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Salon de l'Agriculture : le numérique, un allié précieux pour les agriculteurs

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Si certains ont encore de l’agriculture l’image d’un secteur qui serait bloqué dans le passé et rétif à la modernité, le salon de l’agriculture va vite les démentir. Car au fil des ans, on voit que les agriculteurs sont de plus en plus utilisateurs de technologies numériques, devenues des alliées précieuses pour faciliter et améliorer leur travail.

« Le numérique dans l’agriculture s’est déployé depuis longtemps dans les exploitations agricoles avec l’adoption de nouvelles technologies, de matériels embarqués et d’outils de traçabilité au service de l’agriculture de précision et prévision », explique le SIA, qui dispose d’un stand AGRI’TECH de plus en plus fourni. De fait, selon une étude de la « French AgriTech », trois quarts des 813 000 agriculteurs et salariés agricoles possèdent au moins un outil robotisé.

215 start-up et entreprises référencées sont dans le domaine de l’AgriTech et de la FoodTech

Une majorité utilise internet dans le cadre de leur profession (81 %) et mobilise des applications sur smartphone et les réseaux sociaux pour échanger sur leurs activités (85 %). Et la moitié utilise des systèmes GPS pour améliorer la précision de ses travaux. Et pour répondre aux besoins des agriculteurs, tout un écosystème s’est développé : 215 start-up et entreprises référencées sont dans le domaine de l’AgriTech et de la FoodTech.

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La France est le premier pays de l’Union européenne en termes de levées de fonds pour l’AgriTech et la FoodTech et le 5e mondial (562 millions d’€ de fonds levés en 2020). Les solutions digitales permettant d’accompagner les agriculteurs dans leurs transitions environnementales, dont celle de la gestion des sols et de la biodiversité, seront particulièrement mises en valeur.

Au Salon de Paris, la France en pointe dans le numérique pour l’agriculture

 

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Robots de Naïo Technologies.

Le salon de l’agriculture qui s’est ouvert hier à Paris est l’occasion pour les Français, particulièrement après la pandémie de Covid-19, de redécouvrir les animaux de la plus grande ferme du monde, d’apprécier les produits des régions de France dont ceux de l’Occitanie et d’aller à la rencontre des agriculteurs et de leur savoir-faire.

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C’est aussi l’occasion de mesurer combien l’agriculture a changé notamment avec l’apport du numérique. Le 30 août dernier, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, et le secrétaire d’État au numérique, Cédric O, ont initié une dynamique afin d’encourager la structuration de la « French AgriTech », ce mouvement qui regroupe quelque 215 start-up spécialisées dans les outils numériques au service de l’agriculture (AgriTech) et de l’agroalimentaire (FoodTech).

Des robots toulousains

« Les trois quarts [des 824 000 agriculteurs] possèdent au moins un outil robotisé. Une majorité utilise internet dans le cadre de leur profession (81 %) et mobilise des applications sur smartphone et les réseaux sociaux pour échanger sur leurs activités (85 %). La moitié utilise des systèmes GPS pour améliorer la précision de leurs travaux », relève le ministère de l’Agriculture qui a lancé des projets dans le cadre du plan d’investissements France 2030 en plus des 200 M€ sur cinq ans du 4e Programme d’investissements d’avenir (PIA 4). Parmi les appels à projets, on trouve le développement des protéines végétales ou le financement des préséries de robots agricoles.

L’AgriTech et la FoodTech proposent d’ores et déjà des innovations concrètes au service des agriculteurs, de l’industrie agroalimentaire et des consommateurs. On peut citer Weenat, qui propose aux agriculteurs des solutions de suivi en temps réel des conditions agro-météorologiques de leurs parcelles ; Baqio, une solution de gestion commerciale spécialisée vin et alcool 100 % en ligne utilisée par des producteurs de toutes les régions viticoles.

