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L’aéroport de Nice veut lancer des taxis volants en 2024 avec Volocopter

 

volocopter

Tout voyageur en avion le sait, la partie la plus pénible du voyage et celle qui fait perdre le plus de temps est le temps de liaison entre l’aéroport et le centre-ville. Que ce soit en taxi, en Uber ou par les transports en commun, c’est toujours très long. Pour remédier à cela les idées ne manquent pas mais la plus prometteuse semble être celle des taxis volants. Une flotte de ces gros drones autonomes – des e-VTOL (avions électriques à décollage vertical) – qui peuvent embarquer deux personnes permet de raccourcir les temps de trajets. 

Alliance de quatre aéroports

Mais les mettre en place demande d’importants investissements pour créer les infrastructures, au départ et à l’arrivée, et une adaptation de la législation. L’idée, qui a largement dépassé le stade de l’expérimentation avec plusieurs acteurs majeurs dont Airbus, fait en tout cas son chemin et devrait arriver en France à Nice. L’aéroport Nice-Côte d’Azur vent en effet de s’associer cette semaine avec les aéroports de Rome, de Venise, et de Bologne dans le projet Urban Blue pour la construction et la gestion de vertiports. 

« La société, qui sera ouverte à de nouveaux partenariats industriels, technologiques et financiers pour l’expansion progressive de la mobilité aérienne urbaine (MAU) dans différentes zones géographiques, outre l’Italie et la France, s’occupera d’étudier, de concevoir, de construire et de gérer les infrastructures », indiquent les aéroports partenaires, qui soulignent d’une part que « le potentiel de ce secteur est en forte croissance, avec une valeur de marché pour l’Europe estimée à plus de 4 milliards € d’ici 2030 et d’autre part que « L’acceptation croissante de cette technologie par le public, les avancées technologiques et les changements réglementaires en cours stimulent l’intérêt des investisseurs pour ce secteur. »

Airbus sur les rangs pour les JO de Paris en 2024

Urban Blue a noué en 2020 un partenariat industriel avec l’allemand Volocopter, première entreprise au monde à développer et à exploiter des avions e-VTOL pour le transport de passagers et de marchandises au sein des zones urbaines. « Le réseau initial de vertiports comprendra les zones de référence des partenaires fondateurs et pourra être étendu à d’autres zones géographiques présentant un intérêt. Le début des opérations à Rome, Nice et Venise est actuellement prévu pour 2024 », expliquent les aéroports partenaires. « En tant que gestionnaire d’aéroports situés sur un territoire enclavé, entre mer et montagne, au cœur de zones urbaines, mais aussi industrielles, le Groupe anticipe à court terme la diffusion de cette nouvelle forme de mobilité », explique Franck Goldnadel, directeur général d’Aéroports de la Côte d’Azur.

En 2024, un autre projet d’envergure avec des drones taxis devrait voir le jour à Paris à l’occasion des Jeux olympiques d’été. Airbus, Groupe ADP (Aéroports de Paris) et le groupe RATP ont signé en juin 2019 un partenariat pour étudier l’intégration des véhicules volants dans le transport urbain. Airbus développe des démonstrateurs de véhicules VTOL, Vahana et CityAirbus, 100 % électrique et zéro émission de CO2.

Facebook change son nom au profit de Meta, mais avec quelle éthique derrière ?

 

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Par Constantin Pavléas, avocat pratiquant le droit des nouvelles technologies, fondateur et dirigeant du cabinet Pavléas Avocats, professeur et coordinateur du programme Droit du Numérique & Propriété intellectuelle à l’école des Hautes Études Appliquées du Droit (HEAD).

Alors que le géant américain fait face à de multiples accusations, Facebook décide de changer de nom et va s’appeler Meta, en référence à son projet de Monde Virtuel (parallèle) « Metavers ». Cette entreprise pose de multiples questions et devrait être encadrée par un code éthique. 

En Aout 2015, Google avait annoncé changer de nom au profit d’une nouvelle société, Alphabet, pour remplacer Google en tant qu’entité cotée en bourse. Marc Zuckerberg a annoncé ce jeudi 28 octobre un nouveau logo pour Facebook ainsi qu’un nouveau nom « Meta » qui signifiant en grec ancien « l’au-delà », en référence au « Metavers », le monde virtuel 3D sur lequel travaille Facebook. Facebook souhaite mettre en avant ce projet et c’est pourquoi un changement de nom a été effectué ; en tout cas c’est ainsi que le patron de Facebook le justifie. Ce changement de nom intervient au milieu d’une crise dont Facebook souhaite se sortir de n’importe quelle manière.

Depuis maintenant plusieurs années, Facebook doit faire face à plusieurs affaires remettant en cause son éthique. En 2018, l’affaire « Cambridge Analytica » avait mis la lumière sur les pratiques douteuses de Facebook quant au traitement des données personnelles de ses utilisateurs et son influence sur les élections présidentielles américaines en 2016. Plus récemment, c’est une ancienne employée de Facebook, Frances Haugen, qui s’est muée en lanceuse d’alerte et a révélé au monde entier les négligences et mensonges de Facebook sur des sujets tels que l’impact négatif des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents. 

Comment peut-on réagir face à ces annonces si paradoxales ? Pour rappel, Facebook est une entreprise privée qui compte parmi ses abonnés un tiers de l’humanité, qui a pour ambition de battre monnaie et qui souhaite désormais nous plonger dans « l’après ».

 Une entreprise pourtant coupable d’autant de scandales liés à la protection des données personnelles de ses utilisateurs souhaitant nous envoyer dans un monde virtuel, comme imaginé dans le récit dystopique de Neal Stephenson en 1992, devrait nous interpeller sur l’éthique même d’un tel projet. Qui doit mener ce projet, une entreprise privée ? Des institutions ? A l’image des restrictions liées à la bioéthique, ne devrions-nous pas poser un questionnement sur ce qu’on souhaite bâtir comme monde de demain, y compris dans sa version virtuelle ? Tant que cette règle n’est pas posée, nous devons temporiser sur les velléités mercantiles d’une société qui veut nous imposer sa vision du monde de demain ? 

Comme cela a été, et est démontré lors des différentes campagnes électorales dans le monde, les réseaux sociaux ont un rôle démocratique non négligeable, notamment du fait des « fake news » ou encore des « deep fakes ». Les rapports récents sur Facebook nous poussent à craindre que ce Metavers qu’on nous promet assure surtout les profits d’une entreprise sur le dos d’un consommateur passif. Aspirer à un code éthique pour les entreprises serait une avancée fondamentale dans l’utilisation éclairée et raisonnée des technologies développées au profit d’un citoyen éclairé et éduqué.

Ransomwares : faut-il payer la rançon ?

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Commentaire de McAfee Entreprise sur les ransomwares

Tandis que l’on note une recrudescence des attaques ransomwares, la députée Valéria Faure-Muntian prévoit d’arrêter le paiement des rançons par les assurances.

En effet, McAfee Entreprise notait déjà une forte recrudescence des attaques ransomwares, avec +69 % entre les deux derniers trimestres de 2020, mais aussi des attaques de ransomware de DarkSide étendues au-delà des secteurs du pétrole, du gaz et de la chimie pour toucher les services juridiques, la vente en gros et l'industrie. En sus, le secteur public est considéré comme étant le plus ciblé au deuxième trimestre 2021,

L’idée derrière la décision de la députée ? Créer un cadre juridique pour mieux structurer le marché et ainsi arrêter de nourrir le marché de la cybercriminalité. En effet, selon le cabinet Wavestone1, 5 % des demandes de rançon reçues par les multinationales françaises sont payées (avec des montants oscillants entre 100 000 et 2 millions d’euros).

Pourtant, céder trop facilement à la menace peut s’avérer non seulement dangereux, mais aussi inutile, comme le souligne Raj Samani, Fellow, Chief Scientist chez McAfee Entreprise :

"Payer une rançon peut sembler être le moyen le plus simple de tout remettre en ligne, mais c'est une approche dangereuse. Tout d'abord, il n'y a aucune garantie que les criminels fourniront les outils pour restaurer les fichiers cryptés, mais surtout, cela alimente l'écosystème criminel, ce qui entraîne des problèmes moraux et éventuellement juridiques."

