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Le Toulousain Sigfox choisi par la poste irlandaise

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An Post, leader dans la logistique du courrier, des colis et du e-commerce en Irlande, a choisi VT-IoT, l’opérateur du réseau 0G (zéro G) du Toulousain Sigfox en Irlande, afin de révolutionner sa chaîne d’approvisionnement à l’aide de dispositifs de suivi utilisant l’Internet des Objets (IoT). Ce nouveau partenariat vient alimenter sa stratégie de transformation numérique.

Grâce aux progrès de l’IoT, VT et Sigfox fournissent à An Post la solution idéale pour optimiser sa chaîne d'approvisionnement. Des dispositifs de suivi intelligents permettent à An Post de surveiller l'emplacement de ses ressources à travers le pays, même en dehors de sa propre chaîne d'approvisionnement. En fournissant une connectivité à faible coût et à faible consommation d'énergie sur un seul réseau mondial aujourd'hui disponible dans plus de 70 pays, Sigfox, initiateur du réseau 0G et premier fournisseur mondial de solution de connectivite´ dédiée à l’Internet des objets (IoT), élimine les obstacles associés aux technologies de suivi traditionnelles (prix, durée de vie des batteries et couverture).

Industrie 4.0

"Nous sommes heureux d’accompagner An Post dans cette nouvelle ère de l’industrie 4.0. Nous continuons à améliorer la productivité d’entreprises de services postaux comme An Post en Irlande, DHL en Allemagne et Posti en Finlande. C’est un secteur clé pour Sigfox, pour lequel nous nous efforçons de fournir de la valeur et une expertise éclairée dédiée à la chaîne d’approvisionnement et la logistique au niveau mondial" a déclaré Glen Robinson, senior vice président Global Sales & Marketing chez Sigfox.

Health Tech : Cédric Giorgi nommé directeur général adjoint chez Kaduceo

Cédric Giorgi est nommé directeur général adjoint chez Kaduceo. Startup HealthTech Toulousaine, Kaduceo est experte en traitement de données de santé pour l’analyse, l’optimisation et la prédiction de parcours de soins dans les établissements hospitaliers et les cliniques.

Expertise sur les algorithmes appliqués aux données de santé

"Kaduceo a tout pour devenir un acteur majeur de la e-santé en France et dans le monde. Matthieu [Ortala, Fondateur et Directeur Général de Kaduceo] est un visionnaire sur le sujet des données de santé pour les établissements de santé. Depuis sa création en 2014, Matthieu a su s’entourer d’une formidable équipe en science des données mais aussi et surtout d’un réseau de partenaires hospitaliers, ce qui donne une vrai expertise sur les algorithmes appliqués aux données de santé. Au delà de Kaduceo, je suis très excité de rejoindre le secteur de la e-santé, où la France a un grand rôle à jouer pour montrer l’exemple d’un numérique éthique", a déclaré Cédric Giorgi.

Diplômé de l’INSA Toulouse et de la Toulouse Business School, Cédric Giorgi a 15 ans d’expérience dans les startups et le numérique. Précédemment à son expérience chez Sigfox, Cedric créé et vendu la startup Cookening, a été Directeur Europe de Seesmic et Directeur Marketing de Goojet devenu Scoop.it.

La Health Tech en plein essor en France 

Le secteur de la Health Tech est en plein essor en France. "Le tissu industriel est composé de plus de 1700 entreprises healthtech en France dont 720 sociétés de biotechnologies, plus de 800 sociétés Medtech et 200 entreprises de e-santé. Il se crée tous les ans plus de 60 nouvelles entreprises dans le secteur biotech", indiquait début février dernier le Panorama France HealthTech 2019, réalisé par France Biotech, l'association indépendante qui fédère depuis 1997 les entrepreneurs de l’innovation dans la santé et leurs partenaires experts.