L’Occitanie joue un rôle moteur avec notamment Naïo, créée en 2011 par deux ingénieurs en robotique, Gaëtan Séverac et Aymeric Barthes, qui propose un robot désherbeur guidé par GPS, un robot enjambeur viticole ou encore un robot assistant agricole pour les tâches chronophages et pénibles. Plus de 200 robots agricoles Naïo travaillent dans le monde.


Le compteur d’abeilles BeeLive

La start-up toulousaine BeeGuard présentera une innovation majeure pour l’apiculture : un compteur d’abeilles, qui vient s’ajouter au système ApiAlert. Baptisé BeeLive, le compteur repère les abeilles par vidéo embarquée et permet de quantifier, en continu, la pression chimique et l’impact de la pollution sur un écosystème.

« Grâce à l’analyse de la mortalité journalière des abeilles et à la mesure de la disponibilité du bol alimentaire, BeeLive offre une vision globale de la santé environnementale dans un rayon de 3 km », précise la société créée par Christian Lubat qui travaille dans 12 pays.

Utilisons des technologies innovantes pour nourrir notre population croissante


agriculture


Par Claire Kago, Channel & Inside Sales Manager France chez Paessler AG

D’ici l’année 2050, il pourrait y avoir pas moins de 10 milliards de personnes vivants sur Terre. Pour parvenir à tous les nourrir, nous aurons besoin de multiples technologies, comme l’IoT et la supervision.

La demande mondiale de biens alimentaires est en hausse. D’après McKinsey, si la tendance actuelle se poursuit, le besoin en calorie augmentera de 70% d’ici 2050, ce qui se traduira par un besoin en denrées agricoles pour la consommation humaine et animale en augmentation d’au moins 100%. Cette demande façonne déjà notre agriculture d’une manière dont nous n’avions jamais été témoins auparavant. Comment dès lors développer des pratiques agricoles plus durables pour garantir cet approvisionnement alimentaire ?

A l’instar de technologies telles que la blockchain ou l’intelligence artificielle, l’Internet des Objets (IoT - Internet of Things) révolutionne le monde de l’IT. L’agriculture est un secteur qui n’est pas étranger à la technologie, et en particulier à l’IoT. En permettant à des objets intelligents de se connecter les uns aux autres et au monde extérieur via Internet, il devient en effet possible d’opter pour une approche plus perspicace de l’agriculture. Les capteurs et processeurs permettent ainsi aux agriculteurs de s’adapter en temps réel. De quelle façon utilisent-ils cet IoT mais aussi la supervision qui sert à le surveiller ?

Agriculture of Things


L’IoT peut être adopté dans les pratiques agricoles de nombreuses manières. L’un des exemples intéressants est l’agriculture de précision (PFT - Precision Farming Technologies), une méthode qui a pour objectif la gestion des terres cultivables de façon ciblée et différenciée sur le terrain.

Elle peut également très bien fonctionner avec une exploitation de bétail. En mettant en œuvre des technologies d’agriculture de précision, il devient en effet possible pour l’éleveur de superviser chaque animal de son exploitation, et ainsi de surveiller sa température, son niveau de nutrition, l’avancée d’une maladie ou son stress. Cela permet aux éleveurs de détecter les animaux en souffrance, de les soigner et de les remettre en forme plus rapidement. 

Chaque agriculteur supervisera différentes choses, selon le bétail qu’il élève, mais l’idée reste la même : les capteurs IoT fournissent des informations en temps réel sur chaque animal, garantissant ainsi le bien-être du bétail, sa longévité et donc une perte de production minimisée.

Un autre exemple d’utilisation de l’IoT en agriculture est la technologie à taux variable (VRT - Variable Rate Technology). Cette approche est similaire à celle de l’agriculture de précision, mais au lieu de recueillir des mesures sur le bétail ou les cultures, elle se focalise sur le travail du sol selon les spécificités du terrain, à l’aide de systèmes de positionnement global différentiels.