8 conseils à suivre

Voici les conseils de Raj Samani pour aider les entreprises à se protéger contre les ransomwares :

  • S’assurer d'avoir une approche solide de la gestion des risques, qui permettra d'identifier s’il y a des ouvertures permettant à des criminels de pénétrer dans l’environnement en question.
  • Tenir compte de la capacité à détecter les comportements suspects, qui sera déterminante pour arrêter l'attaque en cours.
  • Sauvegarder et tester les sauvegardes.
  • S’assurer de disposer d'un plan en cas de compromission du réseau.
  • Établir un plan pour le cas où une attaque aurait été détectée, y compris pour les enquêteurs tiers qui pourraient devoir être appelés pour aider à résoudre l'incident.
  • De nos jours, les acteurs des ransomwares volent des données et les rendent publiques si la rançon n’est pas payée. Avec le RGPD, la pression est donc de taille sur les entreprises.
  • Dès qu'une attaque se produit, les principales parties prenantes doivent être alertées et informées de la politique de réponse aux incidents à suivre.
  • D'un point de vue externe, la communication sera cruciale.  La transparence est essentielle car elle permet de retirer aux criminels le contrôle de la situation.  


Le machine learning, nouvelle porte d’entrée pour les attaquants d’objets connectés

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Par Émilie Bout, Inria et Valeria Loscri, Inria

Au cours des dernières années, les appareils connectés IoT (Internet des objets) ont continué de croître de manière exponentielle dans des domaines variés. D’après le rapport annuel de Cisco, le nombre de connexions de ces dispositifs devrait représenter 50 % des 14,7 milliards de connexions prévues en 2023.

Présents dans de nombreux domaines tels que la médecine avec les pompes insulines connectées, l’industrie ou encore le transport avec les voitures connectées, ces dispositifs sont peu à peu devenus une véritable aire de jeu pour les cyberattaquants.

À mesure que ces appareils évoluent, ils embarquent par ailleurs avec eux de nouvelles technologies, et intègrent notamment des algorithmes de machine learning. Une avancée qui résout certains problèmes mais ouvre aussi de nouvelles perspectives pour les attaquants.

L’IoT dopé par le machine learning

Avec l’avancée de la technologie, les appareils IoT sont désormais bien plus que de simples capteurs aptes à récupérer des données. Une nouvelle aire combinant l’IoT et le machine learning commence à donner le jour à des dispositifs de plus en plus intelligents, capables de répondre à des besoins spécifiques pour chaque utilisateur.

Le business des objets connectés | Internet de tout et n’importe quoi (½) (Arte, 19 mai 2020).

C’est par exemple le cas de l’Amazon echo, qui intègre avec elle des composants supportant le machine learning et répond à des requêtes telles qu’allumer une lumière ou jouer une musique. Les voitures autonomes en sont une autre illustration : partant des données récoltées en temps réel, elles arrivent à analyser le trafic et à adapter leur comportement.

Le machine learning répond aussi à de nombreux problèmes liés aux appareils en eux-mêmes, en optimisant par exemple leur consommation énergétique ou en adaptant leur connectivité.

Des algorithmes de machines learning peuvent ainsi être utilisés dans les téléphones intelligents afin d’économiser leur énergie. En récupérant des données comme la fréquence et la durée d’utilisation d’une application, il est alors possible de déduire des informations et d’adapter certains éléments en fonction, tels que la luminosité, et ainsi réduire la consommation énergétique de l’appareil.

Machine learning et cybersécurité

Le développement de solutions de machine learning dédiées à la détection d’attaques peut par ailleurs améliorer la sécurité de l’IoT.

Les algorithmes d’apprentissage automatique constituent en effet de véritables assistants dans différents domaines de la sécurité.

Ils servent par exemple à repérer des menaces sur un réseau en surveillant en continu le comportement de ce dernier, permettant de traiter une quantité de données en temps quasi réel. Ils représentent également un soutien essentiel pour les utilisateurs en déduisant et informant les utilisateurs des « mauvais comportements » d’un site web ou d’un mail.

Enfin, ils sont aussi capables de nous permettre de protéger nos données stockées en ligne, par l’analyse des activités de connexion suspectes aux applications Cloud, en se fondant sur les anomalies de localisation ou d’adresse IP.

Dans le cas de l’IoT, l’effet est néanmoins contrebalancé par la complexité et la variété croissantes des appareils connectés présents sur le marché, qui laissent encore place, au sein des algorithmes de machine learning, à de nombreux vecteurs d’attaques qu’Europol appréhende comme une menace réelle et importante.

Concevoir un algorithme de machine learning

Avant de comprendre comment les attaquants s’y prennent pour déjouer un algorithme de machine learning, il est essentiel d’appréhender le fonctionnement de ce dernier.

Dans la plupart des cas, la création se fait en plusieurs phases. La première consiste à entraîner un modèle de machine learning à partir de données prétraitées en amont. Vient ensuite la phase d’utilisation, qui ne commence réellement que lorsque le modèle est fiable. Celui-ci est alors utilisé avec de nouvelles données, dont la provenance dépend du problème à résoudre. Dans le cas d’Amazon Echo, par exemple, il s’agit des instructions fournies par l’utilisateur.

Cet éclaircissement fait, penchons-nous sur les trois principales types d’attaques visant le machine learning et applicables sur nos objets de l’IoT.

Attaque, mode d’emploi

La première est nommée « l’empoisonnement » : elle a pour but de modifier le comportement de base de l’algorithme. L’attaquant cherche alors à altérer les données utilisées lors de la phase d’apprentissage.

Une autre attaque particulièrement répandue est « l’évasion » : il s’agit ici de jouer sur les données d’entrée du machine learning afin d’obtenir une décision différente de celle normalement attendue par l’application. Le but est d’introduire une donnée légèrement modifiée afin d’obtenir une décision différente tout en restant indétectable. L’attaquant tâche de créer l’équivalent d’une illusion d’optique pour l’algorithme.

Les voitures autonomes constituent une cible de choix pour ce type d’attaques. Censées reconnaître, entre autres, les panneaux de signalisation routière, elles peuvent être trompées si une modification en apparence anodine pour l’homme est introduite. Une étude a ainsi montré que le simple ajout d’un autocollant sur un panneau « STOP » pouvait mettre l’algorithme en échec, approuvant alors à 97 % qu’il s’agissait d’un panneau de limitation de vitesse.

Enfin, il existe l’attaque par « inférence », le but ici étant de déduire le type d’algorithme utilisé, ainsi que les données. Un attaquant teste alors successivement différentes requêtes sur l’application et étudie l’évolution de son comportement afin de le déduire – il s’agit dans ce cas d’un vol de données.

Cette dernière attaque apparaît particulièrement efficace pour déterminer le comportement d’un système de détection fondé sur du machine learning dans les réseaux IoT.

L’attaque, toujours la meilleure des défenses

Face à leur augmentation constante et inexorable, la clé reste de découvrir et d’étudier en amont les différentes attaques possibles. Les entreprises, la recherche et l’innovation sont ainsi forcées d’anticiper les actions et d’utiliser les mêmes outils et les mêmes techniques que les attaquants afin d’évaluer la sécurité de leurs systèmes IoT ou d’y trouver de nouvelles vulnérabilités.

Se mettre à la place du hacker permet aussi de mieux comprendre le fonctionnement des appareils IoT, en les détournant de leur fonctionnalité première. L’un des objectifs est d’identifier les zones à risques les plus visibles afin de pouvoir créer des solutions le plus rapidement possible.

D’ailleurs, créer des attaques en laboratoire ne sert pas uniquement à prouver qu’elles sont réalisables. Cela donne aussi l’occasion de tester les solutions de sécurité existantes, de les améliorer et d’en concevoir de nouvelles.

Si la sécurisation des réseaux IoT est possible, ceux-ci présentent néanmoins encore d’importantes faiblesses, alors que le secteur est amené à occuper une place de plus en plus importante dans nos vies. À mesure que ces objets se développent, de nouvelles failles apparaissent et avec elles les menaces d’attaques, alertant toujours plus sur la nécessité de développer les recherches dans le domaine.The Conversation

Émilie Bout, Doctorante, Inria et Valeria Loscri, Associate research scientist, Inria

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Leboncoin, Craigslist, Vinted… : comment les plates-formes du marché de l’occasion peuvent-elles renforcer la confiance ?

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Yousra Hallem, INSEEC Grande École

L’épidémie de Covid-19 a entraîné une perturbation sans précédent du commerce dans la plupart des secteurs. Elle semble avoir partie liée avec des changements dans le comportement du consommateur, qui a de plus en plus envie de consommer autrement et d’une manière plus responsable.

C’est dans ce contexte qu’on assiste à l’essor de la consommation collaborative. Les achats d’occasion qui en sont une des formes affichent des chiffres record. En 2020, ce marché a généré environ 7,4 milliards d’euros en 2020 dans l’hexagone.

