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Par Arnaud Gallut, Directeur des Ventes Europe du sud, Ping Identity

Un responsable de la sécurité informatique chez un de nos grands clients nous a récemment fait part d’une réflexion qui nous a semblé particulièrement juste.

« Désormais, le Cloud est devenu le data center. Internet est devenu le réseau interne. L’identité est devenue le périmètre de sécurité, et tout terminal est devenu un terminal professionnel. »

Développons chacune de ces quatre affirmations pour en comprendre les implications.

#1 Le Cloud est devenu le data center


Sur ce premier point deux choses sautent immédiatement aux yeux. La première est qu’à moins de devoir satisfaire à des exigences réglementaires spécifiques, ou d’avoir une totale confiance dans la qualité et l’intérêt financier d’une solution matérielle et logicielle hébergée en interne, les offres cloud SaaS, PaaS ou IaaS actuelles sont devenues un choix évident pour les entreprises.

La seconde, encore plus importante, est qu’il n’est plus nécessaire de savoir où les services et applications des entreprises sont hébergées et qui les fait fonctionner. Peu importe que l’accès aux applications s’effectue via une instance MySQL en local ou MariaDB, une instance AWS Aurora MySQL, ou une base de données Azure pour MySQL.

#2 Internet est devenu le réseau


Tout devrait désormais être connecté et accessible. Les utilisateurs ne devraient plus avoir besoin d’être présents physiquement sur un site, ou d’utiliser un VPN pour accéder à des applications réservées à l’interne. Le modèle tripartite : Internet, DMZ, et réseau interne sécurisé protégé ne permet pas un accès n’importe où n’importe quand, et ne fonctionne pas bien lorsqu’il s’agit de connecter ensemble des applications et des services fonctionnant dans des environnements hybrides associant data centers internes et de multiples fournisseurs de services cloud.

Faire une confiance aveugle à toute application ou système installé derrière un firewall est aussi une mauvaise habitude. Dans un tel scénario, si une application est compromise, elle peut être utilisée comme base pour attaquer bien d’autres applications et systèmes. C’est exactement ce qui s’est produit lors de récents piratages majeurs.

Donc si l’on ne dispose pas d’un périmètre de défense capable de protéger des applications et ses données, que faire ? La troisième affirmation citée plus haut apporte la solution.

#3 L’identité est devenue le périmètre de sécurité


L’adoption (implicite) d’un environnement « zero trust » doit aujourd’hui s’imposer. Dans ce type d’environnement, tout a une identité propre : les utilisateurs, les applications, les services et les systèmes.

Il s’agit d’environnements incroyablement sécurisés et flexibles, dans lesquels chaque application et service est potentiellement accessible par tout le monde, quel que soit le lieu où ils sont hébergés : sur site, dans un cloud privé ou public. 

Cependant, cette flexibilité a un prix. Pour garantir un écosystème sécurisé, plusieurs éléments doivent être mis en place :

Les identités, qu’elles concernent des humains ou des applications, doivent être établies ou validées d’une manière sécurisée. Ceci peut être réalisé via une vérification d’identité, la délivrance sécurisée de certificats, le service d’identité d’Istio, etc. L’objectif est d’être sûr que l’individu ou l’objet est bien ce qu’il prétend être.

L’identité doit être authentifiée en toute sécurité solidement lors de l’exécution. Elle peut être réalisée via une authentification multifacteur (MFA), une authentification par certificat, un OAuth client secret, etc. Dans le cas d’une authentification multifacteur, il convient de s’assurer que le canal de récupération n’est pas identique pour les différents facteurs. En cas de fourniture d’identifiants à des services via devops, les identifiants ne doivent pas être stockés en clair, et l’ensemble du processus de livraison doit être sécurisé.

Les identités ne doivent pas risquer d’être volées ou divulguées. Elles sont généralement volées via des attaques dites de ‘credential stuffing’ au cours desquelles des bots utilisent des listes d’identifiants et mots de passe volés pour trouver et voler des identités. Ceci constitue un risque à prendre au sérieux : rn effet, la plupart des études montrent que ces attaques sont entre 2% et 3% efficaces. Ceci veut dire que si une entreprise possède plus de 50 comptes utilisateur, elle est potentiellement vulnérable.

L’authentification multifacteur peut prévenir des attaques de ‘credential stuffing’, mais n’empêchera pas automatiquement les utilisateurs de divulguer leurs identifiants via des attaques de ‘phishing’. Pour prévenir ce type d’attaques, des formations anti-phishing et l’adoption de la solution d’authentification multifacteur FIDO2 sont recommandées. FIDO2 prévient les attaques de ‘phishing’ en obligeant l’utilisateur à enregistrer au préalable tous les sites authentifiés. Elle n’acceptera ensuite que les demandes d’authentification provenant des sites enregistrés, bloquant ainsi tous les faux sites de ‘phishing’ qui tenteraient de récupérer de récolter vos mots de passe et code à usage unique (OTP) puis de prendre le contrôle de votre session utilisateur.

Un processus explicite d’autorisation d’accès doit intervenir entre deux points d’un système, quels qu’ils soient. Ceci s’applique aux utilisateurs, aux applications et aux services. L’autorisation doit être refusée par défaut sauf dans le cas d’une autorisation explicite stipulant que le demandeur, qu’il s’agisse d’un humain ou d’une application, est autorisé à accéder à ces données, à ce service ou à cette application.

Plutôt que s’appuyer uniquement sur des règles rigides et définies de façon statique, il est préférable de se tourner vers une solution alimentée par du machine learning, plus flexible, afin d’améliorer les processus d’authentification et d’autorisation. Ces solutions améliorent l’expérience utilisateur en supprimant des étapes d’authentification inutiles lorsqu’il existe une réelle certitude que l’utilisateur est bien celui qu’il prétend être. Elles peuvent aussi analyser les schémas d’accès pour détecter des botnets ou des piratages de données et ainsi refuser l’accès dans des cas où des règles statiques n’auraient rien bloqué.

#4 Tout terminal est devenu un terminal professionnel


La quatrième affirmation résulte directement des trois autres.

N’autoriser l’accès aux données et aux applications qu’à partir des terminaux de l’entreprise est un cauchemar en termes de management, et réduit la productivité des employés. Dans une économie 24/7, les employés doivent être capables d’accéder aux informations et applications en tous lieux et à partir de n’importe quel terminal.

Ceci ne veut pas dire que chaque terminal ne doit pas être validé pour s’assurer qu’il n’a pas été piraté. Les entreprises peuvent utiliser des solutions MDM ou CASB pour contrôler la diffusion des données. Pour des cas d’usages aussi bien grand public qu’en entreprise, l’analyse des données peut également aider à détecter des anomalies sur la base de facteurs tels que la géolocalisation et les schémas d’accès. L’objectif primordial est d’établir des processus de contrôle qui permettent aux équipes de sécurité de maîtriser tous les usages BYOD à la fois pour des cas d’utilisation professionnels ou grand public.

Des accès de n’importe où, n’importe quand, n’importe comment

En bref, les entreprises doivent inverser leur façon de penser. Au lieu d’essayer d’enfermer les applications et les données dans des coffres forts sécurisés, elles doivent en autoriser l’accès depuis n’importe où.

En adoptant une politique d’accès à n’importe quelles données, en tout lieu et à partir de n’importe quel terminal, ainsi qu’en mettant en place les procédures et les contrôles nécessaires pour en faire une réalité parfaitement sécurisée, les entreprises pourront améliorer le confort de travail de ses employés et accroître leur productivité. Elles pourront aussi disposer d’une infrastructure flexible qui leur permettra de s’adapter facilement à l’évolution rapide de leurs besoins et de leurs choix technologiques sans avoir à reconfigurer leurs systèmes.
5G


Avis d'expert d'Avira, spécialiste des solutions de sécurité

Préparez-vous à une avalanche de couverture médiatique sur la 5G : cette nouvelle génération de réseaux mobiles. La 5G, c'est quoi ? Comme son nom l'indique, c'est la 5e génération qui succède aux réseaux 3G et 4G qui alimentent probablement les données de vos appareils à l'instant même. Les premiers réseaux ont déjà fait leur apparition en Finlande, au Qatar et dans une poignée de villes américaines, pour ne citer que quelques lieux.

Les trois avantages principaux de la 5G ? Un plus grand débit pour les transferts de données, moins de latence donc des temps de réponse plus rapides et davantage de place pour que davantage d'appareils puissent s'y connecter. Pour y parvenir, les réseaux 5G prévoient d'utiliser des fréquences millimétriques, de créer un réseau dense de « petites cellules » pour la diffusion et la réception et d'avoir des logiciels pour activer les réseaux virtualisés dynamiques. Pour les promoteurs, c'est la meilleure chose qui nous soit arrivée depuis l'ère du téléphone sans fil et ils s'attendent à des changements conséquents pour les consommateurs, le secteur domotique, l'industrie et les transports.

Un grand bond en avant

Pour se faire une idée du débit comparatif entre plusieurs générations de réseaux, pensez au temps qu'il faut pour télécharger un film de 2 heures. Avec la 3G, cela prendrait environ 20 h, plus que 6 minutes en 4G, et seulement 3 petites secondes et demie avec la 5G. De même, alors que les réseaux 4G ont une latence moyenne d'environ 0,045 millisecondes, ce chiffre tombe à 0,001 millisecondes avec la 5G. Évidemment, en pratique, cela risque d'être moins rapide. Et puis la 5G coexistera encore avec les réseaux 4G actuels pendant quelques années au moins.

Haute fréquence, haute densité

Les réseaux 5G peuvent transférer des données ultra rapidement parce qu'ils utilisent des ondes radio à plus haute fréquence entre 28 et 39 GHz – et ils ont beaucoup d'espace pour fonctionner. Mais d'un autre côté, ces ondes radio ne se déplacent pas aussi aisément et sont facilement bloquées. Les opérateurs télécom devront donc créer des réseaux plus denses de cellules plus petites. Cela signifie également que les usagers urbains, qu'il s'agisse de particuliers, de sites de production ou des prochaines voitures autonomes, auront accès à la 5G bien avant les zones rurales.

Tout est dans le logiciel

Dans la 5G, il est plus question du logiciel que des câbles. Cela permet ainsi aux utilisateurs de former leurs connexions réseau préférées à l'aide de techniques, comme le network slicing et le beamforming. Au lieu de diffuser des signaux sans distinction autour d'un utilisateur de 5G, le réseau peut ainsi diriger le signal plus près de l'audience cible. Cette capacité à ajuster la couverture via un logiciel programmable pourrait ajouter au conflit qui oppose actuellement le gouvernement américain au fabricant chinois Huawei.