Les vignobles intelligents


Les vignobles intelligents, aux sols plus fertiles et donnant finalement un meilleur vin, sont un bon exemple pour présenter les technologies intelligentes en jeu dans le monde de l’agriculture. Afin que les vignobles puissent continuer à prospérer de manière durable, les viticulteurs doivent être conscients de l’impact que le réchauffement climatique a sur la viticulture. En d’autres termes, il leur faut se préparer aux changements météorologiques rapides et aux conditions extrêmes.

C’est pourquoi nous voyons aujourd’hui de plus en plus de viticulteurs qui s’appuient sur des capteurs répartis dans leurs vignobles. Ces capteurs sont en capacité d’envoyer vers des plateformes cloud des données environnementales, des images de drones et des informations sur la composition des feuilles de vigne. Grâce à l’analyse de l’ensemble de ces données et à leur  visualisation, les viticulteurs peuvent établir des prévisions sur l’état du vignoble et donc planifier leur travail au quotidien de façon plus simple. L’IoT leur permet ainsi de savoir que leurs vignes et leurs raisins sont bien protégés et au final d’avoir l’esprit plus tranquille.

L’hydroponie assistée par la supervision 


L’IoT n’est pas la seule technologie innovante qui s’avère nécessaire aujourd’hui. L’hydroponie, l’art de cultiver hors-sol des plantes avec principalement de l’eau est par exemple une autre approche adoptée. 

Les bénéfices de cette méthode sont nombreux : consommation d’eau réduite (2 litres d’eau pour une salade contre 20 à 30 litres avec la production traditionnelle), exploitation optimale du potentiel génétique des espèces de plantes, meilleur contrôle de l’apport en éléments nutritifs, rendement et qualité améliorés, croissance plus courte pour certaines plantes, utilisation plus raisonnée de l’espace disponible, économie considérable d’engrais, voire renonciation totale, et sans utilisation d’herbicides.

Cette méthode de culture a prouvé sa simplicité autant que son efficacité, mais pour garantir son succès, l’utilisation de la technologie de supervision peut s’avérer cruciale, particulièrement pour la qualité de l’eau (conductivité et pH) et les lumières artificielles. L’hydroponie, parmi d’autres concepts prometteurs, peut représenter une solution pour nourrir la population dans le futur.

Travailler plus intelligemment, pas travailler plus


Être plus intelligent dans notre approche de l’agriculture est plus important que jamais. Les consommateurs deviennent de plus en plus critiques et se posent des questions sur ce qu’ils consomment. Les agriculteurs doivent donc bien comprendre que les technologies comme l’IoT ne les soustraient pas à leurs responsabilités sociétales. 

Des méthodes non durables précédemment utilisées, telles que de mauvaises pratiques d’irrigation, ont contribué à la perte d’environ un quart des terres utilisées pour l’agriculture au cours des 25 dernières années. Pour mettre cela en perspective, cela signifie que tous les quatre ans et demi, une région de la taille de la France est perdue au profit des déserts. Sachant que la population mondiale a augmenté d’environ deux milliards de personnes au cours de la même période.

Les actions que nous entreprenons aujourd’hui sont déterminantes pour la mise en œuvre de changements positifs et pour nous assurer un avenir plus durable. Les industries agricoles du monde entier ont ainsi la nécessité d’utiliser les ressources technologiques qui sont à leur disposition. La France se doit d’être en première ligne de cette modernisation, en tant que première puissance agricole européenne, avec une production estimée à 72 milliards d’euros, et qui a souffert d’étés particulièrement secs en 2018 et 2019.

L’IoT est un concept moderne mais si les mentalités des agriculteurs ne sont pas tout autant progressistes, l’agriculture ne pourra pas en profiter. L’agriculture intelligente ne rendra pas toute seule les gens et les animaux plus heureux, car comme toujours, tout le potentiel d’une technologie réside entre les mains de ceux qui l’utilisent.

L’intelligence artificielle va-t-elle mener l’élevage à la baguette ?

