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Voitures électriques : pourquoi la course aux 1 000 km d’autonomie pourrait changer le marché

 

xiaomi

Longtemps considérée comme le principal frein à l’adoption de la voiture électrique, l’autonomie reste au cœur des stratégies des constructeurs. Alors que la majorité des automobilistes n’a pas besoin de parcourir de telles distances sans recharge, plusieurs marques franchissent déjà le seuil symbolique des 1 000 kilomètres. Une promesse appelée à se généraliser avec l’arrivée des batteries solides.

L’autonomie demeure l’un des sujets les plus sensibles lorsqu’il est question de voiture électrique. Pourtant, les chiffres montrent que les besoins réels des automobilistes sont souvent bien inférieurs aux capacités désormais proposées par les constructeurs. En France, la distance moyenne parcourue quotidiennement tourne ainsi autour d’une trentaine de kilomètres. Une voiture offrant entre 300 et 500 kilomètres d’autonomie couvre donc plusieurs jours d’utilisation sans recharge.

Mais la rationalité ne suffit pas toujours à convaincre. L’angoisse de la panne, souvent qualifiée d’"anxiété d’autonomie", continue d’influencer les décisions d’achat. Les constructeurs l’ont bien compris et, pour lever ce frein psychologique, ils se sont engagés dans une nouvelle course technologique : celle des 1 000 kilomètres d’autonomie.

Les marques chinoises sont aujourd’hui les plus avancées dans ce domaine. GAC Aion a annoncé son Aion LX Plus avec 1 008 kilomètres d’autonomie selon le cycle chinois CLTC. Zeekr revendique 1 032 kilomètres pour certaines versions de sa berline 001. NIO, de son côté, mise sur une batterie de 150 kWh destinée à permettre à l’ET7 d’atteindre jusqu’à 1 000 kilomètres selon les configurations et les marchés. Ces performances doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les cycles d’homologation chinois sont généralement plus favorables que le protocole européen WLTP, considéré comme plus proche des conditions réelles d’utilisation.

Au-delà de l’électrique pur, certains constructeurs ont choisi une autre voie pour dépasser largement le cap symbolique des 1 000 kilomètres : le prolongateur d’autonomie. Cette technologie repose sur une architecture particulière. Les roues restent entraînées par un moteur électrique tandis qu’un moteur à essence sert uniquement… à produire de l’électricité lorsque la batterie se décharge !

Un prolongateur d’autonomie... à essence

Volkswagen vient ainsi de présenter en Chine l’ID Era 9X, un grand SUV affichant plus de 1 600 kilomètres d’autonomie cumulée grâce à cette solution. Xiaomi suit une stratégie comparable avec sa nouvelle marque Sky Nomad. Son premier modèle, un SUV de plus de cinq mètres de long, promet environ 500 kilomètres en mode électrique auxquels s’ajouteraient près de 1 000 kilomètres grâce à un réservoir d’essence. L’objectif est clair pour ces constructeurs : rassurer les conducteurs encore réticents à franchir le pas du tout électrique, quitte à proposer des véhicules qui s’éloignent du vertueux 100 % électrique.

Reste une question essentielle : ces autonomies géantes sont-elles réellement utiles ? Pour la majorité des automobilistes, probablement pas. Une batterie de très grande capacité entraîne un surcoût important, augmente le poids du véhicule et nécessite davantage de ressources pour sa fabrication. Dans le même temps, les progrès de la recharge rapide réduisent progressivement l’intérêt d’embarquer des réserves d’énergie toujours plus importantes. Sur les bornes les plus performantes, récupérer une grande partie de l’autonomie ne demande plus que quelques dizaines de minutes.

La révolution des batteries solides

La véritable révolution pourrait toutefois venir des batteries solides. Plusieurs industriels travaillent déjà sur cette technologie considérée comme l’une des plus prometteuses du secteur. Chery, via sa marque Exeed, évoque des modèles capables d’atteindre 1 500 kilomètres d’autonomie théorique. Dongfeng annonce des véhicules à batterie solide dépassant les 1 000 kilomètres à partir de cette année. Hongqi développe également une solution similaire, tandis que CATL poursuit ses recherches sur des cellules destinées à franchir ce seuil.

Si ces promesses se concrétisent, les voitures électriques de plus de 1 000 kilomètres d’autonomie pourraient alors devenir courantes au cours de la prochaine décennie. Paradoxalement, cette évolution répondra sans doute davantage à un besoin de réassurance qu’à un véritable besoin de mobilité. Car, dans la plupart des cas, le défi n’est plus de pouvoir parcourir 1 000 kilomètres sans s’arrêter, mais de convaincre les automobilistes qu’ils n’en ont généralement pas besoin.