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Mise en examen de Pavel Durov, patron de Telegram : une affaire géopolitique ?

Pavel Durov

Par Christine Dugoin-Clément, IAE Paris – Sorbonne Business School

Le 24 août, Pavel Durov était arrêté alors que son jet privé faisait un arrêt au Bourget. Les autorités françaises expliquent cette décision par le refus de coopération du PDG de Telegram, notamment dans le cadre d’enquêtes relatives à des actions criminelles (trafic de drogue, escroquerie ou encore pédocriminalité) dont les auteurs auraient employé sa messagerie pour les perpétrer.

En effet, si Telegram est largement utilisé pour communiquer entre individus ou sur des chaînes – lesquelles sont souvent considérées par leurs abonnés comme des sources d’information –, c’est aussi une marketplace d’envergure, y compris pour les milieux criminels.

Une longue histoire de non-collaboration avec les autorités

Si Pavel Durov est connu pour son rôle au sein de Telegram, son aventure commence bien avant, notamment à travers la création en 2006 du réseau social en langue russe VKontakte. Les réseaux sociaux, dont VKontakte, sont fortement mobilisés lors des manifestations massives de 2011 et 2012 qui contestent notamment le résultat des élections législatives de décembre 2011. Le pouvoir russe demande alors à VKontakte de collaborer mais Durov n’obtempère pas, refusant en particulier de fermer le compte d’Alexeï Navalny.

Nouveau bras de fer fin 2013 : le FSB exige que VKontakte fournisse des données sur les membres de groupes associés au Maïdan ukrainien, parmi lesquels We Are Patriots of Ukraine ou encore Ukrainian Offensive, ce à quoi Durov oppose une fin de non-recevoir.

À la suite de ses démêlés avec les autorités russes pour ses refus de collaboration, et après avoir vendu ses parts dans VKontakte et en avoir été révoqué du poste de directeur, le milliardaire quitte la Russie en 2014.

En 2018, alors qu’il vogue de pays en pays, il refuse encore une fois de coopérer avec le Kremlin, en ne donnant pas suite à la demande de l’agence Roskomnadzor (le gendarme des communications russe) de lui transmettre les clés permettant de décrypter les messages de Telegram. Roskomnadzor, face au refus de Durov, ordonne le blocage de la messagerie, mais n’est pas en mesure de le réaliser. Cet épisode accroît significativement la notoriété du réseau, qui apparaît désormais, dans le monde entier, comme celui qui a su résister aux tentatives de blocage de la Fédération de Russie.

Durov, qui reste citoyen russe, obtient dès 2014 la nationalité de Saint-Christophe-et-Nièves puis, en 2021, celle des Émirats arabes unis et celle de la France. C’est ce point qui explique qu’en tant que citoyen naturalisé, il tombe sous le coup de la législation française, qui lui reproche son manque de collaboration – mais, à la différence de la Russie, cela porte sur des affaires criminelles et non pas politiques.

Telegram, un outil de la propagande russe ?

Si les relations entre la messagerie et le Kremlin ont longtemps été particulièrement tumultueuses, on relève un apaisement certain depuis 2018.

Telegram est largement employé depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par les milbloggers (ou correspondants militaires), mais aussi par des officines reliées plus ou moins directement au ministère russe de la Défense ainsi que par des groupes paramilitaires et des sociétés militaires privées telles que Wagner. Si bien que Telegram est devenu un outil incontournable de l’influence russe, que ce soit en Russie ou à l’étranger, le réseau regroupant aujourd’hui quelque 1 milliard d’utilisateurs.

Outre les contenus (vrais ou contrefaits) relatifs au conflit russo-ukrainien circulant sur Telegram, le réseau a pu être utilisé par les divers acteurs pour stocker des vidéos, pour partager des dossiers, voir, pour coordonner des actions. Il sera intéressant d’observer dans l’avenir la place que Telegram aura prise en matière de sources d’archives sur le conflit en Ukraine, mais aussi sur les activités russes en Afrique, les SMP russes y étant très présentes depuis des années.

Malgré l’apaisement des relations entre Moscou et Durov, Vladimir Poutine a signé à l’été 2024 un paquet de lois imposant à tous les administrateurs de chaînes Telegram ayant plus de 10 000 abonnés de communiquer à Roskomnadzor tous les renseignements exigés par l’agence ; en cas de refus, ils ne pourraient plus diffuser de publicité sur leurs chaînes, ce qui est une source notable de revenus, notamment pour des chaînes pro-guerre influentes comme WarGonzo (plus de 1,2 million d’abonnés) ou Grey_Zone (plus de 60 000 abonnés, identifié comme un canal « officiel » du groupe Wagner).

À compter du 1er janvier 2025, les administrateurs auront également l’obligation de limiter l’accès aux pages personnelles des utilisateurs dans les 24 heures suivant la réception d’une demande de Roskomnadzor si ces utilisateurs n’ont pas fourni leurs informations au régulateur. Dans le même ordre d’idées, les chaînes de plus de 500 000 utilisateurs devront, sur demande de Roskomnadzor ou du FSB, communiquer aux autorités des données relatives à leurs utilisateurs.

Ces textes rappellent les demandes des années 2018 ; pour autant Durov n’y a pas réagi de manière véhémente. Ce calme apparent participait à renforcer des rumeurs faisant état d’une certaine proximité entre le pouvoir russe et le milliardaire exilé, même s’il nie publiquement entretenir de telles connexions. Tout récemment, le Kremlin a officiellement démenti l’information selon laquelle Vladimir Poutine aurait rencontré Durov à Bakou quelques jours avant l’arrestation de ce dernier.

Les sources de financement de Telegram

Telegram aurait été déficitaire pendant plusieurs années et aurait fonctionné grâce aux fonds propres de Durov. En 2021, des messages publicitaires ont commencé à apparaître sur les chaînes. On voyait alors des annonces portant aussi bien sur des taux de change parfois douteux, des fausses nouvelles, mais aussi sur des cryptomonnaies.

En 2018 et 2021, Durov levait 2,5 milliards de dollars pour lancer une cryptomonnaie et couvrir les dettes de l’entreprise. Parmi les investisseurs russes de Telegram, on a pu retrouver les milliardaires Roman Abramovitch, Sergueï Solonine (fondateur du système de paiement russe Qiwi) David Yakobashvili (créateur de la grande entreprise agro-alimentaire Wimm-Bill-Dann), placé sous sanctions par l’Ukraine pour sa proximité avec le régime de Poutine, ou encore Mikhaïl Fridman, propriétaire d’Alpha Capital, structure dont le projet caritatif a été un temps dirigé par la fille aînée de Poutine. Enfin, en 2021, la société VTB Capital, détenue à 60 % par l’État russe et dirigée par un proche de Poutine, Andreï Kostine, dépensait plus d’un milliard de dollars en obligations Telegram.

Tous ces liens participent à semer le doute quant aux connexions entretenues entre la plate-forme et le pouvoir russe.

Les questions de la sécurité et du chiffrement

Un des arguments mis en avant par Telegram pour assurer ses utilisateurs du fait que leurs messages ne seront accessibles qu’aux destinataires et auteurs de ceux-ci est le chiffrement de bout en bout, ou End-to-End (E2E), mis en place sur la plate-forme pour protéger les données y circulant.

