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Google lance ses réponses par IA en France : ce qui change pour les internautes

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Depuis mercredi 22 juillet, Google déploie en France les Aperçus IA et le Mode IA. Le moteur peut désormais répondre directement à des questions, résumer plusieurs sources et poursuivre une conversation. Une évolution pratique pour les utilisateurs, mais préoccupante pour les éditeurs de sites.

Google ne veut plus seulement orienter les internautes vers une réponse. Il entend désormais la formuler lui-même. Depuis ce mercredi 22 juillet, les Aperçus IA, également appelés AI Overviews, et le Mode IA sont déployés en France sur ordinateur, mobile et dans l’application Google.

Le premier changement sera visible directement dans la page de résultats. Pour certaines recherches, Google affichera ainsi un résumé généré par intelligence artificielle au-dessus des liens traditionnels. Selon le groupe, ces aperçus n’apparaîtront que lorsque ses systèmes jugeront qu’une réponse synthétique est utile.

Pour l’internaute, l’intérêt est immédiat : obtenir rapidement les grandes lignes d’un sujet sans devoir ouvrir plusieurs sites, lire différents articles puis comparer leurs informations. Des liens resteront affichés afin de consulter les sources et d’approfondir la recherche.

La recherche prend la forme d’une conversation

Le Mode IA, lui,  transforme davantage encore l’expérience. Il permet de poser des questions longues et précises, par écrit, par la voix, avec une image ou à l’aide d’un fichier. L’utilisateur peut ensuite formuler des demandes complémentaires sans répéter le contexte. La recherche prend ainsi la forme d’une conversation.

Google donne l’exemple d’un internaute demandant un tableau comparant plusieurs méthodes de préparation du café selon le goût obtenu, leur difficulté et le matériel nécessaire. Il peut ensuite interroger le moteur sur la taille de mouture adaptée à chaque méthode. Selon Google, les questions saisies dans le Mode IA sont en moyenne trois fois plus longues que les recherches traditionnelles.



Pour répondre, le moteur découpe la demande en plusieurs sous-questions et lance simultanément différentes recherches sur le Web. Cette technologie, baptisée « query-fan-out », doit lui permettre de traiter des sujets qui nécessitaient auparavant plusieurs requêtes successives.

Search Live (dans le mode IA) doit également permettre de dialoguer oralement avec Google tout en partageant les images filmées par la caméra du téléphone. Un utilisateur pourra ainsi montrer un objet ou une situation afin de fournir un contexte visuel à sa question.

La recherche acceptera du texte, des images ou des fichiers

Le champ de recherche lui-même évolue. Il s’agrandira en fonction de la longueur de la demande et acceptera du texte, des images ou des fichiers. Les résultats classiques continueront à être proposés. Les liens ne disparaissent donc pas, mais ils devront désormais cohabiter avec une réponse produite directement par Google.

Cette évolution devrait surtout modifier les recherches simples ou informationnelles. Pour une définition, une explication courte ou une comparaison, l’internaute pourra trouver ce qu’il cherche sans quitter la page. Pour les questions plus complexes, il pourra enchaîner les demandes dans le Mode IA au lieu de consulter successivement plusieurs sites.

Cette simplicité ne dispense toutefois pas de vérifier les réponses. Les synthèses sont générées automatiquement à partir de plusieurs contenus. Les liens proposés resteront donc essentiels pour identifier l’origine d’une information, confronter les sources et consulter les explications complètes.

Un changement majeur pour les marques et les médias

Le changement est également majeur pour les marques. Leur visibilité ne dépendra plus seulement de leur classement dans les résultats. Elles devront aussi surveiller la manière dont l’intelligence artificielle parle de leurs produits et les compare à leurs concurrents.

Mais l’inquiétude la plus forte concerne les éditeurs et notamment les médias. Une partie de leur audience provient des clics effectués depuis Google. Si le moteur donne directement la réponse, les internautes auront moins de raisons de visiter les sites ayant produit les informations utilisées dans la synthèse. 

Google tente de temporiser et annonce un nouveau réglage dans la Search Console. Les propriétaires de sites pourront décider si leurs contenus peuvent apparaître dans les fonctionnalités d’IA générative et contribuer à leurs réponses. Cette possibilité ne résout cependant pas le problème économique : refuser l’utilisation de ses contenus ne garantit pas de conserver son audience.

Julie Walther, cofondatrice de Qwarry, souligne ainsi les effets constatés dans les pays où le dispositif existe déjà. « Dans les pays où les AI Overviews ont déjà été lancées, les baisses de trafic constatées chez les éditeurs sont avérées et oscillent entre 20 et 40 % (Pew Research Center) : les internautes cliquent deux fois moins souvent sur un lien de résultat lorsqu'un résumé généré par l'IA est proposé. Les éditeurs, en France du moins, peuvent toujours refuser que leurs contenus soient scrapés par les IA et servent à alimenter leurs résumés mais rien qui ne leur garantit de retenir ou d'attirer leurs audiences. Sans oublier que Google continue d'indexer et de positionner leur contenu dans les résultats classiques, sans réintégrer le trafic perdu ailleurs. »

Pour les utilisateurs, Google promet donc une recherche plus rapide et plus intuitive. Pour les éditeurs, le risque est inverse : continuer à produire les contenus nécessaires aux réponses du moteur, tout en recevant moins de lecteurs sur leurs propres sites.

Philippe Rioux