La même année, à l’échelle mondiale, les seules ventes de vêtements d’occasion ont représenté 27 milliards de dollars. Selon le bureau Statista, ce chiffre va doubler en 2023 et atteindre même les 77 milliards de dollars en 2025.

Il est également à noter que, sur le marché de l’occasion, plus de la moitié des transactions ont été réalisées en ligne. Son essor a, en effet, été impulsé par des sites web dédiés à la seconde main, aussi bien généralistes, comme Leboncoin en France ou Craigslist aux Etats-Unis, que spécialisés comme Vinted.

Ces plates-formes jouent le rôle d’intermédiaires et mettent en relation des particuliers acheteurs avec des vendeurs de biens sans forcément intervenir dans les termes de la transaction.

Ils ne permettent cependant pas toujours aux utilisateurs d’être à l’abri d’arnaques ou de mauvaises expériences. Nos travaux se demandent ainsi notamment comment une plate-forme et un vendeur en ligne peuvent susciter la confiance de futurs acheteurs.

Des risques se superposent

L’association 60 millions de consommateurs recense plusieurs formes de fraudes sur les sites de vente d’occasion comme la réception d’un produit non conforme, de produits de luxe contrefaits, la proposition de produits avec des vices cachés… Côté vendeurs, on souffre des acheteurs malhonnêtes qui revendiquent indûment des remboursements sous prétexte de réception de produits non conformes à la description.

Plusieurs utilisateurs s’indignent de la non-réactivité des plates-formes en cas de litige. Une utilisatrice rapporte par exemple :

« Soit je ne recevais aucune réponse, soit on me répondait à côté. »

Face à ces dangers, la question de la confiance s’avère donc capitale pour assurer le bon déroulement des transactions. Elle revêt davantage d’importance que sur un site de vente classique car plusieurs types de risques se superposent : ceux inhérents à la fois aux achats de seconde main, ceux liés à la consommation collaborative et enfin ceux découlant d’un achat en ligne.

Pour ce qui est de la seconde main, la confiance est un préalable pour que les acheteurs soient sûrs de l’origine, de la qualité et de la valeur du produit d’occasion. C’est aussi un prérequis pour la réussite des échanges entre des individus qui, le plus souvent, ne se sont jamais rencontrés auparavant et qui souhaitent collaborer. Elle est d’autant plus importante en l’absence de réglementation claire qui régit les transactions, surtout si les choses se déroulent en ligne.

Réputation, utilisation, certification

Nous avons donc tenté de comprendre l’impact des caractéristiques des plates-formes de redistribution collaborative sur la formation des niveaux de confiance accordés tant au vendeur qu’au site Internet. Les caractéristiques étudiées sont la facilité d’utilisation de la plate-forme, son caractère ludique, la réputation du vendeur et la reconnaissance par les tiers.

La facilité d’utilisation traduit l’effort nécessaire pour apprendre à utiliser le site. Le caractère ludique a trait au sentiment de plaisir du consommateur lors de son achat. La réputation du vendeur décrit le niveau d’honnêteté et de sincérité du vendeur qui se reflète sur la plate-forme. La reconnaissance par les tiers renvoie à la présence d’une certification par un organisme de confiance qui se porte garant de sa crédibilité.

Les résultats de l’enquête menée auprès d’un panel d’acheteurs d’occasion en ligne montrent que la réputation du vendeur a une influence positive à la fois sur la confiance à l’égard du vendeur et de la plate-forme. Ceci revient à penser que les consommateurs font une sorte d’extrapolation. Ils peuvent penser qu’une plate-forme recensant des vendeurs avec une bonne réputation est une plate-forme digne de confiance.

Pour ce qui est de la facilité d’utilisation et du caractère ludique du site, ils semblent surtout avoir une influence sur la confiance à l’égard du vendeur. Nous pouvons expliquer cela par le fait que la majorité des consommateurs maîtrisent assez bien l’environnement électronique, ce qui fait que le facteur est moins déterminant pour ce qui est de la confiance envers la plate-forme. Aux yeux du consommateur, être facile d’utilisation peut signifier qu’il est facile de trouver un « bon vendeur » avec un « bon produit », facile de le contacter et de conclure l’affaire.

La reconnaissance des tiers reste enfin un facteur déterminant de la confiance à l’égard de la plate-forme. Les consommateurs seront plus enclins à faire confiance à une organisation qui fait des efforts considérables afin d’obtenir une certification.

Construire une marque forte

Dans le même sens, les résultats de l’étude montrent aussi que la confiance dans la plate-forme détermine la confiance dans le vendeur. Il y a là un « transfert de confiance ». Avant de croire un vendeur, l’utilisateur doit faire confiance à la plate-forme qui héberge son annonce. Elle agit comme un intermédiaire pour compenser le manque de confiance qui peut se présenter dans le cadre d’un achat d’occasion en ligne.

Compte tenu de cette hiérarchie de confiance, il est important pour les plates-formes de construire une marque forte qui permet de réduire les risques liés aux achats d’occasion en ligne. Cela pourrait être obtenu grâce à des campagnes de communication mettant en évidence sa capacité à prémunir les utilisateurs de tout risque de fraude. Des méthodes comme la sélection de membres fiables, devant se conformer à un code de conduite, faute de quoi ils sont rayés, peuvent ainsi être mises en avant.

Compte tenu de l’impact positif de la facilité d’utilisation de la plate-forme sur la confiance dans le vendeur, notre étude les invite aussi à investir dans des algorithmes avancés permettant aux utilisateurs de trouver facilement l’annonce qui répond le mieux à leurs besoins. L’impact positif du plaisir sur la confiance dans le vendeur pourrait aussi être renforcé par des mécanismes de « gamification ». Il s’agit par exemple de mettre en œuvre un système de « badges » que les utilisateurs peuvent gagner en effectuant diverses tâches. Ils pourraient en outre attester du sérieux et de la crédibilité du vendeur.

Autant d’actions qui semblent de plus en plus requises pour accompagner les mutations du marché et sécuriser les achats d’occasion en ligne qui vont bientôt dépasser les achats du neuf selon plusieurs experts.The Conversation

Yousra Hallem, Enseignant-chercheur, INSEEC Grande École

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Quand l'automatisation intelligente vient en aide au personnel soignant

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Par Jean-Charles Goetz, Vice President, Sales - Southern Europe chez Kofax

Les mesures sanitaires, le vaccin, la vie qui reprend petit à petit... Et si, ne serait-ce qu'un seul instant, on osait croire que la pandémie est derrière nous. L'apparition de différents variants nous ramène vite à la réalité : celle qui nous fait vivre de véritables montagnes russes, particulièrement pour le personnel soignant dans les établissements de santé.

De nombreux hôpitaux sont toujours confrontés à des pénuries d'équipements et de lits, mais les pénuries de personnel constituent une préoccupation importante. Les infirmières, en particulier, sont en nombre insuffisant, et la fatigue frappe le personnel à tous les niveaux des services de santé.

La pression exercée sur les établissements de santé, de faire plus avec moins, ne faiblit pas. Heureusement que les technologies, comme l'automatisation intelligente, peuvent venir en aide. Elle permet aux établissements de santé de faire face à la pandémie de manière plus efficace et de soulager le personnel de la charge de travail qui leur pèse tant. Grâce à l'automatisation de certains processus, les hôpitaux sont à même de fournir des soins de meilleure qualité, de transmettre les informations patients plus rapidement et en toute sécurité, tout en réduisant les coûts. In fine, tout le monde y gagne.

Cela dit, l'automatisation intelligente n'est pas seulement un outil puissant dans la lutte contre la pandémie. Elle est également un moyen de lutter contre de nombreux autres facteurs de stress auxquels les hôpitaux sont confrontés aujourd'hui.

Enregistrements des admissions

La surcharge des hôpitaux rime avec les services d'admissions débordés. Les formulaires d'admission et les documents de sortie s'accumulent rapidement et c'est à cet instant précis que le traitement manuel des documents est extrêmement lent et sujet à l'erreur.

Pour rendre les processus des enregistrements plus rapides et plus précis, les hôpitaux peuvent s'appuyer sur certaines fonctionnalités de l'automatisation intelligentes : la capture cognitive et le traitement intelligent des documents. Ils peuvent ainsi capturer, extraire et classer avec précision des informations provenant de n'importe quelle source. L'automatisation et la numérisation éliminent les erreurs, demandent moins de travail aux collaborateurs et rendent les données disponibles plus rapidement. D'autre part, les patients sont admis et soignés plus rapidement.

