaux packs pour répondre aux attentes de tous les profils de foyers. Il est désormais possible de composer son « pack Open Up » sur la base d’une offre Internet « Livebox Up » en y associant  le forfait mobile Orange de son choix. Pour les foyers solo et les petits budgets, Orange propose aussi des « packs Open » plus généreux en data. Les clients Open ont toujours la possibilité d’ajouter jusqu’à 4 forfaits mobiles pour équiper à prix avantageux les membres de leur foyer.

Un nouveau décodeur et un répéteur Wifi

En lançant ses nouveaux forfaits, Orange lance également un nouveau décodeur. Le « décodeur TV UHD » propose l’ensemble des contenus de la TV d’Orange et est compatible avec la TV Ultra HD , le son home cinéma Dolby Atmos avec la Fibre et se connecte en wifi à la Livebox.
La télécommande est désormais Bluetooth et intègre un micro qui es prévu pour le futur assistant vocal d'Orange, Djingo.

Orange va proposer par ailleurs un répéteur wifi qui permettra d'étendre le signal de la Livebox dans les grandes maisons ou les grands appartements. Ce répéteur sera original puisqu'il prendra la forme d'un cadre photo numérique.

banque


La neo-banque toulousaine Morning qui totalise quelque 140 000 utilisateurs se développe et enrichit aujourd'hui son offre de service. Dès ce mercredi 3 octobre l’ensemble des utilisateurs de Morning Pay (sa principale offre incluant un compte et une carte de paiement) pourra souscrire à des assurances pour leur compte de paiement directement depuis l’application mobile disponible sur iOS, Android et Desktop.

Deux formules d'assurance

L’offre d’assurances Zen se décline en deux formules
- Zen Solo pour 9,90 €/an. Cette formule couvre l’utilisateur Morning contre la perte, le vol et l’utilisation frauduleuse de ses moyens de paiement et l’ensemble de ses documents officiels personnels.
- Zen Family pour 17,90 €/an. Cette formule est conçue pour protéger l’utilisateur Morning et l’ensemble de son foyer (conjoint, concubin, ou partenaire lié par un Pacte Civil de Solidarité, ainsi que ses enfants âgés de moins de 26 ans) contre la perte, le vol et l’utilisation frauduleuse de ses moyens de paiement et l’ensemble des documents officiels personnels de son foyer.
Ces offres d’assurance sont à souscrire sans engagement sous forme de paiement à l’usage : l’utilisateur paie uniquement ce qu’il a consommé, sans contrainte ni crainte d’être facturé pour des services dont il n’aurait pas l’utilité.
supercomputer


Par David Grout, Director Technical - PreSales, South EMEA de FireEye

Le sujet des infrastructures critiques est sur toutes les lèvres depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Au niveau politique, des règles de plus en plus strictes sont mises en place sur ce qu’on appelle en France les Systèmes d’Importance Vitales. Dans la presse, les attaques sur les industries sont également particulièrement mises en avant. Mais avant toute chose, il est important d’observer la réalité des faits afin de mieux comprendre les vrais enjeux et les potentiels risques.

Pour commencer, tentons de définir les milieux industriels sujets aux attaques dont on parle.

Le paysage des environnements industriels peut aujourd’hui être divisé en deux grands espaces : le monde d’hier et celui de demain. Le monde d’hier fait référence aux machines et aux infrastructures déployées il y a de nombreuses années et pour lesquelles la sécurité n’est qu’un vague mot. Le monde de demain, lui, représente la fameuse industrie 4.0 qui mettra en avant de nouveaux modèles de sécurité par le design et la conception, en tous les cas c’est ce que pouvons espérer. Comme vous l’avez compris, nous nous intéressons aujourd’hui au monde d’hier, étant la principale cible des cyber-attaques.

Plusieurs types de menaces

Les menaces envers ces environnements sont de plusieurs types et l’une des premières menaces détectées a été le risque de contamination d’un système IT vers un réseau OT, impactant l’ OT pourtant pas la cible d’origine. Il s’agit d’attaques sur réseaux industriels générées depuis le système informatique standard et qui touchent le système industriel presque par hasard. Ce risque existe mais ce n’est pas celui qui est le plus inquiétant. En effet, depuis quelques années, une course en avant amène les attaquants à viser plus bas et donc à viser réellement les composants des environnements industriels. Ce fut notamment le cas de Triton, qui est le cinquième malware publiquement connu et spécialisé dans le piratage d’équipements industriels dont le but est de provoquer d’importants dommages physiques dans une usine.

Un risque réel

On voit donc que le risque est réel et mérite une prise de conscience des entreprises. En effet, ce genre d’attaques peut avoir des impacts non maitrisés entrainant des dommages matériels voire humains. Dans le cas de Triton, les attaquants pouvaient forcer tous les systèmes de sécurité et de sureté, heureusement ils ont échoué dans leur démarche car ils n’avaient pas pris en compte certains types de matériels. Cependant, le risque reste fort car même en ne réussissant pas leur attaque ils peuvent à tout moment créer une réaction en chaine qui pourrait avoir des conséquences humaines.


Il paraît clair que les environnements industriels sont aujourd’hui des cibles et un enjeu géopolitique stratégique, la sécurisation et le durcissement législatif sont des atouts non négligeables dans le cycle d’améliorations de la sécurisation de ses actifs.

Savoir contre quoi l’on se protège et donc acquérir la connaissance des modes opératoires des attaquants devient clef pour les industries. Le matériel doit permettre d’investiguer et démasquer une attaque en cours, ce sont là deux challenges de l’industrie qui doivent être poussés par le public et le privé en même temps.

En résumé, ne tombons pas dans la paranoïa, mais bien comprendre et analyser les risques est clef pour pouvoir construire une sécurité et une résilience des systèmes adéquats. Les industriels doivent donc se concentrer sur ces éléments au plus vite afin d’assurer la sécurité de leurs systèmes.