Sigfox, pionnier toulousain du réseau 0G et premier fournisseur mondial de solution de connectivité dédiée à l’Internet des objets (IoT), annonce l’ouverture à Paris pour l’été 2019 de sa quatrième Hacking House, après San Francisco, Taipei et Chicago. Pour cette édition, six équipes auront pour objectif de répondre à d’importantes problématiques d’ordre logistiques, techniques ou sociétales en utilisant des solutions IoT et le réseau 0G de Sigfox.

Ces six équipes provenant du monde entier travailleront, du 11 juin au 30 août 2019, au développement de leur projet dans les locaux de Sigfox à Paris. L’enjeu ici est double : former une nouvelle génération d’experts aux technologies IoT, et faire émerger de nouvelles solutions IoT pour répondre à des problématiques d’ordres différents. Dans cette optique, les participants seront accompagnés par des mentors Sigfox pour les aider à mener à bien leur projet.

Au terme des 3 mois de réflexion et de travail sur leurs différents projets, ponctués de plusieurs phases d’échanges avec des partenaires, de Design Thinking, de prototypage et de tests, les six équipes viendront présenter le résultat de leurs travaux devant un jury composé d’investisseurs, de clients et d’experts. L’objectif final étant à termes d’envisager la production et la mise à disposition de leurs solutions sur le marché.

« J'ai découvert Sigfox pour la première fois lorsque j'ai commencé mon parcours d'entrepreneur en 2016 et que j'ai eu la chance de travailler en tant que co-fondateur d'une start-up dans l’IoT. Participer à la Hacking House est pour moi l’opportunité d'explorer et de comprendre la technologie de Sigfox en profondeur mais surtout de travailler sur un projet de A à Z du développement de l'architecture, au prototypage jusqu’à la présentation du rendu final. Cela va certainement améliorer, non seulement mes compétences techniques, mais aussi mes compétences Business en général. Je suis très excité par l’aventure Hacking House. » témoigne Biswajeet Kar, membre d’une des six équipes.

Les partenaires de la Hacking House de Paris sont : IMT Starter, Soracom, ST Microeletronics, Télécom ParisTech Entrepreneurs et Wisebatt.

Le lancement de la Hacking House Paris intervient quelques jours seulement après la fin de l’édition de Taiwan qui s’est achevée le 11 juin à Taipei par la présentation finale des projets des participants en présence notamment d'Audrey Tang, ministre du Numérique de Taïwan et Fleur Pellerin, ex-ministre française et initiatrice de la French Tech.

Plus d’informations sur la Hacking House Taipei :  https://thehackinghouse.com/taiwan/

Les six équipes

La majorité des participants sont des étudiants dont certains sont déjà entrepreneurs. Les autres débutent dans le milieu de l’entreprenariat. Ils sont répartis en équipe de 2 ou 3 et se sont vu attribuer les projets suivants :


  1. La première équipe est composée d’un étudiant brésilien de Polytechnique et d’un étudiant Chinois de Paris Diderot, l’un expert en algorithmique et l’autre en traitement du langage. Ils seront accompagnés par Olivier Isson, expert en Data Science chez Sigfox. Ensemble, ils devront trouver un moyen d’utiliser le réseau Sigfox en réseau de secours pour envoyer des SMS dans des situations où les réseaux traditionnels ne fonctionnent plus (en cas de catastrophe naturelle par exemple).
  2. La seconde équipe est composée d’une étudiante marocaine de l’ENSEA, un étudiant français de Polytech Sorbonne et un étudiant français de l’HKUST. Ils travailleront sur un projet dans le domaine du contrôle de la logistique pour le groupe Total et seront accompagnés pour cela par Hichem Zaafouri de l’IoT Agency de Sigfox.
  3. La troisième équipe est composée d’un étudiant brésilien de l’EISEE et d’un étudiant chinois de l’ISEN. Ils réfléchiront ensemble à une solution de compteur d’eau autonome en énergie. Leurs mentors seront Cyril Jouanlanne de l’IoT Agency & Nicolas Chalbos de la R&D de Sigfox.
  4. La quatrième équipe est un binôme d’étudiants indiens de l’ISEP et de Polytechnique. Leur mentor sera Clément Mannequin de l’IoT Agency. Leur mission consiste à trouver une solution pour offrir une meilleure assistance et supervision des décodeurs TV et routeurs Internet en utilisant une clé USB connectée au réseau 0G de Sigfox.
  5. La cinquième équipe est composée de deux jeunes entrepreneurs croates, accompagnés par Pauline Pham de la Sigfox Foundation. Ils chercheront à utiliser la technologie IoT pour surveiller les zones à fort risques d'inondation afin d’alerter la municipalité et la population locale en cas de catastrophe.
  6. La sixième équipe est composée d’un groupe d’étudiants français de l’ETNA repérés en ayant gagné un Hackathon avec leur idée de surveillance de la qualité de l’eau pour en éviter la pollution, particulièrement en Afrique. Sigfox leur propose du mentoring pour les aider à lancer leur start-up. Ils seront accompagnés dans cette aventure par Pauline Pham de la Sigfox Foundation et Maxime Schacht, Business Operation Manager chez Sigfox.