À ce titre, les clés permettant de déchiffrer les données se trouvent uniquement sur l’appareil qui a envoyé ces données et sur l’appareil du destinataire, assurant la fiabilité du système. Toutefois, le chiffrement n’est pas mis en œuvre par défaut. Il doit être activé manuellement afin de créer un chat secret, sachant que ce dernier devra être distinct pour chaque personne à qui l’initiateur du chat voudra parler, ce qui rend la manipulation assez complexe. Enfin, concernant les discussions secrètes chiffrées de bout en bout, un chercheur allemand a découvert en 2021 que Telegram créait des aperçus de liens transmis dans les chats secrets sur ses serveurs, ce qui semblerait indiquer que la messagerie a bel et bien accès aux correspondances secrètes.

En résumé, Telegram est un acteur majeur de la sphère informationnelle en général, y compris de la sphère informationnelle russe. À ce titre, la plate-forme est aujourd’hui un acteur de premier plan maîtrisant un nœud stratégique du cyberespace russe. L’arrestation de Durov permettra (et permet déjà) à la Russie, mais aussi à des représentants des courants radicaux européens et américains, notamment de droite, de s’offusquer et d’invoquer la liberté d’expression bafouée par les Occidentaux et par la France en particulier. Cet argumentaire omettra de prendre en considération que les raisons de l’arrestation sont directement liées à la non-coopération de Telegram dans le cadre d’enquêtes portant sur des activités criminelles, et passera sous silence les nombreuses lois visant à maîtriser la sphère informationnelle russe, particulièrement renforcées depuis l’invasion de l’Ukraine.

Il n’en reste pas moins que la mise en garde à vue de Durov, même brève – le 28 août, il a été mis en examen pour douze infractions dont « complicité d’administration d’une plate-forme en ligne pour permettre une transaction illicite, en bande organisée », « blanchiment de crimes ou délits en bande organisée » ou encore « fourniture et importation d’un moyen de cryptologie n’assurant pas exclusivement des fonctions d’authentification ou de contrôle d’intégrité sans déclaration préalable » et libéré, mais il n’est pas autorisé à quitter le territoire français –, n’est pas celle d’un simple patron d’entreprise, mais bien celle d’un homme se trouvant au cœur d’enjeux géopolitiques importants, particulièrement dans le contexte actuel.The Conversation

Christine Dugoin-Clément, Analyste en géopolitique, membre associé au Laboratoire de Recherche IAE Paris - Sorbonne Business School, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chaire « normes et risques », IAE Paris – Sorbonne Business School

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

De quelles escroqueries au QR code faut-il se méfier ?

 

QRCode

Par Allan Camps, Senior Enterprise Account Executive chez Keeper Security

Comment fonctionnent les escroqueries au QR code ? Les escrocs créent des QR codes avec de mauvaises intentions en y intégrant une URL déguisée et illégitime. Lorsqu'une personne scanne le QR code, elle est redirigée vers un site web malveillant où elle est incitée à saisir des informations sensibles qui sont envoyées à l'escroc. Certains liens malveillants commencent immédiatement à installer des logiciels malveillants sur un appareil simplement en y naviguant.

Les 5 escroqueries au QR code les plus courantes

Si vous avez déjà marché dans une rue animée ou pénétré dans un petit commerce, vous vous êtes rendu compte que les QR codes apparaissent à des endroits très fréquentés. Voici cinq des types d'escroqueries les plus courants que vous pourriez rencontrer si vous n'êtes pas prudent.

  1. L'arnaque au code QR du parcmètre : Vous le savez, en ville, il est possible de payer le stationnement en scannant un QR code. Souvent pressé, vous scannez le QR code, entrez les données de votre carte de crédit et partez. Mais ce nouveau mode de payement profite aux escrocs. En effet, ces derniers font en sorte que vous choisissiez un faux QR code apposé sur le véritable QR code de l’horodateur afin de dérober vos informations privées et votre argent. Vous pouvez savoir si vous avez été victime de ce type d'escroquerie au QR code si vous voyez apparaître sur votre carte de crédit des frais provenant d'entreprises qui n'ont rien à voir. Plutôt que de scanner des QR codes pour payer le stationnement, il est plus sûr d'utiliser votre carte de crédit pour payer directement au parcmètre.

  2. Un QR code dans un colis inattendu : Lorsque vous commandez un colis ou un cadeau auprès d'une petite entreprise, il arrive qu'un QR code soit inséré pour vous permettre d'en savoir plus sur le magasin ou de laisser un commentaire. Cependant, les QR codes dans les colis peuvent faire partie d'une escroquerie s’il s’agit d’un colis inattendu qui vous invite à scanner un QR code frauduleux pour le renvoyer. En le scannant, le destinataire est redirigé vers un site web qui recueille ses informations sensibles, telles que ses numéros de carte de crédit et ses adresses personnelles. Lorsque vous recevez un colis contenant un code QR, ne cliquez pas sur le lien après l'avoir scanné si l'aperçu semble illégitime. Ne saisissez pas non plus d'informations personnelles sur le lien, surtout s'il vous semble suspect.

  3. Un QR code inclus dans des e-mails d'hameçonnage : Les courriels d'hameçonnage contiennent souvent des liens non sollicités ou des pièces jointes, mais certains contiennent également des QR codes frauduleux qui incitent généralement les victimes à partager des informations privées, comme des identifiants de connexion ou des numéros de carte de crédit, en se faisant passer pour des entreprises légitimes ou des personnes que la victime connaît. Vous ne devez surtout pas saisir d'informations personnelles par le biais d’un scan de QR code. Contactez plutôt directement la personne qui vous a envoyé le courriel pour confirmer que le QR code est légitime.

  4. Les QR code au restaurant : Vous venez de vous installer au restaurant et le serveur vous indique le QR code qui se trouve sur votre table afin de consulter le menu. Même s'il s'agit d'un moyen pratique pour les restaurants, ces QR codes peuvent facilement être remplacés par des liens malveillants créés par des escrocs désireux de collecter des informations sur les clients pendant qu'ils dînent. Demandez plutôt un menu physique ou allez directement sur le site web du restaurant pour consulter le menu.

  5. Des messages non sollicités avec QR codes : Comme pour les e-mails, il est possible que de recevoir des QR codes dans le cadre d'attaques par hameçonnage. Par exemple, vous pouvez recevoir un message d'UPS prétendant un colis non livré et vous incitant à scanner un code QR pour reprogrammer la livraison. Vous ne devez surtout pas saisir d'informations personnelles après avoir scanner quelconque QR code.
Même si les QR codes sont désormais très répandus et que vous les utilisez souvent, vous devez être prudent quant à votre sécurité. Maintenant que vous connaissez certaines des escroqueries liées aux QR codes, rappelez-vous que l’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe vous permet de créer des mots de passe forts et de les stocker en toute sécurité.

