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À l’école, la génération Z voit l’intelligence artificielle s’installer à grande vitesse

IA

Une étude de Kaspersky montre que 68 % des jeunes de la génération Z ont constaté une accélération du numérique au cours de leurs cinq dernières années d’études. Tuteurs personnalisés, classes immersives, assistants IA : l’école change vite, au point de poser une nouvelle question centrale, celle de la préservation de l’esprit critique.

Pour la génération Z, l’intelligence artificielle n’est déjà plus vraiment une nouveauté. Elle est en train de devenir un élément ordinaire du paysage scolaire, au même titre que les plateformes numériques, les ressources en ligne ou les outils collaboratifs. Une étude publiée par Kaspersky à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants montre à quel point cette transformation est désormais perceptible par les premiers concernés.

Selon cette enquête réalisée en mars 2026 auprès de 7 200 personnes dans 18 pays, 68 % des membres de la génération Z disent avoir constaté une accélération de l’usage des technologies numériques au cours de leurs cinq dernières années d’études. C’est nettement plus que la moyenne de l’ensemble des générations interrogées, qui s’établit à 55 %.

Des attentes très précises

Cette familiarité avec le numérique nourrit aussi des attentes très précises. Parmi les jeunes de la génération Z, 18 % considèrent les tuteurs personnalisés fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle comme l’une des technologies d’avenir les plus importantes, contre 16 % dans l’ensemble de la population interrogée. Ils sont également 14 % à miser sur des salles de classe en réalité virtuelle ou augmentée intégrant des assistants IA, contre 12 % en moyenne.

Derrière ces chiffres se dessine une évolution profonde de la manière d’apprendre. L’intelligence artificielle promet en effet de proposer à chaque élève des explications adaptées à son niveau, de lui permettre d’avancer à son propre rythme ou de revenir instantanément sur une notion mal comprise. Associée à la réalité virtuelle ou augmentée, elle pourrait également transformer des enseignements encore très abstraits en expériences immersives.

Utiliser l’IA pour mieux comprendre ou l’utiliser pour ne plus avoir à comprendre

Mais cette école augmentée par l’IA comporte aussi son revers. Car plus ces outils deviennent performants et accessibles, plus grandit le risque que l’élève leur délègue une partie de son propre travail intellectuel. Résumer un texte, résoudre un problème, rechercher une information ou rédiger une dissertation peut désormais être confié en quelques secondes à un chatbot. La frontière est parfois ténue entre utiliser l’IA pour mieux comprendre et l’utiliser pour ne plus avoir à comprendre.

C’est pourquoi l’enjeu se déplace progressivement de la simple maîtrise des outils numériques vers ce que les spécialistes appellent désormais la « culture de l’IA ». Autrement dit, apprendre non seulement à utiliser ces systèmes, mais aussi à connaître leurs limites. Une réponse générée par une intelligence artificielle peut être fausse, approximative, obsolète ou dépourvue de contexte. Elle doit donc être vérifiée et confrontée à des sources fiables.

La protection des données personnelles

Kaspersky insiste également sur la protection des données personnelles. Les élèves doivent comprendre que les informations communiquées à une plateforme d’IA peuvent être conservées ou exploitées et qu’il convient donc d’éviter d’y verser des données sensibles.

Cette prudence rejoint les recommandations déjà formulées par l’OCDE et l’Unesco : l’arrivée de l’IA dans l’éducation ne peut se concevoir sans supervision humaine, règles éthiques et maintien des compétences fondamentales. « Une dépendance excessive aux algorithmes menace la pensée critique et la capacité à résoudre des problèmes de manière autonome », prévient Evgeniya Russkikh, responsable des affaires académiques chez Kaspersky.

Le paradoxe est là. Jamais les élèves n’auront disposé d’outils aussi puissants pour apprendre. Mais jamais il n’aura été aussi nécessaire de leur apprendre à ne pas leur faire aveuglément confiance. Dans la classe de demain, la compétence essentielle ne sera peut-être pas de savoir utiliser l’intelligence artificielle, mais de savoir quand il faut s’en passer.