privacy


ForgeRock vient de divulguer un rapport sur les atteintes à la protection des données des consommateurs américains. Il révèle que les cybercriminels ont exposé 2,8 milliards de données de consommateurs en 2018. Ces fuites ont coûté plus de 654 milliards de dollars aux organisations américaines.
Les cyberattaques visant des sociétés de services financiers ont coûté plus de 6,2 milliards de dollars au premier trimestre 2019, en très forte hausse par rapport aux 8 millions de dollars au premier trimestre 2018. Même si les investissements dans les produits et services de sécurité de l'information sont en hausse (114 milliards de dollars investis en 2018), les cybercriminels parviennent encore à accéder aux données des consommateurs, quelle que soit l'industrie.

Selon l'étude, les renseignements personnels identifiables (RPI) étaient les données les plus ciblées en 2018, représentant 97 % de toutes les atteintes. En ciblant les RPI, les cybercriminels prouvent qu'ils recherchent avant tout les très grandes quantités de données sur les consommateurs. L'étude révèle également que la méthode d'attaque la plus fréquente est l'accès non autorisé à l'information. Elle représente 34 % de toutes les attaques. Les secteurs de la santé, des services financiers et gouvernementaux ont été les plus touchés par les cyberattaques.

"Nos recherches montrent clairement que les données personnelles des consommateurs sont très recherchées par les cybercriminels ainsi que très difficiles à protéger par les organisations", déclare Eve Maler, vice-présidente de l'innovation et des nouvelles technologies chez ForgeRock. "Les entreprises doivent protéger les données de leurs clients en mettant en place des programmes de gestion d'identité. Chaque industrie a intérêt à se prémunir des conséquences sur son image que peuvent avoir les fuites de données, ainsi que les coûts engendrés. Les organisations doivent donc utiliser des techniques modernes de gestion des identités et des accès pour sécuriser leur infrastructure, des serveurs dans les data centers, aux applications clients en passant par les appareils connectés."

Principales conclusions :

  • Près de la moitié (48%) de toutes les atteintes à la protection des données des consommateurs se sont produites dans le secteur des soins de santé, soit quatre fois plus que dans tout autre secteur ;
  • Les services financiers et le gouvernement étaient les deuxième et troisième industries les plus touchées, représentant collectivement 20% de toutes les atteintes à la vie privée ;
  • Bien que le nombre de fuites dans les services financiers ait diminué de 20 % au premier trimestre de 2019 par rapport au premier trimestre de 2018, plus de 26,9 millions de dossiers de consommateurs ont été compromis au cours du premier trimestre de 2019 seulement, soit une augmentation de 78 900 % par rapport au premier trimestre de 2018 ;
  • Les dates de naissance et/ou les numéros de sécurité sociale étaient le type de RPI le plus fréquemment compromis en 2018, 54% des atteintes ayant exposé ces données ;
  • Le nom et l'adresse physique (49%) et les renseignements personnels sur la santé (46%) étaient les deuxième et troisième types de RPI les plus souvent compromis en 2018.


Accédez au rapport complet (en anglais) ici

Facebook


On connaît surtout les cryptomonnaies (monnaies numériques cryptées) avec le bitcoin qui a donné lieu à quelques affaires d'escroquerie, de spéculation et à beaucoup d'interrogations par rapport à son cours en plein boom. Mais il en existe bien d'autres comme ethereum, XRP, litecoin, ou la française ARK ecosystem, etc., dont les transactions sont marquées par la rapidité, la simplicité et la sécurité via la technologie de la blockchain. Jusqu'à présent, ces monnaies restaient l'apanage de spécialistes ou de geeks et n'attiraient pas trop le grand public. Cela pourrait bien changer avec Libra, le projet de cryptomonnaie que veut lancer Facebook en 2020.

Après les scandales retentissants touchant à la protection des données de ses membres ou la prolifération de fake news sur ses groupes, qui ont sévèrement écorné l'image du réseau social américain, personne ne s'attendait à voir Marck Zuckerberg se lancer dans le domaine de la finance. Et pourtant, avec ce projet titanesque, le PDG de Facebook voit loin en diversifiant ses revenus dont 98 % viennent de la publicité ciblée. Avec sa propre monnaie, Facebook prend un véritable virage stratégique et change de dimension. Surtout avec plus de 2 milliards de membres, une monnaie a du sens pour permettre et faciliter les transactions.

27 partenaires dont Xavier Niel

C'est s ans doute cette force de frappe qui a permis à Facebook de séduire d'importants partenaires. 27 groupes ont d'ores et déjà signé avec Facebook dont plusieurs poids lourds de l'économie numérique (Uber, Spotify), des fintechs, les start-up spécialisées dans la finance (Paypal), mais aussi les deux grands réseaux Visa et Mastercard. Chacun a payé un ticket d'entrée de 10 millions de dollars pour avoir un «nœud» sur les réseaux blockchain de cette future monnaie. Et parmi eux, un français, Xavier Niel, le PDG d'Iliad, la maison mère du fournisseur d'accès à internet Free.

