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IA, Google, TikTok… la recherche en ligne entre dans une nouvelle ère

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Les Français ne cherchent plus seulement sur Google. Sans détrôner le moteur de recherche, les intelligences artificielles génératives, les réseaux sociaux, les plateformes vidéo ou les marketplaces s'imposent progressivement comme de nouvelles portes d'entrée vers l'information. L'Observatoire 2026 des usages de la recherche en ligne d'Ipsos et Eskimoz décrit une profonde recomposition des habitudes numériques, où la visibilité ne suffit plus : c'est désormais la crédibilité qui devient le principal enjeu.

Google est-il en train de perdre son monopole sur la recherche en ligne ? Depuis l'irruption de ChatGPT à la fin de 2022, la question nourrit les débats du secteur numérique. L'Observatoire 2026 des usages de la recherche en ligne, publié par Ipsos et Eskimoz, invite pourtant à dépasser cette opposition devenue trop simpliste. Les moteurs de recherche demeurent ultra-dominants, mais ils ne sont plus les seuls points d'entrée vers l'information. La recherche sur Internet se fragmente et devient multiforme.

Les chiffres illustrent ce basculement. L'utilisation hebdomadaire des intelligences artificielles génératives bondit de 29 % à 52 % en un an, la plus forte progression observée par l'étude. Dans le même temps, les moteurs de recherche conservent une stabilité remarquable, avec 96 % d'utilisation hebdomadaire. Autrement dit, les IA ne remplacent pas Google ; elles s'ajoutent aux pratiques existantes.

Une spécialisation progressive des usages et un nouveau parcours numérique

Cette coexistence s'explique par une spécialisation progressive des usages. Les moteurs de recherche restent le réflexe privilégié pour trouver une information, rechercher un service ou localiser un lieu. Les plateformes vidéo, à commencer par YouTube, dominent toujours les tutoriels. Les marketplaces demeurent incontournables lorsqu'il s'agit d'acheter un produit. Les IA génératives, elles, occupent un autre espace : celui de la synthèse, de la comparaison, de la recommandation et de l'aide à la décision.

Un nouveau parcours numérique se dessine. L'utilisateur interroge une IA pour comprendre un sujet, comparer plusieurs offres ou obtenir une recommandation, avant de poursuivre ses recherches sur Google ou directement sur une plateforme d'achat. « L'IA oriente, les plateformes convertissent », résument les auteurs. Une évolution qui bouleverse les stratégies des entreprises : il ne suffit plus d'apparaître parmi les premiers résultats d'un moteur de recherche, encore faut-il être cité et recommandé par les assistants conversationnels.

Un Français sur deux utilise désormais régulièrement une IA générative

Cette révolution reste toutefois incomplète. Les usages progressent beaucoup plus vite que la confiance. Si un Français sur deux utilise désormais régulièrement une IA générative, seuls 20 % déclarent lui faire confiance pour la protection de leurs données. Les moteurs de recherche continuent, eux, de bénéficier d'une crédibilité nettement supérieure à celle des IA ou des réseaux sociaux. La légitimité reste donc un avantage concurrentiel décisif.

L'étude met également en lumière une double fracture. La première est générationnelle. Les 18-34 ans adoptent massivement les nouvelles formes de recherche, qu'il s'agisse des IA conversationnelles, de la recherche visuelle ou des réseaux sociaux. Les plus de 55 ans demeurent très attachés aux moteurs traditionnels. La seconde est territoriale. Si Google est utilisé partout, les habitants des grandes métropoles – et plus encore les Parisiens – expérimentent bien davantage les usages liés à l'intelligence artificielle que ceux des communes de moins de 20 000 habitants. Il ne s'agit plus d'une fracture d'accès au numérique, mais d'une fracture dans la vitesse d'adoption des innovations.

Au fond, la principale leçon de cette étude est que depuis vingt ans, la visibilité sur Google constituait la clé de l'économie du Web, mais demain, elle ne sera plus suffisante. À mesure que les réponses seront synthétisées par les IA, la bataille se jouera moins sur la capacité à être trouvé que sur celle d'être reconnu comme une source fiable. Dans cette nouvelle économie de l'information, la réputation pourrait bien devenir le nouveau référencement.