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Multiplication des cyberattaques : comment les entreprises peuvent-elles se protéger ?

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Dans le contexte de crise sanitaire où les cyberattaques se multiplient et de grands groupes français en subissent les conséquences, Robert Walters dévoile les résultats d'une enquête réalisée auprès de managers de transition experts des systèmes d'information. Pour 66% d'entre eux, les investissements financiers des entreprises sont insuffisants pour traiter les problématiques de sécurité informatique.

Selon une étude réalisée par le cabinet Robert Walters auprès de managers de transition experts en systèmes d'information, les sujets de cybersécurité explosent dans les entreprises. En effet, ils sont 77% à affirmer que ce type de problématiques est de plus en plus présent dans leurs missions de transition : les sujets d'audit, d'anticipation de crise et de réorganisation des organisations étant les principaux.

Cependant, 66% de ces managers de transition considèrent que les investissements financiers des entreprises sont insuffisants pour faire face aux problématiques de sécurité informatique. Outre le manque de compétences des ressources internes dans le traitement des risques (51%) et l'incapacité à identifier et superviser les risques (48%), les experts interrogés sont 43% à estimer que le manque de maturité des entreprises s'observe aussi dans la trop faible sensibilisation des collaborateurs à la sécurité.

Par ailleurs, alors que 58% des managers de transition affirment que les services sécurité sont généralement rattachés à la DSI, ils considèrent à 57% qu'il serait préférable qu'ils soient rattachés à la Direction générale ou à la Direction des risques/Conformité/Sûreté pour une meilleure efficacité.

« Alors que la mise en place du télétravail prolongé a rendu les entreprises vulnérables, la sécurité des systèmes d'information est au cœur des problématiques actuelles des entreprises. En effet, les attaques se multiplient et le phénomène risque de s'intensifier dans les prochains mois. Les managers de transition spécialistes de la sécurité des SI peuvent répondre à l'urgence, en mettant en place des plans d'action et en construisant un écosystème de partenaires, afin de gérer la crise et de protéger l'entreprise à plus long terme. » commente Clémence Richard, Senior Manager, Robert Walters Management de Transition.

La dimension humaine doit toujours être au cœur de la formation digitale


formation




Par Thibault Viguier, co-fondateur de L’Ecole Française

La situation actuelle contraint de nombreux organismes de formation à revoir leur copie pour l’adapter au confinement. Surtout que la période est propice à de nouveaux apprentissages. La demande pour les MOOCs, tutoriels et autres formations en ligne explosent depuis 3 semaines. Les Français cherchent à mettre leur temps libre à profit. Malheureusement, dans la précipitation, certains organismes oublient un peu vite les fondamentaux du e-learning : des cursus courts, axés sur la pratique et interactifs.

Se former partout et à tout moment

La digitalisation présente de nombreux avantages pour la formation, en période de confinement, bien sûr, mais pas seulement. Elle va permettre à chacun de choisir le moment le plus opportun pour son apprentissage. Elle offre également l’occasion à des personnes habitant des zones géographiques isolées d’accéder à des compétences qu’elles ne trouveront pas à proximité de chez elles. Toutefois, en restant le plus objectif possible, il est impossible d’affirmer qu’une formation en présentiel est meilleure qu’une en ligne et inversement. Cela dépend de nombreux paramètres, qui n’ont parfois rien à voir avec la qualité de la réponse pédagogique. Sans compter que toutes les formations ne se prêtent pas à un apprentissage à distance.


Comme un funambule en pleine confiance

La réussite d’une formation en ligne va notamment dépendre de l’apprenant lui-même. Certaines personnes sont parfaitement autonomes dans leur apprentissage et capables de s’imposer une discipline lorsqu’elles se retrouvent seules face à un écran. Mais c’est loin d’être le cas pour toutes. Certaines se sentiront, au contraire, beaucoup plus engagées si elles profitent d’un accompagnement en présentiel, qui offre un cadre structuré et donne accès à un soutien approfondi. La sensation de solitude ressentie par un stagiaire face à un apprentissage descendant et unidirectionnel peut vite générer chez ce dernier une perte de confiance. Face à une difficulté et sans possibilité de la dépasser seul, la démobilisation va progressivement remplacer l’enthousiasme des débuts et conduire à l’abandon. On peut comparer le bénéfice d’un accompagnement au filet qui se trouve sous le fil du funambule. Celui-ci ne rend pas l’acrobate meilleur, mais lui permet de traverser plus vite. C’est aussi ça le rôle d’un formateur : rassurer, aider à surmonter une difficulté et mener l’apprenant jusqu’au bout.

De la bonne adaptation de la formation au format digital

Un autre motif d’abandon bien connu dans le domaine de la formation en ligne est celui de la notion de temps perçu. Celle-ci est en lien étroit avec l’attention de l’apprenant qui sera souvent moindre devant un écran que dans une salle de cours. Si la durée perçue de la formation est trop élevée, le découragement et la lassitude peuvent vite s’installer. Beaucoup d’organismes se vantent d’avoir créé des apprentissages en ligne, qui ne sont en réalité qu’une simple vidéo d’un cours animé en présentiel : des formateurs filmés pendant plusieurs heures face caméra, en position statique, commentant leur PowerPoint. Rien de très enthousiasmant !

La formation à distance nécessite au contraire une production de contenus ad hoc, autour de formats courts et d’une mise en scène dynamique qui maintiennent l’attention. De même, la partie théorique doit être réduite pour laisser davantage de place aux exercices pratiques. Plutôt que d’apprendre des choses, le stagiaire doit apprendre à faire les choses !

Un apprentissage virtuel, mais un soutien réel

Module après module, l’apprenant s’exerce et avance graduellement dans la maitrise d’une compétence. On peut comparer une bonne formation à l’apprentissage de la lecture par un petit enfant. Au départ, ce dernier devra s’efforcer de maitriser l’alphabet, puis les syllabes, les mots et enfin les phrases. En validant une par une chacune de ces compétences, il progresse à son rythme et acquiert la confiance nécessaire à tout apprentissage. C’est exactement l’objectif que doit poursuivre une formation professionnelle. C’est pourquoi la formule idéale reste celle d’un mixte entre des contenus digitaux et de l’accompagnement. Un apprenant n’a pas nécessairement envie de se déplacer tous les soirs pour se retrouver dans une salle de classe, mais il aura besoin régulièrement d’échanges concrets avec son formateur et avec les autres stagiaires. En période de confinement, cette alternative physique n’est pas envisageable, mais elle peut être compensée par du coaching téléphonique ou via des outils de visioconférence : un palliatif indispensable pour garantir le succès des formations en ligne qui se multiplient actuellement.

IoT et 5G : l’accord parfait

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Christophe Boitiaux
Par Christophe Boitiaux, Directeur marketing de T-Systems France

Pour que les promesses de l'loT puissent se réaliser, un réseau fiable, pérenne et sécurisé est la condition sine qua non à l'exploitation des données à tout moment et en temps réel.

L’IoT, moteur de la transformation digitale

L’Internet des objets (IoT), véritable colonne vertébrale de la société numérique, semble plus que jamais au cœur de la transformation digitale des entreprises. Ces dernières font évoluer leurs offres et proposent de nouveaux produits et services associés à l’expansion rapide du big data et de l’intelligence artificielle (IA). En témoigne le rapport 2019 de la GSMA - association représentant près de 800 opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile à travers le monde - qui prévoit que le nombre de connexions IoT (cellulaires et non-cellulaires) triplera d'ici 2025, pour atteindre le chiffre record de 25 milliards de connexions.
L’IoT étant au cœur de la transformation numérique des industries (industrie 4.0, maintenance prédictive, véhicule autonome, smart cities, agritech, santé augmentée, smart campus, domotique…) cette véritable histoire d’amour digitale a tout d’une relation idyllique. En connectant des appareils, bâtiments, machines, véhicules et biens, du simple électroménager à des villes entières, l’IoT simplifie déjà la vie de millions de personnes et affiche des perspectives florissantes. Tant et si bien, qu’une étude du cabinet IDC chiffre les dépenses mondiales dans ce secteur à 1 200 milliards de dollars d’ici à 2022. Machina Research estime quant à lui que les revenus générés par l’IoT devraient atteindre près de 3 000 milliards de dollars en 2025 au niveau mondial. L’IoT change structurellement les business models des entreprises. Les attentes des clients évoluent, avec une forte demande de personnalisation et d’automatisation.

La 5G, moteur de compétitivité pour les entreprises

C’est pourquoi la 5G, nouvelle génération de communications mobiles, est une technologie de transmission plus à même de répondre aux besoins de chaque application IoT. Les réseaux actuels de 2G, 3G et 4G, ne sont plus à la hauteur, n’atteignant pas les besoins requis. Sachant qu’à l’horizon 2024 – selon les données du fabricant Ericsson, dans son "Mobility report" de 2018 – le marché de la mobilité devrait représenter l'équivalent de 4,5 milliards de connexions en longue portée, dont 4,1 avec la 5G, et 17,8 milliards pour les connexions courte portée, les enjeux à adresser d’ici là sont conséquents.