Concrètement Libra, qui sera adossée à un panier de monnaies et de valeurs jugées stables, comme des dollars et des euros, sera utilisable par les membres de Facebook, ou de ses messageries Messenger et WhatasApp. Grâce à une application sur leur smartphone, les consommateurs pourront acheter des Libra avec leur monnaie locale y compris s'ils n'ont pas de compte bancaire. Ensuite, ils pourront les utiliser pour payer sur Internet, sur des plateformes d'e-commerce comme dans l'univers Facebook. Libra pourra aussi être utilisée dans des boutiques physiques et même servir à du transfert d'argent entre membres, un service entrant en concurrence directe avec celui du célèbre Western Union.

On le voit, les ambitions de Facebook sont très importantes avec un intérêt tout particulier pour les pays en développement. Libra peut potentiellement dynamiter le secteur bancaire et l'ordre monétaire international car sa monnaie privée entrera en concurrence avec les états dont l'une des prérogatives majeures est de battre monnaie. Le projet de Facebook ne devrait ainsi pas faire taire les inquiétudes et les critiques de ceux qui, aux États-Unis, notamment chez certains démocrates, réclament un démantèlement de la société.
livre


Youboox, première application française de lecture en streaming, a voulu savoir comment les Français appréhendaient en 2019 l'accès à la lecture numérique. Un sondage mené auprès de plus de 16.050 personnes dévoile des informations nouvelles sur l'accès aux contenus, les acteurs possibles, les budgets et les raisons de cet engouement pour la lecture numérique.

Les lecteurs numériques grossissent les rangs

Avec l'avènement des technologies numériques, les Français sont de plus en plus nombreux à pouvoir accéder à la lecture. Ainsi, plus de 72% déclarent lire de plus en plus de contenus via des supports numériques. Dans le détail, il est intéressant de voir que les hommes sont en plus grand nombre (76%) que les femmes (68%).

Un accès payant ou gratuit ?

Si 47% des Français pensent que l'accès aux livres numérique doit être totalement gratuit, les 53% restant considèrent qu'il est tout de même nécessaire de payer. Ainsi, 28% préfèrent avant tout l'option d'un paiement à l'acte et 25% une solution d'abonnement.

Recherche lectures désespérément...

Malgré les nombreuses solutions physiques pour accéder à la lecture (librairie, bibliothèques, kiosques, etc.), 53% des Français avouent avoir des difficultés pour trouver facilement leur bonheur. Les hommes sont encore une fois plus nombreux (56%) à déclarer ne pas trouver facilement les lectures qui les intéressent ainsi que 51% des femmes.

Plus facile avec le numérique

Grâce au numérique, 55% des femmes et 59% des hommes déclarent pouvoir trouver beaucoup plus facilement les livres et les lectures qui les intéressent, soit au global plus de 57% des Français.

Le sauveur numérique

Presque 2 Français sur 3 pensent que l'accès aux livres numériques est une des solutions pour « sauver » la lecture. Un sentiment plus fort chez les hommes (66%) que chez la gent féminine (59%).

Quels acteurs pour le numérique ?

A la question, « quels sont les 3 acteurs les plus légitimes pour développer l'accès à des offres de contenus numériques ? », les Français sélectionnent clairement trois entités. A la première place arrivent les opérateurs et fournisseurs d'accès avec 58% des votes, juste devant les éditeurs avec 57% et suivis par les médias qui enregistrent 40%.

A quel prix ?

Côté budget, les Français ne sont pas prêts à dépenser toutes leurs économies pour lire. En effet, 31% seraient disposés à payer entre 2 et 5 euros par mois pour accéder à des contenus numériques. 27% pourraient aller jusqu'à 5 et 10 euros et 26% ne dépasseraient pas 2 euros.

Le fun d'abord !

Si les Français aiment lire, c'est avant tout pour le plaisir. En effet, plus de 59% des femmes et 51% des hommes se divertissent grâce à la lecture. Seulement, 42% des Français le font pour apprendre ou comprendre un sujet en particulier.
apple


Décryptage par Emmanuel Schalit, CEO de Dashlane

Même si l’on en connaît pas encore tous les détails techniques, l'initiative d’Apple semble être une bonne idée, car elle permet d’éviter le pire en gestion des mots de passe : de réutiliser le même mot de passe plusieurs fois.

Idéalement, vous devriez utiliser un gestionnaire de mots de passe pour créer des mots de passe longs et compliqués à votre place. Mais le plus important reste d’utiliser un mot de passe différent par site web.

L’usage des adresses e-mail à usage unique n’est pas une idée nouvelle, mais la question est de savoir si Apple peut les rendre suffisamment populaires. Pour le moment, nos études ont montré que les consommateurs ont toujours du mal avec l'idée d’utiliser des emails générés au hasard... Donc, nous allons voir si Apple sera capable de rendre cette technique attractive.

