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Face à l'IA de Google, l'Alliance de la presse saisit l'Autorité de la concurrence

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Depuis le 22 juillet, Google propose en France des résumés d'actualité générés par intelligence artificielle, impactant le trafic des sites de presse. L'Arcom estime une baisse de 33 à 38 %. L'Alliance de la presse a saisi l'Autorité de la concurrence pour faire respecter les engagements de Google sur le droit voisin.

Entre Google et la presse française, rien ne va plus. Depuis le 22 juillet, la France bénéficie des nouvelles fonctionnalités dopées à l’intelligence artificielle que Google a installées dans son moteur de recherche : AI Overviews et AI Mode.

Lien interne vers l'article n°13484066

Lorsque l’internaute fait une recherche, il se voit désormais proposer, au-dessus de la traditionnelle liste de liens, un petit résumé généré par l’intelligence artificielle. Là où le bât blesse pour la presse française, c’est que lorsque la recherche concerne un événement d’actualité, le moteur fait un petit résumé en piochant les informations nécessaires dans les sites des médias. Et beaucoup d’internautes se satisfont de ce résumé et ne cliquent plus sur les liens des médias, ces derniers se retrouvant ainsi privés du trafic et des retombées publicitaires afférentes. Dans les pays où AI Overviews a été mis en place, plusieurs médias ont déjà constaté une forte baisse de leur trafic en provenance de Google : environ – 30 % de trafic sur un an pour CNN, entre – 24 et – 40 % pour Business Insider, Huffington Post, Forbes, Daily Mail, New York Post, ou Fox News.

L'Arcom a évalué entre – 33 % et – 38 % la perte de trafic

Une étude de Pew portant sur les recherches Google aux États-Unis a montré que les internautes cliquaient sur un résultat classique dans 8 % des cas lorsqu’un résumé IA apparaissait, contre 15 % en l’absence de résumé.

En France, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a évalué entre – 33 % et – 38 % la perte de trafic attribuable aux résumés générés par l’intelligence artificielle.

Face à cette situation, l’Alliance de la presse d’information générale a réagi. Hier, elle a saisi l’Autorité de la concurrence pour faire respecter par Google les engagements que le géant de la Silicon Valley avait pris en 2022.

Les éditeurs demandent que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige

« La loi du 24 juillet 2019, qui a fait de la France le premier pays de l’Union européenne à transposer la directive sur le droit voisin, subordonne l’utilisation des contenus de presse à une autorisation préalable et à une rémunération. En avril 2020, l’Autorité de la concurrence sanctionnait Google pour pratiques déloyales et lui imposait de négocier de bonne foi avec les éditeurs. En juin 2022, elle lui infligeait une amende de 500 millions d’euros pour non-respect de ces obligations », rappelle l’Alliance, qui estime donc que « le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée, méconnaît ces engagements ».

« Que l’intelligence artificielle se construise sur les contenus de la presse dit une chose simple : cette information a une valeur considérable. Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige. Faute de négociation équitable et transparente, nous saisissons les autorités chargées de la faire respecter », explique Marc Feuillée, président de l’Alliance.