Une adresse publique sur la blockchain se crée en quelques secondes, sans pièce d’identité, avec une clé privée connue uniquement du propriétaire des cryptoactifs. Max Acronym/Shutterstock Par Jean-Marc Figuet , Université de Bordeaux Une affirmation revient souvent : les criminels du monde entier utilisent les cryptomonnaies pour blanchir l’argent, en toute impunité. En effet, s’il est facile de tracer les échanges financiers via les blockchains, impossible d’identifier les personnes sans la coopération des acteurs comme Binance, Tether ou les prestataires de paiements. Car sur la blockchain, on peut tout voir sans savoir qui agit. La promesse des blockchains publiques, comme Bitcoin ou Ethereum, est aussi simple qu’audacieuse : chaque transaction y est enregistrée, horodatée et visible par tous. À première vue, c’est un avantage décisif pour les enquêteurs financiers. À première vue seulement, car ...
Par Christine Dugoin-Clément , IAE Paris – Sorbonne Business School Le 24 août, Pavel Durov était arrêté alors que son jet privé faisait un arrêt au Bourget. Les autorités françaises expliquent cette décision par le refus de coopération du PDG de Telegram, notamment dans le cadre d’enquêtes relatives à des actions criminelles (trafic de drogue, escroquerie ou encore pédocriminalité) dont les auteurs auraient employé sa messagerie pour les perpétrer. En effet, si Telegram est largement utilisé pour communiquer entre individus ou sur des chaînes – lesquelles sont souvent considérées par leurs abonnés comme des sources d’information –, c’est aussi une marketplace d’envergure, y compris pour les milieux criminels . Une longue histoire de non-collaboration avec les autorités Si Pavel Durov est connu pour son rôle au sein de Telegram, son aventure commence bien avant, notamment à travers la création en 2006 du réseau social en langue russe VKontakte. Les réseaux sociaux, don...