Par Hugo Spring-Ragain , Centre d'études diplomatiques et stratégiques (CEDS) L’intelligence artificielle ne détruit pas tant des emplois qu’elle modifie profondément les compétences nécessaires pour les accomplir. De cette confusion entre emploi et compétences risquent de naître des erreurs dans les politiques d’accompagnement des mutations en cours. Chaque grande vague technologique a produit son lot de prédictions contradictoires sur l’emploi. L’intelligence artificielle (IA) ne fait pas exception. Mais avant de savoir combien d’emplois l’IA va créer ou détruire, il faudrait s’accorder sur ce qu’elle automatise réellement. La réponse oblige à distinguer trois notions que le débat public confond régulièrement : l’emploi, la compétence et la tâche. Les grandes vagues d’automatisation ont suivi une logique remarquablement stable en deux siècles : vapeur, électricité, robotique industrielle ont déplacé les tâches physiques répétitives et épargné le travail...
Trente-cinq ans après leur expédition mythique, l’appel des héros de la Transantarctica pour les pôles
C’était il y a trente-cinq ans. Six hommes de six nationalités différentes réalisaient l’impensable : traverser l’Antarctique. Cette expédition hors normes, la Transantarctica, a été réalisée en sept mois du 25 juillet 1989 au 3 mars 1990 par l’Américain Will Steger, le Japonais Keizo Funatsu, le Britannique Geoff Somers, le Russe Viktor Boyarsky, le Chinois Dahe Qin, et le Français Jean-Louis Etienne. Le médecin tarnais, surnommé Papy Pôle, fut le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire le 14 mai 1986 et eut l’idée de cette nouvelle expédition avec Will Steger. Pendant sept mois, les explorateurs vont parcourir 6 300 km sur la plus grande diagonale du Continent blanc, tractés par trois attelages de douze chiens de traîneau. Les conditions sont dantesques – des vents jusqu’à 125 km/h, des températures descendant jusqu’à – 40 °C – mais tous tiennent bon. Dans le contexte géopolitique particulier de la fin des années 80 où l...