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Protection des données personnelles : entre prise de conscience et crise de confiance

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La journée de la protection de données s'est déroulée ce jeudi. Inaugurée en 2007 par le conseil de l'Europe, cette journée a pour objectif de rappeler aux internautes l'intérêt de la protection de ses données personnelles sur le web ainsi que le respect de leurs droits fondamentaux sur leur vie numérique. Cette journée fait suite à la convention pour la protection des personnes et du traitement automatisé des données signé le 28 janvier 1981 et adopté par 43 pays. On fête donc le 40ème anniversaire de cette "Convention 108."

La Convention 108 reste à ce jour le seul instrument international juridiquement contraignant en matière de protection des données avec une portée universelle, ce qui en fait la Cconvention mondiale sur la protection des données comme la désignent maintenant spécialistes et experts du monde entier", expliquent Alessandra Pierucci, Présidente du Comité de la Convention 108, et Jean-Philippe Walter, Commissaire à la Protection des données du Conseil de l’Europe.



"Aujourd’hui, ce droit est exposé à des défis sans précédent, ce qui a incité le Conseil de l’Europe à renforcer cet important instrument pour répondre aux besoins émergents. Ce travail a abouti à un protocole d’amendement ouvert à la signature le 10 octobre 2018, qui offre un texte robuste dans notre ère numérique, confirmant sa dimension mondiale : la Convention 108+", poursuivent-ils. "Afin de continuer à nous assurer une protection effective pour les 40 prochaines années, il est essentiel que toutes les Parties à la Convention 108 ratifient sans délai le protocole d’amendement pour que la Convention 108+ puisse entrer en vigueur."

Protéger ses données : un enjeu majeur

La protection des données est d'autant plus devenue un enjeu majeur que le numérique a désormais pris une place considérable dans nos vies personnelles et professionnelles, particulièrement cette année avec le développement du télétravail face à la pandémie de Covid-19.

"Au quotidien, des centaines d'informations privées sont enregistrées dans des bases de données, sont transmises à des tiers avant d'être ré-utilisées parfois à notre insu ! Les internautes doivent rester vigilants face à des entreprises qui redoublent d'inventivité dont le but est de récupérer ces fameuses données", explique iProtego société française spécialisée dans les métiers de la gestion et de la protection de l'e-réputation.

"Dans un monde où vie privée, vie publique et vie numérique s'entrecroisent, il est plus que jamais nécessaire de prendre conscience de l'importance de ces données numériques. Les ordinateurs, les smartphones ou encore les tablettes sont devenus en quelques années de véritables supports de travail où nous conservons de nombreux documents privés et implicitement des données personnelles. Cependant, les virus, la confidentialité en ligne, le phishing ou tout simplement la détérioration des outils peuvent menacer la protection de nos données personnelles", explique Ludovic Broyer, fondateur d'iProtego.

Comme iProtego, de nombreuses sociétés développent des solutions de sécurité qui vont au-delà du simple antivirus, mais il convient aussi d'apprendre les bons gestes comme : choisir un « bon » mot de passe, sauvegarder régulièrement ses données, effectuer les mises à jour du système, sécuriser son réseau WiFi, etc.

Une prise de conscience et une défiance face aux GAFAM

Une prise de conscience est en tout cas en train de s'opérer. La récente volonté de la messagerie WhatsApp de partager les données de ses utilisateurs avec sa maison-mère Facebook sous peine de désactiver leur compte a été comme un électrochoc même si WhatsApp a fait machine arrière. 


7 Français sur 10 sont désormais préoccupés par les informations collectées par les sites web selon un sondage Odoxa-Oracle. Une forte préoccupation qui s’explique par le fait que 71% des Français ont le sentiment que les données personnelles qu’ils communiquent sur internet sont mal protégées.

Pour garantir la sécurité de leurs données personnelles sur internet, les Français font confiance aux banques (70%) et à l’Etat et aux services publics (65%) mais n’ont pas confiance dans les fournisseurs d’accès à internet (51%), les sites de commerce en ligne (54%) et les messageries en ligne (55%) et ont même une méfiance très forte à l’égard des GAFAM (70%) et des réseaux sociaux (85%).

Si 74% des Français connaissent le RGPD (règlement général européen sur la protection des données), pour mieux contrôler l’utilisation de leurs données personnelles, ils sont surtout prêts à effectuer des démarches simples et de court terme (navigation privée : 56%, exercice du droit d’opposition/rectification : 50%)

Etude Citrix : télétravailler à la campagne, le nouvel eldorado des Français ?

teletravail


Citrix a récemment mené une enquête du 23 novembre au 1er décembre 2020 auprès de 1 000 employés de bureau français pour déterminer leur perception de la vie professionnelle dans les grandes villes suite à la pandémie. Parmi les résultats les plus marquants : 46% des Français déclarent qu'ils seraient susceptibles d'envisager de quitter leur habitation en ville vers une zone rurale s'ils pouvaient continuer de remplir leur rôle avec flexibilité, ou encore 52 % des Français seraient prêts à accepter une baisse de salaire en échange d'un poste entièrement réalisable à distance.