C'est ma (5e) génération

La plupart d'entre nous ne passeraient pas des heures à discuter des différences techniques entre réseaux. Mais, on se rappelle tous des possibilités technologiques que chaque génération nous a apportées – et les changements sont impressionnants.

Voici un tableau récapitulatif :
RéseauDateFonctionnalités
1GDébut des années 80Appel uniquement
2G1991SMS, MMS
3G1998Accès Internet, système de géolocalisation GPS, services basés sur la localisation, vidéo à la demande
4G2008Services de jeux, télé mobile HD, visioconférence, téléphonie sur IP
5G2019???

Oubliez donc les débats sur les différences techniques des réseaux. Rappelez-vous simplement de ce que vous avez ressenti la première fois que vous aviez un téléphone mobile qui pouvait rentrer dans la poche. Pensez à toutes les fois où vous avez pris un Uber pour aller à l'aéroport. À vos weekends passés à « binge-watcher » votre série préférée. Alors que la 5G est bientôt parmi nous, imaginez les changements qu'elle pourrait avoir sur votre vie personnelle, votre maison connectée, votre mobilité et votre emploi. On ne sait pas encore ce qui nous attend, mais une chose est sûre : cela va arriver rapidement.
europarlement
Le Parlement européen.


FireEye., le spécialiste de la sécurité réseau, a identifié des activités de cyber-espionnage de deux groupes de cyber-menaces russes ciblant plusieurs gouvernements européens en amont des élections à venir en 2019. Les activités observées, toujours en cours, se concentrent sur des états membres de l’OTAN et se sont intensifiées de manière significative depuis la mi-2018.

Organisations gouvernementales européennes et médias ciblés

FireEye pense que les deux groupes responsables de ces activités, « APT28 » et « Sandworm Team », sont tous deux sponsorisés par l’état russe. En plus du ciblage d’organisations gouvernementales européennes, les deux groupes ont également ciblé des organes de presse en France et en Allemagne, des groupes politiques d’opposition en Russie, et des organisations LGBT ayant des liens avec la Russie.

La méthode d’attaque initiale la plus couramment utilisée est le ‘spear phishing’ (harponnage), c’est à dire l’envoi d’emails à des cibles spécifiques les incitant à cliquer sur un lien ou un attachement malicieux, donnant accès à un document infecté ou un faux site web utilisé pour voler des mots de passe. Pour accroître leurs chances de succès, les attaquants enregistrent et utilisent des noms de domaine similaires à ceux qui sont régulièrement utilisés par leurs cibles. Par exemple, des cibles au sein de gouvernements européens ont reçu des emails contenant des liens menant des sites ressemblant à des sites gouvernementaux légitimes. Ils affichent également un expéditeur apparaissant comme légitime. Ces emails peuvent en outre inciter leurs cibles à cliquer sur un lien pour changer leur mot de passe, partageant ainsi leurs identifiants avec l’attaquant.

Les élections européennes créent une large surface d’attaques pour des hackers

"Les deux groupes peuvent essayer d’avoir accès aux réseaux ciblés afin de récolter des informations qui permettront à la Russie de prendre des décisions politiques plus efficaces, ou afin d’extraire des données qui pourraient nuire à un candidat ou un parti politique particulier en amont des élections européennes," a déclaré Benjamin Read, Senior Manager of Cyber Espionage Analysis chez FireEye. "Le lien entre cette activité et les élections européennes à venir doit encore être confirmé, mais les multiples systèmes de votation et partis politiques impliqués dans les élections créent une large surface d’attaques pour des hackers."
réunion


Selon une nouvelle étude de Sharp, les employés des PME françaises passent environ 25 heures par mois en réunion, tout en considérant que la plupart d'entre elles sont plutôt inefficaces : cela représente une perte d'environ 3 300 € par an et par employé pour les PME.

Improductives et ennuyeuses

85% des collaborateurs ont ainsi déclaré qu'ils estimaient être plus productifs à leur bureau, et 59% d'entre eux ont déclaré que ces réunions n'aboutissent généralement pas à une action ou à un résultat concret. Enfin, 56% des collaborateurs interrogés qualifient « d'ennuyeuses » la majorité des réunions auxquelles ils assistent.

Parmi les raisons avancées pour expliquer ce manque d'intérêt pour les réunions figurent le manque de variété et de flexibilité :
  • 83% des collaborateurs français déplorent que toutes les réunions adoptent la même structure, quel que soit le sujet,
  • 66% regrettent que certaines réunions se déroulent dans des salles inadéquates,
  • 71% déclarent que les réunions sont souvent trop formelles.

Equipements inadaptés

Autre problème qui transparaît dans les résultats de l'étude de Sharp : les outils technologiques mis à disposition des employés dans les salles de réunion sont trop souvent inadaptés ou obsolètes : 26% des collaborateurs travaillent encore sur papier, et 35% font leurs présentations sur paperboards ou tableaux blancs effaçables.

« Il est clair que les réunions inefficaces ne sont pas rentables et ont un impact financier pour les entreprises, commente le Dr Nigel Oseland, psychologue du travail. Les réunions de travail sont organisées pour de multiples raisons, et pour répondre à de multiples objectifs ; il faudrait donc que les collaborateurs puissent s'appuyer sur des espaces et des technologies différents en fonction de leurs besoins, plutôt que d'utiliser inlassablement les mêmes salles et les mêmes outils."

Parmi les autres raisons fréquemment évoquées pour expliquer le manque de productivité lors des réunions figurent également :
  • Le manque de partage d'information au préalable (30%),
  • Le fait de ne pas inviter seulement les participants nécessaires (31%)
  • Le nombre de participants trop élevé (26%).

Email, réseaux sociaux : en réunion, on s'occupe autrement

Comme les réunions n'inspirent pas les collaborateurs, il n'est pas surprenant que ces derniers préfèrent faire usage de leur temps pour des activités qu'ils estiment plus productives et plus utiles : 32% des collaborateurs avouent répondre à leurs mails en retard pendant les réunions, et 15% en profitent pour rédiger la liste de toutes les tâches qu'ils ont à réaliser.

Parmi les membres des générations Y et Z (les employés qui ont entre 18 et 34 ans), environ 29% d'entre eux avouent surveiller leurs réseaux sociaux pendant les réunions - alors que les collaborateurs de plus de 55 ans ne sont que 17% à faire la même chose. Les jeunes employés confessent également, pour 42% d'entre eux, envoyer régulièrement des messages à des amis, et pour 8% passer des commandes en ligne.

Un guide
Sharp a créé un guide pour aider à améliorer la productivité lors des réunions, en se basant sur les conseils du Dr Oseland. Ce guide gratuit intitulé Des réunions optimisées peut être téléchargé à partir du site www.sharp.fr/des-reunions-optimisees
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Portrait du traducteur, Laurent de Premierfait, de l'ouvrage, Des Cas des nobles hommes et femmes, de Jehan Bocace. Vers 1495. Wikipédia, CC BY-SA
Par Dimitri Garncarzyk, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3 – USPC


À la fin de l’année dernière, le programme DeepL a, grâce à l’intelligence artificielle (IA) et à l’apprentissage profond (deep learning), traduit en une douzaine d’heures seulement un ouvrage de théorie informatique de 800 pages.
S’il est légitime de s’interroger à cette occasion sur la possible concurrence entre l’homme et la machine sur le marché du travail intellectuel (comme on l’a déjà fait dans d’autres secteurs d’activité), le discours médiatique est très vite emphatique dès qu’il s’agit de relayer les avancées de l’IA. En l’occurrence, on a pu parler d’une « grosse râclée », expression qui préfère souligner la menace plutôt que l’exploit technologique, comme s’il était plus important de souligner la concurrence entre les traducteurs humains d’un côté et les concepteurs du programme de l’autre que de suggérer que l’humanité pourrait marquer là un point collectif.
Ailleurs, sous le titre « Traduction automatique, robots écrivains… voilà la littérature du futur ! » s’imagine un futur de plus en plus proche où, les humains étant dépossédés de leur créativité, l’otium studiosum propice à la traduction de la poésie ou à l’écriture des romans céderait sa place au désœuvrement et à la consommation passive des chefs-d’œuvre des IA. Et inversement, l’appel à la sobriété des spécialistes de l’IA eux-mêmes semble être devenu un genre en soi.
Les universitaires spécialistes des littératures étrangères sont, entre autres, des traducteurs. Nous avons dans notre cursus été formés à la traduction littéraire (à côté, et c’est important, d’autres pratiques, comme l’histoire culturelle ou le commentaire de texte) ; nous enseignons d’une manière ou d’une autre la traduction, nous publions des traductions sous une forme ou une autre, et c’est une activité que nous pratiquons aussi pour le plaisir.
Mais si nous sommes des professionnels de l’écrit, nous ne sommes pas, pour la plupart, des spécialistes de la traduction automatique. Une partie de l’inconfort lié à l’IA vient sans doute de cette relation asymétrique : le robot s’invite dans le champ de compétence d’experts humains et semble y exceller, alors que les experts humains du domaine concerné se sentent, eux, souvent incompétents pour parler du robot. Dans ce cas, l’IA est pour eux une boîte noire.
C’est cette relation ambiguë entre le traducteur et l’IA traductive que je voudrais explorer ici.

Trois raisons de s’inquiéter

Le traducteur littéraire est un professionnel de l’écrit parmi d’autres, et un bon point de départ pour comprendre de quoi les professionnels de l’écrit ont peur est l’article du Guardian, paru en février dernier, où Hannah Jane Parkinson décrit le frisson qui l’a saisie quand le logiciel expérimental GPT2 a composé un article de presse complet sur la base d’un paragraphe qu’elle avait écrit. Sa première réaction est ainsi :
(a) it turns out I am not the unique genius we all assumed me to be ; an actual machine can replicate my tone to a T ; (b) does anyone have any job openings ?
(a) Il semblerait que je ne sois pas, contrairement à ce que nous croyions tous, un génie unique : une simple machine peut reproduire mon style à la lettre ; (b) est-ce que quelqu’un recrute ?
  • Le point (a) décrit une blessure narcissique : alors qu’on admet traditionnellement que la créativité stylistique (le ton, le style) définissent des individualités littéraires, la machine (qui n’a a priori pas de personnalité) peut émuler assez facilement ce genre de qualités ; on retrouve là la crainte du « chômage créatif » exprimée dans l’article de Marianne cité plus haut.
  • Le point (b) évoque un chômage beaucoup plus littéral : les performances impressionnantes du robot-écrivain en font un candidat viable pour remplacer un certain nombre d’acteurs humains du secteur de l’écrit – journalistes, traducteurs ou écrivains.
  • Il existe, sur le cas de GPT2, un troisième problème (c), auquel H.J. Parkinson consacre la seconde moitié de son article : celui des fake news, puisque l’IA forge complètement ses citations et ses analyses. GPT2 sait écrire en anglais non seulement correctement, mais en reproduisant des habitudes stylistiques, ce qui est une des compétences de la journaliste ; en revanche, GPT2 ne sait pas vérifier ses sources et n’a pas de déontologie, ce qui sont d’autres compétences de la journaliste.
Pour résumer : l’activité de la journaliste met en œuvre un ensemble de compétences à des niveaux divers (linguistique, stylistique, cognitif, éthique), et l’IA est (très) performante sur un certaines d’entre elles (mais pas toutes) ; d’où la crainte, en partie justifiée, d’une concurrence créative et économique.