Dossiers médicaux dématérialisés

Les images médicales, les rapports médicaux et autres documents créés pendant le séjour de chaque patient doivent être traités et classés. De nombreux établissements traitent des centaines de millions de documents chaque année. La saisie et le stockage manuels de ces données sollicitent fortement le personnel, ce qui ne fait qu'aggraver l'épuisement professionnel déjà ressenti.

L'automatisation intelligente, cependant, digitalise les processus de gestion des dossiers médicaux. Que les données arrivent en format papier, par mail, fax, PDF...) via le mobile, en PDF ou dans un autre format, elles sont toutes capturées, extraites et validées. Avec des informations patient envoyées vers des systèmes de gestions de données, les soignants ont une vue complète et plus précise du patient dès le premier jour. Les documents n'attendent plus d'être traités et le personnel peut consacrer plus de temps aux patients et le soigner plus rapidement.

La confidentialité et la protection des données sont également d'une grande importance lorsqu'il s'agit de dossiers médicaux. Les établissements de santé doivent assurer la sécurité des informations médicales protégées (IMP) et se conformer à la loi sur la protection et l'accès aux données médicales par les patients. L'automatisation intelligente améliore la conformité et la sécurité des données grâce à des fonctionnalités telles que l'ajout de filigrane, la surimpression et la biffure d'informations confidentielles.

Les urgences

Le stress généré par la pression, notamment aux urgences, peut aussi être atténué grâce à l'automatisation intelligente. Les urgences sont un environnement où le rythme est très soutenu et où chaque seconde compte pour un patient. Un processus d'enregistrement et de gestion des documents lent, basé sur le papier n'est tout simplement pas une option.

L'automatisation des processus permet au personnel administratif de mieux gérer l'afflux de patients et au personnel soignant d'évaluer en quelques clics qui a besoin de soins immédiats afin que les patients soient traités en fonction de leur priorité.

La chambre du patient

Chaque patient en chambre est suivi à l'aide de son dossier de soin qui l'accompagne tout le long de son hospitalisation, même en cas de changement de chambres ou de transfert dans un autre hôpital. Le personnel est bien souvent trop fatigué et trop débordé pour assurer méticuleusement le suivi des dossiers papier. Des erreurs sont inévitablement commises, mettant en péril la sécurité des patients et la réputation de l'établissement. 

L'automatisation intelligente rend les processus plus rapides. Les informations sur les soins de santé des patients sont intégrées dans tous les services et sont instantanément disponibles. Le personnel a accès à des informations précises et à jour depuis un dispositif mobile, et l'établissement dispose d'un registre numérique du parcours du patient.

Salle courrier

 Lorsqu'on pense aux systèmes de santé, la salle courrier n'est pas la première chose qui nous vient à l'esprit. Cependant, c'est l'un des services qui peut tirer le plus profit de l'automatisation car de nombreuses informations arrivent en salle courrier et doivent être traités. La saisie manuelle de certaines données comme les formulaires de demande de soins peuvent prendre plusieurs mois.

Les institutions peuvent automatiser la gestion des données provenant de n'importe quelle source, en utilisant des technologies d'intelligence artificielle pour convertir les données non structurées en données structurées. Et les demandes de remboursement peuvent être traitées en quelques jours seulement. Cette solution permet au personnel soignant d'être dédié à l'administration des soins plutôt qu'à la gestion administrative des dossiers.

Gestion des factures et des finances

Un back office efficace est tout aussi important qu'un front office bien géré. Les retards et les erreurs dans le traitement des factures peuvent entraîner des ruptures d'approvisionnement en équipements vitaux et en matériel de secours.

La capture automatisée et multicanal des factures simplifie les opérations de comptabilité fournisseurs et le traitement des factures papier, XML et PDF. L'établissement peut traiter davantage de factures avec un effectif réduit. Le coût de traitement d'une facture diminue également. Les statistiques détaillées aident le personnel du service comptabilité à identifier les obstacles dans le processus de comptabilité fournisseurs, et d'y remédier. Plus important encore, les paiements sont effectués à temps, ce qui permet de maintenir le flux de fournitures.

L'automatisation intelligente permet de relâcher la pression au sein des établissement de santé, permettant au personnel soignant de reprendre leur souffle, tout en faisant des économies et en fournissant des soins plus rapides et de meilleure qualité. Il est donc important de libérer le personnel des processus manuels et de leur donner une chance de se ressourcer, afin qu'ils puissent se concentrer sur ce qu'ils font le mieux : fournir (sans perte de temps) des soins adaptés aux patients.

Les Français veulent muscler la lutte contre les fake news et le complotisme sur internet

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Les complotistes ont trouvé dans les réseaux sociaux le meilleur des vecteurs pour leurs propos. Si les « faits alternatifs » chers à Donald Trump, les théories complotistes ou les fake news se forgent dans des discussions ou des groupes Facebook privés, ils se déploient dans l’espace numérique public avec d’autant plus de facilité que les plateformes de réseaux sociaux, toutes américaines, ont une vision de la liberté d’expression davantage conforme au 1er amendement de la constitution américaine qu’aux lois en vigueur dans les pays où elles ont une activité.

« Si les réseaux sociaux ne sont pas la principale source d’information des Français, qui demeure la télévision (53 % des Français passent moins d’une heure par mois sur Internet à s’informer), leur puissance en termes d’impact est indéniable. Une théorie peut gagner sur les réseaux sociaux une audience 5 à 10 fois supérieure », explique Stéphanie Laurent, directrice associée de Dentsu Consulting, dans le cadre d’un sondage Odoxa réalisé en partenariat avec Leyton, Dentsu-Consulting, Stratégies, BFM-Business, 01 net et l’Usine Nouvelle portant sur la thématique « Démocratie et réseaux sociaux ».

L’État doit faire plus

Les Français sont bien conscients de cette situation.83 % d’entre eux considèrent, en effet, que les fausses informations ou fake news et le complotisme sont très répandus sur les réseaux sociaux. « Une convergence de l’opinion qui indique à quel point le phénomène est jugé problématique, au sortir notamment de plusieurs mois de confrontations en ligne d’arguments multiples autour de la 5G, du vaccin contre le Covid 19 ou du pass sanitaire », estime Erwan Lestrohan, directeur conseil chez Odoxa. Alors que le gouvernement a installé le 4 octobre la mission Bronner sur la diffusion des théories complotistes et la propagation de la haine sur internet (dont le rapport est attendu fin 2021), les Français font part d’une certaine déception concernant l’implication des acteurs pouvant lutter contre les fake news et le complotisme. 69 % jugent ainsi que le gouvernement n’est pas suffisamment engagé en la matière et 73 % attendent également un engagement plus important des plateformes de réseaux sociaux.

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Sur l’origine des propos complotistes, 78 % des Français estiment que les fake news peuvent venir de partout et non uniquement de mouvement extrémiste ou de manipulations étrangères.

« Les attentes d’engagement renforcé de l’Etat et des plateformes de réseaux sociaux formulés par les Français portent ainsi probablement moins sur le profil des émetteurs diffusant des fake news que sur une lutte plus large contre la présence d’informations erronées, trompeuses ou orientées sur les réseaux sociaux, de nature à biaiser l’opinion citoyenne », analyse Erwan Lestrohan.

(Article publié dans La Dépêche du Midi du dimanche 24 octobre 2021)

Après l'Aukus, l'annonce du partenariat entre Thalès et Google : un positionnement incompréhensible et antinomique

 

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Par Constantin Pavléas avocat pratiquant le droit des nouvelles technologies, fondateur et dirigeant du cabinet Pavléas Avocats et Professeur et coordinateur du programme Droit du Numérique & Propriété intellectuelle à l’école des Hautes Études Appliquées du Droit (HEAD)

Le partenariat entre Google et Thalès pour offrir un cloud « souverain », reposant sur la technologie Google Cloud Platform, suscite à nouveau le débat sur la souveraineté numérique européenne. Au lieu de nous appuyer systématiquement sur les GAFAM, faisons confiance aux technologies européennes !

Le partenariat entre Thalès, l’un des fleurons de la Défense française, et le géant américain Google, a été adoubé par le gouvernement français dans un récent communiqué. Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie et des Finances s’est félicité que la France soit en mesure « d’imposer des conditions strictes aux géants de numérique ». Mais comment peut-elle être le faire si elle ne s’affirme pas comme puissance technologique ? Et comment surmonter l’antinomie entre le caractère souverain d’une technologie critique et son origine non européenne ?