Le modèle professionnel pré-Covid 19

Lorsqu'on leur a demandé de réfléchir à la vie avant le premier confinement de mars 2020, 43% des employés français ont estimé que le fait de vivre dans une grande ville avait un effet positif sur les possibilités de carrière et d'évolution.

Mais en envisageant la vie aujourd'hui après un an de crise sanitaire mondiale, seuls 35 % ont estimé que la vie citadine avait un effet positif sur leur carrière. A contrario, 45% estiment que vivre en ville ou à la campagne ne fait désormais aucune différence.

Les Français sont définitivement convaincus par le télétravail

Pour les télétravailleurs français, le principal avantage du travail à distance réside dans la possibilité d’utiliser de manière productive le temps qu'ils consacraient avant à leurs déplacements domicile-travail (51%). S’en suivent de nombreux autres facteurs positifs :

  • Une réduction du stress lié au fait de ne pas avoir à se déplacer (49%)
  • Une réduction des émissions de dioxyde de carbone qui contribue à protéger l'environnement (48%)
  • Une capacité à mieux se concentrer dans un environnement plus calme (45%)
  • Une capacité à consacrer plus de temps à sa famille et/ou à ses loisirs (42%)

De manière globale, 47% des répondants estiment que leur niveau de productivité est plus élevé lorsqu'ils travaillent à la maison que lorsqu'ils étaient au bureau. Seulement 22 % des répondants déclarent être moins bien lotis à la maison qu'au bureau.

Les Français envisagent un sérieux changement de vie

Les bouleversements de 2020 ont poussé les Français à reconsidérer leur mode de vie. 46% des Français déclarent qu'ils seraient susceptibles d'envisager de quitter leur habitation en ville vers une zone rurale s'ils pouvaient remplir leur rôle avec flexibilité.

Les raisons invoquées pour déménager sont majoritairement liées à la qualité de vie et à la possibilité de délivrer la même qualité de travail quel que soit le lieu de résidence. En effet, parmi ceux qui sont prêts à déménager dans une banlieue ou une zone rurale :

Près des trois quarts (74%) estiment qu'une zone rurale offrirait un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée

Et 73% estiment qu'ils pourraient tout aussi bien exercer leur métier depuis n'importe quel endroit.

Mais ces aspirations sont loin d’être une utopie : déjà 39 % des employés français prévoient de déménager (ou l'ont déjà fait) en raison du travail à distance permanent lié à la pandémie.

Quitter la ville pour la campagne sans quitter son job

A la question « Lequel des éléments suivants décrit le mieux la raison pour laquelle vous envisagez de déménager », les Français sont :

  • 31% à avoir choisi de le faire parce qu'ils voulaient vivre dans une zone plus calme
  • 29% à déclarer que la pandémie a prouvé qu'ils pouvaient faire leur travail depuis n'importe où et que leur employeur les soutenait dans cette démarche
  • 24 % à choisir de déménager parce qu'ils travaillent désormais entièrement à distance en raison de la pandémie
  • 34% à déménager parce qu'ils ne doivent plus se rendre au bureau qu'une fois par semaine
  • 11% à ne devoir plus se rendre au bureau qu'une fois par mois.

Parmi l’ensemble des employés de bureaux français, plus de la moitié (52%) ont déclaré qu'ils accepteraient une réduction de salaire en échange d'un rôle à distance à 100% qui leur permettrait de travailler de n'importe où. Quant au détail de rémunération :

  • 28% accepteraient une réduction de salaire allant jusqu'à 15%
  • 10 % accepteraient une réduction de salaire allant jusqu'à 20%
  • Et 3 % accepteraient une baisse de salaire de plus de 30%.

Un nouveau modèle est en train de voir le jour

L'impact réel et à long terme de la pandémie est encore difficile à mesurer précisément. Mais une chose est sûre : de nombreux travailleurs français sont réticents à reprendre le travail tel qu'il était avant. En effet, plus de la moitié d’entre eux (52 %) seraient prêts à accepter une baisse de salaire en échange d'un rôle à distance à 100 %, qu'ils pourraient exercer de n'importe où, contre seulement 32% des Américains.

