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Numérique, réseaux sociaux et intelligence artificielle : nos vies sont-elles devenues des capsules ?

 

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Dans "Nos vies encapsulées. Quel devenir pour l’humanité ?", Pascal Chabot décrit un monde où la technique n’est plus seulement un outil mais notre milieu de vie. Du smartphone au bureau, ces "capsules" nous protègent et nous connectent, tout en redéfinissant notre autonomie.

On connaissait les algorithmes des réseaux sociaux qui filtrent ce que l’on voit et finissent par nous enfermer dans des bulles de filtre. À l’heure où se développent les agents d’intelligence artificielle personnels, le philosophe Pascal Chabot va plus loin avec l’idée de capsules.

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Dans « Nos vies encapsulées. Quel devenir pour l’humanité ? », paru aux PUF, il défend l’idée que nous n’habitons plus simplement le monde, nous habitons des objets. Maison, voiture, bureau, train, avion, smartphone ou application constituent autant d’environnements protecteurs, connectés, conçus pour optimiser notre existence.

Le changement est profond car la technique n’est plus seulement cet ensemble d’outils que l’humain utilise pour agir sur son environnement, elle devient elle-même l’environnement. Pascal Chabot parle de « technonomie » c’est-à-dire les dispositifs techniques qui produisent leurs propres normes, imposant leurs rythmes de disponibilité, de vitesse et d’efficacité.

Le smartphone en offre probablement la forme la plus aboutie : toujours à portée de main, il concentre communications, informations, travail, divertissement et transactions. L’individu devient alors un « hubjet » (contraction de hub et objet), un nœud traversé par des flux incessants. Cette connexion permanente peut déboucher sur ce que Pascal Chabot nomme la « digitose », maladie moderne qui se traduit par une fatigue numérique, la saturation de l’attention et une forte dépendance, voire une addiction.

Mais le philosophe ne propose pas pour autant de casser les capsules car elles protègent, simplifient les existences et sont devenues indispensables. Toute leur ambiguïté est là : elles prennent soin autant qu’elles peuvent enfermer.

Et l’enjeu devient plus aigu encore avec l’intelligence artificielle. Des agents personnels capables de filtrer l’information, d’accomplir des tâches et d’interagir à notre place pourraient constituer une nouvelle couche autour de l’individu. La question posée par Pascal Chabot dépasse dès lors celle du temps d’écran : comment conserver du corps, du vivant, de l’altérité et surtout un monde commun au sein d’environnements techniques toujours plus personnalisés ?