Garantir aux petites entreprises une expérience IA sûre et sécurisée

IA

Par Christophe Gaultier, Directeur OpenText Cybersecurity France & Belux

Chaque entreprise devrait envisager de s’approprier l'IA générative afin de se moderniser, évoluer et mieux répondre aux exigences des clients. Selon le rapport State of AI in 2023 de McKinsley, près d'un quart des personnes interrogées à travers le monde utilisent régulièrement l'IA générative dans leur travail.

Les petites et moyennes entreprises (PME) bien que disposant souvent de ressources limitées, font face à de nombreuses demandes. Dans ce contexte, l'utilisation de l'IA générative s'avère particulièrement avantageuse en offrant une multitude d’applications commerciales. Des outils tels que ChatGPT et Microsoft Copilot sont déjà utilisés pour optimiser les tâches chronophages et stimuler les réflexions de nouvelles initiatives et solutions pour l'entreprise.

L'adoption de l'IA générative par les entreprises est encouragée, elle doit néanmoins s'accompagner d'une approche prudente en matière de sécurité tenant compte des risques de cybersécurité liés à l'IA générative. La création de mesures de protection et de conseils d'utilisation sont nécessaires. Avec une équipe de sécurité au point, les entreprises peuvent ainsi maximiser les bénéfices de ces outils innovants tout en préservant l'intégrité de leurs systèmes et données.

Les avantages de l'IA générative pour les PME

L'IA offre déjà aux petites entreprises son lot d’avantages pour améliorer leurs opérations. En voici quelques-uns.
  1. Créer des gains d'efficacité pour les tâches manuelles : L'utilisation de l'IA réduit le temps consacré aux tâches chronophages, permettant ainsi de se concentrer sur des projets plus stratégiques. Sur le plan de la sécurité, l'IA peut améliorer la connaissance des données d'une entreprise et faciliter l'application de contrôles d'accès appropriés pour réduire les risques. Cela peut aider les équipes de sécurité informatique à découvrir les anomalies en indiquant une compromission grâce à une meilleure hiérarchisation des alertes, favorisant une détection précoce, des réponses plus complètes et une posture de sécurité globalement améliorée.
  2. Fournir une assistance à la clientèle : Les chatbots dotés d'IA peuvent fournir une assistance illimitée pour améliorer les temps de réponse et la satisfaction des clients. Certains sont dotés de solides protocoles de sécurité intégrés pour protéger les informations sensibles en analysant les commentaires des clients pour identifier les tendances. Les PME peuvent alors traiter de manière proactive les défis et optimiser la qualité du service.
  3. Trouver de nouvelles solutions et idées : L'IA est un atout précieux pour aider les équipes à résoudre des problèmes et à fournir des idées complémentaires. En maximisant et structurant la réflexion lors de séances de créativité afin d’exploiter un potentiel créatif élargi.

Les pièges potentiels de l'IA générative

Bien que l'IA générative offre des avantages considérables aux PME, elle présente également de nouveaux défis en matière de sécurité. Cette technologie crée de nouvelles vulnérabilités pour les entreprises avec des risques accrus de non-conformité et de risque de perte de données.

  1. Atteintes à la confidentialité des données : Les collaborateurs utilisant des outils d'IA peuvent accéder à des informations sensibles ou les exposer entraînant des violations de données susceptibles de causer de graves pertes.
  2. Exigences en matière de données : Pour être efficace l'IA générative nécessite l'exploitation de vastes ensembles de données pour son apprentissage. Cela représente un défi important pour les petites entreprises aux ressources limitées. L'utilisation de données insuffisantes ou inappropriées risque de compromettre les performances de l'IA.
  3. Nouveaux vecteurs d'attaque : L'introduction de l'IA générative crée de nouveaux moyens pour les acteurs malveillants d'exploiter les vulnérabilités de la pile technologique, comme la manipulation des données entrées pour générer de fausses sorties ou lancer des attaques sur l'intégrité du modèle d'IA.
  4. Considérations relatives à la conformité : L'utilisation de l'IA soulève plusieurs questions de conformité concernant les réglementations sur la protection des données, les droits de propriété intellectuelle et les normes éthiques. Les PME doivent rester en conformité avec les réglementations pour atténuer les risques et maintenir la confiance avec les parties prenantes.

Feuille de route pour la protection des données

Pour répondre à ces préoccupations, les PME doivent prendre en compte les meilleures pratiques suivantes afin d’éviter d'introduire des risques de sécurité et également rester en conformité avec les réglementations.
  • Réfléchir de manière critique à l'accès aux données et aux obstacles.
    L’utilisation de l'IA nécessite une certaine vigilance quant aux sources d'information accessibles à ces systèmes. Il est impératif pour les entreprises de créer des barrières empêchant l'accès aux informations confidentielles et sensibles. Par exemple, les PME devraient interdire à l'IA l'accès à toutes les informations financières et fiscales, ainsi qu'aux informations relatives à la propriété intellectuelle et aux brevets en cours d'homologation.
  • Créer une politique de l'IA pour guider l'utilisation et la compréhension.
    En octobre, le président des États-Unis a adopté un décret visant à réglementer la sécurité des outils d'IA dans un contexte de progrès et d'adoption rapides de cette technologie. En créant leurs propres politiques internes en matière d'IA, les PME peuvent garantir la préservation et le traitement approprié de leurs données tout en aidant les collaborateurs à naviguer dans l'IA générative de manière sûre et informée. Pour protéger l'utilisation de l'IA générative de tous les côtés, les PME doivent étendre leur vigilance à leur écosystème en s'assurant que leurs partenaires adoptent aussi des pratiques responsables dans l'utilisation de l'IA.
  • Exploiter la liste de contrôle d'un tiers.
    La sécurité doit être une préoccupation tout au long de la chaîne d'approvisionnement de l'IA. Les PME doivent veiller à ce que les composants d'IA de tiers soient déployés en toute sécurité. Les modèles d'IA impliquent souvent l'utilisation de divers ensembles de données, de modèles pré-entraînés et de bibliothèques externes, de sorte que la compréhension des origines et de l'état de sécurité de ces composants renforce la sécurité globale de la chaîne d'approvisionnement. En mettant en œuvre une nomenclature de l'IA (AIBOM), les praticiens peuvent ajouter une autre couche de sécurité de l'IA qui fournit des informations sur l'historique de la formation d'un modèle, son architecture, les dépendances des données et bien plus encore.
L'IA est très prometteuse pour les petites entreprises, mais comme pour toute nouvelle technologie, les risques peuvent l'emporter sur les avantages. Si la sécurité est une priorité et que les conseils ci-dessus sont suivis, les petites entreprises peuvent intégrer en toute sécurité l'utilisation générative de l'IA dans leurs opérations afin d'en récolter les bénéfices tout en restant protégées.


Airbnb, TripAdvisor, Google Maps : le numérique booste le tourisme, mais au détriment des PME


En quelques années, le numérique a révolutionné les pratiques du tourisme. Shutterstock
Par Damien Chaney, EM Normandie; Julian Hofmann, EM Normandie et Mustafeed Zaman, EM Normandie

L’industrie du tourisme a été profondément transformée par l’avènement du numérique. À titre d’illustration, en 2023, plus de 80 % des réservations de voyage par des touristes français ont été faites en ligne. Après la pandémie du Covid 19, l’attractivité touristique a connu une forte reprise, notamment grâce à la facilitation et à l’organisation numérique des voyages.