Les réseaux de capteurs et de "Special machines" tels que Narrow Band IoT ou LTE-M deviennent alors nécessaires car ils intègrent les capteurs directement dans l’IoT. La 5G étant un facteur clé de compétitivité, les entreprises doivent s’y préparer pour rester dans la course à l’innovation. Le fonctionnement des entreprises, quelles que soient leur taille, en sera fortement impacté à travers le manufacturing, la supply chain, les bâtiments intelligents ou encore les smart grids. Cette évolution va transformer en profondeur les organisations et leurs business models.



Les atouts sectoriels de l’IoT

L’Internet des objets génère de réels atouts pour tous les secteurs. Les applications les plus prometteuses en la matière concernent notamment les secteurs des villes et de la mobilité intelligentes mais aussi l’industrie comme l’illustre le partenariat entre le spécialiste de l’éclairage Osram et Deutsche Telekom, qui opère actuellement un réseau de campus afin de connecter sans fil des machines dans un environnement de production. Concrètement, un réseau privé distinct a été construit sur le campus de l'usine, en relais du réseau mobile accessible au public afin d’accélérer les processus automatisés de production et de logistique. Des processus innovants permettant d'assurer la maintenance prédictive des machines, ou les changements nécessaires dans le processus de production avec une grande flexibilité.

Autre application probante, Audi et la ville d’Ingolstadt se sont alliés autour de la 5G pour accélérer le développement de la voiture connectée. La 5G peut en effet jouer ici un rôle clé de facilitateur, en connectant en temps réel des feux de signalisations aux carrefours routiers, qui échangent à leur tour des données anonymes concernant les mouvements des véhicules et des autres usagers de la route via son réseau. A la clé, un trafic plus fluide et un renforcement de la sécurité, mais aussi des bénéfices concrets pour les conducteurs capables d’anticiper plus rapidement les mouvements inopinés. Dans les villes et métropoles, cela participera ainsi à un meilleur partage de l’espace urbain pour l’ensemble des usagers et aussi à un gain de temps notable en leur évitant des pertes de temps inutiles liées à la recherche d’une place de stationnement. À l’avenir, d’autres marchés de niche ou en croissance pourront bénéficier des applications de la 5G ; c’est le cas des usines du futur, du retail, des maisons connectées, du domaine des assistants vocaux ou de la réalité augmentée ou bien de l’agriculture intelligente, pour ne citer que ces illustrations. La connectivité, en s’appuyant sur la 5G, sera un élément clé pour soutenir les nouveaux cas d'utilisation et les besoins des clients en transformation digitale qui émergeront... sous réserve de la démystifier et de démêler au préalable le vrai du faux sur cette technologie !

Des illustrations concrètes du fait que l’IoT et la 5G sont des piliers stratégiques de la digitalisation des entreprises. Grâce à la combinaison de ces technologies, l’économie et la société sont mieux parés pour un futur... toujours plus connecté !

Huawei serait-elle aux mains de Pékin pour pirater la recherche des vaccins contre le Covid-19 ?



D’après le FBI et le Department of Homeland Security des États-Unis, des cyberacteurs liés à la Chine ont tenté d'obtenir illégalement de précieuses données de propriété intellectuelle et de santé publique en rapport avec les essais des vaccins et les traitements, auprès de réseaux et de personnel affiliés à la recherche liée à COVID-19.

Les agences américaines ont également averti que les institutions et les entreprises impliquées dans la recherche des vaccins contre le Covid-19, fabrication des traitements et des tests pour dépister le nouveau coronavirus devraient prendre des mesures de sécurité supplémentaires pour protéger les données et tout simplement être conscientes de la menace potentielle.



Selon David Stupples, professeur d'ingénierie électronique à la City University of London :


« Depuis 20 ans nous savons que la Chine est activement engagée dans la cyber-espionnage et la cyber-surveillance.

L’objectif de la Chine est d'avoir accès à la planification stratégique de l'État et de l'armée, à la planification commerciale et des affaires et, surtout, à la propriété intellectuelle et aux résultats de la recherche.

La Chine aspire à diriger le monde dans tous les domaines afin d'accroître ses ambitions de superpuissance, et cela s'avère être une grande réussite. Ce pays a investi plus que tout autre pays dans l'espionnage et dans les cyberactivités illicites. La Chine est considérée comme un leader mondial dans la technologie qui sous-tend ces activités, et dans la formation d'un grand nombre de personnes pour orchestrer le tout.

Les récentes allégations contre la Chine devraient être examinées dans le contexte plus large de sa quête pour le contrôle global de « l’Internet of Everything » (IoE) et du rôle joué par le géant des télécommunications Huawei.

Bien qu'il n'y ait pas de preuve directe que Huawei soutient les activités d'espionnage et de surveillance, on soupçonne depuis longtemps que la société fait partie de l'omniprésente machine d'espionnage étatique chinoise - rien ne peut se passer en Chine sans l'approbation du gouvernement central. Cela dit, rien ne serait plus simple que de planifier et d'exécuter des activités d'espionnage et de surveillance dans le monde entier, si la RPC contrôlait une grande partie de l'infrastructure mondiale des communications. Huawei est en train de devenir le premier fournisseur dans la plupart des pays. Une fois en place, le grand plan de contrôle de « l'IoE » sera achevé. Nous sommes témoins du succès de cette stratégie, car la Chine cherche à accéder à toutes les recherches pharmaceutiques du monde entier et à les copier dans le but de contrôler le virus et les résultats de l'épidémie dans le monde entier. Chaque pays deviendrait alors dépendant de la Chine pour guérir les maux du monde.



Selon Enrico Bonadio, maître de conférences en droit de la propriété intellectuelle à la City University of London :


« Il n'est pas surprenant que le président Donald Trump soutienne et alimente des accusations selon lesquelles le gouvernement chinois pourrait voler les résultats des recherches actuelles et les secrets connexes concernant les vaccins COVID-19.

Au cours des dernières décennies, les États-Unis se sont souvent plaints du vol de la propriété intellectuelle par la Chine, allant des produits pharmaceutiques aux films d'Hollywood et de Disney, sans parler de la mauvaise appropriation des logiciels et du piratage de la musique sur Internet. Il s'agit d'une tension sans fin. Les relations ont atteint un point bas à la fin des années 2000 lorsque les États-Unis ont poursuivi la Chine devant un tribunal de l’OMC pour le prétendu manquement de cette dernière à certaines obligations de protection des droits d'auteur étrangers et de garantie que les contrevenants professionnels à la propriété intellectuelle s'exposent à des sanctions pénales. L'action en justice des États-Unis n'a toutefois abouti qu'en partie".

Le deuxième anniversaire du RGPD

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Benoit Grunemwald
Par Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité chez ESET France

Le 25 mai 2020 marque le deuxième anniversaire de l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGDP) en Europe. Sans doute le plus important texte législatif sur les données personnelles de ces dernières années, le RGPD a été conçu pour assurer le droit à la confidentialité des personnes vivant dans l'UE. Deux ans plus tard, nous avons constaté une augmentation substantielle de la sensibilisation à la confidentialité et la protection des données, avec des réglementations supplémentaires entrant en vigueur dans le monde entier. Les menaces contre la vie privée n'ont jamais été aussi grandes. Les efforts continus des cybercriminels soulignent la valeur financière des données et l'importance de ne pas baisser la garde lorsqu'il s'agit de protéger les informations personnelles.


Ces deux dernières années ont cependant montré que le RGPD n'était pas un remède miracle à tous les problèmes de confidentialité des données. Depuis mai 2018, des amendes record ont été infligées aux entreprises qui ne protègent pas systématiquement les données de leurs clients, avec notamment une amende de 210 millions d’euros proposée dans le cadre de la fuite des données de British Airways en 2018. Bien que ces amendes puissent inciter les entreprises à devenir plus responsables quant au stockage des informations des utilisateurs, il reste encore du chemin à parcourir pour garantir la confidentialité totale des données.

Le RGPD face aux autres réglementations


Même si le RGPD est l'une des premières réglementations dans ce domaine, ce n'est pas le seul texte législatif sur la protection des données en vigueur dans le monde. Le Consumer Privacy Act de l’État de Californie (CCPA), promulgué en juin 2018, comprend de nombreuses dispositions similaires à celles du RGPD. Si la portée géographique de ces réglementations peut sembler limitée, elles affectent en réalité tous les marchés qui ont une relation commerciale dans l'UE ou dans l'État de Californie.
En parallèle, la loi brésilienne Lei Geral de Proteção de Dados (LGPD), qui devrait entrer en vigueur en août 2020, donnera aux citoyens brésiliens le droit de demander la suppression des données les concernant, parmi d'autres réglementations sur la vie privée. Le Brésil possédant l'une des plus grandes économies d'Amérique du Sud, cette législation aura donc un effet tangible dans le monde. La LGPD crée un ensemble de nouveaux concepts juridiques et génère des obligations spécifiques pour les contrôleurs de données, les rendant encore plus responsables aux yeux de la loi.
La loi japonaise sur la protection des informations personnelles (APPI) a été introduite en 2003, avec des révisions substantielles en mai 2017. Ces révisions comprenaient l'extension de l'application de la loi même aux sociétés étrangères qui détiennent des données sur des citoyens japonais, ce qui signifie que cette loi va plus loin que beaucoup d'autres du même genre.

