Cyberattaques : pourquoi les entreprises doivent désormais apprendre à survivre aux pirates
Dans un livre blanc consacré à la cyberrésilience, Dell Technologies, Intel et Ricoh dressent le portrait d'une cybercriminalité de plus en plus professionnalisée, qui fonctionne désormais comme une véritable industrie.
Les logiciels malveillants sont ainsi commercialisés prêts à l'emploi, permettant à des individus ne possédant pas de compétences informatiques avancées de lancer des attaques. L'intelligence artificielle facilite, elle, la création de campagnes de phishing personnalisées et de programmes capables de s'adapter aux défenses rencontrées. Sans compter les attaques en cascade : la compromission d'un seul prestataire informatique peut affecter des centaines d'entreprises clientes.
Face à ces menaces, les auteurs du rapport défendent un changement de philosophie : il ne suffit plus d'empêcher les cybercriminels de pénétrer dans les systèmes informatiques, il faut également préparer les entreprises à fonctionner malgré une attaque et à redémarrer rapidement après celle-ci. C'est tout l'enjeu de la "cyberrésilience", qui complète la cybersécurité traditionnelle.
Anticiper, résister et rebondir
Cette nouvelle approche repose sur trois piliers. Le premier consiste à anticiper les attaques en identifiant les activités indispensables au fonctionnement de l'entreprise et en renforçant leur protection. Cela passe notamment par l'authentification systématique des utilisateurs, la segmentation des réseaux pour limiter la propagation d'une intrusion ou encore des tests réguliers de sécurité.
Mais l'une des priorités concerne les sauvegardes informatiques. Car les pirates, notamment lors des attaques par ransomware, cherchent aussi à détruire ou à rendre inutilisables les copies des données pour empêcher toute reprise d'activité. Le rapport recommande donc de multiplier les sauvegardes, d'en conserver certaines dans des environnements isolés et de les rendre impossibles à modifier ou à effacer.
Deuxième pilier : résister à l'attaque lorsqu'elle survient. Grâce à une surveillance permanente des systèmes, à des outils de détection et à l'intelligence artificielle, les entreprises doivent pouvoir repérer rapidement les comportements suspects et isoler les équipements compromis. L'objectif est de limiter ce que les spécialistes appellent le "Blast Radius", autrement dit l'étendue des dégâts provoqués par l'intrusion.
Reste enfin le troisième pilier, probablement le plus décisif : rebondir. Après une attaque, restaurer les systèmes ne consiste pas simplement à remettre les ordinateurs en marche. Encore faut-il vérifier que les sauvegardes ne sont pas elles-mêmes contaminées, identifier les failles exploitées par les pirates et éviter de réintroduire les logiciels malveillants. Les auteurs préconisent notamment l'utilisation de "Clean Rooms", des environnements informatiques isolés permettant de contrôler les données avant leur remise en service.
Un enjeu qui dépasse l'informatique
Cette cyberrésilience impose également de déterminer à l'avance combien de temps une activité peut rester interrompue et quelle quantité de données l'entreprise peut accepter de perdre. Elle suppose surtout d'organiser régulièrement des simulations de crise associant les équipes informatiques, les salariés et les dirigeants.
Car c'est finalement le principal enseignement de ce livre blanc, qui met naturellement en avant les solutions technologiques de ses partenaires : la cyberattaque n'est plus seulement un risque informatique, mais un risque économique susceptible de paralyser toute une organisation. La question n'est donc plus seulement de savoir comment empêcher les pirates d'entrer, mais comment continuer à travailler lorsqu'ils ont réussi à pénétrer les systèmes.