Cette annonce est d’autant plus incompréhensible car elle survient après le camouflet commercial et politique infligé à la France dans l’affaire des sous-marins australiens et du pacte militaire « Aukus » scellé entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. La France avait exprimé à juste titre sa colère. 

C’est également à juste titre que huit entreprises françaises innovantes ont réagi à l’annonce de ce partenariat ouvrant selon elles la porte de l’administration française aux GAFAM. Ces entreprises ont décidé de créer un collectif visant à proposer des solutions cloud souveraines. 

Que ce soit pour le Health Data Hub, plateforme française des données de santé encore hébergée par une technologie américaine, ou la création d’un nuage informatique souverain, basée à nouveau sur une technologie américaine, le message est malheureusement le même. Nous ne faisons pas suffisamment confiance dans la technologie européenne. 

Or, l’Europe a un fort potentiel, en témoigne le projet de Facebook d’embaucher 10.000 personnes d’ici 2026 dans l’UE pour travailler sur le « métavers », monde parallèle numérique en développement. Le fondateur et patron de Facebook a indiqué que « cet investissement est un vote de confiance dans la force de l’industrie technologique européenne et le potentiel des talents technologiques européens ».

L’Europe a les moyens mais manque de véritable volonté politique. Le monde à venir s’annonce de plus en plus bipolaire. La Chine s’impose actuellement comme seule concurrente des États-Unis en matière numérique. L’Europe doit s’affirmer si elle ne veut pas se retrouver plus dépendante encore des grandes puissances. 


Sans les câbles sous-marins, plus d’Internet : l’Europe est-elle prête ?

Le Teliri (Elettra)
Le Teliri (Elettra) d'Orange Marine
Par Serge Besanger, INSEEC U.

Oubliez les constellations de satellites, les centaines de lancements de SpaceX et les notions de « cloud » ou de sans-fil : tout cela tend à nous faire croire que nos smartphones, ordinateurs et autres machines sont liés les uns aux autres via l’espace. Or il n’en est rien : les satellites représentent à peine 1 % des échanges de données.

La raison est simple : ils coûtent beaucoup plus cher que les câbles et sont infiniment moins rapides. L’essentiel – près de 99 % du trafic total sur Internet – est assuré par les lignes sous-marines, véritable « colonne vertébrale » des télécommunications mondiales.

Il en existe plus de 420 dans le monde, totalisant 1,3 million de kilomètres, soit plus de trois fois la distance de la Terre à la Lune. Le record : 39 000 kilomètres de long pour le câble SEA-ME-WE 3, qui relie l’Asie du Sud-Est à l’Europe de l’Ouest en passant par la mer Rouge.

Un enjeu vital

On estime que plus de 10 000 milliards de dollars de transactions financières quotidiennes, soit quatre fois le PIB annuel de la France, transitent aujourd’hui par ces « autoroutes du fond des mers ». C’est notamment le cas du principal système d’échanges de la finance mondiale, le SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunications).

La sécurité de ces transactions est une question politique, économique et sociale. C’est un enjeu majeur qui a longtemps été ignoré.

Avec 36 nouveaux câbles, l’année 2020 fut marquée par un nombre record de déploiements.

Or, l’extrême concentration géographique des câbles, notamment au niveau de leur point d’atterrissement (Marseille, Bretagne, Cornouailles…), les rend particulièrement vulnérables.

Une infrastructure très sensible

Ces infrastructures sont aujourd’hui aussi cruciales que les gazoducs et les oléoducs. Mais sont-elles aussi bien protégées ?

Les câbles sous-marins modernes utilisent la fibre optique pour transmettre les données à la vitesse de la lumière. Or, si à proximité immédiate du rivage les câbles sont généralement renforcés, le diamètre moyen d’un câble sous-marin n’est pas beaucoup supérieur à celui d’un tuyau d’arrosage :

Les câbles sous-marins, cibles de toutes les convoitises, France 24, 10 juin 2021.

Depuis plusieurs années, les grandes puissances se livrent une « guerre hybride », mi-ouverte mi-secrète, pour le contrôle de ces câbles. Alors que l’Europe se concentre de plus en plus sur les menaces de cybersécurité, l’investissement dans la sécurité et la résilience des infrastructures physiques qui sous-tendent ses communications avec le monde entier ne semble pas aujourd’hui une priorité.

Or, ne pas agir ne fera que rendre ces systèmes plus vulnérables à l’espionnage et aux perturbations qui coupent les flux de données et nuisent à la sécurité du continent.

On recense en moyenne chaque année plus d’une centaine de ruptures de câbles sous-marins, généralement causées par des bateaux de pêche traînant les ancres.

Coupe du câble sous-marin Kanawa reliant la Guyane à la Martinique. Orange

Il est difficile de mesurer les attaques intentionnelles, mais les mouvements de certains navires commencèrent à attirer l’attention dès 2014 : leur route suivait les câbles sous-marins de télécommunication.

Les premières attaques de l’ère moderne datent de 2017 : câbles Grande-Bretagne–USA, puis France–États-Unis, arrachés par les chalutiers d’une grande puissance coutumière de l’emploi de forces irrégulières lors de tensions internationales. Si ces attaques demeurent inconnues du grand public, elles n’en sont pas moins préoccupantes, et démontrent la capacité de puissances extérieures à couper l’Europe du reste du monde. On rappellera qu’en 2007, des pêcheurs vietnamiens ont coupé un câble sous-marin afin d’en récupérer les matériaux composites et de tenter de les revendre. Le Vietnam perdit ainsi près de 90 % de sa connectivité avec le reste du monde pendant une période de trois semaines. Une attaque de ce type est extrêmement facile à réaliser, y compris par des acteurs non étatiques.

Couper des câbles sous-marins, une pratique de guerre ancienne et éprouvée

Les récentes attaques subies par des câbles transportant le trafic voix et données entre l’Amérique du Nord et l’Europe donnent l’impression qu’il s’agit d’un fait nouveau. Or ce n’est pas le cas : la France et le Royaume-Uni ont déjà vécu cette expérience… aux mains des Allemands pendant la Première Guerre mondiale. Ces câbles faisaient partie du réseau mondial de télégraphie par câblogrammes.

De même, les États-Unis ont eux-mêmes coupé des câbles en temps de guerre comme moyen de perturber la capacité d’une puissance ennemie à commander et contrôler ses forces distantes.

Les premières attaques de ce type ont eu lieu en 1898, lors de la guerre hispano-américaine. Cette année-là, dans la baie de Manille (aux Philippines), l’USS Zafiro coupa le câble reliant Manille au continent asiatique afin d’isoler les Philippines du reste du monde, ainsi que le câble allant de Manille à la ville philippine de Capiz. D’autres attaques spectaculaires contre les câbles eurent lieu dans les Caraïbes, plongeant l’Espagne dans le noir quant à l’évolution du conflit à Porto Rico et à Cuba, ce qui contribua largement à la victoire finale des États-Unis.

La coupure du câble de Cienfuegos durant la guerre hispano-américaine, le 11 mai 1898.

Sensible aux exploits, à l’époque très médiatisés, des « valorous seamen », le Congrès attribuera à ces marins 51 des 112 médailles d’honneur décernées au titre de la guerre hispano-américaine.

Les trois grandes causes de risque

De nos jours, trois tendances accélèrent les risques pour la sécurité et la résilience de ces câbles.

  • La première est le volume croissant des données circulant sur les câbles, ce qui incite les États tiers à espionner ou à perturber le trafic.

  • La seconde est l’intensité capitalistique croissante de ces installations, qui mènent à la création de consortiums internationaux impliquant jusqu’à des dizaines de propriétaires. Ces propriétaires sont distincts des entités qui fabriquent les composants des câbles et de celles qui posent les câbles le long du fond océanique. La multipropriété permet de baisser les coûts de manière substantielle, mais elle permet en même temps l’entrée dans ces consortiums d’acteurs étatiques qui pourraient utiliser leur influence pour perturber les flux de données, voire les interrompre dans un scénario de conflit.

À l’autre bout du spectre, les GAFAM ont aujourd’hui les capacités financières et techniques de faire construire leurs propres câbles. Ainsi le câble Dunant, qui relie la France aux États-Unis, appartient-il en totalité à Google.

Les géants chinois se sont également lancés dans une stratégie de conquête sous-marine : il en va ainsi du câble Peace, reliant la Chine à Marseille, propriété de la société Hengtong, considérée par le gouvernement chinois comme un modèle d’« intégration civilo-militaire ».