L'avenir du RGPD


Ces derniers mois ont posé un défi encore plus important pour la protection des données. En raison des confinements dus au coronavirus, des données qui seraient auparavant restées privées, telles que les informations médicales, ont été partagées de manière peu idéale. Des applications permettant de suivre la propagation du COVID-19 ont été conçues pour localiser les individus, en les avertissant s'ils ont pu entrer en contact avec des personnes infectées par le virus. Comment la réglementation en matière de protection des données gère-t-elle ce cas ?
Avec la mise en place progressive des mesures de confinement au premier trimestre 2020, le Conseil européen de la protection des données (CEPD) a publié une déclaration précisant que le RGPD permet aux autorités de santé publique de traiter des informations personnelles sans le consentement des individus afin de protéger la santé publique. En ce qui concerne l'utilisation des données de localisation, la déclaration précise que les autorités publiques doivent adhérer à la directive de confidentialité (ePrivacy Directive). L'article 15 de cette directive permet aux États membres de l'UE d'introduire des mesures législatives visant à l'utilisation des données de localisation. Dans la mesure du possible, ces données doivent être traitées de manière anonyme.


En conclusion


L'un des effets les plus significatifs du RGPD est qu'il a déclenché un débat mondial sur la protection des données. En plaçant la confidentialité de nos données au cœur du débat, le RGPD a souligné combien il est important de contrôler la manière dont les informations personnelles sont stockées et communiquées. Qui sait ce que les deux voire les dix prochaines années pourraient réserver à la législation sur la protection des données, ou comment la technologie continuera de transformer le monde. Mais une chose est sûre : la confidentialité des données ne disparaîtra pas de sitôt.

Cinq questions à se poser avant d'installer une application de traçage

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Par Lyle Frink, rédacteur Avira

Le traçage des contacts est un outil essentiel pour endiguer toute épidémie majeure et le COVID-19 n'y fait pas exception. Depuis toujours, le traçage des contacts est une tâche lente et laborieuse, le personnel médical travaillant directement auprès des personnes contaminées pour identifier et contacter les individus potentiellement contagieux. Ce processus est efficace pour les maladies comme la polio et la tuberculose. Cependant, aux vues de la rapidité avec laquelle le COVID-19 se propage et du nombre élevé de personnes qui le répandent sans présenter de symptômes, une question suscite réflexion : peut-on améliorer les conditions de vie et le traçage des contacts grâce à la technologie ?

Le signal Bluetooth au cœur du dispositif

On a réellement compris le potentiel des smartphones, lorsqu'Apple et Google ont annoncé qu'ils prévoyaient de légères modifications de leurs systèmes d'exploitation respectifs en raison du COVID-19. Ces modifications apportées aux deux systèmes d'exploitation permettront à une appli spéciale de diffuser un signal Bluetooth. Les autres téléphones à proximité pourront alors détecter ce signal (et sa puissance) pour mesurer la portée du contact et la proximité entre les deux propriétaires d'appareils.

Une fois que l'appareil A a détecté l'appareil B et que les deux appareils restent quelque temps à moins de 2 mètres l'un de l'autre, l'événement est enregistré. C'est là que les options divergent selon les technologies. Celles-ci déterminent le niveau d'anonymat des données, qui les conserve et qui les traite par la suite. Il existe même une série d'étapes mises en place dès qu'une infection soit signalée et que le processus de notification soit déclenché. Ces différences auront un fort impact sur la vie privée des individus et le degré d'intrusion de ces applications.

De nombreuses applications utiliseront cette fonctionnalité Bluetooth, actuellement développée en partenariat par les gouvernements, entreprises privées et autorités de santé. Parmi cette liste non exhaustive, on compte le projet DP3T et le consortium européen de protection de la proximité préservant la confidentialité (PEPP-PT).

Le cas de StopCOVID, l'appli de traçage qui arrive en France

Les pays se précipitent pour développer des applis permettant d'évaluer le risque de contamination d'une personne à une autre et d'isoler ainsi qui pourrait répandre le virus. En France, le nombre de cas confirmés de coronavirus dépasse aujourd'hui les 140 000. Le gouvernement a voté en faveur du lancement de sa nouvelle application de traçage pour suivre les personnes infectées par le COVID-19.
Nommée StopCOVID, l'application vise à suivre les personnes testées positives au coronavirus, afin de ralentir sa progression. Selon les autorités françaises, l'application devrait pouvoir être déployée le 2 juin.

Elle génèrera un identifiant numérique anonyme, échangé via Bluetooth avec les autres téléphones mobiles qui ont aussi installé l'application. Si quelqu'un est testé positif quelque temps plus tard, ces identifiants numériques sont signalés, de façon anonyme. Toute personne ayant croisé la personne positive devra alors être confinée.

On comprend mieux les différentes approches lorsque l'on compare l'approche Apple/Google et celle prise par le gouvernement français. L'approche suivie par Apple et Google favorise un modèle de recueil de données décentralisé, qui minimise les informations pour limiter l'intrusion dans la vie privée des utilisateurs. En revanche, celle du gouvernement français est centralisée et repose lourdement sur le recueil de données pour contribuer - selon l'argument avancé - à mieux identifier les foyers d'infection et endiguer le virus, mais au prix d'un programme de recueil de données bien plus intrusif. Jusqu'ici, les géants de la Silicon Valley ont refusé de céder aux exigences du gouvernement français et de leur fournir l'accès aux signaux Bluetooth. La France a dû se débrouiller toute seule, au prix de défauts technologiques probables voire même de failles de sécurité.


5 questions à se poser avant d'installer une appli de traçage



  1. La situation évolue si rapidement que l'on vous conseille de vous poser les questions suivantes avant d'installer toute application de traçage sur votre téléphone :L'application est-elle basée sur le volontariat (opt-in) ou son installation est-elle rendue obligatoire ? Avez-vous le choix d'installer ces applications et cette technologie de traçage sur votre appareil, ou s'agit-il d'une décision obligatoire ? En Corée du Sud et à Singapour – deux pays précurseurs en technologies de traçage – leur installation était facultative.
  2. Qui détient les données ? Les données Bluetooth sont-elles détenues sur l'appareil jusqu'à ce qu'on les demande ou sont-elles stockées sur un serveur central ? Peuvent-elles être vendues ou utilisées par des organismes externes ?
  3. Est-on réellement anonyme ? Les applications individuelles peuvent opérer le processus de contact et de traçage de plusieurs manières. Il existe un risque que l'anonymisation des données puisse être inversée pour les « personnaliser » à nouveau et identifier les individus si nécessaire.
  4. Qui examine le code source ? La ruée pour lancer ces applications de traçage permet aux entreprises de passer outre l'examen permettant de détecter les vulnérabilités et problèmes de sécurité. C'est problématique car une application pourrait incorporer une gamme de technologies de traçage qui aillent au-delà du simple Bluetooth.
  5. Une fois que cette application a accédé à ma vie privée, puis-je la récupérer ? Ces nouvelles modifications Bluetooth apportées aux systèmes d'exploitation Android et iOS, seront-elles supprimées lorsque le virus aura disparu ? Les défenseurs du droit à la vie privée, comme l'EFF, craignent que ce ne soit pas le cas, à l'image du recueil de masse des métadonnées des téléphones aux États-Unis.


Même les applications les mieux conçues pourraient simplement ne pas marcher. L'Université d'Oxford estime qu'il faudrait que près de 80 % des propriétaires de smartphones utilisent une application de traçage pour que ce système soit efficace. Et c'est un niveau difficile à atteindre sans rendre la mesure obligatoire ni miser sur une bonne communication. En raison du manque de tests dans de nombreuses zones, développer une application de traçage pourrait revenir à fermer la porte du garage à clé après que la voiture ait été volée…

McAfee partage ses conseils afin de lutter contre les fake news

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La crise sanitaire mondiale du coronavirus est un exemple parfait pour illustrer le phénomène des fake news (info ou fausses informations). De nombreuses informations fallacieuses ont en effet circulé concernant le COVID-19, créant un climat d’incertitude général.  L'éditeur de logiciels antivirus McAfee profite de ce moment  pour aider les consommateurs à faire le point sur leur hygiène numérique et sur les meilleures pratiques pour rester à l'avant-garde des menaces en évolution.