Même si le SSO (Single Sign On) est une bonne technologie, elle n’est pas exempte de tout reproche. Et l'idée de construire un gigantesque ensemble de clés universelles pour des millions de consommateurs représente un gros risque de sécurité, car elle sera compromise un jour ou l’autre. C’est ce qui est arrivé à Facebook récemment. En septembre dernier, le réseau social a révélé une faille massive dans laquelle des pirates ont volé des tokens (jetons d’accès) SSO concernant des dizaines de millions de comptes. Ces tokens, qui ne sont pas les mots de passe mais des clés numériques générées par le système SSO, évitent à l’internaute d’avoir à s’identifier auprès des serveurs de Facebook à chaque fois qu’il souhaite accéder à un site associé à ce système d’identification.

Les tokens volés permettent aux attaquants de faire croire aux serveurs de Facebook qu'ils se sont légitimement connectés, et ce sur l’ensemble des comptes compatibles, ce qui met en évidence une autre faille du SSO : vous n'avez pas seulement besoin de vous assurer que votre compte individuel est sécurisé - vous devez aussi avoir confiance dans la sécurisation des serveurs de l'entreprise qui l’utilise. Au vu des failles successives qu’a connu Facebook dernièrement, il semble difficile d’avoir une confiance aveugle dans la sécurité de leurs serveurs. Ce qui s’est passé chez Facebook pourra se répéter chez tous ceux qui utilisent le même principe.

Pour Google, Facebook ou Apple, même si la volonté de faciliter la vie des internautes en utilisant un système de SSO est louable car elle permet d’utiliser un mot de passe différent à chaque fois, le fait de stocker une clé capable d’ouvrir tous les autres comptes de manière centralisée est fondamentalement mauvaise. Car ce “coffre-fort” sera compromis un jour ou l’autre.
C’est pour cela que nous avons conçu notre solution de manière décentralisée. De ce fait les gestionnaires de mots de passe comme Dashlane ne sont pas vulnérables à ce type d’attaque et restent donc la meilleur solution pour gérer ses - toujours plus nombreux- mots de passe de façon simple et sécurisé.


La commission des Affaires européennes du Sénat estime encourageants les premiers résultats, un an après son lancement, de l’initiative européenne Wifi pour tous (Wifi4EU). Elle appelle le gouvernement à mieux faire connaître aux maires les aides disponibles, européennes et nationales, pour l’installation du wifi gratuit dans les espaces publics.

Pour rappel, le coupon WiFi4EU représente un montant forfaitaire de 15 000 euros par commune. Les communes bénéficiaires d'un coupon choisiront les "centres de la vie publique" où les points d’accès sans fil WiFi4EU (hotspots) seront installés. Les coupons WiFi4EU peuvent également servir à financer partiellement un projet de plus grande valeur. Le coupon peut servir à acheter de nouveaux équipements ou à mettre à jour du matériel ancien en le remplaçant par du matériel plus récent et de meilleure qualité.

6200 communes en Europe


"En un an, la Commission européenne a déjà attribué pour 93 millions d’euros d’aides à 6200 communes en Europe. En France, on constate une nette amélioration de la satisfaction des demandes, passée de 10 % lors du premier appel à projets en novembre 2018 à 40 % pour le second, qui a eu lieu les 4 et 5 avril 2019. Les sénateurs ont salué l’assouplissement des conditions d’attribution des coupons qui a favorisé cette amélioration. Ils ont également relevé l’augmentation du budget de 120 à 150 millions d’euros d’ici à 2020 pour aider un total de 9000 communes en Europe", détaille la commission sénatoriale, présidée le sénateur LR Jean Bizet.

Soulignant un lien direct entre les communes et la Commission européenne, M. Bizet a déclaré "C’est original et très simple. Nous avons là un contre-exemple à opposer à ceux qui trouvent que Bruxelles, c’est loin et c’est compliqué".

Colette Mélot, vice-présidente (Les Indépendants-République et territoires) a rappelé que Wifi pour tous est "une aide complémentaire, mais elle n’est pas censée se substituer à l’aménagement numérique du territoire".
ia


Avec Grenoble, Nice et Paris, Toulouse est devenue l'une des places fortes françaises de l'intelligence artificielle (IA). A l'heure où les investissements se multiplient partout dans le monde., l'institut interdisciplinaire 3iA va ainsi travailler sur quatre grands domaines : mobilité et les transports, puis la robotique-cobotique (relation robot-homme) pour l'industrie du futur, et enfin l'environnement et la santé.

Mais l'intelligence artificielle mobilise toute la société et si elle soulève des questions techniques elle interroge aussi des problème d'éthique. C'est tout le sens du colloque AI Summit, organisé par la chaire de recherches de l’INSEEC U. « Digital, Big data & Intelligence Artificielle » et l’agence Strategic Event, mardi 11 juin prochain à Lyon.

Tables-rondes et conférences


"L’IA représente bien plus qu’un programme. Elle devient un membre de la société qui doit être éduqué de façon responsable. Car si la technologie est neutre, ce sont bien les êtres humains qui en définissent les usages. L’IA n’a par nature pas de conscience, ni de morale : ce sont les Hommes qui en élaborent les principes et ses frontières", exposent les organisateurs qui ont convié un aréopage de personnalités qui s'exprimeront via des keynotes, des tables-rondes ou des conférences.