La concurrence économique de l’IA

La dimension économique de la concurrence de l’IA au travail humain est l’un des problèmes les plus immédiats et les plus sérieux ; c’est sur celui-ci que Sylvie Vandaele, professeur de traduction scientifique à l’Université de Montréal, conclut son analyse du phénomène.
L’inquiétude de S. Vandaele vient moins de la prise en main de la traduction-machine par le traducteur humain que de la dévaluation, en terme de reconnaissance professionnelle et financière, de sa compétence. C’est un cas particulier des conséquences économiques indésirables des progrès de l’IA que Kai-Fu Lee, par exemple, envisageait à l’échelle mondiale en 2017. En somme, la menace économique est la plus immédiate parce que la décision de remplacer le travail humain par le travail automatique peut être prise à court terme.
Sylvie Vandaele souligne aussi que le remplacement économique des traducteurs humains par les machines procéderait, entre autres, d’une incompréhension de la « complexité » de la traduction, c’est-à-dire de ce que représente l’expertise traductologique : en d’autres termes, la décision de remplacer précipitamment le travail humain par le travail machine négligerait certains facteurs, comme la compétence généralisée des travailleurs humains.

Blessure narcissique et généralisation abusive

Parce que les IA qui composent des textes (ou les traduisent) atteignent très rapidement des résultats coûteux (en temps et en effort cognitif) pour l’homme, on a spontanément tendance à les considérer comme des rivaux en termes de créativité linguistique. Il y a cependant, à en croire certains spécialistes de l’IA, de sérieuses raisons de considérer qu’il s’agit là d’une généralisation abusive.
Cette généralisation repose sur le malentendu de la boîte noire. Impressionnés par les résultats fulgurants de l’IA, nous lui prêtons les capacités qu’il faudrait à un humain pour atteindre les mêmes résultats avec la même efficacité. Ce faisant, nous négligeons que l’IA fonctionne d’une manière très différente de la cognition humaine, et que nous ne pouvons pas prêter aux machines nos propres processus mentaux : il faut donc ouvrir la boîte noire.
Rodney Brooks oppose ainsi l’expérience humaine du frisbee à ce que peut en dire une machine qui génère automatiquement des légendes pour des photographies (il commente les résultats présentés par cet article) :
« Supposons qu’une personne nous dise que telle photo représente des gens en train de jouer au frisbee dans un parc. Nous supposons spontanément que cette personne peut répondre à des questions comme “Quelle forme a un frisbee ?”, “À quelle distance en gros peut-on lancer un frisbee ?”, “Peut-on manger un frisbee ?”, “Un enfant de trois mois peut-il jouer au frisbee ?”, “Le temps qu’il fait aujourd’hui se prête-t-il bien à une partie de frisbee ?”
Les ordinateurs qui peuvent légender une image “Joueurs de frisbee dans un parc” n’ont aucune chance de répondre à ces questions. »
Impressionnés par la performance du logiciel, nous ne voyons pas, ajoute Rodney Brooks, ses limitations. Or l’IA en apprentissage profond a un domaine d’action très étroit ; elle est extrêmement performante sur des « champs clos », c’est-à-dire « un type de données extrêmement limité », dans les termes de Gary Marcus et Ernest Davis.
De manière plus imagée, Kai-Fu Lee propose de voir ces IA comme « des tableurs sous stéroïdes entraînés sur le big data, qui peuvent surpasser les humains sur une tâche donnée ». Une IA à qui l’on pourrait effectivement prêter des processus cognitifs humains serait une « IA généralisée », c’est-à-dire « un ordinateur doué d’une conscience de soi, capable de raisonner à partir du sens commun, d’acquérir des connaissances dans des domaines variés, d’exprimer et de comprendre les émotions, etc. ».
On est loin, en d’autres termes, des robots qui rêvent et écrivent spontanément de la poésie, parce que le traitement de données massives par la machine n’est pour l’instant pas comparable à l’expérience cognitive du monde par l’homme. Si la concurrence économique est un problème immédiat, la concurrence existentielle n’est pas encore là.

Une distinction fondamentale : performance vs compétence

Ouvrir la boîte noire permet ainsi de mettre le doigt sur la distinction fondamentale entre performance et compétence. On pourra difficilement contester qu’une IA qui traduit 800 pages en quelques heures soit performante, et même beaucoup plus performante qu’un humain (ou même une équipe de traducteurs humains) ; on peut douter, en revanche, qu’elle soit vraiment compétente : c’est un argument fondamental dans les appels à la sobriété de spécialistes de l’IA comme Rodney Brooks.
Pour revenir à l’exemple de ce dernier : l’humain est compétent pour parler du frisbee ; pas la machine. En termes de philosophie de l’esprit : l’humain, pour parler comme Umberto Eco, possède un « type cognitif » du frisbee dans son « encyclopédie » personnelle. L’IA qui a impressionné H.J. Parkinson du Guardian est performante pour reproduire le style de la journaliste, mais elle n’est pas compétente pour remplacer la journaliste, parce que l’IA ne sait pas distinguer une information sourcée ou une citation authentique d’une fake news ou d’un propos forgé. Bref, il manque aux IA un ensemble très diversifié de compétences (qui sont liées à d’autres dimensions de la cognition humaine, comme notre affinité pour le vrai) pour se substituer globalement à l’humain.
C’est, entre autres, cette compétence généralisée des travailleurs humains qui fournit la base de l’argument de Sylvie Vandaele pour défendre la traduction humaine. Outre le fait que l’IA elle-même est le produit de la compétence des informaticiens et linguistes qui ont travaillé à son élaboration, l’expertise traductologique humaine a été convoquée à toutes les étapes du processus automatique :
  • en amont du processus, il a notamment fallu élaborer « un dictionnaire de 200 termes spécifiques » des domaines mathématiques et informatiques, ce qui suppose une maîtrise a priori du texte-source et des deux langues, pour introduire dans sa traduction cohérence et continuité au niveau du lexique le plus technique ;
  • pendant le processus lui-même, la machine travaille et « apprend » grâce à la compilation d’un impressionnant corpus de référence constitué de textes rédigés et traduits par l’homme. L’apprentissage profond est avant tout l’interprétation statistique d’un vaste échantillon du travail humain : sans cette masse de données, dont la qualité (et donc la compétence de ses auteurs humains) détermine la performance de la machine, l’IA ne serait pas aussi performante ; comme l’explique l’un des concepteurs du logiciel : « La performance de Deepl tient à son corpus très bien traduit ».
  • en aval du processus, il a fallu relire et corriger la traduction pour la valider définitivement, ce qui est un processus standard aussi pour la traduction humaine. Il a notamment fallu ajuster la ponctuation et « élargir le contexte ». Quoique ces modifications soit présentées comme « marginales », elles sont révélatrices : la ponctuation rythme le texte et, en fluidifiant la lecture, facilite son assimilation par le lecteur ; la notion vague de contexte renvoie, encore une fois, au fonctionnement « encyclopédique » (U. Eco) de la connaissance humaine. En d’autres termes, il a fallu réajuster le produit du travail machine pour qu’il s’insère au mieux dans le rythme et l’univers cognitifs humains, ce que l’IA est incapable d’évaluer.

Conclusion provisoire

Pour résumer : la compétence de la machine est, quand on ouvre la boîte noire, d’une nature différente de la compétence humaine ; et la performance de la machine repose, en dernière analyse, sur la compilation des produits de la compétence humaine. Le danger vient moins d’une concurrence existentielle immédiate d’une IA qui est très loin d’être généralisée que de décisions économiques… qui seront prises par des hommes.The Conversation

Dimitri Garncarzyk, agrégé de lettres modernes, docteur en littératures comparées (10e section CNU), Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3 – USPC
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
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À deux mois des élections européennes, et alors que la presse a publié vendredi 22 mars une tribune appelant les eurodéputés à voter la directive sur les droits voisins, un sondage Harris Interactive montre que les citoyens européens attendent de l’Union européenne une réglementation plus stricte concernant les géants de la tech comme Google et Facebook.

Dans le cadre de ce sondage, 6 600 personnes ont été interrogées en France, Allemagne, Pologne, Espagne, Italie, République tchèque, Grèce et Roumanie.

Demande de garde-fous

D’après les résultats, une grande majorité des Européens (64%) estime que le Parlement européen n’a pas fait le nécessaire, durant son dernier mandat, pour réguler les pratiques des géants de la tech. Alors qu’un vote crucial concernant la directive européenne sur le droit d’auteur devrait se tenir le 26 mars à 12h30, les répondants veulent que l’UE mette en place des garde-fous obligeant les grandes entreprises du numérique à rémunérer équitablement la diffusion des créations sur les plateformes.



Pour 74 % des Européens, lorsque les géants de la tech s’expriment sur un sujet, ils le font pour protéger leurs propres intérêts économiques et non dans l’intérêt public.

Enfin, 80 % des Européens sont favorables à l’application, par l’Union européenne, de règles garantissant la rémunération des artistes et des créateurs de contenus dans le cadre de la diffusion de leurs œuvres sur les plateformes Internet.

Un message fort envoyé aux eurodéputés


"Les résultats du sondage montrent que les Européens se soucient du fait que les créateurs soient rémunérés équitablement par les grandes plateformes en ligne. À une semaine d’un vote capital sur la directive sur le droit d’auteur, cette large majorité envoie un message fort aux membres du Parlement européen", explique Jean-Daniel Lévy, chef du service Opinion d'Harris interactive.

"Malgré la méfiance des Européens vis-à-vis des géants américains du Web, l’influence de ces derniers se fait clairement sentir, alors que le Parlement européen s’apprête à voter la version finale de la directive sur le droit d’auteur. Un vote en faveur de son adoption pourrait encore changer l’opinion publique sur l’impuissance du Parlement durant ce mandat, avant les élections."
eutelsat
Crédit photo : Eutelsat.