  • Les fake news : Cette année a montré que des évènements peuvent chambouler le quotidien très rapidement. Les consommateurs souhaitent rester au courant en permanence des tendances mondiales, des annonces, et des résultats des élections. Cette focalisation accrue sur l'actualité ouvre une opportunité pour les cybercriminels. Une opportunité de créer des rumeurs qui provoquent la panique et qui peuvent être qualifiées de sensationnelles. Cependant, il existe des promesses malveillantes faites par le biais d'escroqueries de phishing qui tentent d'attirer les consommateurs inquiets et confus vers des fraudes à la carte de paiement ou d'autres systèmes de paiement. S'en tenir à des sources d'information légitimes est l'un des moyens les plus faciles d'éviter ces pièges. 
  • L'engouement pour le fil d’actualité. Les réseaux sociaux sont le plus important canal de diffusion des rumeurs et des fake news. De nombreuses personnes ont déjà été confrontées au " Mon ami a vu ça sur WeChat" ou "Regardez ce qu’on m'a partagé sur Facebook". Ces informations peuvent sembler plus fiables puisqu’elles proviennent de personnes proches. Mais il est important de garder en mémoire que le fil d’actualité des réseaux sociaux manque souvent d'exactitude factuelle. C’est pour cela qu’en vérifiant la provenance de ces informations via des sources légitimes, il est possible d’aider sa famille et ses amis à rester vigilants et informés. 
  • Le phishing : Les escroqueries par hameçonnage sont également très répandues dans les moments de panique de la population. Cela passe notamment par des mails et SMS usurpés qui prétendent provenir de collectivités locales, d'hôpitaux ou même de détaillants et qui encouragent les cibles à prendre des mesures concernant des articles urgents. Ces messages vont des instructions falsifiées pour réclamer des contrôles de secours à la programmation de visites médicales. Certains de ces mails de phishing sont faciles à repérer, mais la complexité du contexte actuel peut brouiller le jugement du consommateur. En cas de doutes sur la légitimité de ces messages, il faut toujours contacter l'institution en question pour vérifier. 
  • L’escroquerie via la charité :  Lors d’évènements exceptionnels, l'effusion de compassion et d'empathie de la part de communauté mondiale est à son paroxysme. Malheureusement, les cybercriminels profitent eux aussi de cette générosité. Ils mettent en ligne de faux sites internet et de fausses plateformes caritatives pour appel au don de ressources aux populations défavorisées ou du soutien à la recherche. En réalité, il peut s'agir d'escroqueries, et les dons reçus ne seront jamais reversés aux concernés. Il est préférable de toujours faire des recherches sur les organisations caritatives avant de contribuer, surtout en cette période.



Voici quelques conseils de Lam Son Nguyen, Partner Product Manager, Mobile and ISP, McAfee  afin de ne pas tomber dans les pièges de la désinformation :


  • Faire preuve de prudence lors de la réception de mails, SMS et des appels téléphoniques provenant de sources inconnues. Dans la grande majorité des cas, ces messages se font passer pour des entités connues ou des personnes appartenant à l’entourage. En cas de doute, il vaut mieux contacter l'expéditeur directement.
  • Utiliser une extension gratuite de navigation sécurisée comme McAfee® WebAdvisor qui intègre des évaluations de réputation de sites web qui peuvent aider les consommateurs à s’éloigner des sites d'information illégitimes. Pour les utilisateurs de Chrome, WebAdvisor va même jusqu'à coder par couleur les liens dans vos flux d'informations de médias sociaux, afin que vous sachiez sur lesquels vous pouvez cliquer en toute sécurité.
  • Éviter les sites web non sécurisés dont les URL sont suspects ou dont les designs sont élaborés à la hâte. Le premier réflexe doit être de vérifier que le site dispose d'une connexion sécurisée et qu'il commence par "https" plutôt que "http".
  • Utiliser des services de protection contre le vol d'identité qui incluent la surveillance des réseaux sociaux pour s'assurer que les comptes des utilisateurs ne sont pas utilisés par des acteurs mal intentionnés pour diffuser de fausses nouvelles.
  • Le recours au contrôle parental permet de surveiller le temps passé par les enfants sur leur écran. Ainsi que de limiter leur temps d'utilisation de certaines applications ou de certains sites qui peuvent être plus vulnérables à la prolifération de fausses informations.
  • Utiliser une solution de sécurité complète pour assurer la protection de ses appareils et  de ses comptes en ligne.


Coronavirius : le gouvernement français victime d’une campagne de phishing


Au cours des deux derniers mois, les chercheurs Proofpoint ont constaté une recrudescence de sites de phishing sur le thème du Covid-19 imitant des organisations du monde entier : l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des organisations non gouvernementales (ONG), l'Internal Revenue Service (IRS) et les Centers for Disease Control (CDC) aux Etats-Unis, le gouvernement du britannique, le gouvernement du Canada et le gouvernement Français.

Plus de la moitié des 300 campagnes de phishing Covid-19 observées depuis janvier 2020 sont axées sur le vol d’identifiants utilisateurs. Les cybercriminels adaptent les leurres en fonction des thèmes qu'ils estiment être les plus efficaces et utilisent des sites web fréquemment visités pour voler ces données. Le Covid-19 est sans conteste le thème le plus fréquemment utilisé ces derniers temps.

Voici un exemple récent de site web frauduleux imitant celui du gouvernement Français inséré dans des campagnes de phishing Covid-19 :

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S’il reflète globalement l’aspect du site web légitime, reproduisant le logo de manière fidèle, il tente surtout de convaincre l’utilisateur d'entrer des informations personnelles pour recevoir une aide financière.

phishing
Le graphique ci-desssus illustre la croissance soudaine des déploiements de pages web frauduleuses liées au Covid-19. On observe dans un premier temps une croissance lente, suivi d’un bond important au début de mars 2020. Le déclin observé ensuite en avril reflète probablement une saturation des modèles de phishing liés au Covid-19 et une évolution vers d’autres thèmes.

59% des Français favorables à StopCovid, mais...

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Alors que l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) a publié mardi 12 mai  les premiers éléments du code source de StopCovid sur la plateforme GitLab et que le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O a assuré que l'application sera opérationnelle le 2 juin prochain, après un passage devant les députés le 25 mai, le débat reste toujours aussi vif sur cette application de traçage des malades du Covid-19.

Débat technique d'abord. StopCovid, réalisé par un consortium public-privé en France, s'inscrit dans le projet européen mené par 130 institutions PEEP-PT (Pan Europen Privacy Preserving Proximity Tracing)... que  l'Allemagne et la Suisse ont quitté, préférant opter pour la solution proposée par les géants Apple et Google. Une décision qui relève aussi d'un débat éthique puisque le choix d'une solution centralisée (comme en France) ou décentralisée (sur les smartphones) entraîne des conséquences très différentes en matière de protection des données personnelles et de la vie privée. Autre écueil, les barrières mises en place par Apple et Google pour utiliser en tache de fond le Bluetooth : si l'application ne peut utiliser le Bluetooth en permanence, elle devient inapte à détecter les autres smartphones...

Depuis le lancement du projet StopCovid, de nombreuses enquêtes contradictoires ont eu lieu ces dernières semaines, montrant tantôt les Français très favorables tantôt très réticents à l'application.  Une vaste enquête Harris Interactive pour l'Observatoire Data Publica, publiée ce jeudi 14 mai, essaie de faire le point sur un sujet multiforme et surtout d'apprécier les enjeux qui dépassent la seule application et qui concerne les données.

Créer un cadre de confiance


"Le débat sur l’application StopCovid est une occasion importante de faire comprendre aux français comment et pourquoi les pouvoirs publics utilisent leurs données. C’est la seconde fois en quelques années, après le scandale Cambridge Analytica, que ces enjeux font la Une des journaux et l’ouverture des JT, il faut en profiter pour construire de nouveaux cadres et impliquer les citoyens dans les décisions", estime Joël Gombin, vice-Président de l’Observatoire.

"Ce n’est pas la première fois que l’on va utiliser la technologie Bluetooth pour conduire une politique publique. Elle est déjà utilisée dans des « villes intelligentes » pour réguler les déplacements, compter des voyageurs, optimiser la circulation et l’offre de services publics. C’est souvent une excellente chose, mais c’est fait sans débat et sans même information des usagers", rajoute Mathieu Caps (Innopublica), trésorier de l’Observatoire.

"La France est en retard sur la réflexion qui doit conduire à créer un cadre de confiance pour la gestion des données par les pouvoirs publics. Les anglo-saxons travaillent depuis des années sur la notion de « data trust » et même de « civic data trust » pour impliquer les citoyens dans le contrôle qui est fait de leurs données à des fins d’intérêt général. La confiance ne
passe pas par la loi", estime Jacques Priol (Civiteo), président de l’Observatoire.

La confiance est justement un élément clé qui a récemment conduit Occitanie Data, association qui rassemble des structures publiques et privées, du monde de la recherche et des collectivités de la région Occitanie, à proposer une charte éthique du Big Data, une première en Europe.

Les résultats de l'enquête

59% des Français favorables à StopCovid...


59% des français sont favorables à la mise en place de l’application par le gouvernement. Ce chiffre est stable par rapport à des études précédentes (Harris Interactive le 7 avril : 61%). Les plus jeunes sont les plus favorables (65% des moins de 35 ans) ce qui dénote sans doute une plus grande aisance et habitude à l’utilisation d’applications dans la vie courante (et un plus fort taux d’équipement en smartphone).
Très logiquement, ce sont les français le plus inquiets face à la propagation de l’épidémie qui sont les plus favorables (64%).

... 49% sont prêts à l'installer...


49% des français ont l’intention d’installer l’application sur leur smartphone. Ce chiffre est relativement faible. Il est en baisse de près de 30% par apport à l’étude publiée par Oxford en avril qui est souvent mise en avant par les promoteurs du
projet. Ce chiffre ne manquera pas non plus de relancer la polémique sur le seuil critique d’utilisateurs nécessaire à l’efficacité de l’application.
Ce chiffre s’accompagne de disparités : l’intention d’installer StopCovid est plus forte chez les moins de 35 ans (56%) ou en Région parisienne (54%) notamment.
Le gouvernement a fait le choix d’une technologie et d’une architecture centralisée qui fait débat chez les experts.