Parmi les intervenants, on peut citer Joël de Rosnay (ancien chercheur et enseignant au MIT, et président exécutif de Biotics International), le généticien Axel Kahn, Luc Julia, Senior Vice President Innovation chez Samsung Electronics, ou encore  Me Alain Bensoussan, avocat près la Cour d’appel de Paris et spécialiste en droit des nouvelles technologies.

Ce colloque est ouvert à tout public. Renseignements et billetterie ici .
fintech


Par David El Nouchi, cofondateur de ClubFunding

Après avoir levé 365 millions d’euros en 2018, un record, les fintechs françaises nourrissent toujours plus d’ambitions. Entre développement international accéléré et concurrence accrue avec les institutions financières traditionnelles, on fait le point sur un écosystème hyper dynamique.

Consolidation du marché et internationalisation


Selon les prédictions du cabinet KPMG, 2019 serait pour la Fintech française l’année de la consolidation sur ses secteurs arrivés à maturité. Le panorama 2019 de France Fintech fait notamment ressortir deux segments : les services de paiement et les services liés au financement, à l’investissement et à l’épargne, portés par le dynamisme du financement participatif (+20% en 2018).

Le chemin de la consolidation a d’ailleurs été ouvert par les success stories comme Lydia, Alan ou Ledger. Ces dernières ont toutes levé plus de 30 millions d’euros et Ledger apparait même dans le classement KPMG des 50 premières start-ups du monde. Autant dire que la quête de la première licorne de la Fintech française est en bonne voie. De plus, atteindre une certaine taille critique est essentiel pour le développement international, l’un des principaux objectifs des fintechs françaises cette année : 52% des structures souhaitent ainsi développer une activité à l’étranger et 70% envisagent une implantation au cours de l’année 2019.

L’autre conséquence de cette consolidation est l’accroissement de transactions plus importantes. En effet, à la suite d'une phase un peu euphorique, 2019 se traduira par une concentration du secteur autour des plateformes ayant fait leurs preuves. Sur le long terme, concernera donc uniquement celles disposant de larges volumes, aux millions voire aux dizaines de millions de clients.

Renforcer les liens entre les banques et les fintechs


L’entrée en vigueur de la deuxième Directive européenne des services de paiement (DSP2) en janvier 2018 a signé l’ouverture de « l’Open banking » en Europe et d’un bras de fer entre Fintechs et banques traditionnelles pour l’accès aux données de paiement des clients. Cependant, face à l'offensive des GAFA dans le secteur de la finance, les banques n'ont d'autres choix que de se moderniser, voire de se réinventer. Dans ce contexte, les Fintechs ne doivent plus être considérées comme un problème mais bien comme la solution pour le secteur bancaire contre cette montée en puissance des géants de la Tech.

La fin de l’année pourrait ainsi se conclure avec la confirmation de plusieurs partenariats entre banques traditionnelles et Fintechs. Début mai, Orange Digital Ventures, le fonds de capital-risque de l’opérateur télécom a confirmé son entrée dans le capital de la Fintech allemande Raisin. L’ambition de ce partenariat ? Créer « la première marketplace financière mondiale pour les produits d’épargne et d’investissement ».

Cette volonté d’établir des ponts entre la finance traditionnelle et la Fintech se traduit également par la création d’incubateurs au sein des banques. Récemment, La Banque postale a par exemple ouvert « plateforme 58 », un incubateur pour Fintechs, assurtech et regtech. Pour la banque, l’objectif est à la fois d’accompagner de jeunes pousses dans l’aboutissement de leur projet et de favoriser les interactions entre les collaborateurs de l’entreprise et les start-ups.

Des solutions toujours plus innovantes


Un coup d’accélérateur est attendu sur le marché de l’Insurtech encore émergent en France mais déjà en plein boom en Asie. Selon le rapport 2019 sur le marché international de l’assurance réalisé par le cabinet Capgemini, 55% des clients seraient prêts à explorer de nouveaux modèles d’assurance et 37% seraient disposés à partager des données supplémentaires en échange de meilleurs services de contrôle et de prévention des risques. Pourtant les assureurs investissent encore peu pour innover (26%) et n’ont pas toujours la capacité d’exploiter des données en temps réel à des fins de modélisation des risques (27%). Le marché est encore à conquérir.

Autre marché en grand développement : celui de la blockchain, qui bénéficie de l’attention du gouvernement. Outre les mots doux lancés par Bruno Le Maire lors de la Paris Blockchain Week en avril dernier, ce soutien s’est traduit concrètement dans la loi PACTE, adoptée définitivement au printemps : entre autres dispositions favorisant le développement de la blockchain, elle prévoit ainsi une labélisation des échanges pour les levées de fonds réalisées en crypto-monnaies.