La crise sanitaire a agi comme un catalyseur. Elle a accéléré la transition numérique et rendu les outils en ligne encore plus essentiels pour la planification et la gestion des voyages. Dans l’industrie du tourisme, le numérique a remodelé la manière dont les voyageurs interagissent avec les services. Parallèlement, le développement du numérique a modifié la façon dont les entreprises adaptent leurs offres pour répondre aux attentes émergentes de leurs clients.

Une expérience personnalisée

Les comportements des voyageurs ont évolué de manière spectaculaire avec la montée en puissance du numérique. Désormais, les réservations en ligne sont devenues la norme, remplaçant les agences de voyages traditionnelles par des plates-formes. Booking, Airbnb, Expedia, parmi d’autres, offrent une accessibilité et une commodité sans précédent.Grâce à ces plates-formes, les voyageurs peuvent comparer les prix, lire des avis et réserver des services en quelques clics.

Par ailleurs, l’utilisation des algorithmes et des données massives (big data) permet aux entreprises de personnaliser les offres, en proposant des recommandations adaptées aux préférences individuelles des voyageurs.

De plus, les applications mobiles jouent un rôle crucial pendant le voyage. Elles fournissent des itinéraires, proposent des traductions en temps réel et dispensent des informations locales. Des applications comme TripAdvisor et Google Maps sont devenues des compagnons indispensables pour les voyageurs modernes. On ne le réalise plus, mais toutes ces possibilités étaient encore balbutiantes il y a une dizaine d’années. Par exemple, Airbnb a été créé en 2008 ! C’est dire la vitesse à laquelle se sont faites ces transformations.

Au-delà de ces avancées déjà bien établies, les perspectives à venir du numérique dans le tourisme sont encore prometteuses, avec des technologies émergentes qui s’apprêtent à révolutionner encore l’industrie. Ainsi, l’intelligence artificielle peut améliorer l’expérience touristique grâce au recours à des assistants virtuels et à des services de traduction instantanée. De son côté, la réalité augmentée devrait contribuer à enrichir les visites touristiques en offrant des informations contextuelles et immersives.

L’émergence du tourisme intelligent

« Le smart tourism » – ou tourisme intelligent – émerge comme une façon innovante d’intégrer les technologies de l’information afin d’améliorer l’expérience touristique, la gestion des destinations et la durabilité.

Parallèlement, les villes intelligentes (« smart cities ») intègrent des infrastructures numériques avancées pour fournir des informations en temps réel aux touristes et optimiser les flux de visiteurs. Par exemple, des capteurs et des données de localisation peuvent être utilisés pour gérer les foules dans les sites touristiques, tandis que des applications mobiles offrent des services personnalisés et des recommandations instantanées. Ces avancées technologiques offrent également des opportunités pour promouvoir un tourisme plus sûr et plus durable. Ainsi, la blockchain, avec sa capacité à sécuriser et à rendre les transactions plus transparentes, trouve des applications dans les réservations et les paiements, augmentant la confiance des consommateurs.

Une transformation nécessaire des entreprises touristiques

Les entreprises touristiques ont dû s’adapter rapidement à cette nouvelle ère numérique, en s’engageant dans la voie de la numérisation. Les grandes entreprises, grâce à leurs importantes ressources, ont adopté rapidement des technologies de pointe telles que le big data, l’intelligence artificielle et les technologies immersives, développant des stratégies de transformation digitale structurées.

C’est le cas de la chaine d’hôtels Marriott, qui a créé une expérience en réalité virtuelle permettant aux clients de visiter ses hôtels à travers le monde. De même, le Musée du Louvre a développé une application de réalité augmentée qui superpose des informations et des images sur des œuvres d’art exposées.

En revanche, les petites et moyennes entreprises (PME) adoptent les technologies numériques de manière plus progressive en raison de l’existence d’une contrainte budgétaire plus forte et de ressources humaines limitées. Cette différence de maturité technologique est dommageable car elle creuse l’écart concurrentiel entre les grandes entreprises et les PME, ce qui a un impact sur les économies locales. Cette situation peut freiner la croissance dans le secteur du tourisme car les PME sont souvent capables de compenser leur retard technologique par des pratiques innovantes et des approches plus disruptives.

En raison de leur taille réduite et de leur flexibilité, les PME permettent une adaptation rapide et l’expérimentation.

Cette agilité favorise une culture créative, essentielle pour répondre aux besoins émergents et stimuler l’économie. Ainsi, Blablacar a révolutionné le covoiturage en Europe. TransferWise, maintenant Wise, a innové les transferts d’argent internationaux avec des frais réduits. Oculus VR, avant son rachat par Facebook, a transformé la réalité virtuelle avec des casques abordables.

Face à ce constat, le projet DIBEST(Digital Innovation for Blue Enterprises & Social Tourism) s’avère une initiative intéressante pour combler ce fossé numérique. Financé par Interreg Atlantic Area et coordonné par la Western Development Commission, ce projet rassemble divers acteurs des mondes économiques et académiques d’Irlande, du Portugal, d’Espagne et de France. Son objectif principal est de soutenir les microentreprises touristiques de la région côtière atlantique dans l’adoption d’innovations numériques. En renforçant les capacités des PME touristiques, en développant des soutiens sur mesure et en facilitant l’adoption de nouvelles technologies, le projet DIBEST ambitionne d’améliorer leur compétitivité, leur accès au marché et leur durabilité environnementale.The Conversation

Damien Chaney, Professor, EM Normandie; Julian Hofmann, Professor of Marketing, EM Normandie et Mustafeed Zaman, Professeur Associé en Marketing Digital, EM Normandie

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

La (déjà) longue histoire de la monétisation des jeux-vidéos

 

Le modèle économique des jeux vidéos a évolué. Shutterstock
Par Édouard Pignot, Pôle Léonard de Vinci

Dans un précédent article publié en 2018 par The Conversation, ainsi qu’un autre de la Revue des sciences de gestion, Didier Calcei évoque une transformation des business models des jeux vidéo, depuis le milieu des années 2000, du buy-to-play au free-to play. Dans le premier cas, le jeu est vendu comme un produit. C’est une vente physique. Dans la seconde version, il est possible de jouer gratuitement, mais le jeu en question comporte la plupart du temps, soit des publicités, soit des achats optionnels, pour générer des recettes et éventuellement du profit. Ce sont donc deux modèles économiques différents, qui se distinguent par ce qui va déclencher un achat chez le joueur-consommateur.

Ainsi, la monétisation des jeux vidéo remonte au moins au début des années 2000, où des économies virtuelles ont commencé à voir le jour. C’est tout naturellement sur les jeux massivement multijoueurs (MMO) que de tels phénomènes ont commencé à exister, comme les fameux Eve online (2003) ou World of Warcraft (2004). Par exemple, la maison de vente aux enchères de World of Warcraft permet de trouver ou de vendre des armes, des armures, etc.

