Par Fabrice Lollia , Université Gustave Eiffel L’affaire « StravaLeaks » montre que, dans un monde saturé d’objets connectés et de données de localisation, les traces numériques ordinaires sont devenues un enjeu central de sécurité pour les environnements sensibles. De simples données de déplacement issues d’un footing, enregistrées et partagées par une application publique, ont pu être utilisées pour localiser des navires ou des bases militaires. Un footing, en apparence, n’a rien de sensible. Pourtant, en mars 2026, une activité enregistrée sur Strava par un militaire français a permis de localiser en temps quasi réel le porte‑avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale. Dès 2018, la carte de chaleur mondiale de Strava – une visualisation agrégée des activités publiques enregistrées par ses utilisateurs – avait déjà révélé des bases militaires et des sites sensibles , et des enquêtes plus récentes ont montré que les pratiques sportives ...
Par André Spicer, professeur en comportement organisationnel à la Cass Business School (City University of London) : Vous vous souvenez des bipeurs ? Ces appareils étaient utilisés largement avant l'arrivée massive des téléphones portables et des SMS. Si vous aviez un bipeur, vous pouviez recevoir des messages simples, mais vous ne pouviez pas répondre. Un des rares endroits où on peut encore en trouver aujourd’hui sont les hôpitaux. Le Service National de Santé au Royaume-Uni (National Health Service) en utilise plus de 130 000. Cela représente environ 10 % du nombre total de bipeurs présents dans le monde. Une récente enquête menée au sein des hôpitaux américains a révélé que malgré la disponibilité de nombreuses solutions de rechange, les bipeurs demeurent le moyen de communication le plus couramment utilisée par les médecins américains. La fin du bipeur dans les hôpitaux britanniques ? Néanmoins, les jours du bipeur dans les hôpitaux britanniques pourraient être compté...