Confirmant son engagement au sein du plan France Très Haut Débit, Eutelsat Communications (l'un des plus grands opérateurs de satellites au monde) s'est félicité ce 22 mars de l’ouverture du « guichet de cohésion numérique » lancé par le Premier ministre Edouard Philippe à Mirande dans le Gers.

L’Internet par satellite pour l’aménagement numérique des territoires

L’Internet par satellite apporte une réponse concrète à l’isolement de certains territoires. Cette solution est immédiatement disponible pour les utilisateurs et collectivités qui disposent d’un accès limité, voire inexistant, à l’Internet haut débit par les réseaux terrestres.

En décembre 2017, le plan « France Très Haut Débit » actait officiellement le dispositif « Cohésion numérique » pour soutenir financièrement l’installation d’équipements de réception d’Internet par satellite ou réseaux hertziens. Cette aide, à hauteur de 150 euros par foyer, vise à répondre à l’objectif du « bon haut débit pour tous » en 2020. Le guichet, qui a été ouvert officiellement ce 22 mars, donne accès aux offres d’Internet par satellite distribuées par les partenaires d’Eutelsat, Europasat et Nordnet (filiale d’Orange). Dès aujourd’hui, ces offres permettent ainsi de disposer, sur 100% du territoire métropolitain, d’un accès Internet de plus de 16 Mbit/s (et jusqu’à 50 Mbit/s), et ce, pour une trentaine d’euros par mois.

Deux programmes satellitaires de grande envergure en cours de construction


Eutelsat poursuit son engagement en faveur de l’inclusion numérique à travers le développement de deux programmes satellitaires majeurs, KONNECT et KONNECT VHTS, permettant d’accompagner les besoins croissants des usages liés au numérique. Construit par Thales Alenia Space, le satellite KONNECT sera lancé avant la fin de l’année 2019 et permettra d’apporter un très haut débit pour tous à des prix comparables aux offres des réseaux terrestres. En 2022, Eutelsat franchira un nouveau palier avec l’arrivée du satellite KONNECT VHTS, le plus puissant satellite de télécommunications jamais mis en orbite. Premier opérateur français des réseaux fixe et mobile, Orange a conclu en avril 2018 avec Eutelsat un accord pour renforcer ses offres d’accès au très haut débit dans les zones rurales, en intégrant des services d’accès à Internet opérés sur KONNECT VHTS.

Rodolphe Belmer, Directeur général d’Eutelsat, a déclaré à cette occasion : « L’ambition de notre Groupe est de jouer un rôle actif dans l’inclusion numérique en France métropolitaine, en Europe et au-delà. L’impulsion donnée par le Gouvernement aujourd’hui confirme l’importance du mix technologique, au sein duquel le satellite est incontournable, pour ne laisser aucun foyer sans solution internet de qualité. La connectivité représente un pilier important de notre stratégie et nous mettons en œuvre pour cela des accords durables qui s’appuient sur des partenaires spécialisés et des opérateurs de télécommunications de grande envergure. »
orange


Depuis la ville de Mirande (Gers) et en présence du Premier ministre Edouard Philippe, Stéphane Richard, le PDG d’Orange, a annoncé ce 22 mars que le Groupe a désormais franchi le cap des 10 millions de prises en fibre optique FTTH construites par les équipes d’Orange en France. Orange a atteint ce seuil important à Mirande dans le cadre du projet public, cofinancé par la Région et l’État, lancé à l’initiative du département du Gers sous la présidence de Philippe Martin.

400 000 prises neuves en 2019 en Occitanie

Les déploiements en fibre optique sur les zones les moins denses accélèrent notamment grâce à Orange qui a construit plus de 70% du réseau de fibre en France. Dans la région Occitanie, Orange produira plus de 400 000 prises neuves en 2019, majoritairement déployées en zone rurale (zones AMII et RIP).

Outre une accélération de ses propres déploiements, Orange soutient les déploiements de fibre optique des autres opérateurs en proposant des offres commerciales sur leur réseau. Ainsi, près de 12 millions de logements et locaux professionnels peuvent aujourd’hui souscrire à La fibre d’Orange. Ce soutien du Groupe aux déploiements de la fibre optique en France vient encore de marquer une nouvelle étape en début de ce mois, avec l’annonce de l’arrivée de La Fibre d’Orange sur tous les réseaux d’initiative publique, qu’ils soient ou non opérés par Orange.

15 000 heures d’insertion

La construction de ce réseau contribue également  à proposer des programmes de formation et de l’insertion sociale à destination des publics éloignés de l’emploi. Les métiers de techniciens qui déploient la fibre optique ou de techniciens des bureaux d’étude représentent ainsi plus de 15 000 heures d’insertion.

« Orange est très fier d’apporter une contribution décisive à l’aménagement numérique du territoire. Ce sont désormais plus de 10 millions de logements et locaux commerciaux qui ont accès à la fibre partout en France grâce aux efforts de déploiement d’Orange, ce qui correspond à 70% des lignes déployées sur le territoire national. Nous allons bien sûr continuer à travailler main dans la main avec les collectivités pour atteindre nos objectifs ambitieux, » Stéphane Richard, Président-Directeur Général d’Orange.
presse


C'est la dernière ligne droite pour la directive européenne sur les droits d'auteur. Après plus de trois ans de débats marqués par un intense lobbying des géants du web – Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft (GAFAM) – le Parlement européen doit voter cette directive les 26 ou 27 mars. Depuis plusieurs mois, ces géants du net s'opposent aux articles 11 et 13 de la directive, votée une première fois le 12 décembre dernier par le Parlement. Pour rappel, l'article 11 a introduit un «droit voisin» qui permettra aux journaux, aux magazines et aux agences de presse d'être rémunérés lorsque leurs articles sont republiés en ligne, notamment par les géants du numérique comme Google et son service d'agrégation d'articles Google News. L'article 13, quant à lui, prévoit d'obliger les plateformes (YouTube, etc.) à filtrer automatiquement les contenus mis en ligne a priori, c'est-à-dire avant même qu'ils ne soient visibles par les autres internautes.4

À quelques jours du vote et face aux campagnes des GAFAM, les éditeurs de presse d'Europe se mobilisent en publiant aujourd'hui une tribune en faveur de la directive intitulée « Défendre les internautes c'est leur donner accès à une information libre et diversifiée ». En France, le texte a été signé par 70 titres membres de l'Alliance de la presse d'information générale, présidée par Jean-Michel Baylet, PDG du Groupe La Dépêche.

« Défendre les internautes c'est leur donner accès à une information libre et diversifiée »

"Depuis des mois, la menace est relayée sur tous les réseaux sociaux : si la directive européenne sur le droit d'auteur était adoptée, c'en serait fini de la liberté de l'internet. Les internautes n'auraient plus accès à la gratuité des services. La création, l'information seraient étouffées pour laisser place à la censure. Nous perdrions ce qui a pris une place centrale dans nos vies : un internet libre et d'une richesse illimitée. Perspective terrifiante… Relayée par des dizaines de milliers de sites, une pétition au titre comminatoire «Sauvez internet» circule. Qui ne se battrait pas pour une telle cause ?
Et pourtant, force est de constater que toutes ces affirmations péremptoires relèvent de l'une des plus intenses campagnes de désinformation jamais organisée. Les internautes devront-ils désormais payer pour accéder à Internet et échanger des fichiers ? Non. La directive le dit clairement. Seules les plateformes qui engrangent des revenus considérables devront rémunérer médias, artistes et auteurs.
Vont-elles être ruinées au point de ne plus pouvoir opérer ? Loin de là : grâce à leur position ultra dominante, les deux plus grandes plateformes américaines siphonnent aujourd'hui près de 80 % des revenus publicitaires sur Internet. Des dizaines de milliards de dollars par an. Payer quelques centaines de millions aux producteurs de contenus ne signera pas leur arrêt de mort, pas plus que d'acquitter un minimum d'impôts en Europe.
C'est d'ailleurs ce que font toutes les autres entreprises qui distribuent des contenus : elles paient ceux qui les produisent.
Autre fake news colportée par les lobbies, la directive engendrerait la censure. Un comble quand on sait que des journalistes ont payé de leur vie leur combat contre la censure. Si des articles, ou des chansons disparaissent du web, ce sera le seul choix des grandes plateformes. Aujourd'hui elles menacent clairement les médias et les artistes de le faire. Et ce pour une seule et unique raison : elles ne veulent pas les rémunérer.
La menace n'est pas théorique. Par le passé, un grand moteur de recherche a brièvement «déréférencé» les médias d'un pays européen qui réclamaient leur dû. Ils ont dû capituler pour continuer à exister sur Internet. Plus récemment Wikipedia Italie a fermé à la veille d'un vote du parlement européen sur la directive en septembre dernier pour «montrer» aux internautes à quoi ressemblerait le monde né de la directive. Intimidation étrange : Wikipedia n'est pas concerné par le texte de l'UE.
C'est précisément pour éviter de tels scénarios que les Etats de l'UE s'unissent. Il va être plus compliqué pour les géants du net de déréférencer les médias de quelque 500 millions d'Européens. L'UE est un marché dont ils ne peuvent pas se passer.
Il existe un vrai risque de censure : celui qui naîtrait d'un monde sans la directive. Où toutes les recettes continueraient à aller aux plateformes, privant petit à petit les médias de tout moyen de subsistance. Ce monde existe déjà : des dizaines de journaux ont mis la clé sous la porte. Et la démocratie est clairement menacée.
Oui l'internaute a besoin d'une presse pluraliste et libre. Oui il a besoin d'être protégé contre les fake news, les tentatives d'instrumentalisation de l'opinion, la propagande des Etats, des lobbies économiques et des trolls. Oui enfin il a besoin d'une démocratie vivante. Mais pour cela, il faut des médias indépendants et critiques qui puissent vivre de leur travail. L'adoption de cette directive est une question de vie ou de mort pour les médias et de survie pour beaucoup d'artistes et d'auteurs.
C'est aussi une question de survie pour un internet riche et diversifié, où l'information et la culture ont toute leur place."