Un décollage dans les mondes virtuels

Mais l’expérience la plus aboutie vient peut-être des mondes virtuels, ancêtres du métavers, qui ont émergé en 2003 avec Second Life (SL). Avec ce dernier émerge toute une industrie de designers indépendants qui créent des corps, vêtements et accessoires puis les vendent aux utilisateurs de SL. Grâce à la technologie interactive de SL, les participants peuvent créer des objets virtuels en utilisant la construction de blocs appelés prims. De plus, SL dispose de son propre système monétaire : le Linden dollar, qui peut être acheté et vendu contre de la monnaie réelle. Si, dans un premier temps, SL a attiré jusqu’à 2,7 millions d’inscrits courant janvier 2007, SL a ensuite commencé à décliner, quand de grandes entreprises comme Dell, Cisco Systems, Xerox et Nissan, ont investi pour créer leurs vitrines dans le monde.

Pour emblématique qu’il soit, le cas de SL est loin d’être unique : d’autres mondes intègrent également leur propre monnaie virtuelle. Par exemple, Cyworld comprend une monnaie appelée « le dotori ». Les participants sont encouragés à utiliser cette devise pour acheter des objets virtuels. En 2008, 25 % de la population totale de la Corée du Sud s’est inscrit et participe à Cyworld, avec environ 20 millions de visites par jour. En moyenne, chaque utilisateur consacre 2700 wons par mois aux différents services proposés par le site.

Un choix stratégique

Aujourd’hui, certaines plates-formes ont fait le choix, à travers leurs jeux « stars », de bénéficier de revenus liés à des microtransactions. Si la plupart des jeux sont payants, les produits stars sont aujourd’hui gratuits, et leurs sources de revenus reposent exclusivement sur les microtransactions. Dans un article publié par la Harvard Business Review, Feng Zhu et Nathan Furr parlent de business models hybrides pour désigner les moyens utilisés par les marques pour transformer des produits en plates-formes.

Un exemple typique de cette stratégie est celui de la société Valve. Des pirates informatiques avaient créé des « mods »(correctifs apportés au jeu original par des développeurs) du jeu phare de Valve, Half-Life. Les « mods » permettent de modifier une partie plus ou moins importante d’un jeu pour offrir sa propre création à la communauté. Plutôt que de lutter contre ce phénomène, Valve a reconnu qu’il existait une demande pour une autre choix que Half-Life – et donc un potentiel de création de valeur. Ainsi, la société a embauché les hackers du mod le plus populaire pour les encourager à en faire un deuxième jeu, baptisé « Counter-Strike » (un jeu de tir à la première personne) qui deviendra le jeu star de Steam.

Dans Counter Strike, un système de microtransactions bien précis est présent : les loot box. Après avoir ouvert une caisse, le joueur obtient un élément complètement aléatoire. Le butin ainsi obtenu varie de « pas rare du tout » à « extrêmement rare ». En parallèle, Steam autorise la vente des butins sur sa marketplace, contre de l’argent réel (tout en prélevant une part du montant de la transaction). Le 5 juin dernier, un « skin » (un habillage graphique qui modifie l’aspect d’un personnage ou d’un objet) a été vendu pour plus d’un million de dollars. Ce « skin » (une personnalisation d’arme) peut bien sûr être obtenu « gratuitement » en ouvrant une caisse de butin, mais les chances sont estimées à 1 sur 21 millions.

Le rôle clé des « skins »

Epic Games, de son côté, est venu concurrencer Steam sur son propre terrain, en devenant une plate-forme de ventes de jeux vidéo digitaux (Epic Games Store). La plate-forme est née du succès phénoménal d’un jeu développé par Epic Games : Fortnite (2017). Des millions de joueurs se connectent simultanément au jeu devenu viral. S’il n’existe pas de loot box sur Fortnite, les possibilités de microtransactions sont bien présentes.

Il est, en effet, possible d’y acheter des « skins » (pour un personnage cette fois-ci) et toutes sortes de personnalisation, comme des pioches ou encore des planeurs, des éléments omniprésents dans le jeu. Il s’agit donc ici de microtransactions purement cosmétiques, c’est-à-dire qu’elles n’apportent aucun avantage sur le jeu. Sur Fortnite, aucune microtransaction ne permet d’être plus fort qu’un autre joueur. L’objectif est uniquement esthétique. Cela s’oppose aux microtransactions « pay-to-win » (payer pour gagner), qui permettent par exemple d’acheter un personnage plus fort que les autres dans la boutique d’un jeu de combat, et ainsi battre plus facilement les autres joueurs.

Par ailleurs, Fortnite popularise un système dit de « battle pass ». Le joueur paye un « pass » avec de la monnaie virtuelle du jeu (obtenue la plupart du temps avec de l’argent réel). En passant des paliers, le joueur débloque aussi des récompenses. Plus il joue, plus il va loin dans les paliers, plus il gagne d’objets. Parmi ceux-ci figurent des « V-Bucks » (la monnaie du jeu), qui, eux-mêmes, permettent d’acheter un « battle pass ». Si le joueur joue assez, il pourra rembourser l’achat de son « battle pass », et potentiellement acheter le suivant, chaque battle pass a une durée de validité temporaire. Ce modèle free-to-play, avec présence de microtransactions, porte ses fruits. Entre octobre 2017 et mai 2018, le jeu aurait rapporté environ 1 milliard de dollars.

Un modèle encore controversé

Ces microtransactions permettent aux développeurs derrière ces jeux, de faire du profit à long terme, tout en poussant les joueurs à revenir grâce aux achats qu’ils ont effectués et effectueront au sein du jeu. Ce modèle rentre donc en opposition complète à celui étudié initialement (Buy-To-Play), qui partait du principe que les joueurs payaient leur jeu, en une fois. Dans le modèle «  free-to-play », les joueurs n’achètent pas le jeu, mais acquièrent régulièrement des objets au sein du jeu, avec de l’argent réel.

Si les microtransactions génèrent indiscutablement des revenus, certaines sont néanmoins controversées, comme les loot box. Des liens entre ce système et les jeux d’argent plus classiques sont établis. Certains pays comme la Belgique ou les Pays-Bas ont mis en place des politiques limitant leur utilisation. En effet, des personnes avaient dépensé des milliers d’euros dans les caisses de butin, afin d’obtenir un objet rarissime. Résultat : ces caisses ont été interdites dans les deux pays cités plus haut.

Une étude de recherche norvégienne révèle également l’existence d’une pression sociale et de harcèlements chez les jeunes joueurs, liés à l’achat d’objets et de skins dans les jeux en ligne. Ce phénomène est problématique car les jeunes constituent un groupe de consommateurs vulnérables qui naviguent seuls sur des marchés presque non réglementés.

D’autres plates-formes, comme « PlayStation » ou « XBOX », se tournent davantage vers des systèmes d’abonnement. Le joueur paye mensuellement, ou annuellement pour jouer à un catalogue de jeux de manière illimitée. Le « Game Pass » disponible pour les joueurs XBOX obtient des résultats plus que satisfaisants pour Microsoft.

Un avenir au-delà du jeu ?