« À la lumière de ces résultats, les entreprises doivent repenser leurs stratégies RH et envisager de nouveaux modèles qui leur permettent de gérer les ressources de manière flexible pour pouvoir à la fois attirer les meilleurs talents et faire face au contexte imprévisible dans lequel nous tendons à évoluer », déclare Karine Calvet, Directrice générale de Citrix France. « Quel que soit le résultat à long terme, l’avenir des grandes villes est déjà bouleversé : on réalise maintenant que grâce à la technologie adéquate, les avantages qu’elles présentaient peuvent finalement être contrebalancés par des modèles de travail flexibles plus bénéfiques pour tous ».

7 Français sur 10 utilisent le paiement sans contact


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Va-t-on vers la fin de l'argent liquide ? En tout cas les Français utilisent de plus en plus le paiement sans contact, que ce soit avec leur carte bancaire ou avec leur smartphone à en croire un sondage OpinionWay pour VeraCash, société qui propose un compte en ligne adossé à des métaux précieux physiques.

Parmi les principaux points du sondage, plus de deux tiers des Français déclarent qu’ils utilisaient déjà le paiement sans contact avant la pandémie (68%) mais plus de la moitié des utilisateurs rapporte avoir eu davantage recours à ce monde de paiement avec la crise sanitaire (57%). 

Monnaie et chèques en baisse

Le paiement par mobile s’est également accru. Un Français sur dix déclare qu’il l’utilisait avant la crise (11%) et parmi ceux qui l’utilisaient, la moitié estime l’avoir fait davantage pendant la crise, surtout parmi des personnes, qui peuvent se permettre de s’offrir la technologie, plus âgées et plus aisées. Il est vrai qu'ApplePay et GooglePay ont désormais noué des partenariats avec la majorité des banques françaises.

Les pièces de monnaie quant à elles sont utilisées par moins de six Français sur dix (58%) et seuls 44% utilisent encore des chèques.

La crise sanitaire a donc boosté l'utilisation du sans contact dont le plafond de paiement a été relevé le 11 mai dernier, passant de 30 à 50 euros (80% des transactions effectuées par carte bancaire s’élèvent en général à 50 euros.). "Suite à ce changement, au mois de juin, on constate que la croissance des paiements sans contact a atteint 120% en valeur (versus 76% en 2019) et 59% en volume (versus 60% en 2019)", explique Synalcom. Le paiement via smartphone, plus sécurisé, bénéficie de plafonds plus élevés.

Encore des freins

Il existe toutefois encore des freins à l'adoption du sans contact. D'abord l’impossibilité de réaliser une transaction de plus de 50 euros, mais aussi le fait qu'un nombre d’opérations successives en sans contact à ne pas dépasser qui varie selon les banques.

"Le deuxième frein est en lien avec les dysfonctionnements de ce mode de paiement. En effet, le sans contact ne fonctionne pas toujours, il arrive que l’opération échoue et que les consommateurs soient dans l’obligation de taper leur code sur le lecteur de carte bancaire pour que la transaction soit réussie. En général, il s’agit d’une sécurité dans le cas où la carte se ferait voler", précise Synalcom.

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Avantages et inconvénients de l'espace de travail numérique

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Par Laurent Fanichet, Vice-président, Marketing, chez Sinequa

Avant même que la pandémie nous contraigne à réévaluer nos méthodes de travail, il était évident que l'espace de travail traditionnel, tel que nous le connaissions, n'était déjà plus vraiment adapté à notre époque. Une étude publiée en 2019 dans la Harvard Business Review constatait que les espaces de travail ouverts réduisent de 70 % les interactions directes entre les gens et augmentent de 50 % la production d'emails et autres façons de communiquer par messagerie. Malgré les efforts déployés par les architectes et autres concepteurs d'espaces de travail, les collaborateurs d'une entreprise finissaient par se demander s'ils ne venaient pas au bureau simplement pour rédiger  des emails. En parallèle, une étude d'Accenture publiée en 2019, soulignait que 71 % des cadres considéraient que leurs collaborateurs étaient plus « matures numériquement » que l'entreprise elle-même. Il s'attendaient que celle-ci rattrape son retard dans ce domaine.« Rattraper le retard » allait devenir l'objectif de nombre d'entreprises en introduisant parallèlement la phase de transformation numérique.

Une transformation numérique forcée

Dans le monde entier, les entreprises s'organisaient déjà pour mettre en œuvre leur transformation numérique lorsque la pandémie les a contraintes, quasiment du jour au lendemain, vers une évolution à marche forcée. La plupart d'entre elles ont constaté que le travail à distance à vaste échelle est loin d'être une solution idéale. Les espaces de travail numériques qu'elles ont conçus partaient souvent des fondamentaux technologiques, à grand renfort de clouds, de plateformes de contenu, d'applis et d'analytics. L'étape suivante verrait la transformation des processus avec les apports de l'intelligence artificielle pour « augmenter » le travail humain. Beaucoup n'en sont pas encore là. La réalité, c'est que ces technologies rejettent des volumes de données proprement inhumains, qui submergent les gens au travail. 