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A l'étable. Pexels
Par Nathalie Devillier, Grenoble École de Management (GEM)


L’IA est le nouvel eldorado des GAFAM dans l’objectif d’alimenter leurs modèles économiques aux dépens des usagers (voir par exemple le « 10 years challenge » de Facebook). Lesquels perdent du même coup le contrôle de leurs données. Comment alors garantir que les données de l’agriculture de précision profitent à ceux qui les génèrent ? Les éleveurs 3.0 doivent être vigilants sur le partage de leurs données agricoles.

Qu’est-ce que l’agriculture de précision ?

L’agriculture de précision (smart farming) se développe avec plusieurs finalités : surveillance, protection et prévention en santé. Par exemple, prévenir la propagation des maladies en surveillant la toux des porcs, gérer plus tôt les périodes de quarantaine en cas d’épidémie, identifier plus précisément et plus rapidement un éventuel foyer d’infection. L’analyse en temps réel des données de comportement alimentaire et d’abreuvement permet de prédire si l’animal nécessite un suivi particulier. Dans le cadre d’une ferme autonome, les conditions de température et d’humidité de l’élevage sont analysées et la croissance des animaux observées pour déterminer à quel moment les expédier aux abattoirs.
Les technologies utilisées sont notamment la vision artificielle (par ordinateurs via caméras), la reconnaissance vocale (détection des cris pour lutter contre la mortalité des porcelets écrasés par leurs mères), les capteurs de température infrarouges puis le recoupement de ces données avec celles relatives aux déplacements issus de GPS. D’autres données sont générées par des drones et des machines autonomes équipées de multiples capteurs.
L’Asie est pionnière dans ce secteur. La Chine surveille ses cochons et la Corée ses poules grâce aux nouvelles technologies. On se souvient qu’en 2016, la Corée avait dû éliminer 33 millions de poulets suite à une épidémie du virus H5N6.

Une explosion de données agricoles

Les données ainsi collectées sont de nature très diverse : les stocks vivants, le terrain, les données agronomiques, ou sur le climat, les machines, les données financières et de conformité. Certaines sont des données à caractère personnel, d’autres sont dites sensibles, mais beaucoup sont d’ordre confidentiel pour le prestataire de services et le fournisseur des équipements agricoles. Ces données ont donc une importance économique pour les agriculteurs, les éleveurs et pour toute la chaîne de valeur.
Or, ces échanges croissants de données posent des challenges majeurs pour le secteur agro-alimentaire européen. Il pose des questions sur la protection des données, la propriété intellectuelle, l’attribution des données (souvent appelée à tort « propriété »), les relations de confiance et de pouvoir, le stockage, la durée de conservation, l’utilisation des données et leur sécurité. Les risques sont nombreux du point de vue de celui qui génère ces données : mésusage, pratiques commerciales déloyales, violation de droit de propriété intellectuelle… C’est bien pour cela que les agriculteurs et les éleveurs doivent être vigilants sur le partage de leurs données.
L’Internet des objets et le développement de l’intelligence artificielle se heurtent jusqu’à présent aux réglementations nationales visant à localiser les données dans une zone géographique ou un territoire précis à des fins de traitement des données ; ou à des exigences d’utiliser des moyens techniques qui sont certifiés ou agréés par un État membre en particulier. En même temps, la mobilité des données est freinée par des pratiques de fournisseurs qui rendent les utilisateurs captifs sur le plan technologique ou économique ce qui les dissuade de changer de prestataire.