2019 a vu une accélération de la prise de risque et de l’appétence pour les sociétés innovantes de healthtech démontrée par les nombreux partenariats industriels et l’émergence des méga-deals.
"En 2019, pas moins de 9 milliards d’euros ont été levés dans les 6 principaux pays européens grâce à l’effort fourni par les fonds spécialisés et la réalisation d’une opération record de 1,3 milliards d’euros par la société Galapagos. La France se positionne comme le second pays européen attirant le plus de capitaux dans le secteur de la healthtech après le Royaume-Uni, toutes opérations confondues, malgré un intérêt limité de la part des investisseurs institutionnels généralistes pour la healtchtech", explique Cedric Garcia, Associé EY.

Cyberintimidation : ce que les écoles et les enseignants peuvent faire

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Par Benoit Grunemwald, expert en Cyber sécurité chez ESET France

De nos jours, Internet fait partie intégrante de la vie quotidienne des gens, et les enfants ne font pas exception. Malgré tous ses avantages, l’évolution technologique a aussi apporté, ou amplifié, certains problèmes. La cyberintimidation est d’ailleurs l’une des menaces les plus répandues auxquelles les jeunes font face en ligne. En fait, lorsqu’un enfant commence à être victime d’intimidation à l’école, le harcèlement se poursuit habituellement sur les réseaux sociaux, les applications de messagerie et ailleurs sur Internet. Les établissements d’enseignement peuvent penser que les questions relatives au monde numérique ne relèvent pas de la scolarisation ou qu’elles ne méritent pas d’être examinées de près. Cependant, les abus et le harcèlement en ligne ont souvent un impact plus important sur les victimes que l’intimidation en personne – et pourtant ils peuvent être ignorés jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Il est important de noter que sur Internet, tout peut devenir plus puissant. Un message sur les réseaux sociaux peut atteindre des centaines, voire des milliers de personnes en quelques minutes et, avant, que vous ne vous en rendiez compte, toutes ces personnes peuvent parler et exprimer leurs opinions sur le message ou l’image. L’impact d’un contenu haineux sur la victime est amplifié lorsqu’il y a une augmentation du nombre de personnes qui voient, aiment, partagent ou commentent l’article. En effet, si le contenu est devenu viral, il est impossible de l’arrêter ou de le supprimer, même si les agresseurs peuvent en venir à regretter leurs actions.

Dans le même ordre d’idées, la réduction de l’inhibition que peuvent procurer les écrans et les réseaux sociaux en raison du sentiment d’anonymat qu’ils entrainent peut amener de nombreux enfants à se sentir à l’aise de dire et faire dans le monde numérique des choses qu’ils ne feraient jamais dans le monde physique.

Dans ce contexte et pour encourager une approche proactive dans la lutte contre la cyberintimidation et d’autres types de harcèlement en ligne, voici quatre principes que chaque école et chaque enseignant peut appliquer afin de lutter contre ce problème :

1.    Éduquer les élèves pour former de bons citoyens numériques


Puisque le monde numérique fait partie de notre vie réelle, les règles qui s’appliquent sur Internet devraient être les mêmes que celles que nous connaissons déjà dans le monde physique. Lorsqu’on enseigne aux enfants le respect et les conventions sociales, il est important d’inclure le domaine numérique et de s’assurer qu’on leur apprend aussi à se comporter et à communiquer par les médias numériques. Des sujets comme l’éducation civique et la citoyenneté devraient dépasser les frontières traditionnelles pour toucher également à l’éthique, à la morale et au respect dans le monde numérique. Les exercices et les activités de groupe sont un autre moyen efficace de faire en sorte que les individus ne fassent qu’un. Le but de ces activités est d’amener tous les membres de la classe à travailler ensemble vers un but commun, en utilisant toutes leurs forces individuelles et en valorisant les capacités de chaque personne à accomplir une tâche.