... mais 54% n'ont pas confiance


Bien que les données soient anonymisées, 54% des français n’ont pas confiance dans l’utilisation qui pourra être faite des données par le gouvernement. Et ce niveau de confiance explique de façon très corrélée l’intention ou non d’installer l’application.
89% des Français qui déclarent avoir tout à fait confiance ont l’intention d’installer l’application contre seulement 15% des moins confiants.
"Les chiffres démontrent très clairement que quelles que soient les garanties juridiques ou techniques affichées, l’acceptation d’un usage massif des données des citoyens passe par la confiance dans les usages qui en sont faits. Et cette confiance ne se décrète pas", estime Jacques Priol.

De gauche à droite : Me Schéhérazade Abboub (Parme Avocats), Joël Gombin (Datactivist), Mathieu Caps (Innopublica) et Jacques Priol (CIVITEO).

Données : un tiers seulement des Français se trouve bien informé


L'observatoire Data Publica a voulu aller plus loin que la seule application StopCovid et a interrogé les Français sur l'usage des données.

L’utilisation massive des données des habitants, notamment en tant qu’usagers du service public, progresse de façon exponentielle, note l'observatoire : les applications nationales ou locales sont légion ; les données issues des smartphones constituent une source d’informations sans cesse plus importante (elles renseignent sur nos déplacements, nos habitudes de consommation, notre alimentation, nos préoccupations, nos inquiétudes, nos goûts et nos couleurs) ; les capteurs placés dans l’espace public sont de plus en plus nombreux...
Les acteurs publics, notamment les territoires engagés dans des projets de « smart  city » utilisent ces données, non pas à des fins commerciales, mais à des fins d’intérêt général, souligne l'observatoire qui cite comme exemples la régulation du trafic, l'optimisation de la gestion des parkings, la réduction des consommations énergétiques, l'amélioration de la gestion des déchets...

Des données de plus en plus nombreuses mais des Français ne moins en moins informés.


Seulement 33% des français s’estiment bien informés de l’utilisation de leurs données par les acteurs publics. La catégorie la mieux informée, les CSP+, atteint seulement 38%.

"Ce chiffre illustre le fait que l’information légale est très insuffisante. L’immense majorité des acteurs publics applique les règles du RGPD et chaque citoyen peut disposer d’une information suffisante pour donner un consentement éclairé ... à condition de savoir où chercher !", observe Me Schéhérazade Abboub (Parme Avocats), secrétaire général de l’Observatoire.

Pour éviter que ne s'installe la défiance des Français envers l'utilisation de données, il faut recréer de la confiance. Pour cela plusieurs pistes : les Français souhaitent disposer d’informations systématiques sur...

  • L’anonymisation des données (84%)
  • Les modalités de contrôle de ses données par l’utilisateur lui-même (81%)
  • Les modalités de contrôle par la CNIL (80%)
  • La technologie utilisée (78%)
  • Le stockage des données (74%)
  • Les modalités d’un contrôle par un comité citoyen (71%)


"Défendre l’intérêt général ne suffit pas à susciter l’adhésion des citoyens et face à la multiplication des expérimentations il est urgent de réfléchir à des méthodes transparentes et démocratiques qui prennent en compte ces évolutions", estime Mathieu Caps.

Profiter du débat StopCovid pour préparer l'avenir

"Nous devons profiter de ce débat sur StopCovid, qui va revenir en force dans quelques jours, pour tirer des enseignements et préparer l’avenir. De plus en plus d’applications vont être déployées. Les acteurs doivent s’inspirer de ce qui se passe dans la crise sanitaire pour inventer de nouveaux processus transparents et démocratiques", estime Jacques Priol.

"Le pilotage des services publics par la donnée, notamment dans les villes, peut avoir des implications beaucoup plus graves encore que celles liées à la crise sanitaire, notamment en termes de protection de la vie privée. Il est possible d’inventer, à partir de cette expérience exceptionnelle, un cadre de confiance qui reposera sur l’implication des citoyens dans la définition des objectifs, sur la transparence des procédés comme des données, et sur un véritable contrôle démocratique."

Les chiffres clés sur l’usage du mobile en France et en Europe

Hootsuite, le leader mondial de la gestion des médias sociaux et We Are Social, l'agence internationale, dévoilent leur comparaison des chiffres clés du mobile en Europe.

Abonnements mobiles : L’Espagne et l’Italie atteignent leur maturité

Hootsuite et We Are Social ont comparé les chiffres du mobile en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Italie.

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont vu le nombre d’abonnements mobiles augmenter cette année avec respectivement 65,53 millions d’abonnements (+0,8% vs 2019), 72,41 millions (+1,3M) et 110,7 millions (+1,8%).
L’Espagne et l’Italie semblent avoir atteint leur maturité puisque l’on observe une diminution du nombre d'abonnements avec respectivement une évolution de -0,3% et -2,7%.

Dans les cinq pays étudiés le nombre d’abonnements mobiles est égal ou supérieur à la population :

  • France : 65,53 millions d’abonnements soit 100% de la population
  • Royaume-Uni : 72,41 millions d’abonnements soit 107% de la population
  • Allemagne : 11,7 millions d’abonnement soit 132% de la population
  • Espagne : 54,11 millions d’abonnements soit 116% de la population
  • Italie : 80,4 millions d’abonnements soit 133% de la population


Les abonnements multiples (ligne professionnelle et ligne personnelle) expliquent le fort taux d'abonnement rapporté à la population totale des pays.

hootsuite


Enfin, 91% des propriétaires de mobiles en France au Royaume-Uni possèdent un smartphone contre 92% en Allemagne et 94% en Espagne et en Italie.

En France 8% des propriétaires de mobiles n’utilisent pas de smartphone, ce qui la place en première position devant l’Espagne (7,2%), le Royaume-Uni (5,1%), l’Allemagne (2,7%) et l’Italie (1,6%).

Les internautes français et allemands passent moins de temps sur Internet via leur mobile
82% des internautes français utilisent leur mobile pour aller sur internet (soit 47,29 millions de personnes) contre 84% pour l’Allemagne (soit 65,35 millions de personnes) et 85% pour le Royaume-Uni (soit 55,18 millions de personnes). L’Espagne et l’Italie se place loin devant avec respectivement 91% et 92%.

Toujours selon le rapport Digital 2020 d’Hootsuite et We Are Social, La France et l’Allemagne seraient les deux pays passant le moins de temps par jour sur Internet via les mobiles. En effet, la moyenne pour un internaute allemand est de 1h52 contre 1h59 en moyenne pour un internaute français. Le Royaume-Uni, L’Espagne et l’Italie dépassent la barre des 2h :

  • Royaume-Uni : 2h07
  • Espagne : 2h34
  • Italie : 2h42
hootsuite


Que faisons-nous sur nos mobiles ?

Nos mobiles servent avant tout à communiquer et à nous déplacer. Parmi les cinq pays étudiés, les applications de chat sont les plus utilisées suivi par les réseaux sociaux et les applications de plan.

hootsuite


En France, au Royaume-Uni et en Espagne, les applications les plus téléchargées en 2019 étaient Whatsapp et Facebook Messenger. En Allemagne, Whatsapp était également l’application la plus téléchargée, suivie d’Instagram (Les classements des applications les plus téléchargées et les plus utilisées en Italie n’a pas été communiqué dans le rapport Digital 2020).
Netflix reste l’application la plus utilisée sur mobile en France et en Espagne alors qu’en Allemagne au Royaume-Uni il s’agit de l’application Tinder.

Les jeux vidéo plébiscités sur mobiles
Parmi les cinq pays étudiés, l’Espagne compte le plus d’internautes joueurs de jeux vidéo (81%), suivi par l’Italie (79%), la France (75%), l’Allemagne (70%) et enfin le Royaume-Uni (68%) (tous appareils confondus).

Les appareils les plus utilisés pour jouer sont :
  • En France : smartphone (54%), la console (35%) et le PC (33%)
  • Au Royaume-Uni : smartphone (45%), la console (33%) et le PC (27%)
  • En Allemagne : smartphone (48%), le PC (36%), la console (29%)
  • En Espagne : smartphone (60%), le PC (38%), la console (34%)
  • En Italie : smartphone (60%), la console et PC (35%)
hootsuite


En ce qui concerne les jeux vidéo les plus téléchargés sur mobiles en 2019 (Les classements des applications les plus téléchargées et les plus utilisées en Italie n’a pas été communiqué dans le rapport Digital 2020) :
  • France : Mario Kart Tour, Brawl Stars, Homescapes
  • Royaume-Uni : Coin Master, Color Bump 3D, Mario Kart Tour
  • Allemagne : Color Bump 3D, Mario Kart Tour, Homescapes
  • Espagne : Brawl Stars, Mario Kart Tour, Call of Duty Mobile
 
Toutefois Clash of Clans reste le jeu vidéo sur mobile le plus utilisé en France en 2019. En ce qui concerne le Royaume-Uni et l’Allemagne, Coin Master est le jeu le plus utilisé et en Espagne il s’agit de Brawl Start.