Selon le cabinet KPMG, la Regtech est l’autre marché à suivre de près. Elle pourrait bénéficier dans les mois à venir des évolutions réglementaires qui conduiront à une hausse des coûts de conformité des institutions financières. Pour l’instant, le marché français représente moins d’une centaine de start-ups, mais une accélération pourrait suivre. D’autant que l’innovation est en marche. Aux États-Unis, IBM et Thomson Reuters viennent d’annoncer leur association pour le lancement prochain d’une solution regtech reposant sur l’intelligence artificielle pour aider les banques à mieux gérer les exigences réglementaires croissantes. Avec de telles perspectives, les start-ups tricolores devraient bientôt être dans les starting-blocks.
train_frenchtech


L’initiative en est déjà à sa 3e édition mais elle n’en reste pas moins originale. Le 19 juin prochain en gare de Perpignan va s’élancer le train French Tech by Pyrénées Méditerranée Invest. A son bord va embarquer une sélection de start-up de la région Occitanie (Montpellier, Toulouse, Perpignan) qui vont converger à grande vitesse vers l’écosystème espagnol. Ce train d e l’innovation numérique prendra la direction de Gérone, puis Barcelone pour terminer son trajet à Madrid.

Start-up toulousaines

L’objectif est de permettre à chaque start-up voyageuse de présenter son projet à des investisseurs, des coachs et des institutions. « Les projets jugés les plus novateurs et ambitieux seront récompensés par un jury spécialement composé pour l’occasion dans un lieu unique à Madrid, le 19/06 au soir », précise les organisateurs.
Parmi les start-up toulousaines, on compte :
  1. Hydle. Hydle, c'est la possibilité de faire ses meubles en bois soi-même, sans outils et très facilement. 100% Made in France, les meubles sont réarrangeables et réutilisables à l'infini. Hydle permet à tout le monde de designer, monter, démonter et transformer son meuble pour qu'il soit unique et parfaitement adapté.
  2. Servicoo. Servicoo est une plateforme qui propose du service à domicile, des cours particuliers, et bien plus à prix abordables en quelques clics, grâce à la force du réseau d’une ville. Elle permet d’être rémunéré en proposant ses services et ses compétences. La plateforme est accessible grâce à une Web Application disponible sur mobile, tablette et PC.
  3. Speaknate. Speaknate est une plateforme linguistique qui permet à ses utilisateurs d’apprendre et de pratiquer une langue étrangère au sein d’une communauté mondiale en échangeant avec des Natifs sur leurs passions et/ou activités professionnelles par le biais de la visioconférence.
  4. Mon ordo. Mon ordo est une application mobile gratuite permettant de géolocaliser la pharmacie la plus proche de chez vous, d’envoyer ses ordonnances en ligne afin de commander des médicaments et d’être averti au moment du renouvellement de ces derniers. L’application permet également de prendre rendez-vous ou de contacter son pharmacien directement sur la messagerie.
  5. TOPO. TOPO propose plusieurs services d’accompagnement à la naturalisation. Entre la constitution du dossier, la prise de rendez-vous, la préparation de l’entretien, la rédaction d’un recours hiérarchique, TOPO facilite la demande de nationalité française.

Les chiffres du Train French Tech

Plus de 60 participants au départ de Perpignan
- Environ 100 participants arrivent à Madrid avec 10 de + à Gérone et 30 de + à Barcelone
- Près de 150 participants à la soirée de remise de prix sur Madrid
- Une vingtaine start-ups, 10 coaches, 5 investisseurs
- 2 heures de pitchs
- 6 prix décernés, près d’une vingtaine de partenaires
cloud


Par Thomas Leconte, Directeur technique chez MTI France

On ne présente plus le cloud, ses aspects techniques, son modèle économique et les avantages que les entreprises y voient, en matière de scalabilité par exemple. Son succès ne se dément pas et désormais, même les systèmes les plus critiques y sont installés. Dans les faits, le choix est plus complexe qu'il n'y paraît et il n'existe pas de formule toute faite pour chaque entreprise.

La direction est souvent convaincue que le cloud, notamment public, est incontournable pour le système d'information de leur organisation, de par un accès illimité à des ressources ou des prix adaptés à l'usage... d'où une pression sur la DSI de faire basculer une partie ou la totalité du système d'information dans le Cloud public, tout en respectant de nombreuses contraintes.

Infrastructure IT : le choix du roi

Mais le Cloud, s'il est aujourd'hui essentiel dans la transformation IT d'une entreprise, promettant flexibilité et prix attractifs, ne peut à lui seul répondre à tous les enjeux de la DSI. Pour faire un choix avisé entre Cloud public, infrastructure traditionnelle ou hébergée, les responsables informatiques doivent tenir compte de plusieurs facteurs. Ils doivent notamment prendre en considération les spécificités de chaque workload et de chaque typologie de données traitées dans l'organisation, afin de concevoir le système le plus judicieux, tant sur le plan technique, que financier ou de la sécurité.