2.    Privilégier la sensibilisation aux interdictions


La prise de conscience est très importante, notamment parce qu’elle modifie les perceptions sociales. Plutôt que de créer une panique à propos de l’utilisation de la technologie ou de répandre des malentendus, la prise de conscience permet l’émergence d’une atmosphère positive. De nombreuses écoles choisissent d’interdire l’utilisation de la technologie, ce qui peut se retourner contre les élèves et les étudiants qui utiliseront leur téléphone à la en cachette. Les jeunes s’identifient à la technologie et l’adaptent à leur vie quotidienne. C’est pourquoi il est important de montrer aux élèves comment ils peuvent utiliser la technologie pour le bien commun, par exemple pour partager des connaissances ou pour se soutenir mutuellement. De plus, en introduisant la technologie en classe, les enseignants peuvent se concentrer sur leur utilisation éthique.

3.    Faire preuve de solidarité collective dans le signalement de la cyberintimidation


Un rapport de l’initiative Safe2Tell a révélé que, dans 81 % des cas d’intimidation à l’école, un groupe d’élèves aurait été mis au courant de l’agression, mais aurait décidé de ne pas la signaler. Dans la plupart de ces cas, le silence est principalement dû à la peur de devenir la prochaine victime ou d’être puni par des adultes. Dans ces cas, les enfants ont besoin de savoir que le problème n’est pas la technologie, mais plutôt les gens qui l’utilisent à de mauvaises fins. L’instauration d’un dialogue fluide et d’un espace d’écoute contribue également à ce que les enfants sachent à qui s’adresser s’ils sont confrontés à un comportement abusif. D’autre part, les abus en ligne peuvent, et devraient, être signalés sur les plates-formes elles-mêmes. Tous les réseaux sociaux ont la possibilité de signaler les messages, les commentaires et même les profils qui blessent ou harcèlent quelqu’un. C’est le seul moyen d’éliminer les contenus abusifs sur les réseaux sociaux, car après une série de rapports, le message ou le profil est supprimé. Ces rapports sont totalement anonymes, il n’y a donc pas lieu de craindre des représailles.


4.    Établir le dialogue : à la base de tout soutien


Les élèves doivent savoir à qui ils peuvent s’adresser avant qu’un problème ne surgisse. Et dans ce domaine, la confiance est la clé pour ouvrir le dialogue. Un sondage récent a révélé que 25 % des enfants et des adolescents croient que leurs aînés en savent moins qu’eux sur la technologie. Cette perception leur donne l’impression que leurs problèmes en ligne sont minimisés et incompris. Ce qui se passe sur Internet est considéré par les enfants comme très grave. Leurs identités numériques sont essentiellement les mêmes pour eux que leurs identités réelles. Pour cette raison, si un élève s’adresse à un enseignant ou à un autre adulte responsable qui a un problème en ligne, l’enseignant doit le prendre aussi au sérieux qu’un problème réel similaire et rechercher les ressources nécessaires pour y faire face.

Il est important de se rappeler que même si les jeunes en savent beaucoup sur la façon dont la technologie est utilisée et comment elle fonctionne, les adultes ont plus d’expérience de la vie réelle. Dans cette optique, l’exploration de sujets tels que les risques technologiques, la sécurité sur Internet et les comportements en ligne appropriés sont essentiels pour encourager le dialogue. Il est de plus essentiel de briser le silence autour de l’intimidation et de la cyberintimidation, en parlant des cas d’abus numériques et des solutions à apporter. Ce faisant, les enseignants doivent agir avec clarté et empathie, tout en communiquant ouvertement avec leurs élèves.

En conclusion, si l’on considère la communication numérique comme faisant partie du petit monde de chacun, on peut lui appliquer ces réflexions exprimées par Eleanor Roosevelt :

« Après tout, où commencent les droits humains universels ? Dans de petits endroits, près de chez nous – si proches et si petits qu’ils ne peuvent être vus sur aucune carte du monde. Pourtant, ils sont le monde de l’individu, le quartier dans lequel il vit, l’école ou le collège qu’il fréquente, l’usine, la ferme ou le bureau où il travaille. Tels sont les lieux où chaque homme, chaque femme et chaque enfant recherche l’égalité de justice, l’égalité des chances, l’égalité de dignité sans discrimination. À moins que ces droits n’aient un sens là-bas, ils n’ont guère de sens nulle part. Sans une action citoyenne concertée pour les défendre près de chez nous, nous chercherons en vain le progrès dans le monde entier. »