Une autre menace, l’espionnage, nécessite des sous-marins spécialement équipés, ou des submersibles opérant à partir de navires, capables d’intercepter, voire de modifier, les données transitant dans les câbles à fibres optiques sans les endommager. À ce jour, seuls la Chine, la Russie et les États-Unis disposent de tels moyens.

Cyberguerre sous les mers, Géopolitis, 5 mars 2017.

Le point le plus vulnérable des câbles sous-marins est cependant l’endroit où ils atteignent la terre : les stations d’atterrissage. Ainsi, la commune de Lège-Cap-Ferret (33), en bordure du Porge où va être construit le local d’interface entre le câble franco-américain « Amitié », est-elle devenue ces derniers temps un véritable nid d’espions, selon des sources informées.

Mais la tendance la plus préoccupante est que de plus en plus de câblo-opérateurs utilisent des systèmes de gestion à distance pour leurs réseaux câblés. Les propriétaires de câbles les plébiscitent car ils leur permettent de faire des économies sur les coûts de personnel. Cependant, ces systèmes ont une sécurité médiocre, ce qui expose les câbles à des risques de cybersécurité.

Il est nécessaire de développer une force de sécurisation des câbles

Face aux menaces physiques pesant sur les câbles, le Japon et les États-Unis ont récemment lancé une série d’initiatives visant à sécuriser ces infrastructures.

Les programmes de l’Administration maritime américaine promeuvent le développement et le maintien d’une marine marchande « adéquate et suffisante, capable de servir en tant qu’auxiliaire naval et militaire en temps de guerre ou d’urgence nationale », à travers des dotations en fonds propres, CAPEX grants, aux chantiers navals privés construisant notamment des navires capables de réparer les câbles sous-marins.

Les câbliers sont généralement conçus autour de grandes cuves qui stockent la fibre optique puis la mettent en place. Pour une telle opération, ces navires ont besoin de puissance et d’agilité : leurs générateurs produisent jusqu’à 12 mégawatts d’électricité qui alimentent cinq hélices, permettant au bâtiment de se déplacer dans plusieurs dimensions.

Il existe aujourd’hui une quarantaine de câbliers dans le monde. La France en possèderait 9, dont un seul pour la maintenance de tous les câbles de l’Atlantique Nord jusqu’à la mer Baltique : le Pierre de Fermat, basé à Brest.

Ces navires sont capables d’appareiller en moins de 24 heures en cas de dommage détecté sur le câble. À bord, un équipage d’une soixantaine de marins dispose de drones sous-marins et d’autres instruments permettent la réparation. Ainsi le Pierre de Fermat a-t-il pu inspecter et réparer très rapidement le câble transatlantique endommagé par une puissance tierce, en 2017.

Mais qu’adviendrait-il en cas d’attaques multiples ? Ni la France, ni le Royaume-Uni ne disposent aujourd’hui des moyens nécessaires à la défense et à la réparation de ces câbles en cas d’attaques simultanées.

L’exécutif américain s’est récemment penché sur la question. Outre l’extension du SSGP, small shipyard grant program, il a encouragé l’Administration maritime à enrôler diverses associations émanant de la société civile, tel l’International Propeller Club, dans le cadre de programmes visant à minimiser ces menaces. L’idée est de créer une sorte de « milice des câbles sous-marins », capable d’intervenir rapidement en cas de crise. Le Propeller Club compte plus de 6 000 membres et a récemment obtenu une aide de 3,5 milliards de dollars destinée à l’industrie maritime dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

La France est le point d’entrée de la plupart des câbles reliant l’Europe au reste du monde.

Le coût pour les seules finances publiques françaises d’un programme de sécurité des câbles sous-marins serait cependant prohibitif, quand bien même la société civile y serait largement associée, sur le modèle américain.

De même, la création d’un « Airbus des câbles sous-marins » capable de rivaliser avec les GAFAM dont la part de marché pourrait passer de 5 % à 90 % en 6 ans, ne pourra à l’évidence devenir réalité qu’à condition que l’Europe en fasse un thème clé.

Dans un contexte d’accroissement des tensions internationales, la question de la création d’un programme européen modelé sur les programmes américain et japonais, visant à l’augmentation des opérations de dissuasion des attaques de ces infrastructures et au développement d’une capacité de construction et de réparation à la hauteur des enjeux, mérite d’être posée.The Conversation

Serge Besanger, Professeur à l’ESCE International Business School, INSEEC U Research Center, INSEEC U.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Métavers : et si la France et l’Occitanie tiraient leur épingle du jeu ?

France2030


Facebook, les chinois Tencent ou Alibaba, mais aussi Apple, Microsoft, Google… Le métavers qui se dessine semble se faire en dehors de l’Europe alors même que, comme pour internet, c’est bien sur le Vieux continuent que les technologies voire les concepts ont été inventés. L’Europe peut-elle rater le coche comme elle a raté celui d’internet ou celui de la 5G ? Assurément, il y a là matière à réflexion.

Un aspect du Plan France 2030

De la présentation du plan France 2030, le 12 octobre à l’Elysée par Emmanuel Macron, on a surtout retenu l’engagement du chef de l’Etat en faveur du nucléaire, qui constituait le premier des objectifs du plan. Mais le huitième objectif a abordé « la production des contenus culturels et créatifs. » « Mieux vivre en 2030 et autres, c’est aussi être dans un pays, dans un monde où l’imaginaire, les histoires dans lequel nous évoluons sont les nôtres, en tout cas, font partie de notre histoire, de notre vision du monde, de nos valeurs, de ce que notre civilisation porte. Les séries, les films que nous regardons sur les plateformes comme Netflix, Amazon, Disney +, plus les jeux vidéo auxquels nos enfants sont confrontés forgent nos imaginaires, nos accès à l’information, mais aussi nos accès à des représentations, à des héros, une forme de nouvelle anthropologie collective. 

La France d’abord a quelque chose à dire là-dessus parce que nous sommes un pays de littérature, de création, de philosophie », a expliqué le chef de l’Etat, rappelant que « la France a toujours réussi à construire un modèle, qu’on a longtemps appelé d’exception culturelle française. » 

Et Emmanuel Macron de poursuivre  : « aujourd’hui, je regarde beaucoup de nos voisins, ils investissent des milliards d’euros dans ces industries pour créer des studios, développer des séries et autres. » Emmanuel Macron souhaite voir les industries culturelles « investir encore davantage sur les nouveaux canaux et les nouveaux vecteurs » Pensait-il au métavers ? Il reste à détailler comment les fonds de France 2030 seront répartis, notamment sur les trois territoires stratégiques identifiés par l’Etat : l’Arc méditerranéen, l’Île-de-France et le Nord.

L’Occitanie, troisième région française pour les  jeux vidéo

En tout cas, la France peut s’enorgueillir de disposer d’une filière cruciale dans le développement des métavers : celle du jeu vidéo. « La création nette de studios enregistre un taux de croissance de 28,8 % entre 2019 et 2021. On compte désormais 700 studios implantés sur le territoire », indique le dernier baromètre annuel du Jeu Vidéo en France, publié fin septembre par le Syndicat National du Jeu Vidéo (SNJV), qui estime que « la France renforce son statut de place forte pour le développement de jeux vidéo au niveau mondial […] en 2e position derrière les Etats-Unis et loin devant le Canada. »

La réalité virtuelle prend de l'ampleur

Quant à la réalité virtuelle (VR), pièce maîtresse du métavers, les studios français s’y intéressent de plus en plus. Près d’un studio de développement sur 10 travaille sur un projet de jeu en VR, 120 jeux VR sont en cours de développement en France en 2021.

L’Occitanie accueille 10,3 % des studios français (3e région) dont 64,5 % d’entre eux sont des studios de développement. Depuis plusieurs années, via notamment l’Agence de Développement Économique de la Région Occitanie (AD’OCC), la Région a mis en place des dispositifs d’aides pour conforter la filière qui compte plus de 600 emplois dans 125 entreprises.

Métavers : quand Canal+ était un pionnier du genre

notre dame

 

Créer un monde virtuel dans lequel on est représenté par un avatar avec lequel on peut entrer dans une boutique ou assister à un concert : telle était l’idée du Deuxième monde lancé en 1997 par Canal Plus sous l’impulsion d’Alain Le Diberder, directeur des Nouveaux Programmes de la chaîne cryptée. L’ancêtre du métavers qui affole le monde numérique ces dernières semaines était donc bien français.

La commercialisation du Deuxième monde se fait via un CD-Rom

Créé par Cryo Interactive, une société informatique spécialisée dans la réalité virtuelle et Canal Plus Multimédia, le Deuxième monde reproduisait un Paris virtuel en 3 dimensions. Les participants formaient ainsi l’une des premières communautés virtuelles françaises dont les membres se surnommaient « les Bimondiens ».

