Technomedia

Numérique · médias · sciences · intelligence artificielle

Présidentielle 2027 : les candidats dévoilent leurs propositions pour la presse

 

apig

Réunis mercredi 14 octobre à Paris à l’invitation de l’Alliance de la presse d’information générale (APIG), six candidats à la présidentielle ou leurs représentants ont confronté leurs propositions à propos du secteur fragilisé de la presse. Entre maintien ou suppression des aides publiques, défense du droit d’auteur face à l’intelligence artificielle et régulation des plateformes, les solutions sont multiples mais les divergences profondes.

Rouage essentiel de toute démocratie, la presse est aujourd’hui fragilisée partout dans le monde ; en quête d’un modèle économique pérenne face aux grandes plateformes numériques et désireuse de faire respecter le droit d’auteur face au pillage que pratiquent les entreprises d’intelligence artificielle. La France n’échappe pas à ce contexte et les éditeurs réunis au sein de l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) ont invité mercredi soir les principaux candidats à l’élection présidentielle pour qu’ils présentent leurs solutions. Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Édouard Philippe sont venus eux-mêmes. Boris Vallaud s’est exprimé pour Raphaël Glucksmann, Manuel Bompard pour Jean-Luc Mélenchon et Philippe Ballard pour Marine Le Pen. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les propositions sont parfois radicalement différentes.

Revoir les aides à la presse

Ainsi, sur les aides publiques, le clivage est net. Gabriel Attal et Bruno Retailleau veulent maintenir les aides directes, Boris Vallaud souhaite les réorienter, Manuel Bompard exige des critères sociaux et déontologiques et le Rassemblement national entend carrément les supprimer en cinq ans, en conservant le taux réduit de TVA. « Il n’y a plus d’argent », a justifié Philippe Ballard, qui invite la presse à miser sur le numérique - comme si elle ne le faisait pas déjà. Les éditeurs régionaux ont, eux, défendu la place du papier et sa bonne distribution, car le journal traditionnel, s'il est en perte de vitesse, constitue encore souvent un lien indéfectible entre la presse et des publics âgés ou ruraux.

Sur la distribution, justement, le protocole entre l’État, La Poste et les éditeurs expire fin 2026. Gabriel Attal veut le renouveler, tandis que Bruno Retailleau défend un contrat pluriannuel plafonnant les hausses tarifaires. Édouard Philippe veut revoir le modèle économique.

Boris Vallaud et Bruno Retailleau veulent affecter à la presse les amendes infligées aux plateformes, mais si Édouard Philippe approuve la logique, il reste réservé sur le fléchage des recettes. Boris Vallaud et Manuel Bompard veulent aussi orienter une partie des investissements publicitaires vers la presse.

Consensus sur l'intelligence artificielle

En revanche, face à l’intelligence artificielle, LE sujet du moment qui inquiète la presse française, les positions convergent : les éditeurs doivent être rémunérés pour leurs contenus. La plupart des candidats soutiennent la proposition de loi de Laure Darcos établissant une présomption d’utilisation de ces contenus par les fournisseurs d’IA. Gabriel Attal annonce des adaptations prochaines et Bruno Retailleau espère une adoption d’ici fin 2026 du texte d’Erwan Balanant sur les droits voisins. Édouard Philippe propose d’appliquer aux plateformes le principe de distribution de la loi Bichet.

Au terme de ce grand oral très dense, l’APIG a présenté neuf propositions dans son livre blanc « Le droit d’être informé », dont l’éducation aux médias comme grande cause nationale.

Philippe Rioux