Smart Building : entre défis technologiques et environnementaux, quelles perspectives pour les bâtiments connectés de demain ?

smartcity


Gweltaz Le Coz
Par Gweltaz Le Coz, expert Smart Building chez Matooma

Dans une époque récente, les principaux enjeux du bâtiment étaient avant tout liés à sa solidité, son étanchéité et son esthétisme. Désormais, grâce à l’apport de la technologie, il est possible de récolter et d’analyser les données liées au fonctionnement du celui-ci. Cette évolution ouvre la voie vers de nouvelles perspectives en matière d’efficience, de performance énergétique et d’intelligence du bâtiment. Comme tout pouvoir, cela implique de grandes responsabilités. C’est dans cet esprit que la loi ELAN et de récents décrets ont vu le jour, dont l’objectif est notamment de réduire la consommation énergétique des bâtiments tertiaires de plus de 1000 m² de 60% entre 2010 et 2050.

Dans ce contexte, il est possible de se demander quel rôle jouera l’IoT pour atteindre cet objectif et quelles sont les projections envisageables d’un Smart Building en 2050 ?


Remontée des données et performance énergétique du bâtiment 


Afin d’analyser le fonctionnement d’un bâtiment, il est tout d’abord nécessaire de disposer d’un maximum de données. Pour cela, il faut équiper un bâtiment d’une multitude de capteurs et de solutions connectées. Cela passe à la fois par un renouvellement des solutions GTB (Gestion Technique de Bâtiment) déjà en place mais quelque peu obsolètes, et par l’installation de nouveaux équipements connectés afin de réaliser une gestion intelligente centralisée.

Première pierre à l’édifice, les compteurs connectés. Grâce à ces équipements, il est possible de remonter les données de consommations électriques, de gaz et d’eau d’un bâtiment. Ils permettent d’identifier les comportements anormaux et d’en apprendre davantage sur les comportements de consommation des utilisateurs. D’autres éléments de type chaudière, HVAC (chauffage, ventilation et climatisation) ou encore éclairage, permettent d’alimenter en données une unité centrale (ou poste de supervision), cerveau du bâtiment intelligent et de l’optimisation énergétique.

Non directement impliqués dans les aspects de performance énergétique mais nécessaires pour rendre un bâtiment encore plus performant dans son fonctionnement : tous les éléments de contrôle, dispositifs ou systèmes d’alerte qui permettent de détecter rapidement toute activité anormale afin de réagir le plus vite possible.

Un élément essentiel intervient dans un second temps afin de remonter ces données : la connectivité. Pour ces applications, différentes solutions peuvent être choisies. Le réseau filaire offre une option robuste et sécurisée, mais est coûteux et s’approche de l’obsolescence (fin du RTC). Le réseau local (wifi d’un bâtiment) reste envisageable mais limité pour accueillir de multiples fournisseurs de solution car il nécessite des autorisations d’accès au réseau pour chaque nouvel équipement.

De son côté, le GSM et les cartes SIM multi-opérateurs auront un avantage certain du fait de leur facilité de déploiement, leur fiabilité, leur pérennité et leur spectre d’utilisation. Intégrées directement au sein d’un équipement, elles permettront de remonter, en temps réel et de façon simultanée, les données d’usage des différents compteurs et capteurs, et de télé-maintenir les solutions. Les nouveaux réseaux LPWAN pourront aussi être utilisés pour des solutions nécessitant que très peu de données et pour améliorer la pénétration des ondes à l’intérieur du bâtiment.

Plongeons dans le futur : année 2050, le prochain Smart Building


Dès lors, nous pouvons nous demander à quoi ressemblera le bâtiment de 2050 ? Il est possible d’imaginer que les immeubles seront dotés de parkings connectés qui indiqueront aux conducteurs les places disponibles. Ces places pourront être équipées de bornes de recharge électrique leur permettant de se connecter au réseau du bâtiment pour recharger et mettre à jour le logiciel embarqué dans leur véhicule.

Afin d’entrer dans le bâtiment, les collaborateurs pourront ensuite être amenés à s’identifier à l’aide de leur paume de main. Cette solution de contrôle d’accès a pour objectif d’assurer la gestion des droits dans le bâtiment. Grâce à cette identification, l’ascenseur sera également en mesure de les conduire directement à leur étage. Par ailleurs, ces ascenseurs connectés permettront de réaliser de la maintenance prédictive et de gérer les appels d’urgence.
A l’intérieur du bâtiment, les collaborateurs pourront croiser des panneaux d’affichage digitaux annonçant les évènements au sein de l’entreprise, les informations du bâtiment ou encore la météo. Des capteurs disposés dans le bâtiment leur permettront également de détecter les salles de réunion utilisées ou non et de les diriger.

Il est possible d’imaginer que tous les compteurs (électriques, à gaz, d’eau) seront connectés et remonteront leurs données d’usage pour détecter les comportements anormaux (fuites, consommation excessive) et être télé-maintenus à distance. Le bâtiment autonome apprendra chaque jour les comportements de ses usagers, et sera en capacité de réaliser du « Demand response », c’est-à-dire une gestion des pics et creux de consommation. À la fin de la journée, il sera en mesurer d’activer automatiquement les alarmes, de baisser le niveau de chauffage, d’éteindre toutes les lumières, et d’agir à nouveau automatiquement avant l’arrivée du premier employé le lendemain matin.

Tous ces usages cumulés permettront à la fois d’optimiser la consommation énergétique et de réduire les coûts tout en améliorant le bien-être des collaborateurs de l’entreprise. Cependant, pour arriver à ce scénario, les grands enjeux des années à venir seront l’interopérabilité entre les solutions, la sécurité des objets connectés et la combinaison de l’intelligence artificielle avec toutes les données remontées.

Le bâtiment intelligent de demain sera à la fois intelligent, autonome et aura une part prépondérante dans la future Smart City. Pour cela, les solutions connectées et les réseaux IoT seront la boussole permettant d’envisager un monde optimisé et autonome en énergie.

Enquête OneLogin : 30% des Français n’ont jamais changé leur mot de passe

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OneLogin, un leader mondial dans le domaine de la gestion des identités et des accès, annonce les résultats d’une enquête mondiale qui examine les conséquences en matière de sécurité de la généralisation du télétravail en raison de la pandémie du Covid-19.
L’enquête, réalisée par le cabinet d’études OnePoll en avril 2020 auprès de 1000 professionnels en télétravail respectivement en Allemagne, en France, au Royaume Uni, en Irlande et aux Etats Unis, révèle que ces pays n’ont clairement pas accordé la priorité aux mesures de sécurité et aux meilleures pratiques en matière de mots de passe avec la mise en place de ce nouveau mode travail.

OneLogin dévoile les chiffres français :


Globalement, près de 9% des Français interrogés ont partagé le mot de passe de leur ordinateur professionnel avec leur conjoint ou leurs enfants, exposant ainsi toutes les données de leur entreprise à un risque d’intrusion. L’enquête révèle aussi des risques externes, 56% des personnes interrogées, toutes générations confondues, admettent ne pas avoir changé leur mot de passe WiFi à leur domicile depuis plus d’un an, exposant ainsi leur ordinateur professionnel à un risque de sécurité.

La rapidité avec laquelle le travail à distance a dû être instauré au début de 2020 a laissé beaucoup d’entreprises vulnérables, particulièrement en raison de l’utilisation inappropriée d’ordinateurs professionnels. Globalement, la majorité des personnes interrogées dans l’enquête, soit 73% d’entre eux, estiment que l’adoption du télétravail va s’accroître encore après la crise du Covid-19. Si cette tendance se poursuit, beaucoup d’entreprises seront ainsi potentiellement vulnérables sans même le savoir.



Des différences entre les générations :


Un examen des pratiques en matière de sécurité des différents pays interrogés révèle des différences dans de nombreux domaines dont notamment le partage des mots de passe et l’importance des accès à des sites web à risque. Parmi ces différences entre pays, on peut citer :


  • Les sites à risque: Les jeunes télétravailleurs âgés entre 18 et 24 ans se connectent cinq fois plus sur leur ordinateur professionnel à des sites pour adultes que les français âgés de plus de 55 ans.
  • Les réseaux Wi-Fi domestiques : Ce sont les télétravailleurs de 45 à 54 ans qui changent le plus souvent leur mot de passe WiFi à leur domicile. Dans cette tranche d’âge, les profils sont divers :  45% l’ont changé au cours des six derniers mois, et seuls 30% d’entre eux ne l’ont jamais changé. A noter que, par rapport aux Anglais, Allemand et aux Américains, les Français sont les plus mauvais élèves sur ce point de l’étude.
  • Vidéo conférences Zoom : Les télétravailleurs âgés de moins de 35 ans sont les plus nombreux (46%) à avoir utilisé le compte Zoom de leur entreprise pour communiquer avec leur famille et amis pendant le confinement, contre seulement 20% des Français de plus de 55 ans.
  • Importance du télétravail après la crise : Près des trois quarts des français (73%) prévoient un accroissement de l’adoption du télétravail après la crise du Covid-19 dont 79% des 45-54 ans contre 67% des moins de 24 ans..