Une question se pose dès lors : comment les entreprises peuvent-elles mettre en place un espace de travail numérique réellement efficace sans noyer leurs collaborateurs sous un déluge d'informations ?

Enterprise Search : la pièce manquante 

Avec des employés éparses en télétravail partout dans le monde, l'accès à l'information devient à la fois une nécessité impérieuse et donc un défi majeur. Mis à part les questions de sécurité et de conformité, il est plus que nécessaire d'aider les collaborateurs à trouver ce dont ils ont besoin pour travailler. Et ce, dans différentes langues, sur des sites type,SharePoint et/ou dans des applications de messagerie. 

Une solution adéquate en matière d'espace de travail numérique, permettant à la fois de connecter data et informations reste la pièce manquante dans de nombreux plans.

L'Enterprise Search est la réponse. Elle offre à tous les collaborateurs un lieu central où ils peuvent rechercher tous les fichiers, documents, présentations, tableaux, liens Web et autres rich media. Une solution qui s'adapte aux systèmes existants et n'exige aucune intégration spécifique. 

Un gain de temps qui motive les collaborateurs 

Les articles traitant des espaces de travail numériques évoquent l' « engagement » des collaborateurs qu'il convient de susciter et d'encourager. Mais de quoi parle-t-on en réalité ?

Un salarié « engagé » est quelqu'un qui se sent associé à la vision et à la mission de son entreprise. C'est quelqu'un de productif qui accomplit les tâches qui lui sont assignées tout en restant conscient de son potentiel de croissance, en même temps que celui de l'entreprise qui l'emploie. Ce sont des gens investis, dédiés et valorisés, qui ont un impact mesurable sur la réussite de leur secteur d'activité ou de leur entreprise. Les études réalisées témoignent du fait que  les entreprises  dans lesquelles les collaborateurs se montrent les plus impliqués sont aussi celles qui enregistrent les chiffres d'affaires les plus conséquents. 

Alors que les entreprises en viennent à adopter des espaces de travail numériques, l'engagement des collaborateurs est souvent mis à mal, souvent parce que'ils éprouvent une difficulté pour trouver les informations dont ils ont besoin pour réaliser leur tâche. L'adjonction d'outils et d'applications pour mettre en œuvre l'espace de travail numérique se traduit par des informations disséminées et cloisonnées, qui obligent les collaborateurs à passer beaucoup trop de temps pour trouver leur chemin. Plus il devient difficile pour eux de trouver ce dont ils ont besoin, plus la perte de motivation devient évidente, avec lun sentiment de frustration associé.

Avec une solution cohérente en matière d'Enterprise Search, les collaborateurs bénéficient d'un panorama unifié des informations, proposé sur la base d'une expérience familière en termes de recherche. Autrement dit, ils sont en mesure de gagner du temps sur la recherche d'informations. Cette facilité nouvelle dont ils disposent leur permet d'adopter plus aisément les espaces de travail numériques, avec pour corollaire un regain d'engagement et d'implication. 

Un gain de productivité 

Les heures perdues par les collaborateurs à chercher ce dont ils ont besoin se traduisent également par d'autres conséquences aux nombreux prolongements. Sans un moyen de recherche fiable, et sans possibilité de contextualiser les données structurées et non structurées qui existent, des perspectives passent systématiquement inaperçues et la valeur intrinsèque des données est alors perdue. Les collaborateurs ont souvent besoin de demander de l'aide à leurs collègues pour trouver une information, perdant encore plus de temps et de ressources, et freinant au passage toute possibilité d'évolution. Au bout du compte, l'espace de travail numérique supposé faciliter un travail plus créatif et produit au final  l'inverse. 

Une solution d'Enterprise Search est en mesure de résoudre cette crise de l'information. Elle permet en effet de chercher et de récupérer des données, indépendamment du format, du type, de la langue et de l'endroit. Mieux encore, elle peut mettre à profit l'intelligence artificielle pour comprendre le contexte de chaque pièce du puzzle et assurer la correspondance avec l'intention de recherche. Plus on lui fournit de données, plus elle apprend. Et plus les résultats obtenus sont précis au fil des demandes nouvelles. Pour l'utilisateur final, c'est une expérience simple et familière qui offre de solides résultats. Pour l'entreprise, c'est un rouage fondamental dans le processus d'élaboration de sa transformation numérique. 

