Selon une étude réalisée par Appinio pour Qonto auprès de 1 600 décideurs en Europe, 92 % des PME considèrent la numérisation et l’intelligence artificielle comme essentielles à leur activité. Pourtant, seules 19 % disposent d’une véritable stratégie numérique. Un décalage qui souligne la fragilité des fondations digitales du tissu entrepreneurial européen.
Alors que la transformation numérique s’impose comme un levier de compétitivité incontournable, une étude publiée par Qonto met en évidence un paradoxe préoccupant : les PME européennes adoptent massivement des outils d’intelligence artificielle, mais peinent à structurer leur stratégie numérique.
Réalisée par Appinio auprès de 1 600 décideurs en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, l’enquête dresse un état des lieux contrasté de la numérisation au sein des 25 millions de PME européennes.
Seules 19 % des entreprises disposent d’un plan structuré de transformation numérique
Selon les données recueillies, 92 % des dirigeants interrogés reconnaissent l’importance de la numérisation et de l’IA pour leur activité. Pourtant, seules 19 % des entreprises disposent d’un plan structuré de transformation numérique, accompagné des ressources nécessaires à sa mise en œuvre. Ce fossé entre conscience stratégique et action concrète se traduit par un usage déséquilibré des outils digitaux.
Près de la moitié des PME (46 %) déclarent recourir à des solutions d’IA générative comme ChatGPT, mais à peine un quart ont digitalisé leur comptabilité (24 %) ou leur gestion documentaire (29 %).
Une entreprise française sur dix estime que la numérisation n’est pas prioritaire
Le constat est particulièrement marquant en France. Si 77 % des PME y reconnaissent l’importance du numérique, seules 52 % le jugent véritablement crucial, un niveau inférieur à la moyenne européenne. Près d’une entreprise française sur dix estime que la numérisation n’est pas prioritaire, traduisant une prudence culturelle persistante. Paradoxalement, la France se classe en tête pour l’adoption de l’IA (47 %), mais reste en retrait sur la numérisation de la gestion financière (19 % contre 24 % en Europe).
En matière de préparation, les écarts sont tout aussi significatifs. Seules 60 % des PME européennes se disent bien ou très bien préparées à la transition numérique, contre 52 % en France. Cette dernière affiche ainsi la plus forte vulnérabilité du continent : 48 % des entreprises françaises se déclarent mal ou partiellement prêtes, dont 17 % totalement non préparées — plus du double du taux observé en Allemagne.
Un gain d’au moins dix heures de travail hebdomadaire grâce à l’automatisation
Sur le plan de la productivité, la numérisation produit néanmoins des effets tangibles. Une PME européenne sur deux affirme gagner au moins dix heures de travail hebdomadaire grâce à l’automatisation, et 12 % dépassent vingt heures, soit l’équivalent d’une demi-semaine libérée pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. Les entreprises françaises, bien qu’en retrait, disposent du plus fort potentiel inexploité : 49 % bénéficient déjà de tels gains, un niveau inférieur à la moyenne européenne mais révélateur d’un important réservoir d’efficacité.
Les freins à la numérisation demeurent toutefois structurants. Dans l’ensemble du continent, 33 % des dirigeants citent la sécurité comme obstacle principal, devant le manque de compétences (28 %) et les contraintes réglementaires (25 %). En France et en Allemagne, les préoccupations sécuritaires atteignent 38 %, alors qu’en Espagne elles ne concernent que 28 % des entreprises, signe d’une culture du risque plus affirmée.
Pour Qonto, ces résultats confirment l’urgence d’un rééquilibrage. Si l’IA ouvre des perspectives considérables, l’entreprise souligne la nécessité pour les PME de consolider leurs bases opérationnelles : comptabilité, gestion documentaire et outils collaboratifs.

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