5G : les antennes se déploient, la défiance aussi
Le déploiement de la téléphonie 5G se poursuit en France, lentement mais sûrement. Selon le dernier pointage de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), qui gère l’ensemble des fréquences radioélectriques en France, 20 611 antennes 5G étaient opérationnelles dont 1 535 en Occitanie. La Haute-Garonne et l’Hérault sont les départements qui comptent le plus grand nombre d’antennes 5G (respectivement 521 et 317) ; la Lozère et l’Ariège en comptent le moins (13 et 23).
En janvier, Free Mobile disposait du plus grand nombre d’antennes 5G (1 168) en Occitanie, suivi par Orange (255) et Bouygues (159). SFR en a le moins à date (112) selon l’ANFR. L’installation des antennes ne se fait toutefois pas dans la sérénité : la défiance envers la 5G perdure. Si les recours déposés par Priartem, Robin des toits et Agir pour l’environnement, contre l’Etat pour « excès de pouvoir » dans l’attribution des fréquences 5G ont été rejetés fin décembre par le Conseil d’Etat ; si une majorité de Français se montre favorable à la 5G dont les offres commerciales n’en sont qu’à leurs débuts, les questions qui entourent la 5G continuent à se poser. Sur l’intérêt de la nouvelle norme quand certains territoires peinent à accrocher la 4G, sur l’impact environnemental du nouveau réseau ou son poids énergétique, ou encore sur les conséquences potentielles de ce nouveau réseau sur la santé humaine, les questionnements sont nombreux.
L’installation des antennes catalyse d’ailleurs ces questionnements légitimes mais aussi les craintes de nombreux élus, les maires ne pouvant s’opposer au déploiement de la 5G.
La ville de Bordeaux, dirigée par l’écologiste Pierre Hurmic, s’est ainsi dite « désolée » de l’ouverture de la 5G dans la commune, annoncée le 8 février par Bouygues Telecom et SFR. « Nous sommes désolés, c’est un aveu d’échec. La seule chose que nous puissions faire est de veiller sur le plan sanitaire que les expositions aux ondes ne soient pas importantes », a expliqué Delphine Jamet, adjointe au maire. Des villes écologistes ou de gauche, comme Paris - qui a finalement trouvé un accord avec les opérateurs - ou Nantes, ont émis des réticences quant au déploiement de la 5G ; Lille avait même demandé un moratoire jusqu’à la publication d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dont les conclusions sont attendues à la fin du trimestre. En septembre, 70 maires et députés avaient plaidé pour un moratoire sur le déploiement du réseau 5G ; s’attirant une pique un rien méprisante d’Emmanuel Macron. Le président de la République doutait que l’on puisse « relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine ».
Le rappel à la loi de Cédric O aux opérateurs
Cinq mois plus tard, la défiance est toujours là. En Occitanie, l’inquiétude est bien présente et l’opposition à la 5G vire parfois à des actes délictueux. En Haute-Garonne, autour de Toulouse, deux nouvelles antennes ont ainsi été incendiées le 28 janvier.
Joël Aviragnet, député PS de Haute-Garonne, vient de poser une question écrite à Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, sur le déploiement des antennes de réseaux mobiles. Dénonçant la multiplication des antennes et l’absence de mutualisation entre opérateurs, le député souhaite savoir « s’il est envisageable d’élargir les compétences des maires pour leur permettre d’exercer en responsabilité les arbitrages entre les exigences d’aménagement du territoire et celles de préservation de l’environnement. »
L’inquiétude des élus face aux implantations est d’ailleurs remontée depuis longtemps au gouvernement. Fin septembre, Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique, a rappelé par courrier aux opérateurs qu’ils doivent légalement s’engager à fournir aux élus locaux un « dossier d’information » un mois avant tout déploiement.
