La liste des signataires

Austria
APA Clemens Pig President and CEO of APA - Austrian Press Agency
President of Group39 - Independet European News Agencies Vice-President of Keystone-SDA, Suisse News Agency Member of the Board of Directors of MINDS International Member of the Supervisory Board of Austrian Association of Cooperatives
Austria MediaManager of the Year 2018
Der Standard Oscar Bronner Publisher, Der Standard
Kurier Helmut Brandstätter Editorialist (Austria)
Eva Pfisterer General Secretary of the Austrian European Journalists (AEJ)
Belgium
Belga News Agency Patrick Lacroix CEO
Het Nieuwsblad/De Gentenaar Liesbeth Van Impe Editor-in-chief Het Nieuwsblad/De Gentenaar
La Dernière Heure Jean-Marc Gheraille Editor-in-Chief, La Dernière Heure.
Le Soir Alain Lallemand Reporter at large, Le Soir (Belgium), Lorenzo Natali Prize 2000, Sigma Delta Chi Awards 2002 and 2007. Co-founder and administrator, European Investigative Networks (EIC).
Libre Belgique (la)  Dorian de Meeûs Editor-in-Chief, La Libre Belgique
Libre Belgique (la) Christophe Lamfalussy Senior Correspondent, La Libre Belgique; laureate of the ‘Prix Dexia du journalisme’. Co-author of ‘Molenbeek-sur-Djihad’.
Press Club Brussels Europe Labaki Maroun Former head of world desk at Le Soir, president of Press Club Brussels Europe.
RTL Be Christophe Giltay Grand Reporter à RTL - TVI  Carte de presse belge N° : F03543
RTL Be Jean-Pierre Martin Reporter at large since 1984 for RTL Belgique . Has covered the main conflicts in the world during the last 30 years. He works more specifically on Middle East and Central Africa and the year he spent in 1994 in Rwanda left its mark on him.
Bulgaria
24 chasa Georgi Milkov Special foreign correspondent of 24 chasa
Capital.bg Rumiana  Chervenkova Editor-in-chief of the economic information website capital.bg
magazine Club Z Veselin Zhelev Commentateur politique du magazine Club Z
Sega Daily Svetsolav Terziev Analyst for The Sega Daily, PhD in Journalism, professor in Journalism at the University of Sofia and the Institute of Economy of Sofia, shortlisted laureate for the European Press Prize 2015

Croatia
Croatian News Agency Hina Damir Hainski Board Adviser
Croatia membre du Conseil EU Journalis mfund.eu Sasa Lekovic Free lance investigative reporter, editor and trainer & media consultant; Investigative Journalism Center president; EU Journalismfund.eu Advisory Board member
Cyprus
Athens News Agency Aristidis Viketos correspondence of the Athens News Agency
Department of Politis newspaper and Union of Cyprus Journalists Giannis Seitanides Chief editor of Economic Department of Politis newspaper, treasurer of the Union of Cyprus Journalists
OMEGA TV Christos Georgiou Chief editor at OMEGA TV
Phileleftheros newspaper and Union of Cyprus Journalists Lenia  Karatzia Journalist at Phileleftheros newspaper, vice president of the Union of Cyprus Journalists
Politis Katia Savva Editor, Politis Newspaper; winner of the Cyprus News Agency Award 2017; awarded an Honorary Distinction by the Cypriot NGO AWARE as part of its ‘Respect - Accept – Integrate' campaign on asylum, migration and integration.
Sigma TV et PDG de Dias group Chrysanthos Tsouroullis Editor-in-chief of Sigma TV and CEO of Dias group.
Simerini,  " 24Hours" and member of the Committee of the Union of Cyprus Journalists.  Marios Demetriou Reporter for daily newspaper Simerini. columnist for the weekly newspaper " 24Hours" and member of the Committee of the Union of Cyprus Journalists.
Union of Cyprus Journalists Christos Christophides General secretary of the Union of Cyprus Journalists
Union of Cyprus Journalists George Frangos President of the Union of Cyprus Journalists
Union of Cyprus Journalists Andreas Riris Member of the Board of Directors of the Union of Cyprus Journalists.
Union of Cyprus Journalists Anna Georgiou Petrou Secretary at the Union of Cyprus Journalists
Union of Cyprus Journalists Vera  Michael Secretary at the Union of Cyprus Journalists
Chloé Emmanouilidis Freelance Journalist
George Theodoulou Freelance journalist
Elena Stavrou Freelance journalist
Marilena Mardapitta Unemployed journalist


Czech Republic
CTK Radka  Markova Editor-in-chief Czech News Agency (CTK), Journalist Quail 2003 (dedicated to outstanding Czech journalists below 33)
Sport (daily) and isport.cz Lukas Tomek editor-in-chief
Blesk (daily) and Aha! (daily) Radek Lain Editor-in-chief 
CTK Czeck News Agency Majstr Jiri President
Czech Radio Lucie  Vopalenska Czech Radio journalist, Ferdinand Peroutka Prize 1998
Czech television Jakub Szanto Middle East reporter for Czech Television in 2013-2018, Ferdinand Peroutka Prize 2017
Denik (daily) Roman Gallo Editor-in-chief
Digizone.cz Filip Rozanek Editor-in-chief
Flowee.cz, Zdenek Strnad editor-in-chief
iDNES.cz Frantisek Strnad Editor
Info.cz Michal Pur Editor-in-chief
Lidove noviny (daily) and www.lidovky.cz  Veselin Vackov Editor-in-chief
Denmark
President of the European Federation of Journalists (EFJ) Mogens Blicher Bjerregård President
Ritzau news agency Lars Vesterløkke Chefredaktør/adm. direktør,

France
AISNE NOUVELLE Samir HEDDAR Editor in chief
Bulletin Quotidien Bulletin - BQ  Laurent BERARD-QUELIN Rédacteur en chef, Bulletin Quotidien - BQ, président de la FNPS
CHARENTE LIBRE Armel LE NY Editor in chief
Courrier de Gironde, de Courrier français et de La Renaissance du Loir-et-Cher Jean-Christophe GIRET Deputy Editor in chief
Courrier de Gironde, de Courrier français et de La Renaissance du Loir-et-Cher Marc-Paul LEMAYEditor in chief
COURRIER DE LA MAYENNE, HAUT ANJOU et ECHO D'ANCENIS Jean-Michel DESAUNAI Managing Director
COURRIER PICARD Mickael TASSART Editor in chief
DAUPHINE LIBERE Guy ABONNENC Editor in chief
DEPECHE DU MIDI José BIOSCA Global News Director
DNA/ALSACE/ BIEN PUBLIC / DAUPHINE LIBERE / EST REPUBLICAIN - JOURNAL DE SAONE ET LOIRE / PROGRES / REPUBLICAIN LORRAIN / VAUCLUSE MATIN / VOSGES MATIN Pascal JALABERT Editor in chief
DORDOGNE LIBRE Thomas BRUNET Editor in chief
Les ECHOS Nicolas BARRE, directeur de la rédaction
ECHO DU BERRY Ludovic MESNARD Directeur délégué et rédacteur en chef
EST ECLAIR / LIBERATION CHAMPAGNE Nicolas FOSTIER Delegate editor
EST REPUBLICAIN / REPUBLICAIN LORRAIN / VOSGES MATIN Sebastien GEORGES Editor in chief
FIGARO Alexis BREZET Directeur des rédactions
FIGARO MAGAZINE Laurence DE CHARETTE Directrice de la Rédaction du figaro.fr
FIGARO MAGAZINE Jean-Marc Gonin Reporter at large and editor in chief of Figaro Magazine (France)
FIGARO MAGAZINE Guillaume ROQUETTE Directeur de la rédaction
FRANCE ANTILLES GUADELOUPE Caroline BABLIN Editor in chief
FRANCE ANTILLES Guyane  Hermann ROSE-ELIE rédacteur en chef
France ANTILLES Martinique  Rudy RABATHALY, rédacteur en chef
GROUPE CENTRE France Olivier BONNICHON Directeur de la coordination éditoriale
GROUPE SOGEMEDIA Jean-Pierre DE KERRAOUL Président
HAUTE PROVENCE INFO Jean-Luc ICARD Publication Director
HEBDO DES SAVOIE Stéphane DUCRET Editor in chief
ICN INFORMATEUR CORSE NOUVELLE Paul AURELLI Publication Director Editor in chief
INDEPENDANT Alain BAUTE General Director
INDEPENDANT DU PAS-DE-CALAIS Valérie SERBOURDIN Publication director
JOURNAL D'ICI Pierre ARCHET Managing Director
JOURNAL DU DIMANCHE Hervé GATTEGNO Directeur de la Rédaction
JOURNAL DU DIMANCHE Cyril PETIT Secrétaire Général
Journal du Médoc Dominique BARRET Editor in chief
JOURNAL TOULOUSAIN Rémi DEMERSSEMAN Directeur de la publication
JOURNAUX DE LOIRE ( Courrier de l'Ouest, Maine Libre, Presse Océan) Marc DEJEAN Directeur des rédactions
LA CROIX M. Guillaume GOUBERT, Directeur de la Rédaction
LA DEPECHE DU MIDI Lionel LAPARADE Editor in chief
LA LOZERE NOUVELLE Calude DONNADIEU Director
La Renaissance Lochois Pierre SCHMIDT Editor in chief
LA SEMAINE DU PAYS BASQUE Jean-Philippe SEGOT Président
La Vie corrézienne et du Semeur Hebdo Cyril GRÉGHI Editor in chief
La Voix du Nord Patrick Jankielewicz Editor in chief
La Voix du Nord Pierre Mauchamp Managing Director
L'ABEILLE DE LA TERNOISE Benoit CAILLIEZ Directeur délégué et rédacteur en chef
L'AUXOIS LIBRE  Sylvie  MEUNIER
L’HUMANITE Patrick LE HYARIC Directeur
Le Journal du Dimanche JDD Benoit Leprince First RS
Le Monde Florence  Aubenas Reporter at large for Le Monde. Awards:  Prix Joseph Kessel (2010) , Prix Jean Amila-Meckert (2010),  Globe de Cristal (2011) , Prix d'Académie (2015).
LE PELICAN Florence GURRIERI Publication director
LE POHER / JOURNAL DE LA BRETAGNE Erwan CHARTIER-LE FLOCH Directeur de publication et rédacteur en chef
Le Progrès / LE BIEN PUBLIC / LE JOURNAL DE SAÔNE-ET-LOIREXavier Antoyé Editor in chief
LE RESISTANT Anne CAZAUBON Editor in chief
LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE Dominique JUNG Editor in chief
LIBERATION Laurent JOFFRIN Directeur
MADAME  FIGARO Anne-Florence SCHMITT Directrice de la rédaction
MEDIABASK Antton ETCHEVERRY Editor in chief
MIDI LIBRE Olivier BISCAYE Rédacteur en chef
NICE MATIN Denis CARREAUX Directeur des rédactions
NORD LITTORAL Philippe HENON Editor in chief
NOUVELLE REPUBLIQUE Christophe HERIGAULT Managing Director
NOUVELLES SEMAINE Jacques DANCALE Rédacteur en chef
OPINION INDEPENDANTE Hélène DUBOE Oresident and CEO
OUEST-France François-Xavier LEFRANC Editor in chief
Paris Match Baptiste Giroudon
PARISIEN-AUJOURD'HUI EN France Stéphane ALBOUY Managing Director
PARIS-NORMANDIE Thierry RABILLER Editor in chief
PHARE DE RE, LE LITTORAL DE LA CHARENTE MARITIME ET HAUTE SAINTONGE Bertille SCHMIDT Publication director
Philippe SCHMIDT Managing Director
RESEAU HEBDO ECO Alain VEYRET Président
SUD OUEST Jean-Pierre DORIAN Editor in chief
SUD OUEST Christophe GALICHON Managing Director
TELEGRAMME Hubert COUDURIER Directeur de l'Information
TELEGRAMME Samuel PETIT Rédacteur en chef
TRIBUNE DE LYON François SAPY "Journalist Publication director"
Tribune – Montélimar  Marc LOUDIN, Rédacteur en chef
UNION REIMS, EST-ECLAIR, ARDENNAIS, LIBERATION CHAMPAGNE Didier LOUIS Editor in chief
VIE CORREZIENNE Thibault FAUVERGUE Deputy Editor in chief
Virginie Linhart auteur – réalisatrice
Julie Bertuccelli Un césar du meilleur premier film
AFP Fabrice Fries President and CEO