Chaque solution d'infrastructure possède en effet sa valeur ajoutée, en contrepartie d'une certaine inadaptation à certains cas d'usages spécifiques. De même, le cloud public ne convient pas à tous les environnements et son coût peut - contre toute attente - rapidement dépasser le budget initialement prévu et même largement dépasser le coût d'une infrastructure on premise. Le prix à l'usage peut paraître attractif dans un cloud public sur une courte durée, mais il est toujours plus élevé sur une période de 3 à 5 ans. C'est particulièrement le cas pour les prix du stockage : le prix du teraoctet stocké est prévisible, mais le nombre d'opérations de lecture, suppression ou déplacement peut faire varier la facture.

L'infrastructure traditionnelle, quant à elle, offre une grande souplesse dans les solutions utilisées par les métiers. Pour autant, cela ne répond pas aux attentes des utilisateurs en termes d'agilité : ces derniers souhaitent en effet davantage avoir accès à des offres packagées pour simplifier et accélérer leurs cycles de décision ainsi que le "time-to-market" de l'entreprise. Le sur-mesure, souvent perçu comme une force, devient alors une faiblesse par l'absence de standardisation. Côté budget, ce modèle implique une capacité prévisionnelle des ressources qui seront consommées dans les années à venir.

Enfin, les services hébergés, s'ils permettent d'accéder à des solutions avancées comme PCI-DSS ou HADS sans en acquérir les compétences, ne sont pas généralisables à l'ensemble de l'IT au risque de pénaliser fortement le budget.

Une Iaas sur-mesure, la maîtrise en plus

Pour les DSI, difficile donc d'opérer un choix franc tant chaque formule répond à des besoins et des contraintes spécifiques des entreprises. De la même façon, les avantages proposés par chaque typologie d'infrastructure sont nombreux et capillaires.

Une Infrastructure-as-a-Service on premise, mixant judicieusement les avantages de toutes les formules selon le principe du multi-cloud (ou cloud hybride), constitue aujourd'hui la meilleure solution. Une condition cependant : être en mesure d'inventorier et de qualifier précisément ses workloads, et de savoir identifier clairement les atouts et faiblesse de chaque approche, afin de déterminer les types d'infrastructures les plus appropriés à chaque usage.

Concrètement adaptée à la structure de l'organisation, l'IaaS on premise conserve les avantages propres au cloud public, (notamment le paiement à l'usage), tout en y ajoutant ceux de l'infrastructure on premise : une meilleure prédictibilité des coûts et des performances, mais également une maîtrise de la disponibilité et de la sécurité des données. Cela tout en permettant de choisir le bon support pour le bon workload.

Construire une véritable solution d'IaaS on premise implique une transformation profonde de l'IT et donc une maîtrise complète des environnements et des workloads de l'entreprise. Comme tout projet de transformation, pour que ce nouveau modèle soit couronné de succès, mieux vaut ne pas s'engager « à tâtons » et s'appuyer sur une expertise franche en matière d'infrastructure informatique, gage d'une transformation IT réussie !
reseauxsociaux


La diffusion en direct d'un viol sur Snapchat ou d'une prise d'otages sur Facebook. Des menaces de mort, des insultes racistes ou homophobes sur Twitter. Des activités illicites conduites via ces plateformes. Les réseaux sociaux sont sous le feu des critiques, accusés de ne pas réagir assez vite face aux contenus violents.

La diffusion en direct sur Facebook – pendant 17 minutes – de la vidéo du massacre de Christchurch, perpétré le 15 mars par un militant d'extrême droite dans deux mosquées de cette ville de Nouvelle-Zélande, semble avoir constitué la goutte d'eau faisant déborder le vase. De fait, ce drame a provoqué, au-delà de l'émotion internationale, une prise de conscience au niveau des Etats avec la rédaction de l'Appel de Christchurch pour agir contre le terrorisme et l'extrémisme violent en ligne, porté par Emmanuel Macron et la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern. Le 15 mai dernier, les deux responsables ont réuni à Paris dix chefs d'État et de gouvernement ainsi que des dirigeants d'entreprises et d'organisations du numérique, tous prêts à agir.

Un appel international boudé par les Etats-Unis

«Cet attentat a montré qu'internet était devenu un terrain d'action et de propagande privilégié pour les terroristes. Accepter qu'internet leur serve d'outil de propagation de la terreur, c'est menacer la sécurité de nos citoyens. Un sursaut de l'ensemble des acteurs – États, gouvernements et entreprises du numérique – était nécessaire pour ne plus simplement réagir aux attaques, mais pour agir et anticiper les menaces sur internet», détaille l'Elysée.

Afin d'obtenir l'adhésion du maximum de pays, l'Appel de trois pages n'est pas contraignant et ne désigne aucune idéologie en particulier. «Le soutien des participants à la rencontre du 15 mai à Paris à l'Appel de Christchurch est une première étape. D'autres pays, entreprises du numérique, ONG, universitaires et parties prenantes sont maintenant appelés à le rejoindre», espère l'Elysée.

Facebook, Amazon, Microsoft, Google et Twitter – qui ont déjà mis en place des procédures pour lutter contre la cyberviolence – ont signé l'appel. «Il est juste que nous nous rassemblions, résolus dans notre engagement de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre la haine et l'extrémisme qui mènent à la violence terroriste», ont déclaré dans un communiqué conjoint Amazon, Facebook, Google et Microsoft. Outre la France et la Nouvelle-Zélande, plusieurs pays ont signé l'Appel dont le Royaume-Uni, l'Irlande, le Canada ou le Sénégal… mais pas les Etats-Unis.