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Dans nos recherches, nous avons étudié l’ascension de la plate-forme de moteur de jeux Unity. Unity fournit un environnement d’édition simple dans lequel les modèles 3D sont déposés dans l’éditeur puis placés dans une sorte de monde virtuel. Unity est la plate-forme leader du marché pour la création de jeux vidéo, mais aussi de simulations de formation, visualisations médicales et architecturales et autres contenus interactifs en 3D.

Unity a créé l’Asset store, un magasin virtuel où l’on trouve des modèles 2D ou 3D, des textures, des pistes audios, des effets sonores, des outils de scripting, etc. Par exemple, un programmeur, ayant créé un produit appelé NGui pour aider les designers avec des illustrations 2D, a gagné 300 000 USD en vendant ce produit sur l’Asset store. La plate-forme permet aussi à des artistes 3D de concevoir des assets (e.g. des graphismes de haute qualité) qui seront ensuite vendus à des designers de jeux.

Au cours d’une ethnographie du design d’un monde virtuel conçu avec Unity et destiné à la formation des chercheurs en sciences de la Terre, nous avons identifié qu’une partie de l’expérience utilisateur consiste à équiper l’avatar du géologue, avant une excursion virtuelle de la montagne Skiddaw, dans le Lake District en Angleterre. Ce processus de sélection du kit (chaussures appropriées, vêtements imperméables, boussole, lunettes, casque de sécurité, etc.), est directement inspiré des skins et d’une esthétique de la monétisation, telle qu’on l’observe dans World of Warcraft ou Fortnite.

Au total, la monétisation irrigue des organisations bien au-delà du divertissement. Au premier trimestre 2024, plus de 77,7 millions d’utilisateurs actifs quotidiens du jeu Roblox, peuvent utiliser en dehors du jeu une cryptomonnaie connue sous le nom de Robux. Certains auteurs affirment même que le bitcoin constitue une gamification.


Simon Kovarski, assistant de recherche à l’EMLV, a participé à l’écriture de cet articleThe Conversation

Édouard Pignot, Enseignant-chercheur en psychologie des organisations, Pôle Léonard de Vinci

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

50 ans de codes-barres : l’anniversaire silencieux d’une révolution mondiale

 

code barre

Par Jordan Frith, Clemson University

C’était il y a cinquante ans. Le premier code-barre moderne était scanné sur un paquet de 10 chewing-gums dans une épicerie de Troy, dans l’Ohio.

Cinquante ans, cela fait vieux pour la plupart des technologies, mais les codes-barres ont, eux, toujours le vent en poupe. Plus de 10 milliards sont scannés chaque jour dans le monde. Et les nouveaux types de symboles de codes-barres, tels que les QR codes, ont permis de multiplier les utilisations de cette technologie.

J’aurais été comme la plupart des gens, à ne plus prêter attention à ces humbles codes-barres, si mes recherches portant à l’origine sur les médias n’avaient pas pris quelques tournures étranges. J’ai passé une année de ma vie à fouiller dans les archives et les vieux articles de journaux pour en apprendre davantage sur les origines du code-barre et finalement en tirer un livre d’histoire culturelle. Si le code-barre n’a pas conduit à tatouer chaque humain comme des bêtes ni annoncé la fin des temps, comme l’ont craint certains théoriciens du complot, il a bien marqué le début d’une nouvelle ère dans le commerce mondial.

Une invention de l’industrie alimentaire

Si le monde a beaucoup changé depuis le milieu des années 1970, le code universel des produits (UPC), auquel la plupart des gens pensent lorsqu’ils entendent le mot « code-barres », est lui resté le même. Le code scanné pour la première fois sur un paquet de chewing-gum le 26 juin 1974 est fondamentalement identique aux milliards de codes-barres scannés dans les magasins du monde entier aujourd’hui.

Ce premier scan était l’aboutissement d’années de planification de la part de l’industrie alimentaire américaine. À la fin des années 1960, les coûts de main-d’œuvre augmentaient rapidement dans les épiceries et les stocks devenaient de plus en plus difficiles à suivre. Les dirigeants du secteur espéraient que le code-barre les aiderait à résoudre ces deux problèmes, et ils ont eu raison.

Au début des années 1970, le secteur a donc créé un comité chargé d’élaborer la norme de données UPC et a choisi le symbole du code-barre IBM parmi une demi-douzaine d’autres modèles. Cette norme et ce symbole sont toujours en vigueur.

D’après les notes de réunion que j’ai trouvées dans le fonds d’archives George Goldberg de la Stony Brook University, les personnes qui ont mis au point le système UPC avaient certes le sentiment de faire un travail important. Ils ne se doutaient cependant pas qu’ils étaient en train de créer quelque chose qui leur survivrait longtemps. Les estimations optimistes de l’industrie alimentaire prévoyaient que moins de 10 000 entreprises utiliseraient un jour les codes à barres.

Et la numérisation du premier code-barre UPC n’a donc guère retenu l’attention à l’époque. Quelques journaux ont publié de courts articles à ce sujet, mais sans en faire la Une. L’importance des codes-barres n’est apparue que des années plus tard, lorsqu’ils sont devenus l’une des infrastructures de données numériques les plus performantes de tous les temps.

Une révolution logistique

Les codes-barres n’ont pas seulement modifié l’expérience d’achat à la caisse : ils ont aussi permis d’améliorer considérablement le suivi des stocks. Plus facile avec eux de repérer les articles qui se sont bien vendus pour un réapprovisionnement rapide ! C’est aussi de l’espace gagné en rayon pour chaque produit. Comme l’a écrit l’expert en codes-barres Stephen A. Brown, ces gains de place ont permis une prolifération rapide de nouveaux produits. C’est grâce aux codes-barres que votre épicerie peut vendre 15 types de dentifrices parfois difficiles à distinguer. De même, les supermarchés d’aujourd’hui n’existeraient probablement pas sans l’énorme quantité de données d’inventaire produites par les systèmes de codes-barres. Comme l’affirme autrement Sanjay Sharma, professeur au MIT :

« Si les codes-barres n’avaient pas été inventés, l’agencement et l’architecture du commerce auraient été entièrement différents. »

Le code-barre moderne est né dans le secteur de l’épicerie, mais il s’y est pas limité longtemps. Au milieu des années 1980, le succès du système UPC a encouragé d’autres secteurs à s’y intéresser. En l’espace de trois ans, Walmart, le ministère de la Défense et l’industrie automobile américaine ont par exemple commencé à l’utiliser pour suivre les chaînes d’approvisionnement. Les sociétés privées de transport maritime s’y sont également mises pour capturer les données d’identification. FedEx et UPS ont même créé leurs propres symboles de codes-barres.

Comme l’a expliqué le sociologue Nigel Thrift, à la fin des années 1990, les codes-barres étaient devenus « un élément crucial de l’histoire de la nouvelle façon d’appréhender le monde ». Ils ont contribué à une mondialisation rapide qu’il serait difficile d’imaginer si les codes-barres n’existaient pas.