Le RGPD au cœur de la procédure de la Cnil contre EDF et Engie

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Au cœur de la décision de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) de mettre en demeure EDF et Engie se trouve le non-respect de règles édictées par le RGPD. Le RGPD, règlement général sur la protection des données, est un texte européen majeur qui est entré en application le 25 mai 2018, remplaçant la directive sur la protection des données personnelles de 1995. S’inscrivant dans la continuité de la loi française Informatique et Libertés de 1978 établissant des règles sur la collecte et l’utilisation des données sur le territoire français, le RGPD encadre le traitement des données de manière égalitaire sur tout le territoire de l’Union Européenne. Il a été conçu autour de trois objectifs : renforcer les droits des personnes ; responsabiliser les acteurs traitant des données ; et crédibiliser la régulation grâce à une coopération renforcée entre les autorités de protection des données.

"Le RGPD s’adresse à toute structure privée ou publique effectuant de la collecte et/ou du traitement de données, et ce quels que soient son secteur d’activité et sa taille", explique Bercy.

La Cnil a délivré aux structures concernées quatre bons réflexes pour appliquer le RGPD : constituer un registre des traitements de données ; faire le tri dans les données (ne collecter que les données vraiment nécessaires) ; respecter le droit des personnes en matière de consultation, de rectification ou de suppression des données ; et sécuriser les données.

Tous les citoyens européens bénéficient des protections du RGPD qui s’impose aussi pour toutes les sociétés étrangères qui ont à manipuler des données concernant les Européens. Ainsi les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), ont dû revoir pour partie leur politique concernant le consentement des utilisateurs détenteurs de comptes sur les réseaux sociaux. À l’heure où Facebook était embourbée dans le scandale Cambridge Analytica, certains aux Etats-Unis ont reconnu la pertinence du règlement européen… y compris le PDG de Facebook Mark Zuckerberg.

La mise en œuvre du RGPD a constitué un bouleversement dans la vie des entreprises européennes, dont beaucoup ont créé un poste de délégué à la protection des données.

Safer Internet Day : les 6 conseils de l'Afnic pour éviter les piratages de son site web

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Usurpation de la page d'accueil, vol des données personnelles ou bancaires, ou même des textes et photos... Que l'on possède un blog de cuisine, une plateforme e-commerce pour vendre ses bijoux faits main ou un site vitrine pour présenter son entreprise, chaque propriétaire de site internet risque le piratage. Et avec celui-ci, viennent des pertes financières, une dégradation de son image, etc. Pourtant, quelques bonnes pratiques permettent de réduire les menaces qui se font de plus en plus sophistiquées.

A l'occasion du Safer Internet Day ce 11 février, la journée où on fait d'Internet un espace plus sûr, l'Afnic, association en charge des noms de domaine en .fr, délivre 6 conseils pour sécuriser son site internet.

Installer systématiquement les correctifs de sécurité

C'est le conseil numéro 1 ! Un correctif de sécurité est une simple mise à jour d'un logiciel fournie par l'éditeur, afin de perfectionner son produit et d'en supprimer les failles de sécurité. La grande majorité des attaques sur les sites est causée par une faille dans le logiciel qui supporte le site internet, dont les pirates n'ont plus qu'à profiter. Si on gère son site soi-même, il est donc indispensable de s'abonner aux alertes de sécurité de l'éditeur du logiciel utilisé. En cas de sous-traitance, il faut exiger de son prestataire qu'il installe les correctifs de sécurité dès leur parution.

Limiter le nombre d'utilisateurs et leurs droits

Il est classique que plusieurs personnes aient des droits de modification d'un site internet. Il faut pourtant veiller à maitriser leur nombre et leurs possibilités ; dans les faits, plus on est de fous, plus on prend des risques ! Il convient de prévoir pour chacun des droits spécifiques et restreints à leur champ d'action pour limiter les erreurs humaines. Chaque utilisateur dispose donc de privilèges uniques sur son compte, qu'il ne doit pas partager : par exemple, on peut autoriser une personne à publier des articles uniquement, tandis qu'une autre peut seulement modifier la mise en page du site.