Dans un premier temps, la commercialisation du Deuxième monde se fait via un CD-Rom. En mars 1998, Canal Plus offre l’accès à son univers aux internautes grâce au logiciel de 3D en temps réel Blaxxun Contact.

Dès l’origine, l’enjeu commercial est présent. La commercialisation des espaces publicitaires est confiée à la société Numériland. « En ce qui concerne le commerce électronique, la communauté virtuelle ludique de Canal Plus a eu un rôle de pionnier puisqu’au travers des différentes boutiques vendues sous forme de concessions à certaines marques ou enseignes, il était question d’agréger les membres dans un espace marchand pour mieux les fidéliser », explique Olivier Galibert dans « Vie et mort du Deuxième Monde. Étude critique d’une communauté virtuelle ludique. »

Le cap de la marchandisation

Cette marchandisation du Deuxième monde s’est heurtée à une certaine réticence des utilisateurs et l’audience des boutiques a été assez limitée. En octobre 2000, la dernière version du Deuxième Monde est mise en ligne avant un abandon progressif à partir de 2001. Une Association des Bimondiens (ABD) voit le jour en novembre 2001. En février 2002, le service, pas assez rentable ou trop éloigné du recentrage de Canal Plus sur ses activités historiques, est définitivement fermé. Des Bimondiens décident alors de construire un nouveau monde virtuel : Lutèce 2002.

Au final le Deuxième monde aura été une expérience importante qui a jeté les bases des communautés virtuelles.

Pour son métavers, Facebook est prêt à changer de nom

facebook


Et si pour mieux se préparer à l’arrivée du métavers pour lequel la société a annoncé vouloir créer 10 000 emplois en Europe, Facebook changeait de nom ? L’annonce pourrait intervenir dans les tous prochains jours, peut-être lors de la conférence Connect qui va se tenir le 28 octobre. 

Comme Google en 2015

Qu’on se rassure le réseau social continuera à s’appeler Facebook, mais la maison mère – qui regroupe Facebook, les messageries WhatsApp et Messenger, Instagram et les casques de réalité virtuelle Oculus – pourrait changer de nom pour mieux montrer la diversité de ses activités, comme Google qui avait regroupé les siennes dans Alphabet en 2015. Le changement de nom – qui reste secret même si Horizon tient la corde – permettrait aussi à la firme de Mark Zuckerberg de se détacher des polémiques et scandales qui lui collent à la peau depuis plusieurs années… 

Métavers : mirage ou eldorado d'un monde virtuel ?

 

metavers

L’annonce de Facebook, lundi dernier, de créer 10 000 emplois en Europe pour travailler sur la création de son métavers a surpris par son ampleur mais aussi piqué la curiosité de tous ceux – la majorité d’entre nous – qui ne savent pas ce qu’est un métavers, considéré par les autres géants du web et du jeu vidéo comme le prochain grand saut technologique dans l’évolution d’internet.

Le métavers, contraction de méta-univers (« metaverse » en anglais) est un double numérique du monde physique, un espace numérique accessible par internet. Mais là où actuellement on reste devant son ordinateur (ou son smartphone) à consulter des sites web via un navigateur, avec le métavers on « entre » dans les sites web : grâce à un casque de réalité virtuelle, on se retrouve plongé dans un environnement en trois dimensions, passant d’une boutique (virtuelle) à un parc d’attractions (virtuel), assistant à un concert ou une conférence, etc. Un véritable nouveau monde numérique dont la concrétisation reste encore à réaliser et qui suscite de nombreuses interrogations, certains y voyant un nouvel eldorado commercial, d’autres un mirage voué à l’échec ou un enfer numérique.

Le métavers, un concept né en 1992

Le concept du métavers, pourtant, n’est pas nouveau, il a même trente ans. Le terme métavers a été imaginé par l’auteur de science-fiction Neal Stephenson dans son ouvrage Snow Crash, (Le Samouraï virtuel), paru en 1992. Le héros, un hacker, peut se connecter à un univers virtuel et avoir des interactions avec d’autres protagonistes, tous représentés par des avatars. On peut considérer que Stephenson a anticipé le web, les réseaux sociaux. Il a en tout cas nourri toute la culture de mondes parallèles de science-fiction que l’on a retrouvée dans de nombreux films comme Matrix, ExistenZ, Real Player One où les personnages s’immergent dans des univers virtuels et s’échappent d’un monde réel plus funeste.

L’idée de créer ces mondes virtuels a mobilisé très tôt le secteur des jeux vidéo. On a ainsi vu apparaître des jeux comme les Sims, Clash of Clans, Fortnite, et plus généralement tous les jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs (dits MMORPG) comme World of Warcraft. Mais le joueur reste devant son écran pour jouer.

Une première tentative de mode virtuel en 1997 avec Canal+

Recréer un monde virtuel copie du monde réel avec des boutiques, des cinémas, etc. a pourtant déjà été tenté… en France. En 1997, Canal + lance « Le deuxième monde », une petite révolution (lire ci-dessous). En 2003, c’est Second Life (Deuxième vie), premier véritable métavers avec une monnaie locale, le Linden Dollar. Pour l’un comme pour l’autre, on est passé de l’engouement au désintérêt, car la technologie n’était pas à la hauteur, la relation homme-machine trop tributaire de l’écran et du clavier de l’ordinateur et l’émergence des réseaux sociaux (Facebook est créé en 2004) apporte de meilleures réponses aux interactions sociales.

Vingt ans après Second Life, le marché a bien, changé. L’équipement informatique et la puissance des appareils, l’internet à haut débit généralisé, l’arrivée de casques de réalité virtuelle plus abordables et demain plus autonomes, mais aussi la pandémie de Covid-19 qui a rebattu les cartes des interactions physiques et du cybercommerce changent la donne et les géants du numérique, aux Etats-Unis comme en Chine, investissent des milliards de dollars pour ne pas rater ce qui pourrait être la nouvelle grande révolution d’internet.

Pour Facebook, le métavers est l’opportunité de sortir des polémiques à répétition sur son impact néfaste sur les démocraties et aussi l’occasion de montrer que la firme de Mark Zuckerberg est aux avant-postes de l’innovation technologique. Facebook a racheté dès 2014 Oculus VR, créateur du casque de réalité virtuelle éponyme, et dès juillet dernier « Zuck » avait livré sa vision de ce que pourrait être le métavers. 

Le marché du métavers atteindra 800 milliards de dollars d’ici 2024

« Notre prochain chapitre est de passer d’une entreprise de médias sociaux à une entreprise métaverse », expliquait-il dans une longue interview au site spécialisé The Verge, quelques jours avant le lancement mi-août d’Horizon Workrooms, une nouvelle application de réalité virtuelle dédiée au télétravail.

Facebook assure vouloir n’être qu’un acteur parmi d’autres pour construire le métavers. Mais le risque de voir émerger plusieurs métavers est bien là. Car le géant californien de Menlo Park trouvera sur sa route les chinois Tencent ou Alibaba, des acteurs du jeu vidéo comme Fortnite et sans doute les autres géants des GAFAM. Selon une étude de Bloomberg Intelligence publiée cette année, le marché du métavers atteindra 800 milliards de dollars d’ici 2024.

La bataille du métavers ne fait que commencer.



Octobre : mois de la sensibilisation à la cybersécurité

cybersecurite

Par Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité chez ESET France

Le mois d’octobre marque le début de l’automne et culmine avec l’un des jours les plus effrayants de l’année, Halloween. Toutefois, au-delà de la vente de costumes, octobre marque également le Mois de sensibilisation à la cybersécurité.

Si nous pouvons penser bien maîtriser les outils numériques et par conséquence notre cybersécurité, la réalité est que les deux sujets sont souvent décolérés et la sécurité passe au second plan de nos préoccupations. Voilà pourquoi sensibiliser aux risques cyber a une grande importance. En s’engageant dans des campagnes telles que #PensezCybersecurite, les pays contribuent à encourager les bonnes habitudes de cybersécurité chez leurs concitoyens et les aident ainsi à protéger leurs précieuses données et à devenir des internautes plus responsables. Une meilleure cybersécurité est une responsabilité collective, obtenue en adoptant des pratiques appropriées, tant au travail que dans la vie privée. Réduire les points d’entrée dans nos appareils et notre vie privée réduit le paysage des menaces et leurs conséquences.

