Commodore relance la guerre contre l’addiction numérique avec un téléphone à clapet sans réseaux sociaux
La marque historique de l’informatique Commodore fait son retour avec le Callback 8020, un téléphone à clapet conçu pour limiter les distractions numériques. Réseaux sociaux bloqués, navigateur absent et notifications réduites au strict minimum : l’appareil revendique une approche radicale du "digital minimalism".
L’impact des réseaux sociaux sur les mineurs devient un enjeu majeur dans le monde entier et de plus en plus de pays souhaitent les interdire aux moins de 15 ou 16 ans ou l’ont déjà fait, comme l’Australie, la France, les Émirats arabes unis, le Canada, le Royaume-Uni, etc. Réunis à Évian ce mois-ci, les dirigeants du G7 ont d’ailleurs lancé un appel commun pour renforcer la protection des enfants et des adolescents dans l’espace numérique contre les risques croissants auxquels ils sont exposés : contenus inappropriés, atteintes à la santé mentale, mécanismes favorisant l’addiction, cyberharcèlement, exploitation sexuelle ou encore radicalisation.
Le G7 appelle à une coopération renforcée entre les gouvernements, les plateformes numériques, les chercheurs, les systèmes éducatifs et les forces de l’ordre, avec un suivi régulier des progrès réalisés d’ici la fin de l’année. Mais en attendant, des solutions existent et Commodore, l’une des marques historiques de l’informatique grand public avec le Commodore 64, vient d’en proposer une originale : un téléphone à clapet… qui bloque les réseaux sociaux.
Éliminer les mécanismes qui favorisent les usages compulsifs
Baptisé Callback 8020, l’appareil veut répondre à la lutte contre la dépendance numérique, avec un credo simple : conserver les fonctions utiles d’un smartphone moderne tout en éliminant les mécanismes qui favorisent les usages compulsifs.
Le Callback 8020 se présente comme une solution intermédiaire entre le smartphone classique et le "dumbphone", ces téléphones volontairement limités. Au programme : appels, SMS, GPS, musique en streaming, appareil photo, partage de connexion Wi-Fi ou encore applications de messagerie comme WhatsApp, Signal ou Telegram. En revanche, les réseaux sociaux sont bloqués nativement. Les navigateurs web disparaissent également, tout comme les applications de productivité ou les outils professionnels jugés susceptibles de détourner l’utilisateur de l’essentiel.
Commodore affirme que ces restrictions sont intégrées directement au système grâce à une technologie propriétaire. L’objectif est d’empêcher le défilement infini de contenus (le scroll) et les sollicitations permanentes qui caractérisent les grandes plateformes sociales. Même l’écran extérieur du téléphone a été pensé dans cette logique : il n’affiche que l’heure, la date et le niveau de batterie, sans aucune notification.
L'appareil n'est pourtant pas rudimentaire
Le constructeur n’a pourtant pas conçu un appareil rudimentaire. Le Callback 8020 fonctionne sous Sailfish OS, un système d’exploitation Linux développé avec le concours de l’entreprise finlandaise Jolla. Commodore assure qu’il est capable d’exécuter plus de 99 % des applications Android via une couche de compatibilité, tout en restant indépendant des services Google.
La fiche technique comprend 64 Go de stockage extensible par carte microSD, un capteur photo Sony de 48 mégapixels, une radio FM, une prise casque de 3,5 mm ainsi qu’une double carte SIM. Le téléphone se limite toutefois à la 4G LTE.
Avec son format à clapet, son clavier physique T9 et ses coloris inspirés de l’univers Commodore, l’appareil multiplie les références aux années 1980 et au début des années 2000. Sonneries, jeux rétro pré-installés et éditions spéciales viennent renforcer cette dimension nostalgique.
Derrière ce projet se trouve Christian Simpson, connu sur YouTube sous le pseudonyme Peri Fractic. Après avoir repris les actifs restants de Commodore en 2025 et commercialisé une reproduction du Commodore 64, il signe ici le premier produit inédit de la nouvelle ère Commodore. Les précommandes doivent ouvrir le 30 juin à partir de 499,99 dollars, pour des premières livraisons attendues durant l’hiver.
Philippe Rioux