5G : pourquoi le démarrage est poussif pour le grand public

5G


Six mois après le lancement de sa commercialisation, la 5G peine à séduire au point que certains évoquent un flop.  Le nouveau réseau représenterait ainsi moins de 1 % du trafic mobile…

La 5G « démarre assez doucement en termes d’usages », reconnaissait dernièrement dans Le Figaro Olivier Roussat, directeur général du Groupe Bouygues. « La 5G commence seulement, l’appétit n’est pas complètement au rendez-vous. La perception pour le client n’est pas claire. Dans l’usage quotidien du mobile, on ne perçoit pas la différence. Les vrais usages de la 5G arriveront avec la deuxième étape, fin 2022 début 2023 », poursuit-il. Pour le grand public, en effet, le gain d’un passage de la 4G à la 5G n’est pas suffisamment perceptible. Certains tests effectués par des sites spécialisés montrent même que le débit, censé être 10 fois plus rapide en 5G, n’est parfois que légèrement supérieur à celui de la 4G…

Les clients préfèrent rester en 4G pour l’instant

Du coup, les Français ne se précipitent pas pour bénéficier de la 5G, d’autant que pour cela, il faut disposer d’un smartphone compatible et surtout du bon forfait mobile, plus cher que les forfaits 4G. 

Chez Orange, près d’un téléphone sur deux vendu en boutique est ainsi compatible avec la 5G, selon des chiffres communiqués à Europe 1. Les clients ne prennent pas les forfaits qui vont avec et préfèrent rester en 4G pour le moment.

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Pourtant tout est là : les smartphones compatibles 5G sont courants et disponibles à des tarifs de plus en plus abordables. Et le déploiement du réseau a atteint un rythme de croisière. Au 1er juin, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) a autorisé 25 105 sites 5G en métropole, dont 14 284 sont déclarés techniquement opérationnels par les opérateurs de téléphonie mobile. « La quasi-totalité de ces implantations 5G ont été autorisées sur des sites existants, déjà utilisés par les technologies 2G, 3G ou 4G. Sur le mois de mai, les sites 5G autorisés ont donc augmenté de 3,7 % », précise l’ANFR. FreeMobile dispose de 16 683 sites 5G dans la bande 700 MHz. Bouygues Telecom, Orange et SFR disposent de 8 376 sites 5G sont autorisés dans la bande 2 100 MHz et de 8 550 dans la nouvelle bande 3,5 GHz. Le déploiement de la 5G n’est toutefois activé que dans une quarantaine d’agglomérations.

L'impact de la crise du Covid-19

Finalement, ce qui pourrait expliquer le désintérêt du public pour la 5G est… la crise du Covid-19. A cause des confinements et des couvre-feux successifs depuis mars 2020, nous avons passé plus de temps à la maison qu’à l’extérieur en déplacement. Le télétravail, la classe à la maison, les loisirs numériques comme la vidéo à la demande ont fait évoluer les priorités : la fibre plutôt que la 5G.


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Ce que confirme Fabienner Dulac, directrice générale d’Orange. « Nous n’avons pas pris de retard dans le déploiement de la 5G. Nous avons continué à travailler dessus mais on voit que l’appétence des clients s’est plutôt reportée sur les demandes de fibre, où on voit les demandes exploser : +50 % par rapport à avant la crise sanitaire », détaillait sur Europe1 la dirigeante, qui prédit un regain d’intérêt pour la 5G à la rentrée de septembre.

À condition peut-être que les opérateurs donnent un petit coup de pouce : la 4G avait véritablement décollé lorsqu’elle avait été incluse dans les forfaits.