Donald Trump a fait savoir dans un communiqué qu'il était en phase avec l'objectif du texte, mais ne le soutiendrait pas formellement, invoquant le premier amendement de la constitution américaine sur la liberté d'expression. Quelques heures après avoir refusé de signer le document, la Maison Blanche a intensifié sa lutte contre les médias sociaux en annonçant une campagne sans précédent demandant aux internautes de partager… leurs expériences de censure par Facebook, Google et Twitter, entreprises que Trump accuse de mener une censure contre sa politique…

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Une charte présentée au sommet du G7 de Biarritz

Dès lors il semble difficile de rallier les Etats-Unis à la charte sur les contenus haineux, actuellement en discussion, et qui doit être présentée lors du prochain sommet du G7 à Biarritz du 24 au 26 août. La France, qui assure la présidence du G7, veut définir collectivement un cadre d'action plus efficace avec les plateformes en ligne. Mais la tâche s'annonce ardue car, comme l'explique Cédric O, secrétaire d'Etat en charge du Numérique, «tous les pays n'ont pas la même approche dans la régulation. Il y a la liberté de parole qui s'oppose à cette idée de régulation».


Meurtres, violences, haine :
les modérateurs en première ligne

Les réseaux sociaux ne restent évidemment pas insensibles face aux cyberviolences. Tous ont mis en place des procédures de signalement et des technologies de détection. «Facebook a massivement investi dans la sécurité et la sûreté au cours des derniers mois. Aujourd'hui 30 000 personnes travaillent pour Facebook sur les problématiques de sécurité et de sûreté, dont 15 000 en charge de la modération de contenus. Ils étaient respectivement 20 000 et 7 500 en juillet 2018», précise le réseau social aux 2,3 milliards de membres dans le monde dont 35 milions en France. «Nos modérateurs travaillent dans un peu plus de vingt centres de modération répartis à travers le monde, notamment en Irlande, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne, au Portugal, au Maroc, en Lettonie, en Bulgarie, au Kenya, ou encore aux Philippines», rajoute Facebook.

Ces derniers mois, plusieurs enquêtes de presse ont montré toute la dureté du travail des modérateurs, sous couvert d'anonymat car ils sont soumis à des clauses de confidentialité. Embauchés, notamment par des sociétés sous-traitantes des grands réseaux, sans être forcément préparés, les modérateurs sont en première ligne face à des contenus haineux, violents, terroristes qui changent au gré de l'actualité.

Ce sont bien sûr les vidéos qui sont les contenus les plus difficiles à traiter et peut-être les plus marquants. «En règle générale, elles sont plus dures à traiter, car plus violentes, et s'avèrent aussi plus dures à classifier : parfois, dans les premières minutes du film, quelqu'un est juste en train de réparer son vélo et il faut attendre les dernières secondes pour l'entendre crier « Fuck Americans » ou un truc du genre et il faut alors que je supprime», a raconté à Slate Nicolas, un jeune modérateur embauché à 1 300 € mensuels à Berlin chez Arvato, filiale du groupe Bertelsmann, sous contrat avec Facebook. Le jeune homme a entre 20 secondes et deux minutes pour analyser un contenu…

Ils voient «le pire d'internet»

«Sans parler d'amateurisme, on avait parfois l'impression de devoir prendre une décision à l'instant T, sans être préparé à tous les cas de figure pouvant se présenter», témoigne-t-il en se souvenant de la diffusion en direct d'un assassinat. «Un homme tue un homme plus âgé dans la rue. C'était inédit. Il fallait réagir. Bien entendu, ça allait être supprimé. Mais dans ces moments-là, ça devient viral, c'est facile à repérer, mais il faut faire vite. Il a fallu qu'on mobilise une petite équipe spéciale de 6 ou 7 personnes sur cette vidéo». Nicolas assure qu'il n'a pas été atteint psychologiquement par la vue de tous ces contenus violents, au contraire de certains de ces collègues.

Début avril dans Le Monde, d'autres modérateurs ont fait part de toute la difficulté de leur travail. «Tu passes une journée à être immergé de merde, du pire d'internet. Ce sont les sept péchés capitaux que tu es forcé à regarder toute la journée», raconte Arthur, un français qui a été modérateur pour Facebook à Barcelone. Le jeune homme explique aussi que les contenus violents sont de nature différente selon les «marchés» ; le marché hispanophone traite ainsi des contenus plus violents que le marché français.

Face à ces contenus, les modérateurs essaient de prendre leur distance, de dédramatiser mais certains craquent. Une modératrice ayant travaillé sur le campus de Facebook à Menlo Park en Californie a porté plainte contre l'entreprise, affirmant souffrir de stress post-traumatique… Facebook est bien sûr conscient de ces problèmes, chaque centre de modération dispose d'une équipe de psychologues. Est-ce suffisant ?