Se former pour anticiper les risques

Bien se protéger, c'est d'abord bien se former. Beaucoup d'attaques peuvent être attribuées à une erreur humaine : plus on connaît les risques, mieux on les anticipe ! L'idéal est de s'entourer de prestataires externes de confiance qui géreront son projet de site internet en garantissant le meilleur niveau de sécurisation : agence web, freelance ou ESN (Entreprises de Services Numériques) par exemple. Pour ceux qui ne peuvent se permettre de faire appel à des professionnels, de nombreuses formations et guides officiels en ligne existent pour connaître et appliquer l'essentiel des bonnes pratiques en matière de gestion de site internet.

Bien choisir son mot de passe (encore et toujours)

Au moment d'acquérir un nom de domaine et de choisir son système de gestion de contenu (CMS), il convient de choisir un mot de passe de connexion suffisamment complexe pour éviter les piratages. « 123456 » ou « azerty » sont à proscrire ! Le plus efficace : un code assez long (minimum 10 caractères), intégrant des majuscules, des chiffres, des caractères spéciaux et évitant tout lien avec sa date de naissance, le nom de son entreprise, son animal de compagnie ou son adresse par exemple. Il est ensuite nécessaire de le modifier régulièrement pour d'autant plus réduire les risques.

Sauvegarder souvent

Le piratage d'un site internet peut avoir plusieurs conséquences, notamment : site indisponible, contenu modifié, propagation de virus, etc. Il est ainsi primordial d'effectuer des sauvegardes régulières et en lieu sûr. Certains prestataires et outils proposent une sauvegarde automatique planifiée. Et comme le dit l'adage, ce n'est jamais la sauvegarde qui échoue, c'est toujours la restauration : il faut donc penser à tester ses sauvegardes !

Protéger le nom de domaine et les données des visiteurs

Au-delà de ces bonnes pratiques techniques, la sécurisation d'un site internet passe également par la protection de son nom de domaine (le nom devant le .fr dans la barre d'adresse du navigateur). Plusieurs outils comme le verrou de registre (FR Lock) ou DNSSEC existent pour limiter au maximum les risques de piratage.

Enfin, pour les sites e-commerce en particulier, il est aujourd'hui indispensable d'avoir un certificat SSL. Outre la présence rassurante d'un petit cadenas dans la barre d'adresse du navigateur, c'est un moyen incontournable garantissant que les transmissions de données entre les internautes et le site sont protégées contre des pirates qui pourraient les intercepter (numéros de carte bancaire, photos, et toutes autres informations confidentielles).

Plusieurs bureaux d'enregistrement proposent ces options au moment de l'achat et du renouvellement de son nom de domaine.

Lutte contre la fraude : l’IA n’est pas encore une réalité

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 Par Adrien Basso-Blandin, Lead Data-Scientist chez Finexkap

Alors que l’intelligence artificielle continue à faire couler beaucoup d’encre, ses applications concrètes en termes de lutte contre la fraude restent pour le moment limitées au sein des entreprises. Pour franchir le pas technologique, c’est sur l’expérience client que la bataille se jouera.

En 2018, une entreprise sur cinq a été visée par plus de dix tentatives de fraude, contre seulement une sur dix l’année précédente. C’est ce qu’a révélé l’une des dernières enquêtes d’Euler Hermes, acteur référent de l’assurance-crédit. Qu’elle soit due à un manque de sécurité dans les systèmes d’information ou à de la manipulation des clients, la fraude ne cesse de prendre de l’ampleur et pénalise durement les entreprises de tout secteur. Un phénomène encore renforcé par le boom du e-commerce et de l’achat en ligne, terrain propice notamment aux escroqueries aux moyens de paiement.

