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Plus de 15 700 satellites actifs : Starlink représente désormais près des deux tiers de l’orbite terrestre

 

starlink

Le troisième baromètre trimestriel du spatial publié par Look Up en partenariat avec Le Point confirme l’accélération de la densification de l’orbite terrestre basse. Avec 15 711 satellites actifs recensés, un nouveau seuil historique est franchi. Derrière cette croissance, la domination de Starlink se renforce, tandis que la Chine poursuit une montée en puissance rapide. L’Europe, elle, marque le pas.

Un nouveau cap vient d’être franchi dans la conquête de l’orbite terrestre. Selon la troisième édition du Baromètre trimestriel du spatial réalisée par Look Up en partenariat avec Le Point, 15 711 satellites actifs sont désormais recensés autour de la Terre. Trois mois plus tôt, lors de la précédente édition, ils étaient 14 389. Cette progression confirme une tendance désormais installée : l’accélération continue de la densification de l’espace proche de notre planète.

Le nombre de satellites multiplié par près de huit en sept ans

Le phénomène apparaît encore plus spectaculaire lorsqu’il est observé sur une période plus longue. Début 2019, moins de 2 000 satellites étaient en service. En sept ans, leur nombre a ainsi été multiplié par près de huit. L’orbite terrestre basse s’impose progressivement comme une infrastructure stratégique mondiale au service des télécommunications, de l’observation de la Terre, de la défense ou encore de l’économie numérique.

Cette croissance ne concerne pas uniquement les satellites opérationnels. Les données collectées et traitées par la plateforme Synapse de Look Up montrent que plus de 33 000 objets sont aujourd’hui suivis en orbite terrestre. Cet ensemble comprend les satellites actifs, mais aussi les étages de fusées et les débris spatiaux catalogués. L’augmentation du trafic spatial renforce ainsi les enjeux de surveillance et de gestion de cet environnement devenu essentiel à de nombreuses activités économiques et stratégiques.

Un acteur domine largement le secteur : Starlink, la société d'Elon Musk

Dans cette transformation rapide, un acteur domine largement le paysage orbital : Starlink. La constellation déployée par SpaceX atteint désormais 10 365 satellites actifs. À elle seule, elle représente près de 66 % de l’ensemble des satellites opérationnels recensés dans le monde. Sur un an, près de 3 320 nouveaux satellites Starlink ont été placés en orbite. Cette progression illustre la montée en puissance des infrastructures privées dans l’espace et la place centrale occupée par les mégaconstellations dans l’évolution du trafic spatial mondial.

L’autre enseignement majeur du baromètre concerne la Chine. Pékin poursuit son développement spatial à un rythme soutenu. Le pays compte désormais 1 286 satellites actifs contre 1 025 un an auparavant, soit une progression supérieure à 25 %. Cette dynamique est portée notamment par les constellations Qian Fan et GuoWang, qui totalisent respectivement 126 et 168 satellites actifs.

Ces deux programmes incarnent les ambitions chinoises dans le domaine des infrastructures orbitales. À terme, Qian Fan vise un déploiement de 12 000 satellites tandis que GuoWang doit atteindre 13 000 unités. Cette montée en puissance témoigne de la volonté chinoise de s’affirmer comme un acteur majeur de l’espace et de développer des capacités indépendantes des infrastructures occidentales.

L'Europe avance bien plus lentement

Face à ces dynamiques américaine et chinoise, l’Europe affiche un rythme beaucoup plus mesuré. La constellation Eutelsat OneWeb demeure stable avec 651 satellites actifs en orbite. Aucun lancement supplémentaire significatif n’a été observé au cours des derniers mois. Une stabilité qui contraste avec l’intensité des déploiements observés chez les principaux concurrents internationaux.

Au-delà des chiffres, cette troisième édition du Baromètre met en lumière une évolution profonde de l’environnement orbital : l’espace proche de la Terre devient un territoire de plus en plus dense, stratégique et concurrentiel. Dans ce contexte, la capacité à surveiller les objets en orbite et à garantir une gestion sûre du trafic spatial apparaît comme un enjeu croissant pour les acteurs publics comme pour les industriels.