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IA à l’école : 87 % des élèves l’utilisent, mais pas comme on l'imagine

 

IA

L’intelligence artificielle s’est déjà imposée dans les méthodes de travail des élèves. Selon une enquête de Nomad Éducation menée auprès de 3 850 jeunes, 87 % l’utilisent pour apprendre. Mais 90 % disent faire confiance aux IA éducatives reposant sur des contenus validés par des enseignants.

L’intelligence artificielle n’attend plus à la porte des salles de classe et s’est déjà  installée dans les usages des élèves, jusque dans leurs révisions. Selon une enquête de Nomad Éducation menée auprès de 3 850 jeunes de 11 à 22 ans, 87 % déclarent utiliser l’IA pour apprendre. Une pratique encore peu assumée : 55 % disent s’en servir discrètement et 32 % en secret. Cette adoption massive ne vaut pourtant pas blanc-seing. Les élèves interrogés semblent tracer eux-mêmes une frontière entre l’efficacité de l’outil et la confiance qu’ils peuvent lui accorder. Ils sont 71 % à se méfier des IA généralistes et 90 % à déclarer faire confiance aux IA éducatives fondées sur des contenus validés par des enseignants. Derrière l’usage, la question de la source reste donc centrale.

Reformuler une notion ou trouver des idées

Les motifs avancés éloignent également l’IA de la seule logique du raccourci scolaire. D’après l’enquête, 34 % des élèves l’utilisent pour reformuler une notion ou trouver des idées, 29 % pour vérifier leurs réponses et 19 % pour mieux comprendre leurs cours. Le gain de temps n’arrive qu’ensuite, cité par 14 %. Au total, 84 % considèrent que l’IA les aide à comprendre et 30 % déclarent avoir amélioré leurs résultats.

Les usages varient selon les disciplines. L’histoire-géographie arrive en tête, avec 26 %, devant les sciences, à 17 %. Le français et les langues atteignent chacun 12 %. Mais la progression de l’IA ne signifie pas, dans les réponses recueillies, l’effacement du professeur. Pour 46 % des élèves, enseignant et intelligence artificielle sont complémentaires ; 36 % disent préférer les cours de leurs professeurs.

Où sont les repères

Reste un décalage entre des pratiques déjà largement installées et l’accompagnement proposé dans les établissements. Toujours selon Nomad Éducation, 58 % des élèves estiment que leur établissement parle de l’IA, mais insuffisamment. Trois sur dix disent n’avoir reçu aucune explication sur ses usages responsables. L’enjeu n’est donc plus seulement de savoir si les élèves utilisent ces outils, mais avec quels repères ils apprennent à en mesurer les limites.

Nomad Éducation inscrit son propre outil, Nomad’IA, dans cette logique. L’entreprise indique disposer de plus de 150 000 ressources pédagogiques et met en avant des contenus conçus par des professeurs. Elle présente cette articulation entre technologie et validation pédagogique comme une réponse au besoin de fiabilité exprimé par les élèves.

Caroline Maitrot-Feugeas, fondatrice et PDG de Nomad Éducation, défend une IA qui accompagne l’élève sans travailler à sa place. "Nos chiffres le montrent : les élèves ne demandent pas moins d'IA, ils demandent une IA digne de confiance. Chez Nomad Éducation, nous avons fait un choix clair : mettre la technologie au service de la pédagogie, et non l'inverse. Nomad'IA repose sur des contenus conçus par 350 professeurs, parce qu'on n'apprend bien qu'à partir de savoirs justes. Mais notre ambition va au-delà de la fiabilité : l'IA ne doit pas faire le travail à la place de l'élève. Elle doit l'accompagner, l'encourager, l'aider à comprendre ses erreurs et à progresser. Notre mission reste la même depuis nos débuts : transmettre aux jeunes le plaisir d'apprendre et le goût de l'effort."

Philippe Rioux