Covid-19 : dans les médias, des femmes trop souvent invisibles ou stéréotypées

Deux couturières de la maison de couture Louis Vuitton présentent une veste portée par les infirmières travaillant en première ligne de la pandémie, en avril 2020. AFP/Bertrand Guay
Par Sabine De Bosscher, Université de Lille

Le traitement des informations en ces temps de crise est assez révélateur des dynamiques sociales qui traversent notre société. Prenons l’exemple des rapports sociaux de sexe. La crise actuelle aurait pu mettre en exergue le fait que beaucoup de professions nécessaires au maintien de la structure de la société sont encore fortement sexuées, comme celles du maintien de l’ordre, de la sécurité ou du transport, du côté des professions à majorité d’hommes, ou celles en lien avec la santé, le social, l’éducation ou les services à la personne, du côté des professions à majorité de femmes.

Or, ces femmes, en première ligne, sont souvent « oubliées » par certains médias. Bien que la situation ait un peu évolué depuis le printemps dernier - en témoigne le partenariat signé par le site des Expertes avec plusieurs médias français - au cours de la première vague, seuls de rares articles les mettaient en avant. D’autres, au contraire, ont masculinisé leur une. En avril, quand les femmes apparaissent en très grande majorité (43 femmes et trois hommes) sur une photographie de Corse Matin, leur sexe disparait sous le titre « On est avec eux ». Pour parler du féminisme en temps de coronavirus, une chaîne d’actualité (CNews) n’invitait que des hommes ; pour imaginer le monde d’après, Le Parisien interrogeait quatre hommes, mais aucune femme.

Cette moindre présence dans les médias des femmes expertes a été relevée en juin 2020 dans le rapport du CSA en France (20 % des expert·e·s interrogé·e·s sont des femmes) et par le Global Institute for Women’s Leadership dans les pays anglo-saxons (5 % de femmes).

Asymétrie et dévalorisation

Comment expliquer cette visibilité moindre, voire cette invisibilité des femmes ? La hiérarchie sociale qui organise les rapports sociaux de sexe a un effet sur la perception de soi et d’autrui. Ainsi, il existe, en lien avec cette hiérarchie sociale, une asymétrie cognitive entre les sexes, qui est visible, notamment, dans le fait que les hommes constituent les référents, le prototype, la norme de l’espèce humaine.

Dans des expériences de psychologie sociale, on peut ainsi voir que des femmes sont décrites comme ressemblant davantage aux hommes que l’inverse ou que, dans une discussion, les propos d’une femme sont davantage attribués à un homme que l’inverse.

On peut également se référer aux notions de groupes collection et groupes agrégat proposées par Lorenzi-Cioldi (1988). Pour ce dernier, un groupe dominant est davantage une collection d’individualités ayant chacune leur propre spécificité, qui sont perçues et se perçoivent en faisant référence à des qualités personnelles, apparemment extracatégorielles, et à des propriétés idiosyncrasiques (« j’ai telle qualité, tel trait de personnalité, telle compétence »), alors qu’un groupe dominé est davantage un agrégat d’individualités relativement indifférenciées les unes des autres, qui sont décrites et se décrivent en faisant appel à des propriétés collectives qui définissent le groupe d’appartenance dans son ensemble. Ce qui prime, pour les membres d’un groupe dominé, serait donc l’appartenance catégorielle (« je suis d’abord une femme »).

Ces traitements cognitifs différenciés ont un impact sur la hiérarchie sociale qui existe entre les sexes et, ce, quotidiennement, dans la sphère domestique, familiale, professionnelle, politique… Par ailleurs, en rendant ces femmes invisibles, on rend invisibles ces professions, qui sont, de manière liée, moins bien valorisées, notamment en termes de statut ou de rémunérations. Ces professions, si elles nous paraissent désirables socialement et utiles pour autrui, ne sont pas perçues comme telles du point de vue purement économique, ce qui pourrait expliquer leur moindre reconnaissance salariale entre autres.

Un leadership dit « féminin »

Inversement, dès le mois d’avril, certains médias français, comme Courrier International, RTL ou encore Ouest-France, ont publié un article arguant d’une meilleure gestion de la crise dans les pays dirigés par une femme. Ils reprenaient un article publié dans Forbes le 13 avril qui posait la question : « Qu’ont en commun les pays qui offrent la meilleure réponse au coronavirus ? Des leaders femmes » et qui mettait en avant l’efficacité d’un style leadership des femmes, perçu comme différent.