Germany
Der Spiegel Christoph Reuter Middle East correspondent for Der Spiegel (Germany),  Reporter of the Year awarded by Medium Magazine in 2012, best non-fiction book in 2015 (awarded by NDR, the broadcasting corporation), Bayeux Calvados-Normandy Prize for War Reporters 2015.
Der Spiegel Ehlers Fiona War and Crisis Reporter for Der Spiegel, ex foreign correspondent in Italy, Liberty Award 2008, EMMA award, Children’s Rights Award
Der Tagesspiegel Caroline Fetscher Reporter and columnist for Der Tagesspiegel, Germany. She has covered among other issues the Kosovo war of 1999 and the International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia in The Hague
Die Zeit Bauer Wolfgang Reporter of the Chief Editor of Die Zeit (Germany), Bayeux Calvados-Normandy Prize for War Reporters in 2013, 2015 (Special Prize Prix Ouest-France Jean-Marin) and 2016, Nannen Prize for the Best Documentary 2016, Liberty Award 2016, Catholic Media Prize 2012
DPA Peter Kropsch President and CEO dpa-Deutsche Presse-Agentur GmbH (Hamburg)
Katholische Nachrichten-Agentur Gmbh Ludwig Ring-Eifel Editor in chief of Katholische Nachrichten-Agentur GmbH
RTL-Allemagne Antonia Rados Chief foreign correspondent of RTL-TV (Germany), German Television award 2003, Romy- award for best TV Documentary 2003 and Hanns- Joachim Friedrichs- award, Special mention of the Jury for a documentary at the Bayeux Calvados-Normandy Prize.  Dr. Rainer Hildebrandt Medal 2011, Hildegard von Bingen Award 2012. Emmy nomination 2013 and several other awards, including twice the Bavarian TV- award and twice the Austrian Romy-award for documentaries.
société de production Kobalt Documentary Katrin Sandmann Former Reporter at large for N24/Welt, now partner and CEO of TV production company Kobalt Documentary.
Peter Stefan Hearbst Editor in chief Saarbrücken
Carsten  Stormer Reporter at large based in Manilla, member of the association of reporters “Zeitenspiegel”, covering Cambodia, Myanmar, Iraq, Syria, Afghanistan, Sudan. He has written several books.

Greece
Antenna TV Nicholas Vafiadis anchor, head of Foreign News Department,
AFP Will Vassilopoulos video journalist- Rory peck prize  - He went behind the camera in 2011 and has since covered topics such as Greece’s economic crisis, political unrest in Egypt, Turkey and Romania, the conflict in Ukraine and most recently the migration crisis in Europe. He is the recipient of the 2016 Rory Peck Award for News for his film "Fear and Desperation: Refugees and Migrants Pour into Greece”
AFP Angelos Tzortzinis Photojournalist - Best Agency photographer Time Magazine
Athens - Macedonian Press Agency (ANA-MPA) Michalis Psilos President & CEO of Athens - Macedonian Press Agency (ANA-MPA)
I Femirida ton Syntakton Nicholas Voulelis Director  I Femirida ton Syntakton (the Journalists' Journal)
I Kathimerini Nikos Konstantaras Editor in chief
Hungary
Atlatszo Tamás Richárd Bodoky Investigative journalist and editor, and non-profit executive based in Budapest, Hungary. Bodoky has won the Gőbölyös Soma Prize for investigative journalism in 2008 for his articles on Hungary's 2006 unrest and police brutality. Bodoky has won the Iustitia Regnorum Fundamentum and the Hungarian Pulitzer Memorial Prize for his investigative articles and freedom of information lawsuits on high level political corruption cases. Bodoky is Marshall Memorial Fellowship alumni, and member of international investigative journalism networks. In 2011 Bodoky co-founded Hungarian watchdog NGO and investigative journalism center atlatszo.hu, where he serves as editor and director.
National Alliance of Hungarian Journalists & Nepszava  Miklos Hargitai Editor and journalist with Nepszava and chairman of the National Alliance of Hungarian Journalists
Ireland
Geraldine  Kennedy Former editor of The Irish Times (Ireland) 2002-2011, the first woman editor in the newspaper's history  and the first woman editor of a national daily in Western Europe.
Irish Times Lara Marlowe Correspondent, The Irish Times. As a foreign correspondent for The Irish Times since 1996, Lara Marlowe has covered France, Barack Obama’s first term in office and a dozen wars including former Yugoslavia, Iraq and Afghanistan. She has won three press awards.

Italy
ANSA Stefano Allessandri general director
ANSA Luigi Contu Editor in chief
Corriere della Sera Lorenzo  Cremonesi Reporter at large for Corriere della Sera (Italy). He covered conflicts from the Israeli-Palestinians to Lebanon, Iraq,  Syria, Afghanistan, Pakistan, India, and Ukraine. He got numerous awards, the most recent “Il Premiolino” in Milan.
Corriere della Sera Aldo Cazzullo
Corriere della Sera Rugiero Corcella
Corriere della Sera Paolo Fallai
Corriere della Sera Giuliana Ferraino
Corriere della Sera Cinzia Fiori
Corriere della Sera Angelini Luca
Corriere della Sera Luigi Ripamonti
Corriere della Sera Irene Soave
Corriere della Sera Carlo Vulpio
La Stampa Alberto Abburrà Deputy chief Digital Desk, La Stampa
La Stampa Francesco Bei Chief of the Roma bureau, La Stampa
La Stampa Maurizio Molinari Editor in chief, La Stampa
La Stampa Marco Zatterin Deputy editor in chief, La Stampa
La Stampa Marco Bresolin Brussels correspondent, La Stampa
La Stampa Paolo Mastrolilli US correspondent, La Stampa
La Stampa Christian Rocca Journalist, La Stampa
La Stampa Marco Sodano Chief of the Digital Desk, La Stampa
Mattino di Padova Paolo Cagnan Deputy editor in chief Mattino di Padova
Mattino di Padova Paolo Possamai Editor in chief Mattino di Padova
Messaggero Veneto Omar Monestier Editor in chief Messaggero Veneto

Latvia
Uldis Dreiblats Investigative journalist and publisher, winner of the Bonnier Prize (1998) and Excellence Award of the Latvian Journalists' Union (2007).
Lithuania
Lithuanian journalist's union Dainius Radzevicius Chairman of Lithuanian journalists' union (450 members. LJU is a member of IFJ and EFJ)
Šarunas  Cerniauskas Team of investigative reporters for TV programme “15min Investigative Unit” (Lithuania), winners of the International Peter Greste Freedom Of Speech Award 2017, Shortlisted at European Press Prize 2017; winners of the Lithuanian Journalists' Union Vytautas Gedgaudas Prize for Journalism 2018, winners of the Investigative Journalism Award of Vilnius University Institute of Journalism 2017 and 2018.
Birute Davidonyte Team of investigative reporters for TV programme “15min Investigative Unit” (Lithuania), winners of the International Peter Greste Freedom Of Speech Award 2017, Shortlisted at European Press Prize 2017; winners of the Lithuanian Journalists' Union Vytautas Gedgaudas Prize for Journalism 2018, winners of the Investigative Journalism Award of Vilnius University Institute of Journalism 2017 and 2018.
Dovydas Pancerovas Team of investigative reporters for TV programme “15min Investigative Unit” (Lithuania), winners of the International Peter Greste Freedom Of Speech Award 2017, Shortlisted at European Press Prize 2017; winners of the Lithuanian Journalists' Union Vytautas Gedgaudas Prize for Journalism 2018, winners of the Investigative Journalism Award of Vilnius University Institute of Journalism 2017 and 2018.