Sauver la presse quotidienne régionale : les leçons des géants du numérique

presse


Par Romain Gandia, Université Grenoble Alpes et Guy Parmentier, Université Grenoble Alpes

La presse régionale souffre des conséquences de la crise du Covid-19. Fragilisée depuis de nombreuses années à cause de l’affaiblissement de son modèle d’affaires traditionnel, la réduction de la distribution avec le dépôt de bilan de Presstalis et les baisses des revenus publicitaires risquent désormais de lui être fatal.
Ainsi, le quotidien Paris-Normandie a été placé en liquidation judiciaire le 21 avril suite à l’accumulation d’une dette de 7 millions d’euros. Cet exemple est loin d’être un cas isolé et de nombreux autres titres rencontrent des difficultés financières.

La digitalisation a ses limites

La situation n’est pas nouvelle et le diagnostic est connu : baisse du lectorat papier, baisse des points de distribution, baisse des recettes publicitaires, augmentation du prix du journal plus rapide que l’inflation.
Le modèle d’affaires principalement basé sur les revenus de la vente de publicité et la vente d’abonnements est remis en cause par le développement de l’accès gratuit à l’information et la segmentation des pratiques sur Internet.
La presse régionale peine donc à trouver un nouveau modèle économique dans le monde numérique de l’information alors qu’elle a un rôle central dans le maintien de la démocratie. D’après Clara Hendrickson, chercheuse pour la Brookings Institution, la crise de la presse locale serait même l’une des causes de la crise de la démocratie américaine.
La presse régionale a essayé de dupliquer son modèle d’affaires en le transférant sur Internet : journal en ligne en partie gratuit, abonnement à la version numérique, publicité en ligne, achats de contenus ciblés. Or, la publicité numérique n’est pas assez rémunératrice et l’accès à l’information en ligne reste difficilement monétisable à cause de la faible propension à payer des internautes.
Il faut donc capter un grand nombre d’internautes et avoir un taux de transformation de l’offre gratuite à l’offre payante assez élevé pour amortir une offre gratuite. Ainsi, l’activité économique liée au monde numérique prend des formes complexes avec des modèles d’affaires propres et envisager simplement la duplication d’un modèle de consommation physique vers sa pratique numérique ne suffit pas. Certains acteurs emblématiques de l’économie du numérique l’ont bien compris (comme Amazon, Airbnb, eBay, Google, Facebook) et l’équilibre économique est souvent atteint en développant plusieurs activités complémentaires créatrices de synergies.
Pour mieux comprendre cette logique, l’examen des portefeuilles de modèles d’affaires des géants Apple, Google et Microsoft s’avère très utile et surtout riche d’enseignements pour envisager la survie de la presse régionale.

Créer des synergies par la diversification

À partir de données historiques, nous avons analysé le portefeuille de modèles d’affaires de ces trois sociétés et repéré les principes de construction de leur rentabilité.
Les trois géants du numérique ont développé une architecture de portefeuille de modèles d’affaires similaires : on trouve au centre un modèle d’affaires multiface de ventes de contenus, de services numériques et de publicités numériques et, en périphérie, des modèles d’affaires de ventes de terminaux numériques (ordinateurs, smartphones, tablettes, objets connectés…). Le tout est connecté par un modèle d’affaires de mise à disposition gratuite ou de vente de systèmes d’exploitation.
Prenons l’exemple d’Apple. L’entreprise développe un portefeuille complexe dans lequel ses plates-formes iTunes store et App store sont accessibles depuis des iPhone ou iPad qui tournent sur son système d’exploitation iOS. En connectant ses modèles d’affaires de vente de contenus digitaux aux modèles d’affaires de vente de terminaux numériques haut de gamme, Apple capture et s’approprie des revenus élevés.
Dans ce type de portefeuille, de multiples effets positifs résultent des connexions entre les modèles d’affaires. Des effets de réseaux, des effets d’adoption, des économies d’envergure et des économies d’échelles. Tout cela assure la captation d’un nombre important d’utilisateurs et une grande variété de revenus. À terme, ces plates-formes deviennent incontournables et s’inscrivent de manière dominante dans la société.

Transformer la presse régionale en plate-forme

Le métier de la presse régionale est basé sur l’information locale, rentabilisée notamment par les revenus publicitaires. Toutefois, pour les sociétés de ce secteur, la seule duplication de leur modèle d’affaire physique au numérique ne suffit pas à assurer leur rentabilité.
Pour survivre dans le monde digital, les sociétés de presse régionales doivent envisager la construction de plates-formes à partir desquelles il va être possible de diversifier leur offre autour de leur métier historique, réalisant ainsi des économies d’envergure.
Adopter une logique de plate-forme permettrait à la presse locale de diffuser non seulement de l’information mais aussi une variété de contenus complémentaires (petites annonces, contenus photos et vidéos sur de multiples supports, magazine culturel, guides locaux, blogs, etc.) qui enrichiraient l’offre globale en fournissant plus de valeur que l’information seule.
Plus la diffusion d’informations et de contenus de qualité ayant un caractère réellement locale serait élevée, plus les internautes seraient nombreux, attirant ainsi les annonceurs.

Figaro Classfields est un exemple de diversification réussi dans les annonces classées sur Internet à partir du métier historique d’entreprise de presse nationale. Le Figaro

L’agrégation et la mise en relation d’une variété de producteurs et de consommateurs de contenus seraient de puissants leviers pour la création d’effets de réseaux positifs.
Par exemple, les annonceurs cherchant à diffuser une publicité la plus ciblée possible pourraient directement poster leur annonce en ligne en accédant à une base d’internautes qualifiées. Les internautes recherchant de l’information de valeur pourraient y accéder par l’intermédiaire de journalistes, reporters mais aussi via des blogueurs cherchant une diffusion plus large qu’un blog isolé et souvent peu visible.
À partir de la plate-forme, la déclinaison d’une variété de contenus locaux diffusés de multiples manières pourrait à terme créer un effet de masse et favoriser les effets d’adoption. En effet, en s’engageant dans une plate-forme proposant un bouquet de services liés à l’information locale, les internautes multiplieraient leur source de satisfaction et seraient moins tentés de s’engager sur d’autres plates-formes. Cet effet d’adoption serait également renforcé en cas de développement d’une application mobile de la plate-forme, permettant ainsi de favoriser un modèle d’information poussée plutôt que tirée.

Une concurrence qui reste biaisée

Toutefois, la mise en place de telles plates-formes demanderait une concentration des médias au niveau régional. La société de presse doit mettre en place ou racheter d’autres médias, ce qui exige des moyens conséquents.
De plus, les géants du numérique essayent depuis de nombreuses années de préempter l’information locale. C’est donc un défi à la fois technologique, économique et sociétal pour bousculer un système qui avantage les grands groupes au détriment des acteurs locaux.
Une telle révolution ne peut donc pas se faire sans une aide publique, qu’elle soit nationale ou régionale. Elle ne pourra pas non plus se faire sans une régulation forte des États sur les activités des géants du numérique. Mais c’est encore possible, à condition d’envisager des modèles d’affaires moins statiques, reposant sur des plates-formes multifaces et des portefeuilles plus larges de modèles d’affaires connectés.
Ces nouvelles approches doivent jouer sur les effets d’envergure, les effets de réseaux et les effets d’adoption qui sont désormais au centre de l’économie du numérique et s’imposent comme des clés du succès économique et de la survie stratégique.

Cet article s’est appuyé sur le modèle développé dans le papier publié dans Management International : « La gestion stratégique d’un portefeuille de business models connectés : une application aux secteurs du numérique », issue des travaux de recherche réalisés dans le projet ANR Better Business Model.The Conversation
Romain Gandia, Maître de conférence, Organizational Studies, Business Administration à l'Université Savoie Mont Blanc, Université Grenoble Alpes et Guy Parmentier, Maître de conférences HDR à Grenoble IAE, Université Grenoble Alpes
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Traçage numérique : sur Twitter, les Français disent #non en majorité

stopcovid


Le déconfinement est en cours. SEMrush, spécialiste du Marketing digital, s'est intéressé au sentiment des internautes Français sur Twitter sur le thème du traçage numérique. Des applications qui ont vocation à faciliter le repérage des « cas contacts » au coronavirus. Mais des applications qui divisent les chercheurs et.... Le grand public sur Twitter.

Une majorité d'avis négatifs...

Parmi la communauté Twitter en France, le verdict semble clair : qu'il s'agisse des sujets liés au traçage numérique, surveillance numérique, traçabilité ou tout simplement les sentiments des internautes Français sont négatifs à 31,56% et seulement positif pour 19,47% des posts.

A noter qu'entre mars et avril, certains hashtags ont explosé comme naturellement StopCovid dont l'usage du mot-clé a augmenté de... 4 900% de mars à avril. C'est également le cas pour traçage numérique (+669,23%).

Quelques figures de proue au fort taux d'engagement

Certains Tweets attirent l'œil, notamment à cause de leur fort engagement. SEMrush a identifié ces interlocuteurs qui ont « percé » sur le réseau. Particulièrement des personnes ayant un avis négatif sur la question : sur le thème du « Traçage numérique », l'auteur de bande dessinée Allan Barte a réalisé le Tweet le plus en vue avec 1 364 interactions sur sa planche ironique « Coronavirus : le gouvernement planche sur le traçage numérique ».

Sur les sujets connexes comme « surveillance numérique » et tout simplement « traçabilité », d'autres personnalités émergent : respectivement Nicolas Matyjasik (475 interactions), politologue et conseiller à la Mairie de Paris et Eric Zemmour (1344 interactions).

