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Facebook change son nom au profit de Meta, mais avec quelle éthique derrière ?

 

facevook

Par Constantin Pavléas, avocat pratiquant le droit des nouvelles technologies, fondateur et dirigeant du cabinet Pavléas Avocats, professeur et coordinateur du programme Droit du Numérique & Propriété intellectuelle à l’école des Hautes Études Appliquées du Droit (HEAD).

Alors que le géant américain fait face à de multiples accusations, Facebook décide de changer de nom et va s’appeler Meta, en référence à son projet de Monde Virtuel (parallèle) « Metavers ». Cette entreprise pose de multiples questions et devrait être encadrée par un code éthique. 

En Aout 2015, Google avait annoncé changer de nom au profit d’une nouvelle société, Alphabet, pour remplacer Google en tant qu’entité cotée en bourse. Marc Zuckerberg a annoncé ce jeudi 28 octobre un nouveau logo pour Facebook ainsi qu’un nouveau nom « Meta » qui signifiant en grec ancien « l’au-delà », en référence au « Metavers », le monde virtuel 3D sur lequel travaille Facebook. Facebook souhaite mettre en avant ce projet et c’est pourquoi un changement de nom a été effectué ; en tout cas c’est ainsi que le patron de Facebook le justifie. Ce changement de nom intervient au milieu d’une crise dont Facebook souhaite se sortir de n’importe quelle manière.

Depuis maintenant plusieurs années, Facebook doit faire face à plusieurs affaires remettant en cause son éthique. En 2018, l’affaire « Cambridge Analytica » avait mis la lumière sur les pratiques douteuses de Facebook quant au traitement des données personnelles de ses utilisateurs et son influence sur les élections présidentielles américaines en 2016. Plus récemment, c’est une ancienne employée de Facebook, Frances Haugen, qui s’est muée en lanceuse d’alerte et a révélé au monde entier les négligences et mensonges de Facebook sur des sujets tels que l’impact négatif des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents. 

Comment peut-on réagir face à ces annonces si paradoxales ? Pour rappel, Facebook est une entreprise privée qui compte parmi ses abonnés un tiers de l’humanité, qui a pour ambition de battre monnaie et qui souhaite désormais nous plonger dans « l’après ».

 Une entreprise pourtant coupable d’autant de scandales liés à la protection des données personnelles de ses utilisateurs souhaitant nous envoyer dans un monde virtuel, comme imaginé dans le récit dystopique de Neal Stephenson en 1992, devrait nous interpeller sur l’éthique même d’un tel projet. Qui doit mener ce projet, une entreprise privée ? Des institutions ? A l’image des restrictions liées à la bioéthique, ne devrions-nous pas poser un questionnement sur ce qu’on souhaite bâtir comme monde de demain, y compris dans sa version virtuelle ? Tant que cette règle n’est pas posée, nous devons temporiser sur les velléités mercantiles d’une société qui veut nous imposer sa vision du monde de demain ? 

Comme cela a été, et est démontré lors des différentes campagnes électorales dans le monde, les réseaux sociaux ont un rôle démocratique non négligeable, notamment du fait des « fake news » ou encore des « deep fakes ». Les rapports récents sur Facebook nous poussent à craindre que ce Metavers qu’on nous promet assure surtout les profits d’une entreprise sur le dos d’un consommateur passif. Aspirer à un code éthique pour les entreprises serait une avancée fondamentale dans l’utilisation éclairée et raisonnée des technologies développées au profit d’un citoyen éclairé et éduqué.

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