Cet article offre une bonne illustration du « women-are-wonderful effect » (« les femmes sont formidables ») décrit en 1994 par Eagly, Mladinic et Otto. Cet effet visible en politique est aussi mis en avant dans le recrutement de leaders femmes dans l’entreprise. Les femmes seraient ainsi perçues comme faisant preuve d’un style de commandement différent et complémentaire de celui des hommes.

Comme le souligne Jonas (2010), ce point de vue pourrait avoir un effet non négligeable, voire dangereux, sur l’égalité, professionnelle notamment, entre les sexes et la perception des femmes. Pour elle, se développe, à partir des théories évolutionnistes, l’idée d’un déterminisme des rôles sexuels et des relations entre les sexes, qui a pour conséquence de « naturaliser la catégorie des “femmes” » et de « lui attribuer des pouvoirs quasi magiques de transformation des pratiques professionnelles, voire de la société tout entière ». évoque également les effets pernicieux de cette perception. Pour lui, l’idée d’une « spécificité féminine » consiste à « essentialiser » une personne et donc à « la juger en fonction de son appartenance à un groupe, plutôt qu’en fonction de ses caractéristiques propres, de sa personnalité unique ».

Pour Keller (2005), « cette tendance emprunte le chemin de l’éternel féminin, une notion qui résume un faisceau de compétences naturelles, à caractère biologique », parfois socioculturel. Elle n’est pas sans rappeler également la notion de sexisme bienveillant.

Un risque d’essentialisation

On retrouve, dans cet article de Forbes, cette ambiguïté entre des qualités attribuées habituellement aux hommes et perçues comme nécessaires à un leadership efficace et des qualités perçues comme féminines. Ainsi Forbes appuie son analyse sur des qualités et des traits que la revue juge communs à ces dirigeantes. Ces traits sont en lien avec les deux dimensions décrites dans les modèles de contenu des stéréotypes. La première de ces dimensions est liée à la sociabilité ou la moralité des personnes et est plus souvent utilisée pour décrire les femmes.

Dans l’article de Forbes ou celui du Guardian, il est ainsi fait référence à la capacité de « savoir dire la vérité » (être honnête) et à celle d’être « empathique », « gentille » et de porter « attention aux autres ». L’article évoque même l’idée d’une « étreinte chaleureuse et affectueuse » venant de ces dirigeantes, confirmant le mythe de « Mère Corona », suggéré par Heidi News.

Toutefois, il ne semble pas que cette étreinte chaleureuse ait été utilisée pour qualifier le leadership des dirigeants hommes… La deuxième dimension est en lien avec les compétences de la personne et le statut social ou le pouvoir, caractéristiques perçues comme plus masculines. Dans l’article, les dirigeantes sont ainsi décrites comme ayant un esprit de décision et sachant utiliser les outils technologiques. Le raisonnement serait donc que ces dirigeantes utiliseraient un leadership plus efficace, car sachant « jouer » sur les deux fronts : le front opérationnel et le front des relations humaines.

Un article récent met en lien le nombre de décès de la première vague avec plusieurs variables, dont celle du sexe du ou de la chef·fe d’état. Sur les 194 pays étudiés, 19 sont dirigés par une femme, ce qui relativise un peu les analyses effectuées. Les autrices montrent ainsi que les femmes ont réagi plus rapidement et de manière plus décisive face aux décès potentiels, car elles auraient davantage d’aversion pour les risques humains encourus et moins d’aversion pour les risques économiques, que les hommes. Elles utiliseraient également un style de communication plus clair, empathique et décisif.

Champoux-Paillé et Croteau (2020) élargissent l’analyse : si les pays dirigés par des femmes ont géré plus efficacement la pandémie, n’est-ce pas lié au fait que ces pays, qui ont élu des femmes, sont plus égalitaires et paritaires et, ce, dans de nombreux postes de pouvoir et dans tous les secteurs ? Ces pays seraient ainsi gérés différemment, avec des qualités traditionnellement qualifiées de féminines (empathie, compassion, écoute et collaboration), différentes des qualités liées à l’exercice du pouvoir traditionnel de gestion, de supervision et de contrôle, ces deux types de qualités pouvant être affichés par les femmes leaders.

Toutefois, cette définition d’un leadership féminin spécifique pourrait avoir des effets pervers en essentialisant des comportements qui sont acquis. Ainsi, par exemple, le recrutement de femmes leaders ne serait plus basé sur des compétences ou sur un objectif d’égalité professionnelle, mais fondé sur un présupposé leadership spécifique, en lien avec des caractéristiques féminines, quasi innées…The Conversation

Sabine De Bosscher, Maître de conférences en psychologie du travail, Université de Lille Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Entreprises : quelles seront les grandes tendances des communications unifiées en 2021 ?

