"Vers une IA qui ne grille pas la planète ?" : le sommet mondial en France pour une intelligence artificielle durable
L’irruption du modèle d’intelligence artificielle chinoise DeepSeek le week-end dernier a provoqué un séisme dans la Silicon Valley chez les géants américains de l’IA comme OpenAI, qui a créé ChatGPT, ou Nvidia, le fabriquant de puces spécialisées. Outre les performances de DeepSeek ou son coût très inférieur à ChatGPT, DeepSeek a montré qu’elle était moins énergivore. Car l’intelligence artificielle nécessite de fortes capacités de calcul et donc des centres de données particulièrement gourmands en énergie.
DeepSeek souligne ainsi l’un des aspects les plus problématiques de l 'IA : son impact environnemental. En 2023, les rejets CO2 de Google avaient atteint 14,3 millions de tonnes, soit une augmentation de 48 % comparé à l’année 2019, directement liée à la popularisation de l’intelligence artificielle. Les interactions avec des IA comme ChatGPT pourraient consommer 10 fois plus d’électricité qu’une recherche Google classique, d’après l’Agence internationale de l’énergie. Et en 2026, la hausse de la consommation électrique des centres de données, des cryptomonnaies et de l’IA pourrait s’élever à l’équivalent de la consommation électrique de la Suède ou de l’Allemagne, par rapport à 2022 !
Imaginer une IA durable, moins énergivore est donc un enjeu majeur et il sera au cœur du Sommet mondial pour l’Action sur l’intelligence artificielle, qui se tiendra en France les 10 et 11 février prochains, comme vient de l’annoncer Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche qui présidera un Forum dédié à l’IA durable, le 11 février à l’Hôtel de Roquelaure.
Accompagner la transition écologique
"L’IA révolutionne tous les secteurs mais présente un potentiel encore peu exploité pour accompagner la transition écologique, qu’il s’agisse d’améliorer la connaissance des écosystèmes par l’amélioration du traitement de données, d’accélérer la décarbonation des procédés industriels ou d’optimiser la gestion des systèmes énergétiques, et adapter nos territoires au dérèglement climatique, avec de nouveaux outils de prévisions météorologiques et de prévention des risques liés aux évènements climatiques extrêmes. Alors qu’il constitue une opportunité pour accélérer le rythme de la baisse de nos émissions de gaz à effet de serre, le secteur commence à prendre une part significative dans notre bilan carbone – les data centers représentent à eux seuls 2 % de notre empreinte carbone, soit environ la moitié de celle du secteur aérien", indique le ministère.
"C’est pour faire une priorité de ce sujet que le Sommet comprendra un volet important consacré à l’IA durable et à ses enjeux. Il s’agira de la première réunion internationale abordant la question de l’impact environnemental, réunissant les principaux acteurs concernés dans le but de faire avancer la science, les standards et les solutions pour une IA compatible avec nos objectifs environnementaux."
"Une IA qui sert les Français et la lutte contre le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité"
Ce forum réunira plus de 200 participants issus de gouvernements, d’entreprises, du monde de la recherche, d’ONG et d’organisations internationales. Plusieurs tables rondes et présentations seront organisées traitant de différents aspects : "vers une infrastructure d’IA durable", "les défis majeurs pour la performance environnementale de l’IA", "générer des images de chat ou lutter contre les incendies de forêt : quel usage faisons-nous de l’IA ?", "IA et environnement : des possibilités de coopération mondiale", "l’IA et l’intégrité de l’information sur le changement climatique", "un modèle avec une mission : comment s’assurer que les potentiels de l’IA sont partagés pour un avenir durable ?", "l’importance de la normalisation pour la mesure et l’atténuation de l’impact environnemental de l’intelligence artificielle"
"L’intelligence artificielle est une opportunité sans précédent pour accélérer la transition écologique. Elle permet d’améliorer nos modèles de prévision des risques climatiques, de mieux connaître nos écosystèmes, d’optimiser nos consommations d’énergie pour émettre moins de gaz à effet de serre, etc. Toutes ces technologies nous permettront de tenir la trajectoire vers la neutralité carbone, mieux protéger la nature et les Français. Mais l’IA présente aussi des risques pour le climat, en particulier du fait de sa consommation énergétique, de son usage croissant en eau et en métaux critiques, qui appellent à l’action pour développer une IA durable et sobre à même de servir l’intérêt général", explique la ministre qui veut avancer "sur cette ligne de crête d’une IA qui sert les Français et la lutte contre le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, et dont les impacts sont contenus."
