L’information est passée inaperçue et pourtant elle constitue une étape majeure dans la politique de souveraineté numérique de l’État. Réunis le 8 avril sous l’impulsion du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, un séminaire interministériel piloté par Direction interministérielle du numérique vient, en effet, d’acter une accélération nette de la réduction des dépendances aux outils extra-européennes – essentiellement américains. En toile de fond de cette orientation : une inquiétude désormais installée au sommet de l’État, qu’il existe une possibilité d’interruption potentielle de services numériques américains utilisés par l’administration. L’exemple du juge Guillou, magistrat à la Cour pénale internationale, privé de son e-mail Microsoft ou de ses moyens de paiement en raison de sanctions américaines le visant, en est une illustration. Sortie progressive de Windows au profit de systèmes Linux Première mesure décidée mercredi dernier : la...
Par Jeremy Ghez , HEC Paris Business School Guerre d’information et d’influence au Sahel pour Facebook, prise de position de Twitter contre les messages de désinformation sur les vaccins, la place prépondérante qu’occupent les géants numériques dans les économies occidentales ne se calcule plus simplement en parts de marché. Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) jouent désormais un rôle central dans notre espace public – rôle qui confère à ces géants une influence qui dépasse celle des grandes entreprises classiques. Ces dernières sont donc sous le radar des États qui n’hésitent pas à brandir la menace du démantèlement , comme dans le cas de Google ou de Facebook, face à des activités de plus en plus complexes à encadrer. Un rôle dans l’espace législatif La centralité de ces GAFAM pose en effet trois dilemmes que les régulateurs ont du mal à surmonter à l’heure actuelle. D’abord, la nature de leur activité pourrait rendre obsolète l’arsenal à la dis...