Covid-19 : une étude révèle une France divisée sur le traçage numérique

Une étude réalisée par CARVEA Consulting et OPINEA révèle une France divisée sur le traçage numérique des malades du Covid-19.

En effet 45% de nos compatriotes ont une posture négative vis à vis d'une telle solution et même 27% la rejettent totalement, peu importe leur profil sociodémographique.

etude carvea


Que dire des Chinois ou des Coréens du Sud à qui personne n'a posé de question pour l'adopter… ?


Les craintes sont nombreuses : la perte de l'intimité et de la vie privée arrive en tête du classement avec 57% et même 70% parmi les plus jeunes.

etude carvea


Mais sont-ils conscients du coût que la protection de cette intimité et de la vie privé représente ? A priori oui. En expliquant qu'un traçage digital pourrait sauver plusieurs dizaines de milliers de vies et plusieurs centaines des milliers d'emplois, nous retrouvons d'une part :

etude carvea



  • 16% de nos compatriotes qui préfèrent toujours protéger leur vie privée et leur intimité en sacrifiant les vies et les emplois
  • 35% qui déclarent qu'une telle solution nécessite un consentement préalable quitte à sacrifier des vies et des emplois
  • Et d'autre part 49% des français considèrent qu'une telle solution devrait être imposée sans discussion ni consentement afin de sauver un maximum de vies et d'épargner des emplois.


Cette étude a été réalisée par CARVEA Consulting et OPINEA du 30 avril au 4 mai 2020. Elle est basée sur des interviews en ligne et un échantillon de 1004 répondants âgés de 15 à 75 ans, représentatif de la population française (sexe, âge, région et CSP) suivant la méthode des quotas

Le Covid-19 sonnera-t-il le glas du travail tel que nous le connaissons ?

La présence physique au travail restera-t-elle autant assimilée à de la fiabilité qu'avant la crise sanitaire ? Fizkes / Shutterstock


Par Emmanuelle Léon, ESCP Business School


Pas une semaine ne se passe sans que les médias ne prédisent la disparition des open spaces : « Covid-19 : l’open space va-t-il (enfin) disparaître ? » (Usbek et Rica, le 7 mai) ; « Haro sur les open spaces, ruée sur le plexiglas… le bureau à l’heure du Covid-19 » (Le Monde, le 1er mai) ; « Voici pourquoi le Covid-10 va tuer les open spaces » (le JDD, le 27 avril). Faut-il en conclure que la crise sanitaire sera l’occasion d’éliminer définitivement ces espaces de travail décriés depuis fort longtemps ?
Or, la véritable interrogation semble être d’un autre ordre. La question n’est pas de savoir si l’open space va survivre ou disparaître : la question est de savoir si cette crise va nous donner – ou pas – une occasion unique de réinterroger notre rapport à l’espace et au temps de travail, de repenser nos organisations et nos manières de travailler.
Nous pouvons identifier cinq transformations essentielles dans notre rapport à l’espace, au travail et au management.

La présence remise en question

D’une certaine manière, la crise du Covid-19 aura fait évoluer les référentiels dans nombre d’entreprises. Le monde industriel, dont l’entité emblématique est l’usine, s’est construit sur le respect du temps passé dans un lieu. Unité de temps, unité de lieu et unité d’action (la chaîne de montage) sont restées pour beaucoup les référentiels du « travail ». Ceci explique en partie les réticences à adopter le télétravail car, si un salarié échappe au temps et au lieu, il échappe, peu ou prou, à la discipline salariale.
Les chercheurs Kimberly Elsbach et Daniel Cable démontrent que la présence physique au travail est encore assimilée à de la fiabilité, et que la présence au-delà des heures de travail est perçue comme un signe d’engagement. Il est grand temps de distinguer présence et travail ! Le fait d’être à distance n’aura pas empêché nombre de salariés d’être productifs. Et tout un chacun sait que le fait d’être physiquement au bureau n’est pas toujours synonyme de travail et d’efficacité…

Unité de temps, unité de lieu et unité d’action sont restées pour beaucoup les référentiels du « travail ». Mike Dotta/Shutterstock

La crise aura été, de ce point de vue là, un formidable accélérateur de la transformation vers le monde post-industriel, où les référentiels de temps et d’espace de travail sont à réinventer.

Un télétravail décomplexé

Nous venons de vivre une période étrange, où nous sommes tous devenus, en l’espace de 24h, des télétravailleurs à temps complet. Peut-on vraiment parler de télétravail d’ailleurs ? Il me semble qu’il s’agit davantage de la poursuite de l’activité à distance, car on est bien loin de projets de télétravail prévus, organisés et pilotés !
Pour autant, au fil des semaines, chacun a trouvé des ressources pour travailler à distance. Bien évidemment, être éloigné à temps complet de son lieu de travail, de sa hiérarchie et de ses collègues n’est pas bénéfique à long terme et les recherches sur le télétravail prônent de limiter ce dernier à deux ou trois jours semaine, pour éviter les risques d’isolement et maintenir la cohésion au sein des équipes.
Il n’empêche que c’est sous la contrainte que s’opèrent le plus rapidement des changements aussi fondamentaux. Réaliser un véritable retour d’expérience sur ce travail à distance imposé, subi, à temps complet, est une belle opportunité pour construire les fondations d’un télétravail efficace à l’avenir.

Une mise à distance du management

Le travail à distance a eu pour corollaire le développement du management à distance. Longtemps réservé à certains niveaux hiérarchiques ou à certaines fonctions, ce dernier a été expérimenté par tous ceux qui avaient des équipes à gérer. Cependant, le management à distance exige des compétences spécifiques.
La distance ne tolère pas l’improvisation, la distance ne laisse que peu de place au charisme, la distance exige des postures adaptées de la part des managers pour éviter que le management à distance ne se transforme en mise à distance du management. Imaginer que l’on peut faire à distance la même chose qu’à proximité, essayer coûte que coûte de reproduire la même organisation, le même nombre de réunions, le même type de reporting que dans un contexte de proximité est autant de pièges à éviter.
Aujourd’hui, la question qui va se poser aux managers est d’utiliser cette expérience pour embrasser et améliorer le télétravail au sein de leurs équipes. Il faut se saisir de cette expérience pour définir les normes de comportements (en présentiel et à distance), les modes de communication, le reporting, etc.
Cette crise aura permis à tous d’expérimenter le management à distance : espérons qu’elle aura aussi facilité l’identification des facteurs clés de succès, notamment en ce qui concerne les notions de confiance et de contrôle.

Une segmentation différente des espaces

Alors que l’open space visait à lisser les différences puisque tout le monde était logé à la même enseigne quelle que soit son statut, la nature de son activité, ou la taille de son équipe la crise a mis en exergue la nécessité de segmenter davantage les populations et leurs besoins en matière d’espaces de travail. Cette tendance, qui émergeait déjà dans certains projets immobiliers, va être accentuée par l’impossibilité de ramener tout le monde au bureau en même temps.
Il va falloir faire des choix, il va falloir évaluer les risques, et identifier quels sont les points de rassemblement critiques, pour quelles équipes, de quelle manière. En cela, la crise va nous conduire à repenser les espaces non pas uniquement en fonction des situations de travail (trop individuelles, trop fluctuantes) mais probablement en fonction des activités qui s’y opèrent, et ce au niveau des collectifs de travails.
Réflexion d’autant plus cruciale que nombre de salariés comprendraient mal, dans un tel contexte, qu’on leur impose de venir au bureau, pour y réaliser un travail qu’ils auraient pu faire en toute sécurité depuis leur domicile. Le télétravail deviendra-t-il de ce point de vue là la norme et le bureau l’exception ? C’est l’hypothèse posée par le constructeur automobile PSA, qui en a décidé ainsi début mai.

Réinventer la notion d’intimité

La crise que nous venons de vivre a mis à mal la segmentation entre vie privée et vie professionnelle. Volontairement ou pas, nos collègues, nos managers ont eu accès à nos domiciles, même virtuellement. Nos logements se sont parfois retrouvés transformés en open spaces, pour peu que conjoints et enfants aient dû y travailler également. Or l’être humain a besoin d’intimité acoustique, verbale et visuelle, comme le soulignent les psychologues de l’environnement.
Par intimité acoustique, il faut entendre le fait de pouvoir travailler dans un niveau de bruit acceptable (ni trop faible, ni trop élevé). L’open space était souvent jugé soit trop bruyant, empêchant toute concentration, soit trop silencieux, et générateur d’angoisse… L’intimité verbale consiste à pouvoir s’exprimer sur des sujets confidentiels sans être entendu par les autres. Et l’intimité visuelle consiste à pouvoir réaliser des tâches sans être vu.
L’open space avait mis à mal ces besoins d’intimité mais ces derniers sont également présents dans le cadre du travail à domicile. Et ce besoin d’intimité ne se limite pas à l’environnement physique : il est également présent dans le monde digital où nous évoluons.
Réfléchir à ces différentes questions et identifier des solutions acceptables par le corps social feront partie des défis à relever. Alors, et seulement alors, sera-t-il possible de statuer sur l’avenir des open spaces…The Conversation

Emmanuelle Léon, Professeur asssocié, Directrice scientifique de la Chaire Reinventing Work, ESCP Business School
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.