Derrière les technologies « ennuyeuses »

En tant que chercheur qui s’est intéressé à cette histoire au point de se faire tatouer sur le bras le code-barre de l’International Standard Book Number de mon dernier livre, le passage silencieux du 50e anniversaire du code-barre me semble presque poétique. J’ai grandi dans un monde où les codes-barres étaient omniprésents. Ils figuraient sur tous les produits que j’achetais, les billets de concert que je scannais, les colis que je recevais.

Le bras de l’auteur, tatoué du code-barre de son ouvrage. Stevie Edwards

Comme la plupart des gens, j’y ai rarement pensé, malgré – ou peut-être à cause de – leur omniprésence. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à faire des recherches pour mon livre que j’ai réalisé comment un code-barre sur un paquet de chewing-gum avait déclenché une chaîne d’événements qui a transformé le monde.

Depuis des décennies, les codes-barres sont un outil de travail qui fonctionne en arrière-plan de nos vies. L’homme moderne les scanne un nombre incalculable de fois par jour, mais nous y pensons rarement parce qu’ils ne sont pas tape-à-l’œil et qu’ils fonctionnent tout simplement – la plupart du temps, en tout cas. Ils nous rappellent que les technologies apparemment ennuyeuses sont souvent bien plus intéressantes et conséquentes que la plupart des gens ne le pensent.The Conversation

Jordan Frith, Pearce Professor of Professional Communication, Clemson University

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Ces télescopes intelligents qui révolutionnent l’observation astronomique

 

unistellar

La 34e édition des Nuits des étoiles s’achève ce dimanche soir mais c’est bien pendant tout le mois d’août que l’on peut lever les yeux au ciel pour observer les étoiles. Ou alors les poser sur les lunettes de télescopes qui, ces dernières années, ont fait leur petite révolution en devenant « connectés ».

Des observations accessibles même depuis les centres urbains

Plusieurs sociétés fabriquent ainsi des télescopes d’un nouveau genre, beaucoup plus simples d’accès pour le grand public qui peut observer et prendre de spectaculaires photos du ciel en pilotant les appareils simplement avec une tablette ou un smartphone. Et parmi ces sociétés, les Français sont plutôt bien placés.

Ainsi, la société Unistellar, qui est partenaire des Nuits des étoiles. Unistellar a développé de nombreuses technologies et algorithmes qui atténuent la pollution lumineuse urbaine, ce qui rend l’observation des nébuleuses et galaxies accessible même depuis les centres urbains, sans nécessiter d’expérience préalable.

Les télescopes intelligents affichent les vues célestes en temps réel à travers l’oculaire ou directement sur un smartphone ou une tablette, et non pas une capture d’images comme le font d’autres télescopes. En fonction des modèles on pourra réaliser des observations dont le pouvoir de résolution ira de la division de Cassini de Saturne (région des anneaux de Saturne qui sépare les anneaux A et B de la planète) jusqu’à la grande tache rouge de Jupiter.

Les télescopes d’Unistellar pèsent entre 4 et 7 kg selon les modèles et sont aisément transportables. Ils coûtent entre 2 299 et 4 499 €. Le projet « Unistellar Network Investigating TESS Exoplanets (UNITE) » fait partie des grandes initiatives de science participative de la NASA depuis décembre 2022.

Un télescope de poche avec son smartphone

Autre société présente sur ce secteur, les Héraultais de Vaonis, fondée en 2016 à Clapiers, qui proposent des télescopes intelligents de 1499 à 2799 €. « Nous avons complètement repensé ce que vous pouvez imaginer d’un télescope : un seul bouton, aucun oculaire, et une application mobile. Nous avons créé ce que nous appelons des stations d’observation, une combinaison parfaite entre un télescope et un appareil photo, vous permettant d’explorer l’Univers, prendre vos propres photos de galaxies, nébuleuses, amas d’étoiles », explique le PDG, Cyril Dupuy.

Vaonis

Vaonis veut d’ailleurs aller plus loin avec un nouveau modèle de télescope, Hestia, de la taille d’un gros livre et d’un poids de 850 grammes. Hestia fonctionne avec un smartphone dont il va remplacer l’objectif. Le projet, récompensé au CES de Las Vegas cette année, est en cours de développement et a suscité un réel engouement en levant plus de 4,1 millions de dollars lors d’une campagne de financement participatif. Hestia a aussi comme argument son prix, de 249 à 399 €.

Astronomie : le télescope James-Webb continue ses prouesses

JamesWebb

Lancé le 5 décembre 2021 pour succéder au télescope Hubble, le télescope James-Webb n’en finit pas de ravir les scientifiques par la qualité de ses images et par ses capacités à observer l’Univers toujours plus loin et profondément. Ainsi, fin juillet, une équipe internationale d’astronomes a directement photographié une exoplanète (planète située en dehors de notre système solaire).
Epsilon Indi Ab est l’une des exoplanètes les plus froides à avoir été détectées directement

Située à environ 12 années-lumière de la Terre, la planète Epsilon Indi Ab est l’une des exoplanètes les plus froides observées à ce jour. Elle a plusieurs fois la masse de Jupiter et orbite autour de l’étoile de type K Epsilon Indi A (Eps Ind A), qui a environ l’âge de notre Soleil, mais légèrement plus froide. L’équipe a observé Epsilon Indi Ab à l’aide du coronographe du MIRI (Mid-Infrared Instrument) de James Webb. Seules quelques dizaines d’exoplanètes avaient jusqu’à présent déjà été directement photographiées par des observatoires spatiaux et terrestres.

Epsilon Indi Ab est l’une des exoplanètes les plus froides jamais photographiées directement. NASA


Epsilon Indi Ab est l’une des exoplanètes les plus froides à avoir été détectées directement, avec une température estimée à 35 degrés Fahrenheit (2 degrés Celsius), soit plus froide que toute autre planète photographiée au-delà de notre système solaire, et plus froide que toutes les naines brunes flottantes sauf une. . Cette observation offre une rare opportunité aux astronomes d’étudier la composition atmosphérique de véritables analogues de notre système solaire. "Les astronomes imaginent des planètes dans ce système depuis des décennies. Les planètes fictives en orbite autour d’Epsilon Indi ont été les sites d’épisodes, de romans et de jeux vidéo de Star Trek comme Halo. C’est passionnant de voir une planète par nous-mêmes et de commencer à mesurer ses propriétés", a raconté Caroline Morley de l’Université du Texas à Austin.

Parmi les récents travaux scientifiques utilisant James Webb on peut aussi citer l’enquête sur les levers et couchers de soleil éternels sur un monde lointain, la capture d’un feu d’artifice céleste autour d’une étoile en formation ou des images spectaculaires de galaxies en interaction qui ont marqué le deuxième anniversaire de James Webb.

Visualisation 3D des Piliers de la création

Si l’intérêt du télescope pour les scientifiques est évident, il intéresse aussi le grand public qui se régale d’images aussi spectaculaires que poétiques. La NASA et ses partenaires viennent d’ailleurs de publier une nouvelle visualisation 3D des "Piliers de la création", ces immenses amas de poussière interstellaire capturés en 1995 par le télescope Hubble mais dont James Webb avait livré des photos infiniment plus détaillées.


