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Meta collecte trois fois plus de données sur vous qu’Apple ou Microsoft

 

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Localisation, recherches, achats, historique de navigation, identité… Nos applications mobiles en savent beaucoup sur nous. Mais toutes les Big Tech n’ont pas le même appétit. Une étude de Surfshark montre que les applications de Meta déclarent collecter en moyenne plus de trois fois plus de catégories de données personnelles que celles d’Apple ou Microsoft.

Que sait vraiment votre smartphone sur vous ? La réponse est simple : énormément de choses. Où vous êtes, ce que vous recherchez, ce que vous achetez, les sites que vous consultez, les photos que vous prenez ou encore l’appareil que vous utilisez. Mais toutes les applications ne se montrent pas aussi gourmandes. Une étude publiée cette semaine par l’entreprise de cybersécurité Surfshark révèle même des écarts spectaculaires entre les cinq géants américains de la technologie.

Les chercheurs ont passé au crible 171 applications disponibles sur l’App Store d’Apple, appartenant à Google, Apple, Microsoft, Amazon et Meta, la maison mère de Facebook. Ils ont recensé 35 catégories de données personnelles que les applications déclarent pouvoir collecter : adresse électronique, identifiant de l’appareil, localisation précise, achats, historique de navigation, photos et vidéos, recherches ou encore données d’utilisation.


Et le verdict est sans appel. Les douze applications Meta étudiées déclarent collecter 25 catégories de données en moyenne, contre 17 pour Google, 12 pour Amazon, 8 pour Microsoft et seulement 7 pour Apple. Autrement dit, une application de Meta recueille potentiellement plus de trois fois plus de types de données personnelles qu’une application d’Apple ou de Microsoft.

Meta AI presque au maximum

Dans ce palmarès de l’indiscrétion numérique, Meta occupe les premières places. Les sept applications les plus gourmandes de toute l’étude appartiennent au groupe de Mark Zuckerberg. Meta AI arrive largement en tête avec 33 catégories de données sur les 35 recensées, soit presque la totalité. Derrière elle, Facebook, Messenger, Meta Horizon, Meta Business Suite ou encore Meta Ads Manager en déclarent 32. Et, précise Surfshark, les données concernées sont reliées directement à l’identité de l’utilisateur.

Parmi les informations en jeu figurent des éléments particulièrement sensibles. Neuf applications Meta déclarent ainsi collecter la localisation précise de leurs utilisateurs et sept leur historique de navigation, c’est-à-dire des informations sur des contenus consultés en dehors même de l’application. De quoi, une fois ces données croisées, dresser un portrait extrêmement détaillé des habitudes, des centres d’intérêt et des comportements d’un utilisateur.

Google se montre moins gourmand application par application, mais son emprise est beaucoup plus large. Sur les 40 applications collectant le plus de catégories de données, 29 appartiennent au géant de Mountain View. Google Maps en recueille 26. Chrome et Gemini font partie des huit applications Google déclarant collecter l’historique de navigation. Le groupe est aussi présent dans une multitude de domaines : vidéo, cartographie, messagerie, recherche, santé, photographie ou intelligence artificielle.

Apple beaucoup plus sobre

À l’autre bout du classement, Apple fait figure de bon élève avec une moyenne de sept catégories par application. Microsoft suit de près avec huit. Safari est par exemple la seule application Apple de l’échantillon déclarant collecter l’historique de navigation. Six applications Apple recueillent néanmoins la localisation précise, preuve que sobriété ne signifie pas absence de collecte.

Cette comparaison révèle surtout que la quantité de données aspirée par une application n’est pas une fatalité technique. Elle dépend aussi du modèle économique de l’entreprise qui la propose. Chez Meta et Google, dont une grande partie des revenus provient de la publicité et du ciblage, les données permettent d’affiner toujours davantage la connaissance de l’utilisateur. Apple tire au contraire l’essentiel de ses revenus de la vente de matériel et de services.

Une prudence s’impose toutefois. Surfshark n’a pas observé directement ce qui transite depuis les téléphones. L’étude repose sur les déclarations de confidentialité publiées par les développeurs eux-mêmes dans l’App Store. Elle mesure donc les catégories de données que les applications déclarent collecter, et non ce qui est effectivement recueilli sur chaque utilisateur. Instagram et WhatsApp sont par ailleurs absents de l’échantillon, car ils ne figuraient pas dans le compte développeur Meta retenu pour l’étude.

Reste une réalité difficile à ignorer : à services numériques comparables, les écarts sont immenses. Derrière une icône presque anodine sur l’écran d’un téléphone se cachent parfois des dizaines de portes ouvertes sur notre vie numérique.

Philippe Rioux