Un marché unique numérique des données non personnelles

Les données à caractère non personnel incluent par exemple les données générées par des machines ou les données commerciales. Il peut par exemple s’agir d’ensembles de données agrégées utilisées pour l’analyse des méga-données, de données sur l’agriculture de précision qui peuvent aider à contrôler et à optimiser l’utilisation des pesticides et de l’eau, ou encore de données sur les besoins d’entretien des machines industrielles.
Ces données sont régies par le nouveau règlement européen adopté en novembre 2018 visant justement à éliminer les obstacles à la libre circulation de ces données.
Entré en vigueur en décembre dernier, ce texte permet de dynamiser l’économie des données et le développement de technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle, les produits et les services en lien avec l’Internet des objets et les systèmes autonomes et la 5G soulevant de nouvelles questions juridiques quant à l’accès aux données et à leur réutilisation, à la responsabilité, à l’éthique et à la solidarité.
Le règlement s’applique aux « ensembles de données agrégées et anonymisées utilisées pour l’analyse des mégadonnées, les données sur l’agriculture de précision qui peuvent aider à contrôler et à optimiser l’utilisation des pesticides et de l’eau, ou encore les données sur les besoins d’entretien des machines industrielles ». Il concerne aussi les données relatives aux personnes morales (financières ou d’exploitation), ou encore celles relatives à des produits.
Ce nouveau règlement permet de créer un marché unique numérique en interdisant les restrictions de localisation de données et en fixant le principe de libre accessibilité des données par les autorités nationales. Il prévoit la mise en place d’une politique de portage de ces données par la Commission européenne grâce à des codes de conduite en déterminant ses modalités : procédures, exigences techniques, délais et coûts, formats et supports de données disponibles, configurations informatiques requises et bande passante minimale du réseau, délai à prévoir avant le lancement de la procédure, durée pendant laquelle les données resteront accessibles, et les garanties d’accès aux données en cas de faillite du prestataire.
Ce texte entrera en application le 18 juin 2019. Toutes les organisations doivent donc l’intégrer rapidement et l’appliquer avec le RGPD lorsque des données mixtes (à caractère personnel ou non) sont utilisées. Encore une nouvelle mission pour le délégué à la protection des données ! L’articulation de ce texte avec le RGPD fera l’objet de « Lignes directrices » publiées par la Commission européenne.

Un cadre juridique basé sur la liberté contractuelle

Puisque les données ne font pas l’objet d’un titre de propriété, les droits d’accès et d’usage sur celles-ci sont fixés par contrat entre les parties : l’initiateur des données (celui qui les génère lui-même ou demande à un prestataire de le faire), le prestataire de services, le ou les utilisateurs et les tierces parties. Les conditions de collecte, traitement et partage de ces données doivent y être clarifiées en fonction des besoins des parties.
Une compensation doit être prévue pour l’initiateur des données au titre de l’usage ou de l’exploitation qui en est faite. Ces contrats devraient comprendre un glossaire (termes et définitions), l’identification des finalités de collecte, traitement et partage des données, les droits et obligations des parties (y compris l’effacement et la sécurité des données et l’obligation pour le prestataire de notifier une faille de sécurité), l’identification du logiciel ou application utilisé, le stockage et les mécanismes de transparence pour de nouveaux usages des données. Il s’agit donc d’un contrat complexe où les questions relatives aux données sont stratégiques : quels accès ? Quels contrôles ? Faut-il les anonymiser ou les pseudonymiser ? Quid du portage ?
Les responsabilités engagées y seront clairement identifiées du point de vue de l’initiateur des données ainsi que la protection des secrets commerciaux, et les droits de propriété intellectuelle (conditions de licence) des différentes parties prenantes dans la chaîne de valeur sans oublier l’assurance.
Pour ce marché qui, d’après Research and Markets, atteindra 2,6 milliards d’ici 2025, les éleveurs 3.0 devront veiller à ne pas devenir des « vaches à lait » numériques et garantir la protection de leurs actifs.

Nous en avons débattu mi-février à l’occasion du colloque « L’IA au cœur de l’élevage ».The Conversation
Nathalie Devillier, Professeur de droit, Grenoble École de Management (GEM)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Le Toulousain WeFarmUp trace son sillon



Le toulousain WeFarmUp, plateforme de partage de matériels agricoles entre agriculteurs, continue à tracer son sillon. Le 20 mai dernier, la start-up a accueilli sa 1000e annonce de location de matériel sur sa plateforme, 8 mois seulement après son lancement.
"Sur les plus de 1 000 machines déposées : 35% concernent des matériels de travail du sol, 20% des tracteurs, 15% des matériels de fenaison et 10% des remorques", explique la société.