Pourtant, l’enquête pointe du doigt que seules quatre entreprises sur dix ont alloué un budget spécifique pour faire face à ce risque de fraude et de cybercriminalité. Qui plus est, les entreprises prenant à bras le corps le problème utilisent encore majoritairement des approches algorithmiques anciennes, avec des systèmes de scoring, de monitoring ou d’analyse financière qui ont certes su faire leurs preuves mais qui ne reflètent pas forcément l’évolution de l’état de l’art. A l’heure où les possibilités offertes par les nouvelles technologies, et en particulier l’intelligence artificielle, ne cessent de s’ouvrir, la réalité au cœur des entreprises est encore toute autre.

Faire le virage de la data, un pari pas si simple

Certes, comparées aux méthodes traditionnelles, les applications issues de l’intelligence artificielle permettent d’améliorer considérablement le temps de détection et le périmètre de contrôle de la fraude, mais aussi de diminuer les frictions dans le parcours utilisateur. Cependant, qui dit IA, dit traitement de la data. Et c’est là où le bât blesse, principalement. En effet, avant même de penser à implémenter de l’IA dans ses systèmes, il s’agit pour les entreprises de se constituer des bases de données saines et structurées. Un prérequis qui découle d’un travail absolument titanesque de traitement, d’analyse et de structuration, coûteux en temps, en argent mais aussi en compétences. Car même si une appétence pour ces nouveaux métiers se fait sentir chez les jeunes talents, dont témoigne l’explosion du nombre de formations spécialisées en Data Science., les experts « data » restent encore une denrée rare, loin d’être à la portée de toutes les entreprises.

Ce travail de la donnée représente donc un vrai coût d’opportunité pour des sociétés encore trop peu « data driven ». Un coût qu’elles estiment bien souvent trop élevé. Cette situation explique pourquoi aujourd’hui les entreprises possédant des masses conséquentes de data ont rarement entamé le virage nécessaire à leur traitement. Et même si ces dernières tentent de se faire accompagner, elles se retrouvent là encore face à un blocage : le manque de solutions adéquates proposées par les prestataires du secteur, positionnés soit dans l’ultra-spécialisation, soit dans la globalisation à l’image d’un IBM à la compétence technologique de pointe mais qui reste trop éloigné de problématiques métiers précises.

Vers une plus grande démocratisation des outils

Tout n’est pas pour autant perdu, loin de là. Après tout, en prenant un peu de recul sur le cours de l’histoire, les entreprises ont déjà su faire un bond technologique gigantesque en moins de 20 ans. Pour que l’IA devienne maintenant une réalité dans leur lutte quotidienne contre la fraude, une étape indispensable est celle de la pédagogie face à des technologies qui ne sont aujourd’hui comprises que par des cercles restreints d’experts de la data. A titre d’exemple, seules 18% des entreprises utilisent aujourd’hui des techniques de « text mining »[Rapport de l’ACFE “Anti-fraud technology : benchmarking report” - 2019], appartenant au domaine de l’intelligence artificielle, comme les technologies d’OCR (reconnaissance optique de caractères) et de recherche sémantique. Et ce, en raison d’une méconnaissance des outils disponibles qui perpétuent le travail humain sur des tâches chronophages et à faible valeur ajoutée. Face à une telle marge de progression, on ne peut qu’espérer une accélération de la démocratisation de ces méthodes dans les années à venir.

Les prestataires de services ont tous leur rôle à jouer dans ce processus de compréhension et de mise à disposition des technologies. Déjà, des acteurs comme Ingenico ou Paypal proposent aux petits e-commerçants des outils de détection de fraude clé en main. Pour convaincre les entreprises et rendre ces technologies attractives, la bataille va désormais se jouer autour de l’expérience client, notamment lors de l’onboarding, et la proposition de services à valeur ajoutée. Car ce que les entreprises cherchent, au-delà de la seule quantification de leur seuil de fraude, c’est la valeur à tirer de la connaissance de la donnée en termes d’opportunités commerciales et d’augmentation du chiffre d’affaires. Car in fine, c’est là le but à la fin de la journée.