Luxembourg
Le Quotidien Fabien Grasser
Le Quotidien Charles Michel
Tageblatt Dhiraj Sabharwal Editor-in-chief of Tageblatt (Luxembourg), European Newspaper of the Year 2018 (European Newspaper Awards / Category: Local Newspaper)
Malta
Times of Malta Ray  Bugeja Editor Times of Malta
Netherlands
New York Times à Téhéran Thomas Erdbrink Bureau Chief of the New York Times in Tehran and reporter for De Volkskrant. His TV series “Our man in Tehran” won the top tv and journalism awards in the Netherlands in 2016, the Zilveren Nipkov award and two Tegel awards.
Poland
Dziennik Gazeta Prawna  Krzysztof Jedlak Editor in chief  indépendant Dziennik Gazeta
Press Andrzej Skworz Editor in chief  mensuel Press
Radio ZET Katarzyna  Buszkowska directrice de l’information, Radio ZET
TVN Wojciech Bojanowski Reporter for TVN (Poland), Journalist of the Year 2017 and Prize in Investigative Journalism awarded by Polish media
Tygodnik Powszechny Wojciech  Jagielski Formerly reporter at Gazeta Wyborcza and the PAP agency, currently reporter for Tygodnik Powszechny. Winner of several awards, including the Tischner Prize, the Fikus Prize and le Prix Spécial Grand Press 2011.
ZPAF and ZAIKS Wojciech Druszcz photograph, membre de l'Association polonaise des Artistes Photographes (ZPAF) et de l'Association des Artistes et Compositeurs Polonais (ZAIKS).
Rzeczpospolita Boguslaw Chrabota Rédacteur en chef du quotidien

Portugal
Lusa agency Mário Cruz photographer at Lusa agency
Paulo Moura Independent journalist, former Reporter at large for Publico (Portugal), Gazeta Prize for reporting in Egypt and Libya in 2012
Romania
Agerpres Claudia Nicolae Chief editor Agerpres
RFI Roumanie. Ovidiu Nahoi rédacteur en chef de RFI Roumanie.
Slovakia
Dennik N Andrej Ban Staff reporter of Dennik N (Slovakia) and conflict areas photographer, eight times Best Journalist in Slovakia
TASR Marian Kolar editor-in-chief of TASR, the biggest Slovak news agency
Slovenia
Quotidien Delo Novica Mihajlovic Editor at Novica Mihajlovic at Delo daily newspaper
Spain
El MUNDO Javier Espinosa Reporter at large for El Mundo (Spain), Bayeux Calvados-Normandy Prize for War Reporters 1999, 2005 2006 and 2012, International Journalism Prize "King of Spain" 2000
EL PAÍS  Maria Ángeles Espinosa Azofra Reporter at large for El Pais, Prize Ortega y Gasset for war reporting in Afghanistan 2001 and Irak 2003, Prize Víctor de la Serna for foreign correspondents 2011
EL PAÍS  Antonio Alonso. Redactor. Diario
EL PAÍS Rodrigo Silva. Redactor. Diario
EL PAÍS Ángel Martín. Coordinador de la Revista Educación y Futuro
EL PAÍS Marta Nieto Peña. Redactora
EL PAÍS  Francisco Peregil
EL PAÍS  Nadia Tronchoni Furió
EL PAÍS  Raúl Limón
EL PAÍS  Xavier Sancho Reverte Jefe de Redacción / Features Editor Icon Alpais
EL PAÍS  Inigo Lopez Palacios, Journalist
EL PAÍS  Carlos Primo Cano,  Journalist
Javier Bauluz Independent War Reporter and Photographer, Pulitzer Prize in Journalism in 1995
Ignacio Cembrero Independent reporter (Spain), Former foreign correspondent of El País
José  M. Seage Independent journalist, former Bagdad Bureau chief of Agencia EFE
Sweden
Agence de presse suédoise TT Jonas Eriksson CEO and director of editorial for the Swedish press agency TT
Finland
STT Kimmo Pietinen CEO STT
United Kingdom
Daily Telegraph Tim Butcher Bestselling author and former Daily Telegraph Middle East Correspondent and African Bureau Chief. Awards: 2003 winner UK Press Gazette Team Reporting Award; 2007 shortlisted Foreign Press Association’s Foreign Correspondent of the Year; 2010 winner Honorary Doctorate for journalism University of Northampton; 2013 winner Mungo Park explorer medal, Royal Scottish Geographical Society.
Guardian News & Media Jason Burke Senior correspondent, Guardian News & Media; best-selling author.
Press Association
The Guardian Martin Chulov Middle East correspondent for The Guardian (United-Kingdom), Orwell Prize 2015, Journalist of the year by the Foreign Press Association (FPA) 2015.
The Independent Patrick  Cockburn Reporter at large for The Independent (United-Kingdom), 2014 Foreign Reporter of the Year (The Press Awards), 2014 Foreign Affairs Journalist of the Year (British Journalism Awards UK Press Gazette), 2013 Foreign Commentator of the Year (Editorial Intelligence Comment Awards), 2010 International Media Awards Peace Through Media Award, 2009 Orwell Prize, 2006 James Cameron Prize, 2005 Martha Gellhorn Prize.
Time of London Anthony  Loyd Anthony Loyd, war correspondent for the Time of London; one of Britain's most decorated war reporters (15 awards), among his awards are: the Ischia international award, Bayeux Calvados, Amnesty International, UK press awards lifetime achievement, British press awards Foreign correspondent (twice) and Brit press awards feature writer once; David Blundy award 1993; and several Foreign Press Awards.

Albert Londres Prize
Le Monde Christophe Ayad Reporter at large for Le Monde (France), Albert Londres Prize 2004, Bayeux Calvados-Normandy Prize for War Reporters 2004, European Initiative Prize for Journalism 2016
Cécile Allegra Albert Londres 2015 Réalisatrice
AFP Boris Bachorz Albert Londres Prize - AFP Africa Director
SCAM Lise Blanchet "Journalist Albert Londres Prize  Président's journalists commissionSCAM
Sorj Chalendon Albert Londres prize 1988
Christine Clerc "Journalist, writer, Albert Londres prize 1982
Prix Albert Londres Annick Cojean President of The Albert Londres Prize, the highest French journalism award
Florence  Dauchez Journalist-editor in chief -  Albert Londres prize Prix Ondas Prix Richelieu
Paris Match Alfred de Montesquiou Reporter at large for Paris Match (France), Albert Londres Prize 2012, French Press Prize 2014
Jean-François Delassus "Auteur realisateur /  150 hours documentaries and fictions Albert Londres prize"
Arte/France télévisions Thierry De Lestrade Journalist réalisateur, Arte/France télévisions
Patrick de Saint-Exupéry  Albert Londres
Grégoire Deniau Journalist and image reporter, Bayeux Prize for war correspondents, Albert London Prize, Angers scoop prize (5 times), Grand Prize at the Monaco Festival, Ilaria Alpi Prize in Italy, Banff Prize in Canada, Vatican Prize
Revue XXI Samuel Forey Albert Londres Prize 2017-journalist
Julien Fouchet Reporter at large Sept à Huit / TF1 / Prix Albert Londres 2014
Nicolas  Glimois Auteur-réalisateur Prix Albert-Londres 1999
Jean-Claude Guillebaud Journalist. Prix Albert Londres 1972
Yves Harte "Prix Albert Londres 1972 Directeur Editorial Sud Ouest"
François Hauter Albert Londres Prize 1986, journalist
Etienne Huver Albert Londres
Le Figaro Adrien  Jaulmes Reporter at large for Le Figaro (France), Albert Londres Prize 2002, Bayeux Calvados-Normandy Prize for War Reporters 2007
TF1 Catherine Jentile de Canecaude Albert Londres Prize 1998 – Journalist


AFP Sammy Ketz "Albert Londres Prize - AFP Middle East Senior Reporter
Frédéric  Laffont Filmmaker, Prix Albert Londres 1987.
Fabrice Launay Journalist.  Albert Londres prize (2007)
Libération Luc Le Vaillant " "" Portraits""  head of service et chroniqueur à Libération Albert Londres prize 1998.
Gwenlaouen Le Gouil - Albert-Londres prize 2007 - Reportages pour TF1, France 2, France 3, M6 et Arte.
Caravelle Productions Sylvain Lepetit "Réalisateur et directeur de Caravelle Productions Prix Albert Londres 2014 "
Manon Loizeau Albert Londres Prize
Alain Louyot Journalist Albert Londres Prize
Grands-reporters.com Jean-Paul Mari "Albert Londres Prize (1987). Prix des Organisations Humanitaires Agena (1989). Prix Bayeux des Correspondants de guerre, (Ouest-France), 1997.  Prix Bayeux des correspondants de guerre (1998). Prix Louis Hachette ( 2001 ). Prix Méditerranée 2002 ( Pour le livre : « Il faut abattre la lune. ») Grand Prix des Lectrices Elle 2009 et Prix 3ème Assises du journalisme ( pour le livre ""Sans blessures apparentes) Grand Prix et Prix du Public au FIGRA, Festival International du Grand Reportage d’Actualité, 2010, ( pour le film ""Sans blessures apparentes""). Prix ""Encre Marine"" 2018 ( pour "" En dérivant avec Ulysse"") - Directeur du site  grands-reporters.com
Libération Luc Mathieu "Reporter at large Libération Albert Londres prize 2015
AFP Michel Moutot Albert Londres Prize - Reporter at large
Anne Nivat Freelance Reporter at large , Albert Londres Prize 2000.
Sophie Nivelle-Cardinale  "Prix Bayeux Des Reporters de Guerre 2013  Prix Albert Londres 2016
Philippe  Rochot "Albert Londres 1986 indépendant Reporter Founder sites ""Reportages pour mémoire"":            and photo website http://philippe-rochot.piwigo.com/"
Patrick Schmitt Reporter at large. Albert Londres  1989
safenewsrooms.org   Taha Siddiqui Founder safenewsrooms.org   / Print + TV Journalist | Instructor, SciencesPo | Human Rights Activist
Frédéric Tonolli Reporter at large Albert Londres 1996
Jean-robert   Viallet  Journalist-Réalisateur - Albert Londres prize 2010

Photographers
Yann Arthus-Bertrand, Photograph, director
Jean-François Leroy
Dimitri Beck, head of photography for Polka
Louisa Gouliamaki
Samuel Bollendorff, Photograph, director
Auberi Edler Grand reporter, documentary filmmaker
Corentin Fohlen, Photojournalist
Guillaume Herbaut, Photojournalist
Hubert Henrotte Journaliste, founder of  Sygma agency
Eliane Laffont, Ancienne Présidente de Sygma New York
Jean-Pierre Laffont, Photojournalist
Georges Bartoli, Photojournalist
Pascal Maitre, Photojournalist
Aris Messinis, Chief of photography at AFP Athens
Mads Nissen, photograph flimmaker and author of three books, rewarded by more than 60 international prizes, including the World Press Photo 2015
Hans Silvester, Photograph
Czarek Sokolowski, AP veteran correspondent, Pulitzer prize 1992
Tomasz Tomaszewski, photograph
Gael Turine, Photojournalist
Véronique de Viguerie, Photgraph
Mete Zihnioglu, head of  Sipa Press Agency, member of FNAPPI (National Press Photos & Information Press Federation)


Total Général : 280









team


Par Thomas Leconte, Directeur technique chez MTI France

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Si les collaborateurs sont souvent considérés comme le maillon le plus faible de la sécurité, bien formés et équipés, ils peuvent au contraire devenir la première ligne de défense de l'entreprise.

L'email, première porte d'entrée des malveillances

La plupart des études et chiffres livrés par les grands éditeurs de solutions de sécurité le montrent : la messagerie électronique constitue l'un des principaux moyens utilisés par les cybercriminels, et notamment via le phishing, qui exploite (ou tente d'exploiter) l'ignorance ou la naïveté des employés.