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Par Erwan Salmon, Directeur Général de RingCentral France

En 2020, la majorité des employés ont davantage utilisé les outils de visioconférence et de téléphonie professionnelle. Le UCaaS (communications unifiées en tant que service) séduit largement les entreprises pour répondre aux nouveaux enjeux de travail à distance et de mobilité. Elles y trouvent un outil extrêmement performant pour remplacer la communication classique par des outils accessibles dans le cloud.

Dans un contexte où la collaboration à distance devient une nécessité, l’année 2021 sera une année charnière dans la mise en place de nouvelles solutions.

Le lieu de travail devient hybride

Pour de nombreux collaborateurs, le domicile est devenu le lieu de travail principal, aux dépens du bureau. Le télétravail s’est rapidement développé cette année, et est devenu une pratique courante. En 2020, plus de la moitié des salariés ont expérimenté ce mode de travail pour la première fois. Bien que les employés devraient pouvoir regagner progressivement les locaux de leurs entreprises dans les prochains mois, 2021 sera l’année du travail hybride, à la croisée du présentiel et du distanciel.

Les technologies de communication seront nécessaires pour soutenir cette évolution et intégrer ces nouveaux modes de travail. Le travail à distance n’est pas passager, la manière dont nous travaillons va évoluer à long terme et les collaborateurs d’entreprises seront en lien permanent avec leurs collègues et clients, qu’ils soient au bureau, à domicile, dans un lieu de co-working ou dans un moyen de transport.

Avec des équipes distribuées et mobiles, l'année 2021 confirmera la transition vers l’ère du « travail de n’importe où », qui remplace le « travail à domicile ».

Le Cloud répond aux nouveaux enjeux des entreprises

Les technologies sur site ou on-premise, s’appuyant sur des serveurs installés au sein des locaux des entreprises, représentent encore une part importante du marché. Pourtant, elles rendent difficile le déploiement du télétravail en raison du besoin de matériel physique. Plus adapté aux besoins actuels des entreprises, le cloud progresse rapidement. Selon une étude récente, 35% des entreprises utilisent aujourd’hui le UCaaS contre 19,1% en 2019. La transition rapide vers le télétravail cette année a démontré les avantages de cette technologie pour assurer la continuité des activités. Il devient nécessaire de se détacher des  contraintes physiques pour s’ouvrir à d’autres horizons et permettre une collaboration à distance efficace, quel que soit le lieu de travail.

En s’intégrant avec les outils de travail tels que Google Workspace, Salesforce, Microsoft Outlook, une plateforme UCaaS ouverte rend l’espace de travail des employés accessible de n’importe où. Une technologie ouverte facilite également la collaboration inter-entreprise, en s’intégrant avec tous types d’outils, et en permettant de communiquer avec des interlocuteurs externes sur la même plateforme.

En 2021, les entreprises opéreront une transition massive vers le cloud pour gagner en agilité et assurer la continuité de leurs activités en toutes circonstances.

Une interface unifiée facilite le travail des équipes

Dans un contexte de travail hybride, la collaboration doit pouvoir se faire à tout endroit, par tous les modes (message, vidéo, téléphone) et sur tous les appareils. L’avenir de la communication en entreprise pour favoriser les échanges entre les collaborateurs est une combinaison de synchrone et asynchrone.

Regrouper ces modes d’échange sur une seule interface, identique quel que soit le terminal utilisé, permet d’assurer la consistance des communications. Une discussion interrompue pourra reprendre sans avoir perdu le contexte. Une conversation asynchrone par messagerie d’équipe pourra instantanément basculer sur un appel vidéo, sans changer de plateforme.

36% des salariés ont vu leur niveau de stress augmenter cette année en période de télétravail. Cette problématique est notamment liée à la surabondance d’informations et à la difficulté de se déconnecter. En réduisant le nombre d’applications nécessaires et en permettant de configurer ses horaires de travail, une interface unifiée contribue à faciliter le quotidien des employés.

Le UCaaS jouera un rôle clé en 2021 pour répondre aux nouveaux enjeux de la collaboration à distance et assurer aux employés des conditions de travail positives.

La sécurité et la fiabilité deviennent une priorité

Une étude d’OpenVPN a montré que 92% des responsables informatiques estiment que les avantages du travail à distance l'emportent sur les risques. Néanmoins, le recours accru aux communications à distance a montré la nécessité d’avoir une plateforme fiable, assurant une qualité audio et vidéo à tout moment, et sécurisée, grâce au cryptage et aux paramètres de confidentialité. Lorsqu’un salarié travaille à distance, les risques sont divers : réseaux non  sécurisés, espionnage, piratage, entre autres. L’utilisation d’une plateforme sécurisée permet de protéger les données de l’entreprise, quel que soit le lieu de connexion.