"La nouvelle visualisation aide les téléspectateurs à découvrir comment les télescopes spatiaux les plus puissants du monde travaillent ensemble pour fournir un portrait plus complexe des piliers. Hubble voit des objets qui brillent dans la lumière visible à des milliers de degrés. La vision infrarouge de Webb, qui est sensible aux objets plus froids avec des températures de quelques centaines de degrés seulement, perce la poussière obscurcissante pour voir les étoiles incrustées dans les piliers", explique la NASA. "Cette vidéo, qui utilise les données des télescopes spatiaux Hubble, James Webb et Spitzer de la NASA, ainsi que de l’observatoire à rayons X Chandra, est le film multi-longueurs d’onde le plus complet et le plus détaillé à ce jour sur ces nuages qui donnent naissance à des étoiles."



Astronomie : ce week-end, rendez-vous avec les Nuits des étoiles

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C’est un rendez-vous populaire que les Français sont de plus en plus nombreux à suivre et qui est à l’image de celui qui en fut l’un des inventeurs et le parrain fidèle, l’astronome Hubert Reeves, savant et vulgarisateur hors pair. Les Nuits des étoiles 2024 se déroulent ce week-end et rendront d’ailleurs hommage au célèbre scientifique à la barbe blanche, disparu en octobre 2023.

Depuis 1991, le succès de cette manifestation ne se dément pas car elle a su mêler la rigueur scientifique à la curiosité des Français, portant haut une vulgarisation scientifique qu’il est capital de développer face à toutes les fake news qui inondent les réseaux sociaux.

Offrir au grand public de mieux comprendre le ciel

Les Nuits des étoiles justement proposent de lever le nez de son smartphone et de se laisser saisir par la beauté de l’Univers. Saturne, Mars, Jupiter et ses satellites Io, Europe, Ganymède et Callisto, Vega, Deneb et Altaïr, la voie lactée, la galaxie d’Andromède et la pluie d’étoiles filantes des Perséides… Autant de noms qui font rêver petits et grands et que lon va pouvoir observer dans le ciel partout en France grâce à la mobilisation de scientifiques et de bénévoles.

Organisées par l’Association française d’astronomie (AFA) avec le soutien, notamment, du CNRS, du CNES et de nos confrères du magazine Ciel & Espace, ces Nuits des Étoiles proposent, en effet, plus de 500 manifestations. En 2023, 533 événements avaient été organisés durant lesquels 3 890 animateurs et organisateurs locaux avaient accueilli 151 490 personnes sur le terrain.

unistellar

« L’objectif des Nuits des étoiles est d’offrir au grand public la possibilité de mieux comprendre le ciel et les signaux qu’il nous transmet. De plus, les Nuits permettent de mieux percevoir la place de l’homme dans notre Univers et pour nous, citoyens, mieux saisir l’importance de la préservation de notre planète », expliquent les organisateurs.

Du festival de Fleurance à la Cité de l’Espace de Toulouse

L’Occitanie, où se trouvent Toulouse, la capitale de l’aéronautique et de l’espace, mais aussi l’observatoire du Pic du Midi, est évidemment particulièrement sensible aux Nuits des étoiles et à l’astronomie. La Cité de l’Espace de Toulouse propose ainsi une multitude d’activités ce vendredi de 20 heures à minuit (sur inscription sur www.cite-espace.com).

La région a même joué les avant-premières avec le 34e festival d’astronomie de Fleurance, dans le Gers, qui s’est ouvert le 2 août dernier avec une Nuit des étoiles. Mais ce sont surtout les conférences de scientifiques ouvertes à tous qui ont fait la marque de ce festival hors norme. Le moment phare de cette semaine aura été le Marathon des sciences, soit 12 conférences qui se succèdent de midi à minuit pour aborder un grand sujet de science ou de société ; cette année, c’était l’infini.

Les 34es Nuits des étoiles ce week-end proposeront de l’explorer avec les bénévoles mais aussi tout simplement de chez soi. L’Association française d’astronomie met en effet, à disposition, gratuitement sur son site internet, un programme de veillée aux étoiles, permettant d’observer le ciel depuis chez soi, avec ou sans instrument durant le mois d’août.

Une belle façon de confirmer ce que disait le mathématicien Henri Poincaré : « L’astronomie est utile, parce qu’elle nous élève au-dessus de nous-même ; elle est utile, parce qu’elle est grande ; elle est utile, parce qu’elle est belle… »

Toutes les informations sur les Nuits des étoiles sont sur le site de l’AFA www.afastronomie.fr et la carte du ciel à télécharger (PDF)

Astronomie : zoom sur les origines des planètes et de la vie à l’occasion des Nuits des étoiles

 

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La 34e édition 2024 des Nuits des étoiles a pris pour thème la quête des origines. Un thème presque naturel puisqu’en observant le ciel, scientifiques et grand public ne peuvent pas ne pas se poser la question de savoir si nous sommes seuls dans l’Univers. Et en corollaire comment la vie est-elle apparue sur Terre et a-t-elle pu se développer sur d’autres planètes ?

« Les progrès de l’astronomie aidant, le sentiment général est que nous n’avons jamais été aussi prêts à découvrir les signes d’une activité biologique sur une autre planète que la Terre. Que ce soit dans les couches sédimentaires de la planète rouge – où l’on en recherche les traces fossiles – ou dans l’atmosphère d’une exoplanète éclairée par son étoile, l’armada de sondes, de satellites et de télescopes spatiaux et terrestres dédiés laisse penser que la quête est proche d’aboutir », estime l’Association française d’astronomie, qui donne un coup de projecteur sur le Programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR) « Origins » porté par le CNRS.

Lancé en mars 2023 et financé par le plan d’investissements France 2030, le PEPR « vise à répondre à des défis technologiques essentiels pour avancer dans la recherche sur les origines des planètes et de la vie. »

140 chercheurs mobilisés

L’an denier, dix-sept premiers projets instrumentaux ont ainsi été lancés. « Comprendre l’origine de la vie, découvrir et caractériser d’autres Terres sont des objectifs scientifiques fondamentaux, en plein essor sur la scène internationale », assure le CNRS qui espère que les quelque 140 chercheurs permanents mobilisés permettront de « lever des verrous technologiques précisément identifiés pour permettre des avancées décisives ».

Six axes de recherche d’excellence nationale ont ainsi été définis : imagerie directe et caractérisation d’exoplanètes ; analyse chimique et isotopique des matériaux primitifs ; étude de la Terre comme planète habitable ; expériences et bio-analyses : émergence de la vie ; simulations et analyse de données par calcul intensif et intelligence artificielle (IA) ; et approche en sciences humaines et sociales.

Le projet COSMO-SAT vise à l’analyse d’échantillons terrestres et extraterrestres.

« La levée de ces verrous s’accompagnera de multiples retombées à moyen et long terme sur le savoir-faire technologique national et, par conséquent, sur l’économie du pays, la santé, l’environnement, et contribuera à la compétitivité nationale », assure le CNRS qui n’en oublie pas moins un aspect important du projet PEPR : communiquer vers le grand en soutenant des publications – un hors-série de Ciel & Espace paru en avril – ou des manifestations comme les Nuits des étoiles.