Les conséquences d’une sous-estimation de la cybersécurité

Si vous n’adoptez pas une hygiène informatique dans le cadre de votre vie personnelle et que, par exemple, vous recyclez vos mots de passe, il suffit d’un peu de malchance pour qu’un pirate malveillant parvienne à accéder à vos données personnelles : il pourrait alors voler votre identité, vider vos comptes, porter atteinte à votre réputation, et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les conséquences pourraient être considérables pour vous et vos proches. Pour ce qui est de l’aspect professionnel, une conduite en termes de cybersécurité inappropriée peut nuire à des milliers de personnes. Cela vaut d’autant plus pour les personnes qui travaillent pour une infrastructure critique. La plupart des incidents peuvent être évités si des mesures de cybersécurité appropriées sont mises en œuvre.

Comment #PenserCybersecurité ?

Alors comment commencer à prendre la cybersécurité au sérieux et penser cybersécurité ? Aussi cliché que cela puisse paraître, l’une des meilleures choses à faire est de bien connaître les bases. Cela signifie qu’en ce qui concerne les mots de passe, vous devez opter pour une phrase de passe forte plutôt que pour un mot de passe simple, et vous devez toujours faire de votre mieux pour respecter les bases de la création de mots de passe. Si vous avez des dizaines de mots de passe, vous pourriez utiliser un gestionnaire de mots de passe, qui vous simplifiera la tâche pour créer et mémoriser ces mots de passe. Vous n’aurez plus qu’à en retenir qu’un seul.

Ensuite, vous devriez envisager d’utiliser l’authentification multifactorielle, qui peut prendre diverses formes : des applications générant des codes aux clés matérielles et à la biométrie. Vos appareils (mobiles ou fixe ou objets connectés) sont une autre chose que vous ne devez pas sous-estimer. Par conséquent, gardez-les toujours à jour en appliquant tous les correctifs en temps voulu, et utilisez une solution de sécurité réputée qui vous protégera contre les menaces que vous pourriez rencontrer.

Et si la technologie peut vous mener loin, n’oubliez pas de garder la tête froide. En d’autres mots, abordez tout ce que vous voyez en ligne, que ce soit sur les médias sociaux ou dans vos e-mails, avec une saine dose de scepticisme. Méfiez-vous donc de cliquer sur des liens ou de suivre des offres qui vous semblent un tant soit peu farfelues. De même, les autorités ne vous adressent pas de mise en demeure ou de convocation au tribunal par courrier électronique, vérifiez l’expéditeur et signalez ces messages indésirables.

Gardez en tête que si ces campagnes ne durent que ce mois-ci, la sensibilisation à la cybersécurité est une préoccupation à garder toute l’année. Ne baissez jamais votre garde et veillez à appliquer vos connaissances en matière de cybersécurité à toutes vos interactions en ligne. Partagez les bons conseils autour de vous pour protéger vos proches.

Bordeaux, capitale européenne du drone

 

Le drone Mermoz ISAE-SUPAERO
Le drone Mermoz ISAE-SUPAERO

Initialement prévu les 15, 16 et 17 septembre 2020 à Bordeaux, l’UAV Show, premier salon européen du drone professionnel, devait fêter l'année dernière ses 10 ans. Mais l'épidémie de Covid-19 avait contraint les organisateurs à annuler la manifestation qui va finalement s'ouvrir ce mardi pour trois jours. Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, participera à l'inauguration mardi.

Les drones et les secours

Plus de 2500 visiteurs sont attendus pour ce grand rendez-vous qui va proposer de nombreux temps forts : conférences et ateliers, rencontres d'affaires, démonstrations de matériels et services innovants, expositions et relations publiques,... C'est que le drone professionnel est  devenu incontournable dans de plus en plus de situations, par exemple chez les secours. La conférence d'ouverture abordera d'ailleurs l'emploi des drones chez les sapeurs-pompiers avec l'intervention du colonel hors classe François Gros, chef du bureau de la doctrine, de la formation et des équipements à la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises.

Vendelin Clicques, président de l'association International Emergency Drone Organization, fera pour sa part un retour d'expérience sur l'utilisation de drones pour les opérations de secours.  Une autre conférence abordera la façon dont les garde-côtes utilisent les drones.

Via de nombreux ateliers, le salon UAV Show abordera les nombreux métiers qui utilisent le drone (drone de transport, drone pour opérations industrielles, etc.) mais aussi l'armée qui a recours à des drones. L'évolution de la réglementation en France et en Europe fera aussi l'objet d'un rendez-vous.

Le futur des drones

Ce qui intéressera davantage le grand public concerne peut-être le futur des drones qui vont prendre de plus en plus de place dans la société, par exemple pour la protection des ressources et l'agriculture, pour régler le problème du dernier kilomètre dans la livraison des colis, ou encore pour penser la mobilité du futur avec les drones taxis dont Airbus a encore tout récemment présenté un prototype. Ce dernier point constitue d'ailleurs un vrai défi pour les villes et les autorités de régulation aérienne.

Le salon permettra aussi de voir plus loin. Jean-Marc Moschetta, professeur d'Aérodynamique à l'ISAE-SUPAERO et directeur du Groupement d'Intérêt Scientifique "Micro-drones", donnera une conférence sur le drone Mermoz, un drone à hydrogène pour traverser l'Atlantique.

Enfin, ce salon professionnel abordera les enjeux industriels et d'export dans un marché très concurrentiel dominé par les Amériques et l'Asie.

Publicités politiques sur les réseaux sociaux : l’Europe veut plus de transparence

europe

Depuis le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni en 2016, l’élection de Donald Trump à la présidentielle américaine en novembre de la même année ou l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil en 2018, l’on sait combien les publicités politiques ciblées, qui circulent sur les réseaux sociaux, et notamment Facebook et sa filiale WhatsApp, peuvent être ravageuses et bouleverser un scrutin, notamment lorsqu’elles sont mensongères.

L’Union européenne s’est très tôt intéressée à ces publicités politiques dans le cadre de sa lutte contre la désinformation. Un code de bonnes pratiques a été établi en 2018 pour les plateformes en ligne, les annonceurs et les autres acteurs clés pour lutter contre la désinformation en général. La Commission européenne a renforcé ce code de bonnes pratiques, notamment à l’approche des élections européennes de 2019.  Facebook, Google et Twitter s’étaient ainsi engagés pour accroître la transparence en étiquetant les publicités politiques, en rendant accessibles au public des bibliothèques de publicités politiques (Ad Libraries) et en s’engageant dans des opérations de vérification des faits (fact checking).

Nouveau projet de réglementation de la Commission européenne

Des avancées encore insuffisantes, les publicités politiques continuant à pulluler comme on vient encore de le voir pour les récentes législatives au Canada. La Commission européenne veut aller plus loin avec, d’ici fin de 2021, un code de bonnes pratiques renforcé et une proposition législative sur la transparence de la publicité politique. Les GAFAM pourraient ainsi être obligés de fournir des données détaillées sur la manière dont les groupes politiques peuvent cibler des catégories d’électeurs bien déterminées via des publicités en ligne très précises.

Sans surprise, le projet de la Commission, qui devrait être présenté officiellement le 23 novembre prochain, a suscité une levée de boucliers des géants du web qui estiment que ces règles sont trop contraignantes pour leurs activités. La Commission n’a pourtant pas opté pour une interdiction des publicités politiques mais une régulation et donc des sanctions en cas d’infractions.

« En absence de lois précises sur la transparence, la seule façon de mettre les plateformes face à leurs responsabilités et se protéger de la publicité politique malveillante est d’aider la recherche en installant des outils comme AdAnalyst (qui permettent de repérer les publicités) », expliquait en juin dernier Oana Goga, chargée de recherches au CNRS, au Laboratoire d’informatique de Grenoble (CNRS/Univ. Grenoble-Alpes) qui a étudié le mécanisme des publicités politiques. 

Forcer les géants du web à plus de transparence

« Nos mesures ont montré que les publicitaires peuvent sélectionner parmi plus de 250 000 attributs, dont beaucoup sont très spécifiques et parfois sensibles tels que l’intérêt dans les mouvements anti-avortement ou la conscience du cancer », indiquait la chercheuse pour montrer la puissance des outils de ciblage publicitaire mais aussi combien les règles prises par les GAFAM sont souvent contournées (une publicité politique étant déclarée comme normale).

Sous l’égide de l’EPD (Partenariat européen pour la démocratie), une trentaine d’organismes de la société civile a demandé la mise en place de mesures pour parvenir à une transparence publicitaire universelle par défaut. On en est encore loin…