Le besoin d’un service accessible à tout moment est lui aussi encore plus fort avec le travail à distance et aux quatre coins du monde. Une disponibilité de service de 99,999% avec des infrastructures qui fonctionnent jour et nuit répond à ces enjeux. Bien que les communications puissent se faire à une échelle mondiale, un aspect local est également nécessaire. Cela signifie notamment de pouvoir s’appuyer sur un centre de données local pour être conforme aux réglementations, et d’être en capacité de délivrer des numéros de téléphone régionaux aux utilisateurs.

Alors que le travail à distance s’installera de manière plus durable en 2021, s’appuyer sur des communications fiables et sécurisées devient un aspect obligatoire pour les entreprises.

La technologie aide les employés à s’adapter à l’avenir

Le UCaaS concerne non seulement la communication, mais aussi la collaboration et le travail dans son ensemble. Dans de nombreuses situations, les employés doivent s’adapter à la technologie et à ses contraintes. Pourtant, c’est la technologie qui devrait évoluer en fonction des nouveaux besoins des utilisateurs.

Avec une mobilité croissante, communiquer sur tous les appareils devient notamment essentiel. Une technologie permettant de basculer d’un ordinateur au mobile, même au cours d’une conversation, prend en compte cette nouvelle habitude des employés.

En 2021, le rôle de la technologie comme facilitateur de changement s’affirmera, et devra s’accompagner d’une culture d’entreprise favorisant le bien-être des équipes face aux nouveaux challenges.

Le futur du travail avec les communications unifiées

Les communications unifiées permettent d’accompagner le passage à un monde du travail hybride. En favorisant la collaboration et la productivité des équipes à distance, les solutions UCaaS aident les entreprises à assurer la continuité de leurs activités. Suite à la transition massive vers le cloud en 2020, les enjeux de fiabilité, de sécurité et d’intégration avec les applications de l’entreprise deviendront clés en 2021.

Pour l’après-Covid, la France muscle ses investissements dans la couverture numérique

La crise sanitaire du Covid-19 et les confinements qui en ont découlé ont montré combien le numérique était un enjeu majeur pour la France. Télétravail pour nombre de salariés, développement du cybercommerce et du click & collect, cours à distance pour les élèves comme pour les étudiants, consommation accrue de la vidéo à la demande en streaming, et aussi téléconsultations : les applications ont connu un vrai boom. Selon les données publiées début décembre par l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep), près d’un million d’abonnements supplémentaires à la fibre optique ont été enregistrés en France au troisième trimestre 2020, pour un total de 13,6 millions d’abonnés au très haut débit. Mais pour que tout cela fonctionne, il faut évidemment de bons réseaux à haut débit. C’est la raison pour laquelle le gouvernement veut accélérer dans ce domaine, esquissant l’après-Covid. Le Premier ministre Jean Castex a ainsi effectué hier un déplacement dans l’Allier consacré au numérique pour souligner les "applications concrètes" du plan de relance gouvernemental, insistant sur la nécessité de continuer à "préparer l’avenir" en dépit de la crise sanitaire.


"Le plan de relance vient renforcer cette dynamique et permet au total la mobilisation de 908 millions d’euros dont 570 millions d’euros pour l’accélération de la généralisation de la fibre optique sur le territoire national (Plan France Très Haut Débit) dont 420 millions sont alloués aujourd’hui. L’utilisation des 150 millions restant sera précisée à l’été", ont indiqué hier les services de Bercy.

Généralisation de la fibre à horizon 2025

Pour rappel, le Plan France Très Haut Débi prévoyait de garantir à tous un accès au bon haut débit (supérieur à 8 Mbits/s) d’ici 2020 et un accès au très haut débit (supérieur à 30 Mbits/s) d’ici 2022. Le soutien de l’Etat s’élève désormais à 3,57 milliards d’euros pour ce plan, qui prévoit la généralisation de la fibre à horizon 2025.

"Aujourd’hui chacun doit pouvoir disposer d’une bonne connexion internet. C’est un enjeu majeur pour le quotidien des Français et pour le dynamisme et l’attractivité de nos territoires. Avec ce nouvel investissement de l’Etat et l’engagement des collectivités, c’est l’objectif de généraliser la fibre sur l’ensemble du territoire qui se concrétise" ont déclaré Bruno Le Maire, Jacqueline Gourault, (Cohésion des territoires) et Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du Numérique.

Parmi les départements qui vont bénéficier des crédits annoncés hier figure l’Aude. L’État a décidé de soutenir le projet porté par le SYADEN de généralisation du déploiement des réseaux FttH dans l’Aude pour un montant maximal de 9,5 millions d’euros.