Sommet sur l’intelligence artificielle : la France annonce des investissements dans les infrastructures et la formation
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| Le président Macron et le président des Émirats arabes unis al-Nahyan jeudi soir à l’Elysée. |
La France est reconnue pour la qualité de la formation de ses chercheurs en mathématiques et intelligence artificielle (IA) et elle est aussi en bonne position pour accueillir des infrastructures et notamment les centres de données (data centers). Ces deux points sont ceux sur lesquels des annonces majeures ont été ou vont être faites à l’occasion du Sommet pour l’action de l’IA, qui s’ouvre lundi pour deux jours à Paris.
Concernant le volet formation, l’ambition est claire comme l’a expliqué lors d’un entretien avec la presse Emmanuel Macron : passer de quelque 40 000 étudiants et professionnels formées à l’IA par an à 100 000 d’ici 2030. Des talents qui séduisent à l’étranger et qu’il appartiendra donc à la France et à l’Europe de leur offrir des opportunités.
Le côté formation passe évidemment par l’école comme l’a rappelé François Bayrou lors du Comité interministériel de l’Intelligence artificielle qui s’est tenu jeudi. À cet égard, Elisabeth Borne a fait plusieurs annonces hier pour l’école. La ministre de l’Éducation nationale a annoncé le lancement d’ici l’été d’un appel d’offres à 20 millions d’euros pour développer « une IA souveraine, ouverte, évolutive » à destination des professeurs (préparation des cours, évaluation et correction des devoirs) ainsi qu’une charte d’utilisation et des formations pour les enseignants. Collégiens et lycéens bénéficieront « dès la rentrée 2025 » d’une formation en ligne à l’IA, a indiqué la ministre à Ouest-France, « avec des sessions obligatoires pour les élèves de 4e et de seconde ».
Un mégaprojet de centre de données avec les Emirats arabes unis
Le second grand enjeu est l’accueil de centres de données en France. Le pays a des atouts car son infrastructure énergétique est parfaitement adaptée aux data centers : la France affiche un solde net d’exportation de + 89 TWh en 2024 donc une partie peut être fléchée vers l’IA et 95 % de cette électricité est décarbonée, un point positif à l’heure où l’impact environnemental de l’IA doit être évoqué lors du Sommet.
Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé jeudi que 35 sites ont été identifiés pour accueillir ces data centers, mais aucun n’est pour l’heure prévu en Occitanie en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Jeudi soir, l’Elysée a annoncé l’un de ces 35 sites : un mégaprojet d’installation en France en partenariat avec les Émirats arabes unis.
L’accord-cadre conjoint entre la France et les Émirats arabes unis prévoit des investissements de la part d’ « un consortium de champions franco-émiratis, dans le but de créer un campus de 1 GW dédié à l’intelligence artificielle en France. Une annonce sur la première tranche d’investissement sera faite lors du Sommet Choose France 2025 », a indiqué l’Elysée. Ce campus, dont la localisation précise doit encore être décidée, sera développé par le fonds d’investissement MGX, adossé aux Émirats arabes unis.
(Article publié dans La Dépêche du 8 février 2025)

