Technomedia

Numérique · médias · sciences · intelligence artificielle

Cybersécurité : le facteur humain reste la première faille des entreprises selon une étude Kaspersky

 

hacker

L’automatisation progresse, les outils de détection se perfectionnent et les entreprises renforcent leurs dispositifs de défense, mais une vulnérabilité demeure : l’humain. Selon une étude de Kaspersky menée auprès de 1 800 spécialistes de la sécurité informatique et décideurs en cybersécurité dans 18 pays, 80 % des organisations désignent le facteur humain comme le principal élément déclencheur des cyberattaques réussies. Les récentes cyberattaques de plusieurs administrations en France tendent à corroborer ce résultat...

Trois risques, trois faiblesses 

Trois risques arrivent au même niveau. La charge de travail élevée des équipes IT et sécurité est citée par 24 % des entreprises, tout comme le manque d’expertise et d’expérience des professionnels de l’IT et le faible niveau de sensibilisation des collaborateurs. Autant de faiblesses que les cybercriminels peuvent exploiter, directement par l’ingénierie sociale ou indirectement à travers des erreurs et des incidents insuffisamment détectés.

La surcharge des équipes constitue un point particulièrement sensible en France. Alors que 24 % des répondants la considèrent comme un facteur augmentant la probabilité d’une cyberattaque au niveau international, cette proportion atteint 30 % dans l’Hexagone. Le phénomène concerne également fortement les ETI (entreprises de taille intermédiaire) et les grands groupes, avec respectivement 27 % et 26 % des réponses. Plus les spécialistes doivent gérer de processus et de tâches, moins ils disposent de temps pour mener une défense proactive.

Le déficit de compétences représente une deuxième fragilité. Il est mentionné par 24 % des répondants dans l’ensemble de l’étude et par 26 % en France. Cette insuffisance d’expertise peut peser sur toute la chaîne de défense, depuis l’identification d’une menace jusqu’à son analyse et à la réponse apportée. Le Mexique atteint 30 %, devant notamment la Colombie à 29 %, la Turquie à 28 % et l’Allemagne à 27 %.

Renforcer régulièrement la formation des personnels

Reste la sensibilisation de l’ensemble des salariés. Là encore, 24 % des sondés la placent parmi les risques majeurs. La France se situe légèrement au-dessus, à 25 %, tandis que l’Allemagne atteint 32 %. Plusieurs marchés asiatiques affichent des niveaux encore supérieurs, jusqu’à 35 % au Vietnam et 33 % en Thaïlande.

Pour Kaspersky, la réponse ne peut donc se limiter au déploiement de technologies supplémentaires. L’éditeur recommande de renforcer régulièrement la formation des personnels, d’utiliser des simulations de cyberattaques et des exercices ludo-éducatifs afin d’entraîner les collaborateurs à identifier les menaces et à prendre les bonnes décisions sous pression.

L’enjeu concerne également l’organisation des équipes de sécurité. Kaspersky préconise le recours à des solutions centralisées et automatisées afin de réduire leur charge de travail et les risques d’erreur. Lorsque les compétences manquent en interne, l’entreprise recommande également le recours à des prestataires de services de sécurité gérés. Une approche qui replace finalement la technologie dans son rôle : épauler l’humain plutôt que prétendre supprimer sa vulnérabilité.