Cette plateforme, dont les locations sont assurées par Groupama, intéresse de plus en plus les coopératives agricoles qui souhaitent aider leurs adhérents à regagner de la compétitivité.

Ainsi, la coopérative Agrial vient de faire appel à WeFarmUp pour une opération de déploiement via ses 190 technico-commerciaux, pour permettre à ses adhérents de retrouver de la compétitivité en cette période de cours bas.

« Nous souhaitons promouvoir WeFarmUp auprès des adhérents d'Agrial, explique Eric Lesage, directeur Innovation, Recherche et Développement du groupe Agrial. La plateforme est un outil moderne qui vient compléter l'offre de matériels agricoles et de services de la coopérative et qui véhicule les valeurs de solidarité et de partage d'Agrial. »

Pour Laurent Bernède, co-fondateur de WeFarmUp, « le partenariat avec Agrial est gagnant-gagnant et cela confirme l'intérêt des agriculteurs pour le service WeFarmUp. Il va permettre à WeFarmUp de se déployer sur tout le territoire. De son côté, Agrial peut proposer une solution alternative et innovante pour l'équipement des agriculteurs à moindre coût. »

Les agricultures du futur sont déjà là



Qu’elle semble loin l’image du paysan rétif à tout progrès, trimant tout au long de l’année sur son tracteur ou à l’étable, loin des innovations de la ville. Certes, le métier d’agriculteur reste évidemment toujours difficile et très prenant, mais il est aujourd’hui l’un de ceux qui font le plus appel aux nouvelles technologies. Pour s’en rendre compte, il suffit de consulter le rapport que vient de rendre public l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Intitulé « Les agricultures du futur », ce document fait un point quasi exhaustif des nombreuses avancées technologiques et scientifiques qui se déploient aujourd’hui dans l’agriculture ; et répond à deux questions fondamentales : « Comment produirons-nous demain ? » et « Que mangerons-nous demain ? »

Dans le premier chapitre, l’Inra – qui disposera d’un vaste stand sur le Salon de l’agriculture – détaille l’action de ses unités de recherches. Par exemple pour modéliser les futurs territoires en mesurant les impacts des changements globaux sur l’agriculture et les territoires. Ainsi, les agriculteurs peuvent utiliser des systèmes de mesure embarqués sur des drones pour caractériser les surfaces en fonction de l’humidité des sols et du développement végétal. Des systèmes de mesures portatifs pour l’analyse des eaux par colorimétrie existent également tout comme la télédétection par satellite, par drones ou par avions, pour caractériser la composition organique des sols. Les drones sont également de la partie pour localiser de mauvaises herbes dans une parcelle cultivée et y envoyer un robot de désherbage localisé, guidé par GPS… À noter d’ailleurs qu’un robot jardinier, prénommé Oz, a été conçu par Naïo Technologies, une start-up toulousaine créée en 2011 et soutenue par l’Incubateur Midi-Pyrénées.




Les smartphones sont également devenus d’indispensables compagnons des agriculteurs. Ainsi, l’Inra a développé plusieurs applications mobiles dont une permettant de géolocaliser et référencer le comportement de certains insectes, afin d’échafauder des stratégies de protection.
Les nouvelles technologies bénéficient aussi aux éleveurs pour suivre au plus près les besoins de chaque animal (alimentation, santé, bien-être). Ainsi, des caméras 3D permettent de suivre la croissance de la vache laitière et d’ajuster son alimentation.

L’Inra travaille également pour guider les agriculteurs dans le choix des variétés de plantes les plus efficaces et les plus tolérantes aux stress abiotiques (sécheresse, températures élevées, etc.). Des outils qui permettent d’anticiper les changements climatiques du futur.

Les travaux de l’Inra concernent enfin ce que l’on trouvera demain dans notre assiette : les produits nouveaux mais aussi les circuits qui les y conduisent. Ainsi, l’Inra travaille sur un système d’étiquetage expérimental des produits sur les marchés ; mais aussi sur des truites nourries aux croquettes 100 % végétales, ou encore des volailles résistantes à la chaleur.