Leur technique : les inciter à cliquer sur des liens frauduleux ou à ouvrir des pièces jointes contenant des logiciels infectieux. Très utilisé pour la récupération de données d'identité, l'email est aussi l'un des vecteurs d'attaque par ransomware, crypto-jacking ou encore de transferts de fonds frauduleux (en se faisant passer pour un membre de la direction). Les pertes mondiales dues à ces attaques dites BEC (Business Email Compromise) sont colossales, et ont atteint, selon la dernière estimation, 12,5 milliards de dollars.

Au côté du phishing, on trouve également des techniques beaucoup plus sophistiquées pour contourner les filtres de sécurité de l'entreprise, comme les malwares sans fichier qui utilisent des process légitimes de l'entreprise pour se nicher en mémoire des machines infectées évitant ainsi d'être détectés par une simple signature de fichier. Ils permettent aux malwares de gagner en résistance et ne pas se faire repérer, comme l'ont fait les ransomwares NotPetya ou WannaCry.

Derrière l'email, les collaborateurs

Quelle que soit sa taille, toute organisation est une cible potentielle. La formation des utilisateurs de la messagerie électronique est donc la première étape à suivre afin de les aider à identifier toute tentative de phishing.

Il existe à ce titre de nombreux simulateurs de phishing, pour les entraîner à l'aide de scénarios très réalistes. Un dispositif à renouveler régulièrement pour gagner en sécurité et maintenir la vigilance des collaborateurs.

Bien sûr, face à des attaques de plus en plus complexes, la meilleure défense consiste à éviter qu'elles atteignent l'usager. Ce qui est désormais possible via des outils avancés d'analyse de liens URL et de fichiers joints. Ceux-ci peuvent également être complétés par les technologies de Machine learning, capables d'identifier des attaques de type BEC, en apprenant le style d'écriture des principaux cadres de l'organisation.

La surveillance réseau au cœur du dispositif de défense

Surveiller les principaux points clés du réseau (comme la vidéosurveillance qui scrute les lieux stratégiques d'un site), garantit également une meilleure ligne de défense. D'autant plus si cette surveillance est associée à de l'apprentissage automatique, afin de permettre aux solutions de sécurité de détecter des activités suspectes.

Souvent exploité dans les attaques utilisant des logiciels de vol de mots de passe (tels que Mimikatz), Windows Management Instrumentation (WMI) peut ainsi bénéficier de ces techniques complémentaires d'apprentissage de façon à repérer les premiers signes d'alerte et ainsi faire échouer une attaque. On peut aussi les coupler avec des solutions de déception (Threat Deception) qui sont d'ailleurs très prometteuses dans ce domaine. Elles permettent de détecter et de rediriger une attaque vers une machine fictive qui va laisser celle-ci se terminer en vase clos pour en comprendre le comportement, l'objectif et déterminer ainsi la menace réelle qu'elle représente.

En complément, la surveillance et l'apprentissage sauront également accompagner l'entreprise dans le respect du RGPD pour détecter d'éventuelles fuites d'information.

Quoi qu'il en soit, pour se protéger des attaques qui arriveront inexorablement, mieux vaut se préparer, préparer ses collaborateurs et agir en amont pour identifier les problèmes et les corriger. Tandis qu'en cas d'attaque avérée, notamment de malwares cherchant à se propager sur le réseau, une surveillance de précision permet d'identifier rapidement les hôtes infectés et leurs typologies, pour contenir et nettoyer l'infection, afin d'en limiter les dégâts.
iot


Fondé et présidée par Ludovic Le Moan, PDG de SIGFOX, l’IoT Valley, l'incubateur spécialisé dans l'internet des objets (IoT), vient de lancer un appel à candidature pour son nouvel incubateur "inter-écoles" qui sera ouvert en septembre 2019.  "Destiné aux étudiants souhaitant lancer leur startup dès la fin de leurs études,  ce programme de six mois peut remplacer leur stage de fin d’études, leur premier emploi  ou même être poursuivi avec un aménagement des cours sur la dernière année de master", explique l'IoT Valley.

"Ce n’est pas un énième programme d’incubation de startups. Ici, nous nous focaliserons  sur l’humain et non sur le projet. C’est pourquoi nous recherchons avant tout de l’ambition  et un mental, plutôt que des idées et des projets déjà conçus", détaille Roxane Régnier,  responsable du programme, qui rajoute "Ici, pas besoin d’avoir une équipe ni un  projet en tête. Il est possible de trouver ses coéquipiers au sein du programme et de monter  son projet par la suite. Nous nous positionnons en véritable accélérateur de talents pour  étudiants."

Le soutien de la région Occitanie


L’incubateur inter-écoles est le premier en France à réunir plusieurs établissements d’études supérieures au sein d’un même écosystème de startups. Parmi eux : l’ENSEEIHT (École nationale supérieure d'électrotechnique, d'électronique, d'informatique, d'hydraulique et des télécommunications), l’INSA Toulouse (Institut national des sciences appliquées de Toulouse) et l’ICAM.

Le nouvel incubateur bénéficie d'ores et déjà du soutien du conseil régional. "Voilà quelques années que nous observons en Région Occitanie un intérêt croissant des étudiants pour l'entrepreneuriat. Pour les mener à la réussite, les entrepreneurs  de l'IoT Valley souhaitent aujourd'hui partager leurs connaissances, savoir-faire et savoir- être entrepreneuriaux en ouvrant le premier incubateur inter-écoles de France. À l'IoT Valley,  se créeront ainsi des équipes entrepreneuriales multidisciplinaires qui construiront le futur de nos entreprises et de l'emploi de notre région", explique Carole Delga, présidente de la région Occitanie.

Les étudiants pourront d’ailleurs continuer de développer leur startup au terme des 6 mois d’incubation en intégrant le programme d’accélération de l’IoT Valley.

retail


Par Sébastien Verger, CTO Dell Technologies

Avec une progression annuelle stable entre 12% et 15% depuis plus de 10 ans, le e-commerce fait l’objet de toutes les attentions. Il faut dire qu’entre les promesses d’expérience utilisateur intelligente, de parcours client personnalisé et des offres promotionnelles imbattables, il ne manque pas d’atouts pour ringardiser l’expérience d’achat en magasin. Pour autant, la part des ventes du commerce en ligne sur l’ensemble du commerce de détail reste faible (9,7%) et n’a progressé que de 1 point entre 2017 et 2018.

Le lèche vitrine a donc encore de beaux jours devant lui… à condition de savoir s’adapter à l’arrivée sur le marché d’une nouvelle génération de consommateurs : la génération Z. Nés entre 1995 et 2010, ces jeunes adultes sont encore à l’école ou débutent à peine leur carrière et leur budget limité n’en fait pas des clients rêvés. C’est sans compter leur forte influence sur les décisions d'achat de leurs amis et de leur famille.

Contrairement aux autres générations, ils recherchent des produits uniques au lieu de produits de masse, et des marques socialement engagées, produisant écologiquement et agissant équitablement.

Le défi des produits uniques


Toute la difficulté pour les marques est alors d’arriver à industrialiser la production de produits uniques.  Derrière cette désignation se cachent plusieurs réalités, comme les produits configurables et individualisés sur le web mais aussi les éditions limitées de grandes marques de mode ou des offres attrayantes de petites marques moins connues qui ne sont pas disponibles à tous les coins de rue. Des changements d'assortiment plus fréquents et des délais de livraison plus courts pour les collections de mode, des fournisseurs de plus en plus nombreux et de plus en plus petits, cependant, imposent des exigences élevées à la chaîne logistique et à la gestion des stocks afin que les marchandises soient également disponibles. Cela inclut une observation plus intensive du marché et des ventes ainsi qu'une réaction rapide aux tendances émergentes.

Dans la boutique, les clients attendent des services de haute qualité, tels que de meilleures informations sur les produits, aussi utiles que dans les boutiques en ligne. S'adresser aux clients par e-mail et marketing en ligne, WLAN client gratuit, systèmes de divertissement et d'information en magasin, promotions de prix plus fréquentes et utilisation de caisses enregistreuses mobiles sont d'autres moyens par lesquels le commerce de détail peut se positionner pour l'avenir.

Créer une expérience authentique grâce aux nouvelles technologies


Au final, qu’il s’agisse de personnaliser son produit, son contenu ou de construire sa marque, les entreprises qui sortent du lot seront celles qui auront compris leurs clients et qui sauront leur montrer.

Pour cela, les marques doivent mettre à disposer toutes les données à leur disposition. Plus question ici d’opposer vente en magasin et vente sur Internet. Chaque canal apporte des informations différentes et complémentaires, qui permettent d’affiner la compréhension des clients et de toujours mieux personnaliser leur expérience.

Toutes les données ne se valent pas. Et la personnalisation chère à la génération Z n’est possible que lorsqu’une entreprise dispose de suffisamment de données pour les comparer et étudier les corrélations. Dans cette course à l’information, les marques récentes qui ont émergé grâce à leur maîtrise des nouvelles technologiques partent avec une longueur d’avance. Elles savent collecter les données et surtout les mettre au service de leurs efforts marketing et commerciaux. Mais les données dont elles disposent sont aussi récentes que l’entreprise elle-même. Or, la collecte des données est un exercice à long terme, dont la valeur augmente avec le temps car il devient possible d’anticiper l’évolution des clients, de leurs comportements, leurs envies ou même leur mode de vie. Il ne faut pas non plus les données externes, qui concernent la météo, l’économie locale ou encore des événements particuliers.

Afin de ne pas perdre de vue les données les plus utiles, l’informatique joue évidemment un rôle clé. Les entreprises doivent s’équiper d’une architecture capable d’accueillir toutes ces données au même endroit, ce qui peut sembler simple mais ne l’est pas lorsque l’on parle de millions de téraoctets de données non structurées, qui viennent de sources et prennent des formes différentes. Comment comparer des données émanant d’un logiciel de CRM de données récoltées via un miroir connecté placé en magasin ou encore des capteurs RFID qui assurent la traçabilité des livraisons de marchandises ?

Aujourd’hui, seuls les data lakes sont capables d’offrir la flexibilité nécessaire pour répondre à ce défi. Une fois qu’une donnée trouve sa place dans ce lac, elle peut être conservée dans son format et utilisée dans toutes les analyses nécessaires. Au-delà du coût initial de collecte et d’intégration, l’usage de cette donnée dans des scenarios futurs revient donc à zéro pour l’entreprise. C’est loin d’être négligeable lorsque l’on veut calculer le retour sur investissement des technologiques analytiques.

Les données ont souvent été comparé au pétrole mais contrairement au pétrole, elles ne perdent pas de leur valeur et ne s’abiment pas. Il est plus juste de dire que les données sont comme un baril de pétrole qui pourrait servir à l’infini. C’est un atout incroyable pour une entreprise qui entend survivre au passage des générations.